‹ Dictionnaire de théologieChapitre 130 sur 170 · BIE · texte numérisé non relu

BIE

eussions des matières. V. ScoLAS^rooE. I

BIBLISTES , nom donné par quelq.'^3 J auteurs aux hérétiques qui n’admettent que le texte de la bible ou de l’Ecriture sainte, sans aucune interprétation, qui rejettent l’autorité de la tradition et celle de l’Eglise , pour décider les con troverses de la Religion. Plusieurs protestants sensés ont tourné en ridicule cet entêtement, et l’ont appelé bibliomanie, parce qu’il dégénère fort aisément en fanatisme. C’est une absurdité de prétendre que tout fidèle qui sait lire , est suffisamment en état d’entendre le texte de l’Ecriture sainte , pour y conformer sa croyance. C’est un excellent moyen pour former autant de religions que de têtes. Foyez Ecriture sainte.

BIEN , MAL , dans l’ordre physique termes relatifs , et qu’il faut s’abstenir de prendre dans un sens absolu.

Il est dit dans l’histoire de la création : « Dieu vit tout ce qu’il avoit fait ,

* et tout étoit bien ou très-bon. ® Gen., c. 1, jt. 31. Est-ce à dire que les créatures sont sans défaut? Elles seraient égales à Dieu ; le bien absolu , c’est l’infini. Nous nommons bien ce qui nous est utile et conforme à nos désirs ; mais nos désirs ne sont pas toujours justes et sages ; ce qui est un bien pour nous est souvent un mal pour d’autres.

Les créatures sont bien lorsqu’elles correspondent îi la fin pour laquelle Dieu les a faites ; c’est donc une bonté relative ; elles ne peuvent être bonnes ou bien dans un autre sens : il ne s’ensuit point qu’il n’en puisse résulter un mal relatif dans plusieurs circonstances, et que Dieu n’en eût pu faire de meilleures. Puisque toute créature est essentiellement bornée , il est impossible qu’elle ne soit bonne et mauvaise , un bien et un mal, sous différents aspects.

Tout est donc bien , relativement au dessein que Dieu s’est proposé ; mais tout pourroit être mieux , parce que la puissance du Créateur est infinie; tout est mal aux yeux des incrédules, parce que rien n’est conforme à leurs désirs ; mais ces désirs même sont un mal, parce qu’ils ne sont conformes ni à la volonté de Dieu , ni à la raison.

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