‹ Dictionnaire de théologieChapitre 133 sur 170 · BIE 312 BIE · texte numérisé non relu

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il ne s’ensuit pas qu’il y est obligé par une loi antérieure et indépendante de sa volonté; si Dieu n’avoit rien voulu créer , où seroit la loi qui l’y auroit forcé? Cela ne signifie rien , sinon que Dieu se contrediroit lui-même , si , en créant l’homme , il ne lui imposoit pas telle loi : or un être infiniment sage ne peut pas être en contradiction avec lui-même.

Les déistes ont encore abusé de la distinction faite par les théologiens , en soutenant que Dieu ne peut pas commander ou défendre par des lois positives des choses qui sont en elles-mêmes indifférentes ; c’est une erreur , puisque Dieu, par scs lois positives , rend l’observation de la loi naturelle plus sûre , et en prévient la transgression ; ainsi la défense de manger du sang avoit pour objet d’inspirer à l’homme l’horreur du meurtre, et la loi du sabbat étoit une leçon d’humanité, qui obligeoit l’homme à donner du repos aux esclaves et même aux animaux. Deut.j c. 5, ii.

Appeller.a-t-on bien inoral ce qui est conforme à la raison? La raison nous montre ce qui est bien ou mal, mais ce n’est pas elle qui le rend tel ; d’ailleurs qui nous oblige à suivre notre raison plutôt que notre appétit? Ce qui est conforme à notre conscience? Même réflexion ; si la conscience ne nous montre pas une loi , nous en serons quittes pour l’étouffer. Ce qui nous est avantageux à tous égards ? Notre avantage n’est pas une loi ; en y renonçant nous serons peut-être insensés, mais nous ne serons pas criminels.

La révélation nous a donc donné la vraie iiotion du bien et du mal moral , ou de la moralité de nos actions , en nous montrant Dieu comme un souverain législateur, qui a exercé cette auguste fonction dès la création. Ln s’écartant de cette idée lumineuse et primitive, les philosophes oat vainement disputé sur la règle des mœurs; ils n’ont trouvé que des erreurs et des ténèbres. Foyez CoxsciiîNCK , Düvom, Loi katü-

RtXLE.

Une grande question est de savoir si un Dieu bon , juste , saint , a pu permettre le mal moral, s’il n’a pasdù le

prévenir et l’empêclier ; nous la traiterons à l’article Mal.

BIENS. Foyez Richesses.

Biens ecclésiastiques. Foyez Bénéfices.

BIENFAITS DE DIEU. L’Ecriture sainte nous dit que Dieu a béni tons ses ouvrages , qu’il ne néglige aucune de ses créatures, qu’il est bon et bienfaisant à l’égard de tous les hommes , que ses miséricordes se répandent sur tous sans exception. Gen., c. 3, f. 2 ; Sap., c. H, f. 25; Ps. 14I, jt. 9. C’est une des vérités dont il nous importe le plus d’être persuadés.

Il faut distinguer les bienfaits de Dieu dans l’ordre physique et dans l’ordre moral; ces derniers sont ou naturels ou surnaturels. Tout ce qui peut contribuer au bien-être d’une créature sensible, dans l’ordre physique, est sans doute un bienfait. Indépendamment de la multitude des êtres destinés dans l’univers à notre usage , il est des bienfaits personnels accordés à chaque particulier , comme des organes sensitifs bien conformés , un tempérament robuste , une santé constante, un caractère toujours égal, etc.; sans cela l’homme ne jouit qu’imparfaitement des êtres créés pour lui. Un esprit juste et droit , des passions calmes, un goût inné pour la vertu , sont dans l’ordre moral des avantages inestimables.

Tous ces dons sont distribués aux hommes avec beaucoup d’inégalité; il n’est peut-être pas deux individus qui les possèdent dans la même mesure; les tempéraments sont aussi variés que les visages ; mais il n’est personne qui ne participe , plus ou moins , aux bienfaits de Dieu dans l’ordre physique et dans l’ordre moral.

Quand on y regarde de près , l’inégalité ne se trouve plus aussi grande qu’elle le paroît d’abord ; Dieu a tellement ménagé et compensé ses dons, (|ue personne n’a lieu de se plaindre.

Quel est l’homme sensé qui voudroit changer son existence prise dans sa totalité contre celle d’un autre homme iiuclconquc? En général chacun est content de soi ; il n’a donc pas droit d'être

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mécontent de Dieu. Mais ses bienfaits sont nuis pour quiconque n’en sent pas le prix; c’est la sagesse, la reconnoissance , le bon esprit , et non la quantité des biens, qui nous rendent heureux.

Les désirs vagues du mieux être sont un égarement de l’imagination, presque toujours nous aurions sujet de nous affliger , si Dieu exauçoit nos vœux.

Les bienfaits surnaturels sont tous les moyens intérieurs ou extérieurs de parvenir au salut éternel. Voyez Grâce.

L’essentiel est de savoir, à l’égard des uns et des autres , que la bonté infinie de Dieu n’exige point qu’elle nous les accorde plus abondamment qu’elle ne fait ; que sa justice ne consiste point à les distribuer également à tous, mais à ne demander compte à chaque particulier que de ce qu’il lui a donné. Ces deux vérités bien comprises épargneroient au commun des hommes une infinité de murmures injustes, et aux philosophes un grand nombre de faux raisonnements. Voyez BoxïÉ, Justice, Egalité.

BIENHEUREUX. En théologie, ce terme signifie ceux auxquels une vie pure et sainte ouvre le royaume des deux. Qui pourroit peindre le ravissement d’une ûme qui , détachée tout à coup des liens du corps , et débarrassée du voile qui lui dérobe la Divinité , se trouve admise à contempler cette divine essence , à voir Dieu tel qu’il est, à puiser le bonheur dans sa source même?

« Nous serons semblables à lui , dit saint » Jean , parce que nous le verrons tel » qu’il est. » I. Joan., c. 3 , ji. 2. « Vos K saints. Seigneur, seront enivrés de ï l’abondance de vos biens, vous les ï abreuverez d’un torrent de délices, » et les éclairerez de votre propre lu- » mière. » Ps. 33 , ji. 9. Là disparoissent les contradictions apparentes des mystères dont la hauteur étonne notre raison ; là se développe toute l’étendue de l’amour de Dieu pour nous , et la multitude de ses bienfaits ; là s’allume dans l’àme cet amour immense qui ne s’éteindra jamais , parce que l’amour de Dieu pour elle sera son aliment éternel.

Biëmiëureux se dit encore de ceux

auxquels l’Eglise décerne un culte public , mais subordonné à celui qu’elle rend aux saints qu’elle a canonisés. La béatification est un degré pour arriver à la canonisation. Voy. ces articles.

BIGAME, BIGAMIE. On a souvent reproché de nos jours aux Pères de l’Eglise la sévérité avec laquelle ils ont condamné la bigamie ou les secondes noces , soit des hommes , soit des femmes ; on a blâmé les canons qui défendent d’élever aux ordres sacrés un bigame, c’est-à-dire , un homme qui a eu successivement deux femmes , ou qui a épousé une veuve. Cette rigueur, dit-on, semble avoir attaché une note d’infamie aux secondes noces , qui , dans le fond , ne sont pas plus criminelles que les premières. Barbeyrac, 'jCraKé de la morale des Pères, c. 4, § 1 4, etc.

Si on vouloit se rappeler quelle étoit la dépravation des mœurs du paganisme, on sentiroit mieux la sagesse des Pères et de la discipline de l’Eglise. La licence du divorce avoit fait du mariage une vraie prostitution. L’adultère servoit de gage pour de secondes noces ; c’est Sénèque qui nous l’apprend, de Benef., liv. 1, c. 9. Les fiançailles les plus honnêtes, dit-il , sont l’adultère , et dans le célibat du veuvage personne ne prend une femme qu’après l’avoir débauchée à son mari.

Pour rendre au mariage sa sainteté primitive, il falloit nécessairement inspirer aux fidèles la plus haute estime pour la continence, soit dans l’état de virginité, soit dans le veuvage: un excès de corruption ne pouvoitêtre corrigé que par une très-grande sévérité. S’il y a quelque chose d’étonnant , c’est que la morale chrétienne ait pu avoir assez de force pour changer ainsi les idées sur un point de la plus grande importance pour les mœurs , et qu’une discipline aussi austère ait pu s’établir chez des peuples qui, autrefois, n’attachoient aucun mérite à la chasteté. On a beau dire que ces idées d’une perfection chimérique peuvent diminuer le nombre des mariages et nuire à la population. Le christianisme, loin de produire ce mauvais effet , fit tout le contraire. Ce n’est

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