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montanisme et de manichéisme , deux hérésies qui attaquoient la sainteté du mariage en général ; c’est par la même
main, lorsque le christianisme y fut Je i raison que Tertullien, devenu montaminant , la population réduite à rien par ) niste, condamna les secondes nocts avec
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les mœurs du paganisme , par des lois absurdes, par un gouvernement despotique , se scroit certainement rétablie par la sainteté même de la morale de l’Evangile. Toutes choses égales d’ailleurs , il -n’est point de nations chez lesquelles la population fasse plus de progrès que chez les nations chrétiennes.
On sait d’ailleurs , par une expérience constante , que quand les veufs de l’un ou de l’autre sexe , qui ont des enfants, se remarient, ceux- ci ont peine à le pardonner ; ils ne se voient qu’avec une extrême répugnance réduits à plier sous les lois d’un beau-père ou d’une marâtre, et ils ne voient naître qu’avec beaucoup de regret des enfants d’un second lit : ie même inconvénient avoit lieu sans doute pendant les premiers siècles ; il n’est donc pas étonnant que les Pères aient fort recommandé la continence d.ins le veuvage. '
Mais on leur reproche de s’être servis d’expressions trop fortes : Athénagore dit que les secondes noces sont un honnête adultère ; l’auteur de l’ouvrage imparfait sur saint Matthieu , que l’on a cru faussement être saint Jean Chrysostome , prétend qu’elles sont en ellesmêmes une vraie fornication ; mais que comme Dieu les permet, lorsqu’elles se font publiquement, elles cessent d’être déshonnêtes. De là Barbeyrac conclut que , selon quelques docteurs chrétiens, l’honnête et 1e déshonnête , le bien et le mal, dépendent d’une volonté de Dieu purement arbitraire.
Si l’on veut faire attention au passage de Sénèque que nous avons cité, l’on verra qu’AJhénagorc parle des secondes noces telles qu’elles se faisoient communément chez les païens ; et ce n’est pas sans raison que les Pères de l’Eglise vouloient inspirer aux chrétiens l’horreur de ce désordre. Quant à l’auteur do l’ouvrage imparfait sur saint Matthieu , on sait qu’il est justement suspect de
la même rigueur. Mais la conséquence que Barbeyrac en tire est absurde ; il rcconnoît lui-même que l’Evangile condamne plusieurs choses que Dieu avoit permises ou tolérées chez les Hébreux , comme le divorce; s’ensuit-il de là que le bien et le mal moral dépendent d’une volonté arbitraire de Dieu?
Il est faux que la bigamie ait été mise au nombre des irrégularités ecclésiastiques , seulement pour une raison mystique , comme on le dit dans le Diction^ naire de Jurisprudence; elle l’a été pour les raisons que nous venons d’alléguer.
BIGOT. Quelle que soit l’origine de l’étymologie de ce terme , il signifie un dévot superstitieux , et l’on nomme bigoterie , une piété mal dirigée et peu éclairée. Mais l’abus que les incrédules et les mauvais chrétiens font de ce mot, pour inspirer le mépris de la piété en général , ne doit en imposer à personne; ce sont de mauvais juges qui ne connoissent ni 1a religion ni la vertu.
BISSACRAMENTAUX, nom donné par quelques théologiens à ceux des hérétiques qui ne reconnoissenl que deux sacrements , le baptême et l’eucharistie; tels que sont les calvinistes.
BLASPHÈME , se dit en général de tout discours ou écrit injurieux à la majesté divine ; mais dans l’usage ordinaire on entend spécialement sous ce terme les jurements et les impiétés contre le saint nom de Dieu.
Les théologiens disent que le blasphème consiste à attribuer à Dieu quelque qualité qui ne lui convient pas , ou à lui ôter quelqu’un des attributs qui lui conviennent.
.?elon saint Augustin , toute parole injurieuse à Dieu est un blasphème : Jam verà blasphcmia non accipitur, nisi mulu verba de Deo dicere. De morib.
Munich., lib. 2, c. 11. C’est donc un blasphème de dire , par exemple , que Dieu est injuste ou cruel. 11 n’est guère