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d’hérdsics qui ne donnent lieu à des blasphèmes ; toute opinion fausse touchant la nature de Dieu ou la conduite de sa providence entraîne infailliblement des conséquences injurieuses à Dieu.
BLiiSPHÉMATEUR , celui qui prononce un blasphème. Ce crime a toujours été sévèrement puni par la justice humaine, soit dans l’ancienne loi, soit dans le christianisme ; chez les Juifs , les blasphémateurs étoient punis de mort. Levitic., cap. 2i. Sur cette loi , très-mal appliquée, Jésus -Christ fut condamné à mort , parce qu’il assuroit qu’il étoit le Fils de Dieu. Mailh., c. 26, f. 66.
Les lois de saint Louis et de plusieurs autres de nos rois condamnent les blasphémateurs à être mis au pilori, à avoir la langue percée avec un fer chaud, par la main du bourreau. Pie V, dans des règlements faits sur la même matière , en 1S66, condamne les blasphémateurs à une amende pour la première fois, au fouet pour la seconde , si le criminel est un laïque ; s’il est ecclésiastique , ce pontife veut qu’à la troisième il soit dégradé et envoyé aux galères. La peine la plus ordinaire aujourd’hui est l’amende honorable et le bannissement.
Les incrédules de nos jours doivent se féliciter de ce que ces lois ne sont pas exécutées : personne n’a vomi autant de blasphèmes qu’eux contre Dieu, contre Jésus-Christ , contre tous les ohjets de notre culte ; mais pour suivre les lois à la lettre , il faudroit punir un trop grand nombre de coupables.
BLASPHÉMATOIRE, qui renferme ou exprime un blasphème. C’est ainsi que l’on qualifie une proposition qui attribue à Dieu une conduite contraire à scs divines perfections , et qui est capable de diminuer le respect que nous devons à sa majesté suprême. Ainsi la cinquième proposition de Jansénius, conçue en ces termes : Cest une erreur semipélagienne de dire que Jésus - Christ est mort ou a répandu son sang pour tous les hommes, entendue dans ce sens, que Jésus-Christ n’est mort que pour le salut des prédestinés , est déclarée blasphématoire dans la condamnation que
le pape Innocent X en a faite. En effet , cette proposition suppose non-seulement que Jésus-Christ a manqué de charité pour le très-grand nombre des hommes, mais qu’il nous a trompés en se faisant appeler Sauveur du monde , agneau de Dieu qui efface les péchés du monde, victime de propitiation pour les péchés du monde entier , etc.
Le cardinal de Lugo distingue deux sortes de propositions blasphématoires, les unes qui joignent au blasphème une hérésie clairement énoncée, les autres dans lesquelles l’hérésie n’est pas formellement exprimée. Disp ^20, de Fide, sect. 3, n. 100.
Il est peu d’hérésies qui n’entraînent des conséquences blasphématoires, des conséquences injurieuses à la bonté, à.la justice, à la sainteté de Dieu. Les plus anciens hérétiques craignoient, disoient-ils, de blasphémer, en supposant que le Fils de Dieu avoit été sujet aux misères et aux souffrances de l’humanité ; mais ils retomboient dans ce précipice , en disant qu’il n’avoit eu qu’un corps fantastique, et qu’il avoit fait illusion aux sens de tous les hommes pour les tromper. Les ariens blasphémoicnt, en soutenant que le Fils de Dieu étoit une simple créature; les manichéens , en disant que le Dieu bon avoit été forcé à permettre le mal produit par un mauvais principe ; les pélagiens , en expliquant la rédemption dans un sens métaphorique; les défenseurs des décrets absolus de prédestination et de réprobation, en attribuant à Dieu une conduite odieuse et tyrannique, etc.; tous en supposant que Jésus-Christ n’a pas daigné veiller sur son Eglise, pour la préserver de l’erreur.
}*OECE. Nous ne pouvons nous dispenser de mettre au nombre des écrivains ecclésiastiques cet homme célèbre par ses talents , par ses vertus et par ses malheurs. Après avoir été élevé au comble des honneurs, et avoir joui d’une prospérité éclatante sous Théodoric , roi des Coths, il finit sa vie dans les supplices , l’an 52S , parce qu’il lâchoit de soutenir la dignité du sénat de Rome contre le despotisme de ce roi.
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Boèce avoit écrit un traité théologique contre les erreurs cl’Eutychcs et contre celles de Nestorius , et un autre sur la Trinité, dans lesquels il soutenoit le dogme catholique. Dans sa Consolation de la philosophie, qu'il composa dans sa prison , il parle dignement de ia prescience et de la providence de Dieu. La meilleure édition de ses ouvrages est celle de Leyde , avec les notes variorum, in-8«, en 1671.
BOGARMILES, BOGOMILES ou BON- GOMILES, secte d’hérétiques, sortis des manichéens ou pauliciens , et selon d’autres , des massaliens , qui se firent connoître à Constantinople au commencement du douzième siècle , sous le règne d’Alexis Comnène. Selon Ducange, leur nom est dérivé de la langue bulgare ou esclavonne, dans laquelle Bog signifie Dieu , et milvi, ayez pitié ; il désignoit des hommes qui se confient à la miséricorde de Dieu.
’ Sous ce titre imposant, les bogomiles enseignoient une doctrine très-impie , et joignoient une partie des erreurs des manichéens à celles des massaliens ou euchites. Ils disoient que ce n’est pas Dieu, mais un mauvais démon qui a créé le monde; que Jésus-Christ n’a eu qu’un corps fantastique. Ils nioient la résurrection des corps , et n’en admettoient point d’autre que la résurrection spirituelle par la pénitence. Ils rejetoient l’ancien Testament, à la réserve de sept livres , l’eucharistie et le sacrifice de la messe ; soutenoient que l’oraison dominicale , qui étoit leur seule prière , étoit aussi la seule eucharistie. Ils méprisoient les croix et les images , assuroient que le baptême des catholiques n’étoit que le baptême de saint Jean , et qu’eux seuls administroientle baptême de Jésus- Christ; ils condamnoient le mariage. On leur attribue encore d’autres crreurs.sur le mystère de la sainte Trinité. Un de leurs chefs, nommé Basile, médecin de profession , aima mieux se laisser brûler è Constantinople, que d’abjurer scs erreurs. I/histoirc des bogomiles a été écrite par un professeur de Wirtemberg, en 1711. Fogez Baronius, ad an, 1118; Spondc, Eutliyinius, Anne
Comnène , Sanderus , Ifœres. 158 , etc.
Dans la suite ces hérétiques furent connus sous le nom de bulgares , parce qu’ils étoient en assez grand nombre dans la Bulgarie , sur les bords du Danube et de la mer Noire ; ils pénétrèrent en Italie, et surtout dans la Lombardie, firent beaucoup de bruit en France sous le nom d'albigeois , et en Allemagne sous celui de cathares ; aucune secte n’a porté un plus grand nombre de noms différents. Foyez VHistoire des variations, par M. Bossuet, liv. H. Mais il paroît que dans les diverses contrées où elle s’établit , et dans les différents siècles , elle ne conserva pas toujours exactement les mêmes dogmes ; comment l’unité de doctrine auroit-elle pu se maintenir parmi des enthousiastes ignorants de différentes nations et de divers caractères ?
BOHÉMIENS { frères ) , ou frères Moraves. Foy. Hernutes.
BOHMISTES. On appelle ainsi en Saxe les sectateurs d’un nommé Jacob Bohm, qui est mort en 1624 ; il a laissé plusieurs écrits mystiques, remplis d’une théologie obscure et inintelligible.
BOLLANDISTES , continuateurs de Bollandus, savants jésuites d’Anvers, qui , depuis plus d’un siècle , se sont occupés à recueillir les actes et les vies des saints, d’après les auteurs originaux , et ont ainsi réussi à éclaircir plusieurs faits importants de V Histoire ecclésiastique et civile.
Cet utile et vaste projet fut formé au commencement du dix-septième siècle, par le P. Héribert Rosweid , jésuite d’Anvers ; mais on sent qu’il étoit beaucoup au - dessus des forces d’un seul homme ; le père Rosweid ne put faire pendant toute sa vie qu’amasser des matériaux; il mourut en 1629, sans avoir commencé à leur donner une forme.
L’année suivante, le père Jean Bollandiis, son confrère, reprit ce dessein sous un autre point de vue, et se proposa de composer lui-même les vies des saints d’après les auteurs originaux , en y ajoutant des notes .semblables à celles dont les éditeurs des pères ont accom-