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pagné leurs ouvrages , soit pour éclaircir les passages obscurs , soit pour distinguer le vrai du fabuleux. En 163S, il s’associa le père Godefroi Ilenschenius , et en 1643, ils firent paroître les actes les saints du mois de janvier en deux relûmes in-folio. Ce livre eut un succès jui augmenta lorsque , en 16S8 , ces leux savants eurent donné trois autres rolumes dans la même forme , qui contenoient les actes des saints du mois de février. Bollandus s’étoit encore associé , en 1630 , le père Papebrock , et travailloit à donner le mois de mars , lorsqu’il mourut en 166b. '
Après la mort d’Henschenius , le père Papebrock eut la principale direction de cet ouvrage , et prit successivement pour coopérateurs les pères Baërt, Janning, Busolier et Raie, qui ont publié vingtquatre volumes , contenant les vies des saints jusqu’au mois de juin.
Depuis la mort du père Papebrock, arrivée en 1714, les pères Dusolier, Cuper, Piney et Roch, ont continué l’ouvrage , et ont fait paroître successivement les actes des saints des mois suivants. Cette immense collection contient à présent plus de cinquante volumes in-folio. Elle avoit été interrompue pendant plusieurs années , à cause de la suppression de la société des jésuites ; mais elle a été reprise depuis quelques années sous la protection et par les bienfaits de feu l’Impératrice reine.
On a reproché à Bollandus de n’avoir pas été assez en garde contre les légendes apocryphes et fabuleuses ; Papebrock et scs successeurs ont eu une critique plus éclairée et plus exacte dans le choix des monuments dont ils se sont servis.
Leur premier soin , dès le commencement de leur travail , a été d’établir des correspondances avec tous les savants de l’Europe, de faire chercher dans les archives et dans les bibliothèques les titres et les monuments qui peuvent servir à leurs desseins ; les matériaux rassemblés forment une bibliothèque considérable.
Avant de faire usage d’aucun titre , les bollandi«(es en examinent l’authen-
ticité, le degré d’autorité qu’il peut avoir , et le rejettent absolument, s’ils y découvrent des indices de supposition ou de fausseté; s’ils le jugent vrai, ils le publient tel qu’il est avec la plus grande fidélité , et en éclaircissent les endroits obscurs par des notes; si c’est une pièce douteuse , ils exposent les raisons de douter; s’ils n’ont que des extraits , ils en font une histoire suivie.
Lorsque ces savants critiques reconnoissent qu’ils se sont trompés, ou qu’ils ont été induits en erreur , ils ne manquent jamais d’en avertir dans le yolume suivant , et de rectifier la méprise avec toute la candeur et la bonne foi possible.
L’on trouve souvent , dans cet important ouvrage , des traits qui intéressent non-seulement Vhistoire ecclésiastique , mais Vhistoire civile, la chronologie , la géographie , les droits et les prétentions des souverains et des peuples ; tous les volumes sont accompagnés de tables exactes et très-commodes. Le soin qu’ont ces laborieux écrivains de se former des successeurs, semble répondre au public que cet immense projet sera un jour conduit à sa fin. Comme les premiers volumes donnés par Bollandus étoient devenus très-rares , on a réimprimé à Venise toute la collection ; mais cette édition ne vaut pas celle d’Anvers.
BON , BONTÉ. C’est celui des attributs de Dieu qui nous touche davantage , et dont les livres saints nous parlent le plus souvent. David répète continuellement dans les psaumes : Louez le Seigneur, parce qu'il est bon, et que sa miséricorde est étemelle. Dieu fait du bien, plus ou moins, à toutes les créatures ; il n’en est aucune qui ne reçoive de lui des bienfaits ; sa bonté est donc prouvée par les effets. 11 ne leur en fait pas autant qu’il leur en pourroit faire ; sa puissance est infinie, et les créatures ne sont susceptibles que d’une quantité de bien bornée. Il ne leur en fait pas autant qu’elles le désirent , parce que leurs désirs n’ont point de bornes et sont souvent déraisonnables. 11 ne leur en fait pas à toutes également; l’inégalité est le fondement de la société et de nos devoirs