‹ Dictionnaire de théologieChapitre 137 sur 170 · BON - 318 BON · texte numérisé non relu

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mutuels; la sagesse de Dieu préside à la distribution de ses dons , et sa justice ne demande compte à chacun que de ce qu’elle lui a donné.

De là môme il s’ensuit que les notions de la lonté humaine ne peuvent être appliquées à la bonté divine; parce que la première est jointe à une puissance très-bornée , et la seconde à un pouvoir infini. Un homme n’est censé bon, que quand il fait le plus de bien qu’il peut , qu’il l’accorde le plus promptement au plus grand nombre de personnes, et continue le plus longtemps qu’il lui est possible. Aucun de ces caractères n’est applicable à la bonté de Dieu.

On tombe dans l’absurdité , si l’on exige que Dieu fasse le plus de bien qu’il peut; il en peut faire à l’infini ; qu’il le fasse le plus promptement , il l’a pu de toute éternité; qu’il en fasse au plus grand nombre de créatures possible, il en peut créer à l’infini; qu’il le fasse le plus longtemps, il peut le continuer pendant toute l’éternité.

Il s’ensuit encore que la notion de bonté infinie ne nous vient point des créatures , puisque Dieu n’a répandu sur elles qu’une quantité de bien trèsbornée, par conséquent mélangée de maux ou de privations ; cette notion se tire directement de celle d’é/re nécessaire, existant de soi-même, dont les attributs ne peuvent être bornés par aucune cause. Mais la révélation nous fait connoître la bonté de Dieu beaucoup mieux que la raison.

Ceux qui prétendent que l’état actuel des créatures n’est pas assez avantageux pour qu’on puisse l’attribuer à un Dieu infiniment bon, devroient fixer une fois pour toutes le degré auquel le bien-être des créatures devroit être porté pour qu’elles n’eussent plus sujet de se plaindre ; aucun de ces philosophes n’a pu encore l’assigner. Dieu , disent-ils , pourrait nous rendre heureux et contents: nousnelesommespoint;maisnous le serions si nous étions sages , et il no tient (jii’à nous de l’être. Job, au cotnble du malheur, réduit sur son fumier , étoil content et bénissoit Dieu; Alexandre, possesscurd’unegrandepartiedumonde,

ne l’étoit pas. Le cœur de l’homme est trop grand pour être heureux par la possession des biens de ce monde.

Accuserons-nous Dieu de n’être pas bon, parce qu’il punit le crime en ce monde ou en l’autre? Au contraire, il manqueroit de bonté s’il laissoit la vertu sans récompense et le crime sans châtiment. En lui la bonté ne nuit point à la justice, et la justice ne déroge point à la miséricorde.

Ce sont de fausses notions de la bonté infinie, des comparaisons toujours fautives entre la bonté divine et la bonté humaine , l’abus des termes de bien et de mal, de bonheur et de malheur, qui servent de fondement à tous les sophismes des philosophes anciens et modernes sur la grande question de l’origine du mal. Voyez Mal.

Bon , en parlant des créatures, a un double sens. Leur bonté physique est la même chose que leur perfection ; elles sont parfaites lorsqu’elles répondent à l’usage auquel Dieu les a destinées. Mais les termes de perfection et ÿ’imperfection sont des termes purement relatifs ; il n’y a point de perfection absolue que celle de Dieu ; l’imperfection absolue est le néant.

La bonté morale des êtres intelligents est l’inclination à faire du bien ; la bonté morale de leurs actions est la conformité de ces actions avec la règle des mœurs , ou avec la volonté de Dieu , souverain législateur. Voy. Bien .moral.

BONAVENTURE ( saint ) , religieux franciscain , ensuite évêque d’Albano , cl cardinal, mort l’an 1271, a été l’un des plus célèbres théologiens scolastiques du treizième siècle ; il est autant respecté chez les cordeliers que saint Thomas d’Aquin chez les jacobins.* En 1668 , ses ouvrages ont été imprimés à Lyon, en huit volumes in-folio. Les deux premiers renferment des commentaires sur l’Ecriture sainte ;le troisième, des sermons; les deux suivants sont un commculaircsurle Maître des sentences, par conséquent un cours de théologie ; le sixième et le septième contiennent des traités de morale et de piété; le huitième, des opuscules sur la vie reli-

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