‹ Dictionnaire de théologieChapitre 138 sur 170 · BON 319 BON · texte numérisé non relu

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gleuse , dans lesquels il se plaint amèrement du relâchement qui s’étoit déjà introduit chez les franciscains , trente ans après la mort de saint François. On a donné à saint Bonaventure le nom de docteur séraphique; il joignit aux vertus d’un parfait religieux desconnoissances rares dans son siècle. Foy. VHist. de VEgl. gallic., tom. 12 , liv. 34, an

BONHEUR. Voyez Bien.

Bonheur éternel. L’attente d’un bonheur éternel après la mort , est le seul motif qui puisse nous faire supporter patiemment les maux de cette vie , et nous exciter efficacement à la vertu.

Exposé ici-bas à des affiiclions de toute espèce , l’homme seroit la plus malheureuse de toutes les créatures, s’il n’avoit rien à espérer au delà du tombeau. 11 n’est donc pas étonnant que les incrédules qui ont renoncé à la foi d’une autre vie, ne cessent de déplorer la triste condition de l’humanité , et partent de là pour blasphémer contre la Providence.

11 paroît que tous ceux qui avpient perdu la connoissance du vrai Dieu n’ont eu aucune certitude d’une vie future, ni aucune connoissance de l’état dans lequel doit se trouver l’âme séparée du corps. Les païens, à la vérité, étoient persuadés de son immortalité ; mais ce que les poètes disoient de l’état des morts , n’étoit ni assuré ni fort consolant; ils supposoient que les morts en général regrettoient la vie, et désiroient d’y revenir; ils ne les croyaient donc pas placés dans un état de félicité assez parfaite pour servir de récompense à la vertu.

Les anciens justes , adorateurs du vrai Dieu , avoieut une perspective plus capable de les encourager. Ils savoient que Dieu avoit transporté Ilénoc à cause de sa piété. Gen., c. 5 , 24. Dieu avoit

dit au patriarche Abraham : <t Je serai » ta grande récompense, » c. 13 , jî'. 1. Job , dans l’excès de son affiietion , disoit : « Je sais (juc mon rédempteur est » vivant , qu’au dernier jour je me rclè- » verai de la terre , que je reprendrai » ma dépouille mortelle, et que je verrai » mon Dieu dans ma chair; cette espé-

» rance repose dans mon cœur. » Joi , c. 19, jt. 25. Balaam, quoiqu’environné d’idolâtres , s’écrioit : « Que mon âme » meure de la mort des justes , et que » mes derniers moments soient sembla- » bles, aux leurs ! » JVum., c. 23, f. 18. David , parlant des hommes vertueux , dit à Dieu : a Ils seront rassasiés de l’a- » bondance de votre maison ; vous les » abreuverez d’un torrent de délices, » et vous nous éclairerez de votre propre » lumière. » Ps. 35 , ÿ. 9. L’auteur du livre de la sagesse assure que les justes vivront éternellement , que leur récompense est auprès de Dieu , qu’ils sont au nombre de ses enfants, etc. Sap., c. 5, 16. Celte croyance, aussi ancienne que le monde, venoit évidemment des leçons que Dieu avoient données à nos premiers parents , et il n’en falloit pas moins pour les consoler de la perle de la félicité dans laquelle ils avoient été créés.

Mais comme c’étoit à Jésus-Christ de rouvrir aux hommes la porte du ciel , fermée par le péché d’Adam , c’éloit aussi à lui de leur annoncer cette heureuse nouvelle , et de leur révéler le bonheur éternel plus clairement qu’il u’avoit été montré aux anciens justes.

Aussi , selon l’expression de saint Paul , ce divin Sauveur a mis en lumière la vie et l’immortalité par l’Evangile,//. Tini.j c. 1 , ÿ. 10 ; il a représenté le bonheur étemel sous les traits les plus capables d’affermir notre espérance et d’enflammer nos désirs. Il nous apprend que les justes brilleront comme des soleils dans le royaume de leur Père , Matth., c. 13, f. 43; que Dieu leur rendra le centuple de ce qu’ils auront quitté pour lui, c. 19, ÿ. 29; que dans le séjour qu’ils habitent il n’y a plus de crainte, plus de souffrances, plus de larmes; que Dieu changera leur tristesse en joie, et les revêtira de sa propre gloire pour toute l’éternité , Apoc., c. 21 , 3; c. 22,

j. 5 ; qu’ils recevront une couronne dont l’éclat ne se ternira jamais , /. Pétri, c. 5,^4.

Pour nous en donner encore une plus grande idée, Jésus-Christ nous fait entendre que les saints participeront à la

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même gloire dont il jouit comme Fils unique du Père : « Je veux , dit-il , qu’ils

* soient où je suis moi-meme. ® Joan.,.

c. 17. f Je placerai sur mon trône B celui qui aura vaincu , comme je me » suis assis sur le trône de mon Père

* après ma victoire, b Jpoc., c. 1, y. 23. Par sa transfiguration , il montre à ses disciples pendant quelques instants un rayon de la gloire éternelle. Luc, c. 9 ,

29. Mais il écarte de ce bonheur suprême toute idée sensuelle et grossière; il dit qu’après la résurrection les justes seront semblables aux anges de Dieu dans le ciel ; Marc, c. 12, 2o ; et son apôtre le confirme , en représentant les corps ressuscités comme spirituels et incorruptibles , semblables à celui de Jésus-Christ. I. Cor. c. 13, i. 42.

Enfin, pour bannir toute inquiétude ec toute défiance, il met, pour ainsi dire, le lonheur étemel sous les yeux de ses disciples , en les quittant pour en aller prendre possession : i Je vais, dit- » il, vous préparer une place; l’Esprit » consolateur que je vous enverrai de- » meurera avec vous jusqu’à ce que je B vienne vous chercher; si vousm’aimez,

B réjouissez-vous de ce que je retourne » à mon Père. » Joan., c. 14, }f. 2 , 16, 18,28.

Après des promesses aussi positives et des assurances aussi certaines , il n’est plus étonnant que Jésus-Christ ait eu des disciples capables de se sacrifier pour lui, et que ses leçons aient fait éclore parmi les hommes des vertus dont on n’avoit pas encore vu d’exemple. Par là même Jésus-Christ a justifié les maximes de morale qui pouvoient paroîlre trop rigoureuses à des âmes énervées et corrompues ; nous devons en conclure, comme saint Paul, que tout ce que nous pouvons faire ou souffrir en ce monde pour Dieu , n’a point de proportion avec la gloire qui nous est réservée. Rom., c. 8 , jf. 18.

Nous ne sommes donc pas embarrassés de répondre aux incrédules , lorsqu’ils viennent nous dire que rcs|)érance dont nous nous flattons n’est fondée que sur notre orgueil; (pie, puisque Dieu ne nous rend pas heureux en

ce monde , rien ne peut nous assurer qu’il nous réserve un bonheur futur :

que si d’un côté la religion nous consolé par de belles promesses , de l’autre elle nous épouvante par des idées terribles de la justice divine , et nous rebute par la sévérité de ses maximes.

Nous les invitons à considérer l°qu’un noble orgueil sied très-bien à des âmes qui se croient rachetées parle sang d’un Dieu ; que ce sentiment les empêche de s’avilir par de honteuses passions , et leur inspire le courage de se sacrifier comme Jésus-Christ au salut de leurs semblables ; que quand cette croyance ne seroit qu’un préjugé, il seroit encore utile de l’entretenir parmi les hommes ; mais qu’elle est solidement fondée sur la parole, sur les souffrances, sur la résurrection et sur l’ascension du Fils de Dieu.

2“ Que notre état sur la terre ne peut plus paroître malheureux, dès que nous sommes assurés de jouir d’un bonheur étemel après cette vie , que c’est la faute des incrédules si elle leur semble insupportable depuis qu’ils n’espèrent plus rien ; que c’est encore de leur part un trait de cruauté d’ôter aux autres le seul motif capable de les consoler, et sans lequel les trois quarts du genre humain seroient réduits au désespoir. 11 est démontré par la notion même d’être nécessaire, que Dieu est essentiellement bon ; les maux de celte vie sont donc une preuve que sa bonté veut nous en dédommager.

5° Loin de nous effrayer par les notions de la justice divine, notre religion nous apprend que celle justice a été satisfaite par la mort de Jésus-Christ, et que , par son sacrifice , la paix a été rétablie entre le ciel et la terre , IL Cor., c. 3, 19 ; Ephes., c. 1 , f. 10; c. 2,

jf. 14; Coloss., c. 1 , ÿ. 20 , etc.; que notre salut n’csl plus une affaire de justice rigoureuse, mais de grâce et de miséricorde.

4® Une preuve que les maximes de notre religion ne sont ni impraticables, ni trop sévères , c’est qu’elles ont été suivies à la lettre par tous les saints , et (lu’cllcs le sont encore aujourd’hui par

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