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une infinité d’âmes vertueuses, au milieu même de la corruption du siècle , et malgré les sarcasmes de l’incrédulité. Or, nous demandons qui est le plus en état déjuger de la sagesse et de la douceur de ces maximes , ou ceux qui n’ont jamais essayé de les suivre, ou ceux qui en font la règle de leur conduite?
Il y a eu une dispute entre les théologiens catholiques et plusieurs sectes d’hérétiques, pour savoir si les âmes des justes , qui n’ont plus de fautes à expier , vont incontinent jouir dans le ciel du bonheur étemel, ou si ce bonheur est retardé jusqu’après la résurrection générale et le jugement dernier.
Au commencement du cinquième siècle Vigilance , au douzième les Grecs et les Arméniens schismatiques , au seizième Luther et Calvin, ont soutenu que les saints ne doivent jouir de la gloire éternelle qu’après la résurrection et le jugement dernier; que jusqu’alors leurs âmes sont , à la vérité , dans un état de repos jamais ne peuvent encore être censées heureuses qu’en espérance. Cette erreur a été condamnée par le deuxième concile général de Lyon , l’an 1273, sess, 4, et par celui de Florence, en 1459, dans le décret touchant la réunion des Grecs â l’Eglise romaine ; l’un et l’autre ont décidé que les âmes justes , sorties de ce monde en état de grâce , vont incontinent ioun de la gloire du ciel, et que les âmes décédées dans l’étal du péché vont incontinent souffrir les tourments de l’enfer. Le concile de Trente a confirmé cette décision , sess. 25, dans son décret concernant l’invocation des saints.
Les protestants ont allégué plusieurs passages de l’Ecriture sainte et des Pères, pour étayer leur opinion ; mais on leur en a opposé de plus clairs et de plus décisifs. Jésus-Christ dit au bon larron sur la croix : t Aujourd’hui vous serez avec » moi en paradis. » Luc., c. 25, 45.
» Noils gémissons, dilsaintPaul,//. Cor., » c. 5 , ^. 2 , en désirant de jouir de no-
* tre habitation dans le ciel. i> Ephes., c. 4, t. 8. « Jésus-Christ, montant au » ciel , a conduit une multitude de cap-
* tifs. » Philipp.,c. \ , 25. « Je désire
» de mourir et d’être avec Jésus-Christ. » Il est dit , Jpoc., c. 1 ,f. 9 , que les saints sont devant le trône de Dieu, -etc.
Ceux d’entre les Pères de l’Eglise qui s’expriment autrement, éloient dans l’opinion des millénaires, ou ils ont seulement entendu que la félicité des saints ne sera complète et parfaite qu’après le jugement dernier, et lorsque leur corps sera réuni à leur âme. M ais le plus grand nombre des saints docteurs ont suivi la lettre et le sens des passages de l’Ecriture sainte que nous venons d’alléguer; on peut le voir dans le père Petau , tom.
I , 1. 7, c. 15. Sur cette croyance est fondée la pratique dans laquelle l’Eglise a été constamment d’invoquer les saints et d’implorer leur intercession auprès de Dieu. Lorsqu’elle prie pour les morts, elle demande à Dieu de les placer dès à présent dans le bonheur étemel. Luther et Calvin n’ont adopté l’erreur des Grecs que pour attaquer avec plus d’avantage ces deux pratiques de l’Eglise catholique. Bellarmin, Controv., tome 2,tit.
de Ecclesiâ triumph., q. 1.
BONOSIAQUES ou BONOSIENS, nom d’une secte que Bonose , évêque de Macédoine , renouvela au quatrième siècle.
II soutenoit, comme Photin, que Jésus- Christ n’étoit Fils de Dieu que par adoption, et que Marie sa mère avoit cessé d’être vierge dans l’enfantement. Le pape Gélase condamna ces deux erreurs.
BONS-HOMMES , religieux établis l’an 1259 en Angleterre, par le prince Edmond; ils professoient la règle de saint Augustin, et portoient un habit bleu.
Sponde croit qu’ils suivoienl l’institut du bienheureux Jean Lebon, qui vivoit en ce siècle. On donna en France ce nom aux minimes, à cause du nom de bonhomme que Louis XI avoit coutume de donner à saint François de Paulc leur fondateur. Les albigeois affectoient aussi de prendre ce même nom de bonshommes. Foy. Poiydore Virgile , ///sf.
jdngl., livre 16 , Sponde, en 1259, n° 9.
BONTÉ. Foyez Box.
BOIIBOBITES, secte de gnostiqnes , laquelle , outre les erreurs et le libertinage commun à tous les hérétiques connus sous cc nom, nioit encore, scion