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Philastrius, la réalité du jugement dernier. Saint Epiph., Hceres. 2o et 2G ; Saint Augustin , de Ilœres., c. 5; Baronius, ad an. Chr. 120.
BOKll ÉLISTES. Stoupp,dans son Traité de la religion des Hollandais , parle d’une secte de ce nom , dont le chef étoit Adam Borell, zélandois, qui avoit quelque connoissance des langues hébraïque , grecque et latine. Ces borrclistes, dit cet auteur, suivent la plus grande partie des opinions des mennonites, quoiqu’ils ne se trouvent point dans leurs assemblées. Leur vie est fort austère; ils emploient une partie de leur bien à faire des aumônes. Ils ont en aversion toutes les églises, l’usage des sacrements, des prières publiques, et toutes les autres fonctions extérieures du service de Dieu. Ils soutiennent que toutes les églises qui sont dans le monde ont dégénéré de la pure doctrine des apôtres, parce qu’elles ont souffert que la parole de Dieu fût expliquée et corrompue par des docteurs qui ne sont pas infaillibles , et qui veulent faire passer pour inspirés leurs catéchismes, leurs confessions de foi, leurs liturgies et leurs sermons , qui sont l’ouvrage des hommes. Ces borrélistes prétendent qu’il ne faut lire que la seule parole de Dieu , sans y ajouter aucune explication des hommes.
BOUC ÉMISSAIRE. Dans le chapitre 16 du Lévitique, on voit ce que devoit faire le grand prêtre des Juifs à la fête de l’expiation, qui se célébroit le dixième jour du septième mois , appelé iisri , et qui répondoit au mois de sepicmbre.
On amenoit au grand prêtre deux boucs, qu’il tiroit au sort , l’un pour le Seigneur, l’autre pour Azazel ;cQ\in sur lequel tomboit le sort du Seigneur étoit
Quelques interprètes ont pensé qu’yfzazel étoit le nom du démon , qu’ainsi le bouc renvoyé étoit censé livré à l’ennemi du salut. C’est le sentiment qu’a suivi Spencer dans sa Dissertation sur le bouc émissaire , Traité des lois , cérém. des Juifs, liv. 3. Beausobre s’en est prévalu, pour persuader que l’on trouvoit chez les Juifs un vestige de la croyance des deux principes, adoptée par les manichéens , Hist. du Manich., 1. S, c. 3, § 6. Azazel, dit-il, est certainement le démon , comme Spencer l’a prouvé. Mais les preuves de Spencer sont nulles , et elles sont réfutées dans Y Hist. univ., faite par des Anglais , t. 2, et dans les notes sur la bible de Chais , Lévit., c. 16, f. 8. Beausobre ne pouvoit donc en tirer aucun avantage.
D’autres ont cru qu'Azazel étoit le nom d’une montagne , d’un désert, ou d’un précipice vers lequel on conduisoit le bouc chargé des iniquités du peuple. Tout cela n’est que conjecture.
Spencer pense encore que le culte rendu aux boucs en Egypte et ailleurs, fut une des raisons qui engagèrent Moïse à choisir cet animal pour objet de malédiction, et à le charger des iniquités du peuple ; on ne le tuoit pas , de peur qu’il ne parût immolé au démon. II n’est pas étonnant que les cérémonies d’expiation aient été en usage chez tous les peuples et dans toutes les religions; c’est une preuve que Ton a compris partout la nécessité de se repentir et de satisfaire à la justice divine quand on a péché ; mais dans les fausses religions ces cérémonies étoient ordinairement superstitieuses, et souvent c’étoient de nouveaux crimes. Chez les Juifs , au contraire , la cérémonie étoit non -seulement innocente en elle-même , mais encore des-
immolé, et son sang servoit pour l’cx- , tinéeà les détourner des pratiques abupiation ; le grand prêtre mettoit ses , sives ou criminelles des autres peuples, deux mains sur la tête de l’antre , con- j Vainement l’empereur Julien, que nos fessoit ses péchés et ceux du iienple, en \ incrédules modernes ont copié , prétenchargeoit, pour ainsi dire , cet animal, doit que la cérémonie du bouc émisqni étoit ensuite conduit dans le désert saire étoit empruntée des païens, que et mis en liberté. Par cette raison , celui- cette victime étoit offerte aux dieux exci étoit nommé Azazel, bouc émissaire, piatcurs , diis averruncis. Saint Cyrille, ou renvoyé : c’est ainsi que les Septante , contre Julien, 1. 9, p. 289. Les Juifs no et la vulgate ont rendu le terme hébreu. ■ connurent ces dieux prétendus <iuo
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quand ils se livrèrent à l’idolûtrie pour imiter leurs voisins. Mais dans la suite des temps ils ajoutèrent à la cérémonie plusieurs circonstances que Moïse n’avoit pas ordonnées , et qui pouvoient avoir été empruntées des Chananéens.
PrideauXjMsf, des Juifs, 1. 9, tom. 1 ,
Ceux qui ont dit que le loue émissaire étoit une figure ou un type de Jésus -Christ chargé des iniquités du monde , paroissent avoir assez mal rencontré. Saint Paul , au contraire , Helr.,
с. 9 , 7 , 1 3 , 25 , compare le sang du
houe immolé en sacrifice, avec lequel le grand prêtre entroit dans le sanctuaire , au sang de Jésus-Christ, qui seul a été capable d’effacer les péchés. Foyez Expiation.
BOURIGNOiMSTES , nom de secte.
On appelle ainsi , dans les Pays-Bas protestants , ceux qui suivent la doctrine d’Antoinette Bourignon , célèbre quiétiste. Foyez Quiétisme.
BRACHITES, secte d’hérétiques qui parurent dans le troisième siècle. Ils suivoient les erreurs de Manès et des gnostiques.
BRAME, BRAMINE. Foyez Indiens.
BRANDEU.M. Foyez Relique.
BREF APOSTOLIQUES. Lettre adressée de la part du pape à des particuliers ou à des communautés , pour leur accorder des dispenses ou des indulgences, ou simplement pour leur donner des marques d’affection. Ces lettres sont signées par un secrétaire des brefs, ou par le cardinal pénitencier.
On nomme aussi bref, ordo, ou directoire, le livre qui contient les rubriques selon lesquelles on doit dire l’olBce tous les jours de l’année.
BRÉVIAIRE. Foyez Office divin.
BROÜCOLACAS , terme formé du grec moderne /S/ssOxo,-, boue puante, et i«xxo5 , fosse, fosse remplie de boue ; les Grecs modernes nomment ainsi les cadavres ^Ies excommuniés. Ils sont persuadés que ces cadavres ne peuvent pas se dissoudre; que le démon s’en empare, les anime, les fait paraître, s’en sert pour effrayer et tourmenter les vivants ; que le seul moyen de s’en délivrer est de
déterrer le mort, de lui arracher le cœur , et de le mettre en pièces , ou de brûler le tout , et que l’on trouve ordinairement la fosse remplie de boue. Ils prétendent que souvent ces corps se trouvent enflés , remplis de vent , et font du bruit comme un tambour ; alors ils les nomment Sou-ki ou viBou-nt, tambour. Ils croient enfin que l’absolution , donnée par leurs évêques ou leur pape aux excommuniés après leur mort , fait tomber en poussière les cadavres. Cette persuasion , autorisée chez eux par une infinité d’histoires , leur fait craindre à l’excès l’excommunication , et sert à les confirmer dans leur schisme.
Tournefort , dans son Foyage du Levant, tome I , page 52 et suiv., rapporte un exemple de l’exhumation d’un excommunié, dont il fut témoin dans l’ile de Mycon en 1701 ; mais il n’y vit rien autre chose que les effets d’une imagination exaltée , et du fanatisme d’un peuple ignorant. Aucune des histoires qui rapportent ces sortes de faits n’est attestée par des témoins oculaires et aussi instruits que l’étoit Tournefort : il en est de même des histoires de revenants que l’on a faites parmi nous.
Pendant plusieurs siècles l’usage a régne dans nos climats de ne point enterrer les excommuniés , mais de jeter leurs cadavres à la voirie , de les couvrir de pierres, ou de les enfermer dans un vieux tronc d’arbre. Foyez Ducange, au mot Imblocatus. Dom Calmet , Dissertât. sur les revenants ,n. 58 et suiv. Leuglet, Traité des visions et des apparitions, loin. 2, p. 171 , etc.
BROWN ISTES, nom d’une secte qui se forma de celle des puritains , vers la fin du seizième siècle, en Angleterre; elle fut ainsi nommée de Robert Brown, son chef.
Ce Robert Brown étoit d'une assez bonne famille de Rutlandshire , et allié au lord-trésorier Burleigh. Il fit ses études à Cambridge, commença à publier ses opinions cl à déclamer contre le gouvernement ecclésiastique à Norwich, en 1580 , ce qui lui attira le ressentiment des évêques. 11 se glorilioit lui -même d’avoir été pour cette cause mis en
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trente- deux différentes prisons , si ob- > scures qu’il n’y pouvoit pas distinguer | sa main, même en plein midi. Par la suite, il sortit du royaume avec ses sectateurs , et se retira à Middelbourg en Zélande , où lui et les siens obtinrent des Etats la permission de bâtir une ! église , et d’y servir Dieu à leur manière. | Peu de temps après , la division se mit ' parmi eux. Plusieurs se séparèrent , ce ^ qui dégoûta tellement Brown , qu’il se démit de son olGce , retourna en Angleterre en 1589 , y abjura ses erreurs , et fut élevé à la place de recteur dans une j église de Northamptonsbire , où il ' mourut en 1650. i
Le changement de Brown entraîna la [ ruine de l’Eglise de Middelbourg; mais | les semences de son système ne furent ; pas si aisées à détruire en Angleterre, j Sir Walter Raleigh , dans un discours ^ composé en 1692, compte déjà jusqu’à vingt mille personnes imbues des opinions de Browm.
Ses sectateurs rejetoient toute espèce j d’autorité ecclésiastique , vouloient que j le gouvernement de l’Eglise fût entiè- j rement démocratique. Parmi eux, le j ministère évangélique étoit une simple j commission révocable; chacun des mem- j bres de la société avoit le droit de faire | des exhortations et des questions sur ; ce qui avoit été prêché.
Les indépendants, qui se formèrent par la suite d’entre les brownisles , adoptèrent une partie de ces opinions.
La reine Elisabeth poursuivoit vivement cette secte. Sous son règne les prisons furent remplies de brownistes ; il y en eut même quelques-uns de pendus. La commission ecclésiastique et la chambre étoilée sévirent contre eux avec tant de vigueur, qu’ils furent obligés (le quitter l’Angleterre. Plusieurs familles se retirèrent à Amsterdam, où elles formèrent une Eglise, et choisirent pour pasteur Johnson, etaj)rès lui Ainsworth,coiîuu par un commentaire sur le PentatciKpie. On compte i)anui leurs chefs Barow et Wilkinson. I.our Eglise s’est soutenue pendant environ cent ans.
BRUTES. Fuyez Animaux.
BULGARES, lu'réliijucs qui semblè-
rent avoir ramassé différentes erreurs des autres hérésies , pour en composer leur croyance , et dont la secte et le nom comprenoient les patarins , les cathares , les bogomiles , les joviniens , les albigeois , et d’autres hérétiques. Les bulgares tiroient leur origine des manichéens, et ils avoient emprunté leurs erreurs des Orientaux et des Grecs leurs voisins, sous l’empire de Basile le Macédonien, dans le neuvième siècle. Ce mot de bulgares , qui n’étoit qu’un nom de nation, devint en ce temps -là un nom de secte, et ne signifia pourtant d’abord que ces hérétiques de Bulgarie ; mais ensuite cette même hérésie s’étant répandue en plusieurs endroits, avec quelque différence dans les opinions , le nom de bulgares devint commun à tous ceux qui en furent infectés. Les petrobru siens, disciples de Pierre de Bruis, qui fut brûlé à Saint-Gilles en Provence, les vaudois , sectateurs de Valdo de Lyon , un reste même des manichéens qui s’étoient longtemps cachés en F rance, les henriciens , et tels autres novateurs qui, dans la différence de leurs dogmes, s’accordoient tous à combattre l’autorité de l’Eglise romaine, furent condamnés, en J 176, dans un concile tenu à Lombez, dont les actes se lisent au long dans Roger de Iloveden , historien d’Angleterre : il rapporte les dogmes de ces hérétiques , qui tenoieut entre autres erreurs qu’il ne falloit croire que le nouveau Testament ; que le baptême n’étoit point nécessaire aux petits enfants, que les maris qui vivoient conjugalement avec leurs fcnnncs ne pouvoienl être sauvés ; que les prêtres qui menoienl une mauvaise vie ne consacroient point; qu’on ne devoit obéir ni aux évêques , ni aux ecclésiastiques qui ne vivoient point selon les canons; qu’il n’étoit point permis de jurer en aucun cas , et quelques autres articles qui n’étoieut pas moins erronés. Ces malheureux , ne pouvant subsister sans chef, SC firent un souverain pontife, qu’ils appelèrent pape et qu’ils reconnurent pour leur premier supérieur , auquel tous les autres ministres étoienl soumis ; et ce faux pontife établit son siège dans