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liugucnols envoyèrent à Cromwel , en 1650, des offres qu’ils lui tirent, des résolutions séditieuses qu’ils prirent dans leurs synodes de la Basse-Guienne.
Il se moque de leurs lamentations sur la prétendue persécution qu’ils éprouvent, et il leur déclare que leur conduite justiüe pleinement la sévérité avec laquelle on les a traités en France. OEuvres de Bayle, tom. 2, p. 544.
L’écrivain qui, en 1758, a fait l’apologie de la révocation de l’édit de Nantes, n’a presque rien fait autre chose que répéter les mêmes reproches et les mêmes faits que Bayle avoit soutenus en face aux calvinistes , en 1688 et 1690.
Cependant tous nos politiques antichrétiens ont élevé la voix contre lui ; ils ont voulu le faire passer pour un boute-feu et pour un fanatique : qu’auroient - ils dit , si cet auteur avoit déclaré hautement qu’il copioit Bayle presque mot pour mot? f^oyez Guerres de Religion, Protestant, Tolérance , etc.
CAMALDULES, ordre religieux, fondé par saint Romuald, en 1009 , ou , selon d’autres, en 960. Saint Romuald envoya plusieurs de ses religieux prêcher l’Evangile aux peuples de la Hongrie , qui étoient encore infidèles ; il y alloit luimême dans ce pieux dessein , lorsqu’il fut surpris de la maladie dont il mourut.
Le Père Ziégelbaur a donné la notice des écrivains de cet ordre en 1 750 , à Venise, in-folio.
La congrégation des ermites de saint Romuald , ou du mont de la Couronne , est une branche de celle de Camaldoli avec laquelle elle s’unit en 1552. Paul Justiniani, de Venise, commença son établissement en 1520, et en fonda le principal monastère dans l’Apennin, au lieu nommé le mont de la Couronne, à dix mille de Pérouse. Foyez Baronius , Raynaldi, Sponde, ad ann. 1520.
Les protestants ont forgé une calomnie grossière contre saint Romuald. Dans une histoire ecclésiastique imprimée à Berne en 1767 , il est dit que Serge son père s’étant fait moine, et voulant quitter cet étal, duquel iléloit dégoûté, Roinuald accourut au monastère , mit des entraves aux pieds de son père, et ne
cessa de le frapper , jusqu’à ce qu’il eût promis de persévérer dans l’état monastique. Fable absurde s’il en fut jamais. Tous les historiens déposent que saint Romuald n’employa que les raisons , les prières et les larmes pour engager son père à la persévérance. Comment auroit-il osé exercer une violence dans un monastère où il n’avoit aucune autorité , où il n’étoit ni supérieur ni religieux ? S’il s’étoit cru la violence permise , il l’auroit fait exercer par quelque moine , plutôt que de s’eu rendre coupable lui-même. Pendant toute sa vie il a donné des exemples d’une douceur et d’une patience à toute épreuve.
Les censeurs du christianisme demandent si , pour se sanctifier , il est nécessaire de se retirer dans les déserts?Non, sans doute ; mais ce goût que Dieu a inspiré à des personnages très-vertueux, n’a pas été inutile au monde. Ils ont défriché et rendu habitables des lieux qui étoient sauvages ; la renommée de leurs vertus a souvent tiré du désordre des hommes qui seroient morts impénitentî; la solitude est nécessaire à ceux pour lesquels le monde est un séjour dangereux.
Mais si tous les hommes étoient saisis de cet accès de mélancolie , la société se dissoudroit. Ne craignons point ce malheur, Dieu y a pourvu ; il n’a donné le goût de la solitude qu’à un très - petit nombre d’hommes , et il y auroit de l’injustice à gêner leur inclination.
C.\MÉRONlENS. Dans le dix-septième siècle , on a donné ce nom en Ecosse à une secte qui avoit pour chef un certain Arcliibal Caméron , ministre presbytérien , d’un caractère singulier. Il ne voulait pas recevoir la liberté de conscience que Gharlcs II, roi d’Angleterre, accordait aux presbytériens ; parce que , selen lui , c’étoit rcconnoître la suprématie du roi , et le regarder comme chef de l’Eglise. A cette bizarrerie on reconnaît le génie caractéristique du calvinisme.
Ces sectaires , non contents d’avoir fait schisme avec les autres presbytériens , poussèrent le fanatisme jusqu’à déclarer Charles II décliu de la couronne, et se révoltèrent ; on les réduisit aisément ,
et en 4690 , sous le règne de Guillaume III, ils se réunirent aux autres presbytériens. En 1706, ils recommencèrent à exciter du trouble en Ecosse ; ils se rassemblèrent en grand nombre , et prirent les armes près d’Edimbourg ; mais ils furent dispersés par des troupes réglées que l’on envoya contre eux. On prétend qu’ils ont une haine encore plus forte contre les presbytériens que contre les épiscopaux.
Il ne faut pas confondre le chef de ces caméroniens avec Jean Caméron , autre calviniste écossois , qui passa en France, enseigna à Sedan , à Saumur et à Montauban. Celui - ci étoit un homme trèsmodéré , qui désapprouva le fanatisme de ceux qui se révoltèrent contre Louis XIII, et essuya de mauvais traitements de leur part. II a laissé des ouvrages estimables.
CANA , ville ou bourgade de la Galilée , dans laquelle Jésus - Christ fut invité à des noces , et fit le premier de ses miracles en changeant l’eau en vin. Plusieurs incrédules ont fait des efl’orts pour rendre ce miracle suspect. Ils disent que Jésus fit remplir d’eau deux cruches, qu’il y mêla sans doute quelque drogue pour donner <i l’eau la couleur et le goût du vin. Ils ajoutent que Jésus favorisa l’intempérance des convives , en leur fournissant du vin lorsqu’ils étoient déjà ivres.
Mais si Jésus-Christ ne fit rien autre chose que de donner delà couleur et du goût à l’eau , il ne favorisa donc point l’intempérance; l’un de ces reproches détruit déjà l’autre.
Depuis que la chimie et l’histoire naturelle sont poussées au plus haut degré , a-t-ca découvert quelque drogue qui ait !a vertu de donner à l’eau la couleur et le goût d’un excellent vin? Les Juifs n’étoient pas des chimistes fort habiles , et Jésus - Christ n’avoit fait en Judée ni ailleurs aucune étude. Il ne toucha point aux vases dans lesquels l’eau fut changée en vin ; tout passa par les mains de ceux qui servaient à table : saint Jean , qui rapporte ce miracle , en fut témoin oculaire.
Le maître d’hôtel , après avoir goûté
de ce vin miraculeux , dit à l’époux :
« Tout autre que vous sert d’abord le » bon vin, et après que l’on a beaucoup » bu , cùm inebriali fuerint, il en sert » alors du moindre : pour vous , vous » avez réservé le bon vin pour la fin du » repas. » Joan., c. 2, jt. 10. Dans le style des écrivains sacrés , inebriari ne signifie pas toujours s’enivrer, mais boire à sa soif, abondamment. Au figuré, il signifie recevoir en abondance des biens ou des maux. On ne peut donc pas conclure de ce passage que Jésus- Christ favorisa l’intempérance des conviés. royez Glassii Philolog. sacrai liv. S, tract. 4 , c. 42.
CANANÉEN. Voyez Cuananéens.
CANON , terme grec qui signifie règle; il se prend en plusieurs sens.
On appelle ainsi , en premier lieu , le catalogue des livres que l’on doit reconnoître pour divins ou inspirés de Dieu, et que l’Eglise donne aux fidèles pour être la règle de leur foi et de leurs mœurs.
Le canon de la Bible n’a pas toujours été le même dans tous les temps, etü n’est pas uniforme non plus dans toutes les sociétés chrétiennes ; les catholiques sont en contestation sur ce point avec les protestants. Outre les livres du nouveau Testament , que l’Eglise reconnoit pour canoniques par tradition, elle a aussi placé dans le canon de l’ancien Testament, plusieurs livres que les Juifs ne reçoivent point comme divins. C’est ce qui a donné lieu de distinguer les livres saints en proto-canoniques , deutéro - canoniques et apocryphes. Mais nous verrons dans la suite que les livres sur la canonicilé desquels on dispute, ne sont pas en grand nombre. Sur ce sujet l’on peut former plusieurs questions importantes ; nous les proposerons, non pour les décider toutes avec confiance, mais pour montrer la manière dont on doit procéder dans ces sortes de discussions.
I. Y a-t-il eu chez les Juifs un canon des livres sacrés? On ne peut pas en douter, quand on sait que les Juifs, d’un consentement unanime, ont reçu comme divins les mêmes livres et le
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môme nombre de livres , et qu’ils n’ont pas regardé comme tels d’autres livres , qui sont cependant respectables. Il faut qu’ils y aient été déterminés par une tradition constante, ou par une autorité qui a entraîné tous les suffrages. Cette unanimité n’a pas pu être un effet du hasard. Or nous sommes assurés de ce concert des Juifs ,
1° Par le témoignage des anciens Pères de l’Eglise. Toutes les fois qu’ils ont eu occasion de faire l’énumération des livres reconnus comme divins ou canoniques par les Juifs , ils se sont accordés à en dresser le même catalogue ; nous le verrons ci-après. Ils ont donc été très-bien informés du sentiment des Juifs , puisque tous l’attestent de même. S’ils avoient eux -mêmes forgé cette liste ou ce canon, il y auroit eu entre eux de la variété : plusieurs y auroient placé quelques-uns des livres que nous nommons deutéro - canoniques , puisqu’ils les regardoient comme divins , et les citoient comme tels. Mais ils ont eu la bonne foi de convenir que ces livres n’éloient pas mis dans le canon par les Juifs.
2” Par le témoignage de Josèphe. Cet historien , qui étoit de race sacerdotale , et très-instruit des sentiments de sa nation , dit dans son premier livre contre Ap'pion, c. 2 , que les Juifs n’ont pas comme lesGrccsunemultitudede livres; qu’ils n’en reconnoissent comme divins que vingt-deux ; que ces livres contiennent tout ce qui s’est passé depuis le commencemcntdumondejusqu’au règne d’Artaxercès; que, quoiqu’ils aient d’autres écrits , ces derniers n’ont pas chez eux la même autorité que les livres divins. 11 ajoute que tout Juif est prêt à répandre son sang pour la défense de ceux-ci.
3" La persuasion des Juifs d’aujourd’hui. lis ne comptent encore , entre les livres divins , que ceux dont leurs pères ont , disent-ils , dressé le canon dans le temps de la grande synagoguc.Us nomment ainsi l’assemblée de ceux de leurs docteurs qui ont vécu après le retour de la captivité. C’est ainsi que s’exprime l’aulenr du traité Mcgilah, dans laCé-
mare , c. 3. L’uniformité de toutes les bibles hébraïques, publiées par les Juifs, ne laisse aucun doute sur ce point.
L’existence d’un canon des livres saints, chez les Juifs , est donc incontestable.
IL N’y a-t-il eu chez les Juifs qu’un seul et même canon des saintes Ecritures?
Quelques auteurs ont supposé qu’il y en avoil eu plusieurs, et qu’ils n’étoienî pas absolument semblables. Génébrard, dans sa chronologie , pense qn’il y en a eu trois : le premier au temps d’Esdras , et dressé par la grande synagogue ; ce canon , selon lui , ne renfermoit que vingt-deux livres : le second , fait sous le pontife Eléazar, dans un synode assemblé pour délibérer sur la version dos livres saints que demandoil le roi Ptolémée,et que nous appelons la version des Septante. Alors , dit Génébrard , on mit au nombre des livres divins Tobie , Judith, la Sagesse et l’Ecclésiastique.
Le troisième, au temps d’Hircan , dans le septième synode , assemblé pour confirmer la secte des pharisiens, dont Ilillel et Sammaï étoient les chefs , et pour condamner Sadoc etBarjetos , promoteurs de la secte des sadducéens.
Alors on mit dans le caiwn les livres des Machabées , et l’on confirma les deux canons précédents , malgré les sadducéens , qui , à l’exemple des samaritains, ne vouloient reconnoître pour divins que les cinq livres de Moïse. Ce sentiment de Génébrard est une pure imagination , qui n’est appuyée sur aucune preuve.
Serrarius , plus moderne que Génébrard , attribue aux Juifs deux canons difl’érents : l’un de vingt-deux livres, fait par Esdras; l’autre dressé au temps des Machabées , et augmenté des livres dcutéro-canoniques. Ce sentiment n’est pas mieux fondé que le premier ; l’un cl l’autre sont contredits par les Pères, qui nous assurent constamment que les Juifs n’ont reconnu pour divins que vingt-deux livres.
Mélilon dit à Ünésime qu’il a voyage dans l’Orient pour savoir quels étoient les livres canoniques , il n’cu nomme que
vingt-deux.
Saint Jérôme, dans son prologue défensif, dit qu’il l’a composé afin que l’on sache que tous les livres qui ne sont pas parmi les vingt-deux qu’il a nommés, doivent être regardés comme apocryphes. On comprend qu’ici apocryphe signifie simplement non reconnu comme divin ; saint Jérôme le fait assez sentir ! il ajoute que la Sagesse, l’Ecclésiastique, Tobie et Judith, ne sont pas dans le canon. Dans sa préface sur Tobie , il dit que les Hébreux excluent ce livré du nombre des Ecritures divines, et le rejettent entre les apocryphes. Il le répète à la tête de son Commentaire sur le prophète Jonas.
Origène écrit , dans sa lettre à Africain , que les Hébreux ne connoissent ni Tobie ni Judith , mais qu’ils les mettent au nombre des livres apocryphes.
Saint Epiphane dit, dans son livre des Poids et des Mesures j, n° 3 et 4, que les livres de la Sagesse et de l’Ecclésiastique ne sont pas chez les Juifs au rang des Ecritures saintes.
L’auteur de la Synopse assure que Tobie, Judith , la Sagesse et l’Ecclésiastique, ne sont pas des livres canoniques, quoiqu’on les lise aux catéchumènes.
Aucun de ces anciens écrivains ne parle de deux ni de trois canons reçus chez les Juifs.
III. Combien de livres renfermoit le canon des Ecritures chez les Juifs, et quels étoient ces livres ?
Il est constant que les Juifs en ont toujours reconnu vingt -deux, autant qu’il y avoit de lettres dans leur alphabet, et qu’ils les désignoient par ces lettres mêmes ; c’est la remarque de saint Jérôme dans son prologue défensif. A la vérité , quelques rabbins en ont compté vingt- quatre , et d’autres vingt-sept; mais ils divisoient certains livres en plusieurs parties, et n’augmenloient pas pour cela le nombre réel de vingt-deux.
Ceux qui en comptoient vingt-quatre, séparoicnl les Lamentations de Jérémie d’avec ses prophéties , et le livre de Ruth d’avec celui des Juges; au lieu qu’on les laissoit ordinairement réunis.
Pour les désigner par vingt-quatre lettres de l’alphabet , ils répéloicnt trois
fois la lettre jod à l’bonneur du nom de Dieu , Jéhovah, écrit en chaldéen par trois jod. Ainsi font encore les Juifs d’aujourd’hui. Saint Jérôme pense que les vingt- quatre vieillards de l’Apocalypse font allusion à ces vingt-quatre livres.
Ceux qui en comptoient vingt-sept , partageoient en six les livres des Rois et des Paralipomènes , qui , dans les autres catalogues , n’en faisoient que trois ; et pour les désigner , ils ajoutoient aux vingt- deux lettres hébraïques les cinq finales ; c’est ce que dit saint Epiphane^ dans son livre des Poids et deshlesures.^^
Le canon étoit donc toujours fonciè»
rement le même, mais la manière de compter par vingt-deux étoit la plus ordinaire, comme le suppose Josèphe.; Richard Simon prétend , sans aucuqe preuve, que la plus ancienne maniè/e étoit d’en compter vingt-quatre. ,
Quels étoient ces livres? Saint Jérôme, bon témoin dans cette matière , en fait ainsi l’énumération. La Genèse, l’Exode, le Lévitique ,I(^lombres, le Deutéronome , Josué ,« Juges avec Ruth , Samuel ou les oeux premiers livres des Rois , les Rois , qui sont les deux derniers livres de ce nom, Isaïe, Jérémie avec ses Lamentations , Ezéchie! , les douze petits Prophètes, Job, les Psaumes, les Proverbes , l’Ecclésiaste, le Cantique, Daniel , les Paralipomènes en deux livres, Esdras, aussi double, Esther.
Saint Epiphane fait la meme liste, ITæres. 8, n® 6 ; Pond, et Mens., n» 3 , 4 , 22 , 23.
Saint Cyrille de Jérusalem , Catech.
4 , dit aux chrétiens de méditer les vingtdeux livres de l’ancien Testament, et de se les mettre dans la mémoire tels qu’il va les nommer , et il les nomme comme saint Jérôme et saint Epiphane.
Saint Hilaire , Prolog, in Psal., le concile d/Laedicée, can. GO, Origène, cité par Eusèbe, 7//st. liv. 6 , c. 26, ont dressé le même catalogue. Méliton vivoit au second siècle; il avoit voyagé exprès dans l’Orient pour s’instruire ; les anciens ont fait grand cas de scs ouvrages ; il ne parle pas du livre d’Esther , ce qui peut être une faute de copiste.