‹ Dictionnaire de théologieChapitre 147 sur 170 · CA.N · texte numérisé non relu

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nées, n’ait fait aucun règlement de discipline pour cette Eglise ; il en est de même à l’égard de saint Jacques pour celle de Jérusalem, de srint Marc pour celle d’Alexandrie , de saint Pierre et de scs premiers successeurs pour celle de Rome. Dans ces différentes villes, il s’est tenu des conciles pendant le second et le troisième siècle ^ il est naturel que les évêques qui y ont assisté se soient fait un devoir de suivre cette discipline respectable , en aient fait des règles générales, et les aient fait observer dans leurs Egbses. On n’a pas eu tort d’appeler ces règles Canons des Apôtres, puisqu’elles ont été dressées d’après ce que les apôtres et les hommes apostoliques avoient établi. La prétendue supposition de ces canons n’est qu’une équivoque sur laquelle les protestants ont joué très-mal à propos ; ils sont apocryphes , dans ce sens qu’ils n’ont été écrits ni par les apôtres, ni par saint Clément, auquel ils sont attribués; mais ils sont vrais et authentiques , dans ce sens qu’ils renferment véritablement la discipline qui passoit , au second et au troisième siècle, pour avoir été établie par les apôtres.

* Quoique ces règlements regardent directement la discipline , ils ne sont pas indifférents à l’égard du dogme, de la morale, du culte extérieur. On y voit la distinction des évêques d’avec les simples prêtres , la prééminence des premiers , leur autorité sur le clergé inférieur , les mœurs et les devoirs prescrits aux ministres de l’Eglise et aux simples fidèles. On y trouve les noms d'autel et de sacrifice, ce qui étoit observé dans l’administration du baptême, de l’eucharistie, de la pénitence, de l’ordination , etc.

Il en résulte que la doctrine des protestants est aussi opposée à celle des temps apostoliques, que leur culte et leur discipline sont contraires à ce que l’on observoit pour lors. Autant ils se sont trouvés intéressés à en contester l’authenticité , autant il importe aux catholiques de la soutenir. Il est heureux pour nous que les théologiens anglicans aient pleinement éclairci , et, pour ainsi dire , épuisé celte question.

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Canons d’un Concile. On appelle ainsi les décisions d’un concile en matière de dogme ou de discipline ; parce que ce sont les règles auxquelles les fidèles doivent conformer leur croyance et leur conduite. Les canons dogmatiques sont ordinairement conçus en ces termes :

€ Si quelqu’un dit telle chose , enseigne » telle doctrine , qu’il soit anathème, ^ c’est-à-dire , retranché du corps de l’E glise et de la société des fidèles.

Quant aux canons ou décisions des conciles et des souverains pontifes en matière de discipline , ils tiennent moins à la théologie qu’au droit canonique.

Mais un ecclésiastique ne doit jamais oublier les paroles suivantes du concile de Trente : « Le concile a voulu que tout » ce qui a été salutairement ordonné par * les souverains pontifes et par les sacrés » conciles, touchant la vie des clercs, » leur extérieur et leur doctrine , etc., «soit observé dorénavant sous les » mêmes peines que celles qui ont été 1 statuées dans les conciles précédents. » Sess. 22, de lîeform., c. 12. C’est dans ce dessein que l’on a mis dans les nouveaux bréviaires les principaux canons qui concernent la conduite des clercs. Il est absurde d’avoir part aux biens et aux privilèges de l’Eglise sans vouloir être soumis à ses lois.

Canons Arabiques du concile de Nicée.

Voyez Nicée.

Canon de la messe, règle ou formule de prières et de cérémonies que le prêtre doit suivre pour consacrer l’eucharistie.

En comparant ensemble les différentes liturgies grecques et latines, on voit que la messe y est toujours divisée en trois parties : savoir, la préparation, Vaction et la conclusion. La première s’étend depuis le commencement ou l’introït jusqu’à la préface; la seconde , qui est proprement le canon, depuis le sanctus jusqu’à la communion; la troisième est l’action de grâces. \ 'action est la plus essentielle, puisqu'elle renferme la consécration ; les Grecs l’ont nommée a^«fopà , élévation , soit parce qu’avant de la commencer le prêtre exhorte les fidèles à élever leurs cœurs vers le ciel , sursùm corda; soit parce qu’après la cousécra-

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tion il élève les symboles eucharistiques pour faire adorer aux assistants Jésus- Christ présent. Dans la liturgie romaine, le canon commence par ces mots : Te igitnr J etc.

au lieu que dans les autres liturgies elle ne se disoit qu’après. Depuis ce tempslà , on n’y a pas touché , sinon pour y ajouter le nom de quelques saints. C’est , dans cet état que le canon de la messe

Quelques liturg^stes ont écrit que c’est ^ fut porté en Angleterre par le moine Ausaint Jérôme qui, par ordre du pape gustin;ily en a un manuscrit fait avant Sirice, a mis le canon dans la forme que l’an 700, Le père Le Brun prouve que le nous avons : d’autres , que c’est le pape pape Gélase même n’y avoit fait aucun Sirice lui-même , qui vivoit sur la fin du * changement , mais seulement des addiquatrième siècle. Mais on disoit la messe i lions au sacramentaire , auquel il mit avant Sirice et avant saint Jérôme; il y des collectes ou oraisons pour les jours avoit donc déjà un canon ou une règle que le prêtre devoit suivre : jamais cette action sainte n’a été abandonnée au goût Avant lui , les papes Innocent I’’'' et saint et à la discrétion des particuliers. ' Léon avoient fait de même. En effet ,

L’abbé Renaudot , dans la dissertation | l’ancien canon de la messe romaine , qui qu’il a mise à la tête de la Collection des est celui du pape Gélase , tel qu’il l’avoit liturgies orientales, a fait voir que le trouvé en usage, est entièrement concanon vient des apôtres ; il le prouve par forme à celui du sacramentaire de saint la conformité qui se trouve entre les li- ■ Grégoire. Voy. Codices sacram. Tho-

masii , p. 196.

Ainsi , quand nous lisons que le pape

qui n’en avoient point de propres , en y laissant toutes celles qui y étoient déjà.

turgies syriaques, cophtes, grecques et latines : s’il y a de la variété dans les prières, si quelques cérémonies se font i Sirice au quatrième siècle, Gélase au

dans un ordre différent , toutes cepen dant reriennent au même pour le fond, toutes renferment une invocation à Dieu, des prières pour les vivants et pour les morts , l’invocation des saints , les paroles de Jésus-Christ pour la consécration , l’élévation ou Vostension de l’eucharistie, et l’adoration ; il conclut avec raison que ce canon est d’institution apostolique , que jamais personne n’a eu la témérité d’y toucher ni de le changer essentiellement. C’est la profession la plus claire et la plus éclatante que l’Eglise puisse faire de sa foi touchant l’eucharistie.

De même le père Le Brun , dans son Explication des cére'm. de la messe, tom.3, p. J 37, a fait voir que le canon de la messe étoit écrit avant l’an HO ; et que le pape Gélase l’inséra dans son sacramentaire, tel qu’on le suivoit pour lors , sans y faire aucun changement :

que l’an 838 ce canon fut envoyé par le pape Vigile aux Espagnols , comme étant de tradition apostolique ; que vers l’an 600, saint Grégoire le Grand y ajouta seulement ces mots : diesque nostros in iuâ pace disponas ; qu’il plaça l’oraison dominicale avant la fraction de l’hostie,

cinquième, saint Grégoire au septième, ont ajouté ou eliangé quelque chose au sacramentaire , cela ne doit pas s’entendre du canon , mais des autres parties de la messe. C’est dans ce sens que Jean diacre , dans la Tie de saint Grégoire, 1. 2, c. 17, dit que ce saint pape renferma dans un seul volume le sacramentaire de Gélase , qu’il en retrancha plusieurs choses , en changea quelquesunes , et y en ajouta fort peu.

C’est donc avec raison que le concile de Trente a dit que le canon de la messe a été dressé par l’Eglise . qu’il est composé des paroles de Jésus-Christ, de celles des apôtres et des premiers pontifes qui ont gouverné l’Eglise. Si les prétendus réformateurs avoient été plus instruits, s’ils avoient comparé ensemble toutes ces liturgies qui datent des premiers siècles , ils n’auroienl pas condamné avec tant de hauteur le. canon de la messe de l’Eglise romaine. Foyez Liturgie.

Le concile dd^ Trente prononce l’anstthème contre tous ceux qui condamneront la coutume établie dans cette Eglise, de réciter à voix basse une partie du canon et les paroles de la consécration ,

ou qui soutiendront que l’on doit célébrer en langue vulgaire. Sess. 22, can. 9. Croira-t-on qu’au commencement de ce siècle quelques prêtres prononçoient à haute voix les paroles du canon et de la consécration, afin de persuader aux femmes qu’en répétant ces paroles elles consacroient avec le prêtre? Ils ignoroient que la liturgie n’a été mise par écrit qu’au quatrième siècle, et qu’avant ce temps-là les prêtres seuls savoient les prières du canon. Voyez Langues vulgaires , Secrètes , et l’ancien sacramentaire , par Grandcolas, 1“ part., p. 786.

Canons Pénitentiaüx. Ce sont les règles qui fixoient la rigueur et la durée de la pénitence que dévoient faire les pécheurs publics qui désiroient être réconciliés à l’Eglise , et reçus à la communion.

Nous sommes étonnés aujourd’hui de la sévérité de ces canons, qui furent dressés au quatrième siècle ; mais il faut savoir que l’Eglise se crut obligée de les établir , 1® pour fermer la bouche aux novaliens et aux montanistes , qui l’accusoient d’user d’une indulgence excessive envers les pécheurs , et de fomenter ainsi leurs déréglements. 2® Parce qu’alors les désordres d’un chrétien étoient capables de scandaliser les païens , et de les détourner d’embrasser le christianisme ; c’étoit une espèce d’apostasie. 5® Parce que les persécutions qui venoient de finir avoient accoutumé les chrétiens à une vie dure et à une pureté de mœurs qu’il étoit essentiel de conserver.

Au reste , ces canons n’ont été rigoureusement observés que dans l’Eglise grecque ; le concile de Trente , en corrigeant les abus qui pouvoient s’être glissés dans l’administration de la pénitence, n’a témoigné aucun désir de faire revivre les anciens canons pénilenliaux.

Sess. 14, chap. 8. 11 est cependant très à propos d’en conserver le souvenir, soit pour nrémunir les confesseurs contre l’excès uu relâchement, soit jiour réfuter les calomnies que les incrédules se sont permises contre les mœurs des premiers chrétiens. Voyez Pénitence , Péniten-

TiEL, ancien Sacramentaire , 2® part.,

Canons des Saints , catalogue des

saints reconnus ou canonisés par l’Eglise. Voyez Canonisation.

C’est un usage aussi ancien que le christianisme , de recommander à Dieu dans la liturgie les fidèles vivants , nommément les évêques et les pasteurs ; c’étoit autrefois un témoignage de communion de foi avec eux et de catholicité. Voyez Diptiques. On y a toujours prié pour les morts , et on y a fait mention des saints , surtout des martyrs , en demandant à Dieu la grâce de participer à leurs mérites et à leur intercession.

Ainsi , le canon de la messe s’est trouvé être aussi le canon des saints , et leur nombre a augmenté de jour en jour.

Certains critiques ont conclu mal à propos que le canon de la messe n’est pas fort ancien , parce que l’on y voit le nom de quelques saints qui ne sont pas des premiers siècles : ils n’ont pas fait attention que ces noms ont été ajoutés à mesure que les saints sont venus à mourir.

CANONIQUE. Un livre est appelé canonique, lorsqu’il se trouve dans le canon ou dans la liste des saintes Ecritures. Au mot Ca.non, nous avons vu quels sont ceux qui composent l’ancien Testament. Quant à ceux du nouveau, l’on a constamment reconnu pour canoniques les quatre Evangiles, les Actes des apôtres , les quatorze épîtres de saint Paul , excepté l’épître aux Hébreux ; la première épître de saint Pierre, et la première épître de saint Jean. Voilà, dit Eusebe , après les Pères plus anciens , les livres qui sont reçus d’un consentement unanime. Ilist. Ecclésiast., 1. 3 ,

с. 25. C’est ce qui leur a fait donner le nom de proto-canoniques.

H y a eu d’abord quelques doutes sur la canonicité de l’épitre aux Hébreux , des épîtres de saint Jacques et de saint Jude , de la seconde de saint Pierre , de la seconde et de la troisième de saint Jean , et de l’Apocalypse. Cependant ces écrits ont été reçus de tout temps par quelques Eglises , et ensuite par l’Egliso universelle. Nous le voyons par les an-

cicns catalogues des livres du nouveau Testament, tel que celui des conciles de Laodicée , de Carthage et de Rome, celui que l’on trouve dans le dernier canon des apôtres , etc. C’est ce qui a déterminé le concile de Trente à les mettre au même rang que les autres , et ils sont appelés deuiéro-emoniques.

Ce canon des livres du nouveau Testament n’a point été dressé d’abord par aucune assemblée ecclésiastique , ni par aucun particulier; il s’est formé peu à peu sur le consentement unanime de toutes les Eglises, et ce consentement n’a pu devenir unanime que quand ces différentes sociétés ont été à portée de rendre témoignage de ce qu’elles avoient ou n’avOient pas reçu des apôtres.

Mais les épîtres dont la canonicité a d’abord été contestée, n’avoient été adressées nommément à aucune Eglise ; celle^de saint Paul aux Hébreux étoit pour tous les juifs convertis , quelquesunes étoient pour de simples particuliers , et ne paroissoient pas fort importantes ; elles n’ont pas pu être d’abord revêtues d’une attestation aussi authentique que celles qu’avoient reçues les Eglises de Rome, de Corinthe, d’Ephèse , etc. Il en est de même de l’Apocalypse.

Vainement quelques incrédules ont cru fonder une grande objection sur la lenteur avec laquelle le canon des livres du nouveau Testament a été formé. Cet argument peut incommoder les protestants , qui ne veulent point d’autre règle de foi que l’Ecriture sainte ; c’est à eux de nous faire concevoir comment l’Eglise chrétienne a pu demeurer si longtemps sans savoir certainement quels livres elle devoit ou ne devoit pas regarder comme Ecriture sainte. Pour nous, qui soutenons , comme nos pères , que la principale règle de foi est l’enseignement public, constant et uniforme de l’Eglise, nous ne voyon's pas en. quoi il étoit si important que le canon des Ecritures fût promptement dressé et universellement connu.

Eusèbe , Histoire eccîés., 1. III , c. 25, distingue trois sortes de livres du nouveau Testament, 1» ceux qui ont été

reçus d’abord d’un consentement unanime , et dont nous avons vu ci-devant l’énumération. 2“ Ceux qui n’ont point été reconnus d’abord par toutes les Eglises , mais seulement par quelquesunes ; ou qui ont été cités comme Ecriture sainte par quelques auteurs ecclésiastiques. Mais cette seconde classe se divise en deux , l’une des livTes qui dans la suite ont été reçus par toutes les Eglises , et ont été nommés deutéro-canoniques ; nous les avons désignés :

l’autre des livres qui n’ont point été placés dans le canon, mais que l’on a conservés comme des livres utiles et respectables. Tels sont les livres du Pasteur, la Lettre de saint Bamaté , les deux Lettres de saint Clément, etc.

3“ Les livres supposés et forgés par les hérétiques pour autoriser leurs erreurs, livres que l’Eglise catholique a toujours rejetés ; tels sont les faux évangiles de saint Thomas, de saint Pierre, les fausses Apocalypses , etc.

De là il résulte que la seule raison qui nous détermine à regarder tel livre comme canonique, divin ou inspiré , est la tradition ou l’autorité de l’Eglise.

Quand nous serions pleinement persuadés qu’un livre a été véritablement écrit par un apôtre ou par un disciple de Jésus - Christ , qu’il est par conséquent authentique; quand il ne renfermeroit rien que de vrai et de conforme à tous les articles de notre croyance , cela ne sullîroit pas. La divinité des livres saints ne porte principalement ni sur la certitude historique , ni sur les règles de critique , ni sur le témoignage d’aucun particulier, mais sur l’autorité et la garantie de l’Eglise ; et nous ne voyons pas sur quel autre fondement on peut l’établir.

Lorsque les protestants font profession de ne recevoir pour divins que les livres dont la canonicité a été universellement reconnue dans les premiers siècles , c’est d’abord une fausseté ; l’épître aux Hébreux qu’ils reçoivent , a été douteuse pendant quelque temps.

D’ailleurs , si le sentiment unanime de l’ancienne Eglise suffit pour nous a|> prendre que Ici livre est divin , nous no

voyons pas pourquoi il ne suffit plus ! envoyer leurs noms et les circonstances

de leur martyre , afin de ne pas confondre avec eux ceux dont le zèle pouvoit paroître suspect. £pist. 37 et 79.

Dans la suite on crut devoir rendre lé même culte aux personnages vénérables qui, sans avoir souffert le martyre, avaient édifié l’Eglise par une ^ie exem-

pour nous enseigner comment nous devons l’entendre , ou pour nous convaincre que tels et tels dogmes sont révélés.

Nous concevons encore moins sur quel fondement les protestants croient l’authenticité des livres même proto-canoniques , comment ils osent se fier au témoignage des anciens auteurs ecclé- | plaire. Mais la piété souvent imprudente siastiques , pendant qu’ils nous les re- des peuples , les erreurs dans lesquelles présentent comme des hommes d’une on étoit tombé à cet égard, la négligence probité très - douteuse , qui ne se sont des évêques à constater les vertus et les jamais fait de scrupule de commettre ! miracles de ceux auxquels on s’empresdes fraudes pieuses , ni de mentir pour i soit de rendre un culte, obligèrent les la gloire de Dieu et pour la propagation I souverains pontifes à se réserver ce jude la foi. Voyez Mosheim, Instit. liist. I gement. Le premier exemple d’une ca- Christ., p., c. 2 , § 23. nonisation solennelle faite par le pape

est de la fin du onzième siècle. Voyez V ancien Sacramentaire , par Grandcolas , l'® partie, p. 38S.

Les protestants se sontexercés à l’envi à tourner en ridicule la canonisation

CANONISATION d’un saint; décretpar lequel le souverain pontife déclare que tel homme a pratiqué les vertus chrétiennes dans un degré héroïque , et que Dieu a opéré des miracles par son intercession , soit pendant sa vie , soit après sa mort.- Conséquemment il juge que l’on doit l’honorer comme un saint, il permet d’exposer ses reliques à la vénération des fidèles , de l’invoquer , de cé- ! ___ r

lébrer le saint sacrifice de la messe et * mémoire des serviteurs de Dieu , dont un office en son honneur. La canonisa- ! on avoit admiré les vertus pendant leur

des saints ; mais ils auroient dû nous apprendre ce que devoit faire l’Eglise pour prévenir les prétendus abus qu’ils lui reprochent. A-t-elle pu ou a-t-elle dû empêcher les peuples de respecter la

tion est ordinairement précédée d’un décret de béatification. Voyez ce mot. Dans les premiers siècles de l’Eglise ,

vie ? Ce sentiment est naturel ; il a toujours été et il sera toujours le même ; il a régné chez les juifs aussi bien que chez

les martyrs ont été les premiers aux- ■ les chrétiens. Eccl., c. 44 et suiv. Les

quels les fidèles ont rendu un culte SO' lennel. On élevoit un autel sur leur tombeau , et l’on y célébroit les saints mystères; en cela consistoit toute la cérémonie de la canonisation. Nous en

protestants disent qu’autre chose est de respecter la mémoire des saints, et autre chose de leur rendre un culte ; nous leur soutenons que, supposé la croyance de l’immortalité des âmes et

voyons un exemple dans les actes du ! du bonheur éternel des saints , il a été

martyre de saint Ignace, et dans la lettre de l’Eglise de Smyrnc au sujet du martyre de saint Polycarpe. Ce sont donc les peuples qui ont été les premiers auteurs du culte rendu aux saints , et l’Eglise l’a approuvé avec raison.

Les évêques jugèrent néanmoins qu’il y falloit apporter beaucoup de précaution , pour empêcher que l’on ne rendît les honneurs dus à la vertu , 5 des hommes qui ne les auroient pas mérités.

Saint Cyprien ordonna de faire des informations exactes de ceux qui étoient véritablement moi ls pour la foi, de lui

impossible de les croire heureux dans le ciel et pénétrés de l’amour divin, sans être persuadé qu’en eux la charité n’est pas morte , qu’ils s’intéressent au salut de leurs frères , qu’ils intercèdent pour nous, et qu’il est utile de les invoquei Il a fallu tout l’entêtement des protestants pour leur faire rejeter une conséquence aussi palpable. Voyez Cultk.

Cela posé les pasteurs de l’Eglise ontils dû laisser à la discrétion des peuples le choix des personnages qui méritoienl ou ne inériloient pas d’être réputés saints , plutôt que de sc réserver ce ju-

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gcment? Dès les premiers siècles il a fallu faire le discernement des vrais martyrs d’avec les faux. Les protestants eux 'mêmes soutiennent que dans les neuvième, onzième et douzième siècles de l’Eglise , les peuples sont tombés dans des erreurs et des excès énormes touchant les hommes réputés saints ; il a donc fallu , pour prévenir les abus, que les papes se réservassent les procès de i la canonisation des saints, puisque c’est un objet qui intéresse l’Église universelle. Quand nos adversaires se récrient sur le trop grand nombre de saints canonisés , on diroit qu’ils sont fâchés de ce qu’il y a eu trop d’âmes vertueuses dans le monde , qui ont mérité de servir d’exemple aux autres.

Il n’est pas possible de pousser plus loin l’exactitude de l’examen qui se fait à flome de la vie , des actions , des miracles d’un personnage dont on poursuit la canonisation. Il est aisé de s’en convaincre par l’ouvrage que le pape Benoît XIV a fait sur ce sujet. Les catholiques pensent avec raison qu’un jugement , porté avec tant de précaution , ne peut pas être sujet à l’erreur ; que, dans une circonstance aussi importante , Dieu accorde à son Eglise l’assistance qu’il lui a promise jusqu’à la fin des siècles.

Un des reproches que les incrédules de nos jours ont répétés le plus souvent, est que l’Eglise a placé au rang des saints des hommes inutiles qui u’ont rendu aucun service au monde, et de faux zélés qui en ont troublé la tranquillité; des princes qui n’ont eu que les vertus (lu cloître, ou qui ont été les persécuteurs de ceux qui ne pensoient pas , comme eux. Mais les philosophes , qui ! cc nnoissent très-mal la vertu, sont mauvais juges du mérite des saints. Un homme n’est point inutile au monde , lorsque , dans le silence et la solitude , il cmploie'’^âon temps à louer Dieu , à prier pour scs frères, à pratiquer la mortification , l’obéissance , le détachement de toutes choses. Ces exemples , qui sont connus tôt ou tard , sont trèsutiles pour faire comprendre aux hommes en quoi consiste le vrai bonheur ; celle leçon vaut mieux cl produit plus

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d’effet que les dissertations des philosophes.

Lorsque les saints sont revêtus d’une dignité qui leur donne un rang dans la société, et leur impose le devoir de veiller sur la conduite des autres , il est impossible que leurs leçons et leur conduite ne déplaisent pas aux hommes vicieux , et qu’ils n’éprouvent aucune contradiction. Leur douceur seroit blâmée comme une molle condescendance ; leur fermeté passe pour ambition de <lominer , pour inquiétude ou dureté de caractère ; on leur fait un crime de leurs vertus mêmes. « Tous ceux , dit saint * Paul , qui veulent vivre pieusement ï selon Jésus-Christ , souffriront perséï cution , pendant que les hommes mé- ® chants et séducteurs feront des pro- » grès dans le mal, et entraîneront les P autres dans leurs erreurs, p II. Tim., c. 5, 12 et 13. C’est l’histoire de tous

les siècles.

Lotsque des princes ont employé aux pratiques de piété le temps que d’autres donnent à des plaisirs bruyants , dispendieux et souvent scandaleux, nous ne voyons pas ce que les peuples y ont perdu. Quant au nom de persécuteurs que l’on donne aux souverains qui ont réprimé l’audace des hérétiques et des incrédules , l’abus d’un mot ne doit pas nous en imposer ; ils ont dû punir ceux qui corrompoient les mœurs et détruisoient les principes de vertu. Voyez Saints.

CANTIQUE. Voyez Chant ecclésiastique.

Cantique des Cantiques , livre sacré, ainsi nommé par les Hébreux pour exprimer son excellence. On l’attribue à Salomon , duquel il porte le nom dans le texte hébreu et dans l’ancienne ver- I sion grecque. Les lalmudistes ont préj tendu qu’il étoit d’Ezéchias ; mais cette opinion n’a pas été suivie par les autres ■ rabbins. Il est dit dans l’Ecriture que Salomon avoit composé des cantiques aussi bien que DaviiJ , et le nom de Salomon se trouve dans plusieurs endroits de celui-ci.

En examinant d’abord le sens littéral, ou plutôt grammatical , de ce cantique;

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les critiques en ont porté des jugements fort diflérents. Les uns ont prétendu que c’est un ouvrage purement profane, dans lequel Salomon a célébré ses amours avec la fille de Pharaon, roi d’Egypte , qui étoit la plus chérie de ses épouses. C’étoit le sentiment de Théodore de Mopsueste, qui regardoit cet ouvrage comme dangereux pour les mœurs ; c’est encore l’idée qu’en ont les anabaptistes. Les Juifs en avoient interdit la lecture avant l’âge de trente ans, quoique d’ailleurs ils le regardassent comme un livre inspiré. D’autres ont pensé que c’étoit un épithalame, un poème destiné à être chanté dans les noces ; ils ont cru y distinguer sept parties d’églogue , qui répondent aux sept jours pendant lesquels duroient les noces des anciens. Ç’a été le sentiment de ! JL Bossuet, dans le commentaire qu’il a | fait sur ce livre , et celui de Lowth , de sacrâ poesi Ilebrœor., prœlect. 50 et 31 .

Quelques commentateurs , prevenus de ces idées , ont fait de ce cantique des traductions trop libres et capables d’alarmer la pudeur , comme Bèze, Casta- ’ lion , Grotius , et un célèbre incrédule de nos jours ; d’autres ont affecté de faire remarquer les endroits qui , selon nos mœurs , paroissent trop licencieux, et ils ont fait un crime à l’Eglise catholique de ce qu’elle a placé quelques morceaux de ce poème dans l’office divin. Tous, au reste , sont convenus qu’en fait d’ouvrages profanes, il n’en est point de plus agréable que celui-ci ; que l’on y trouve un feu , une délicatesse , une variété d’images inimitables ; c’est une peinture très - naïve des anciennes mœurs de l’Orient. Cependant un de nos littérateurs modernes n’y a rien trouvé de incrveillcux ; suivant son avis , si l’on excepte quelques images champêtres assez agréables, le reste n’a rien d’éloquent ni de sublime.

Mais toutes ces opinions ont été réfutées par un critique très-habile dans les langues orientales. Le savant Michaèlis, dans ses Notes sur Lowth , souüciM et prouve que l’objet du cantique de Salomon n'est de peindre ni l’aniour licencieux de deux personnes libres, ni celui de

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