CAP 360 CAP
sonne n’est prophète dans son pays.
Matth., c. Î5, 57. Les Galiléens,
imbus du préjugé général de la nation juive , que le Messie devoit être un conquérant, pouvoient-ils aisément se persuader que le fds d’un artisan, dont toute la famille étoit connue , fût le Fils de Dieu descendu du ciel et incarné pour le salut des hommes ? Trois ans d’instructions , de miracles et de vertus, n’étoient pas trop pour persuader à des hommes très-grossiers une vérité aussi étonnante , pour laquelle les incrédules de tous les siècles ont eu tant de répugnance. On ne doit pas être surpris si les Capharnaïtes furent révoltés , lorsque Jésus-Christ promit de donner sa chair à manger et son sang à boire. Joan., c. 6, ÿ. 52. Il se trouve encore aujourd’hui des sectes de chrétiens qui n’en veulent rien croire. Mais enfin Jésus-Christ vint à bout de persuader ses concitoyens , puisque la plupart de ses disciples étoient Galiléens , et que plusieurs de ses parents même souffrirent la mort pour lui après sa résurrection. Voyez Pauents.
CAPISCOL, dignitaire de plusieurs chapitres ou églises , soit cathédrales , soit collégiales, en Provence et en Languedoc. Il paroît que c’est la même dignité que celle de chantre , de celui qui préside au chœur. Capiscol se dit pour caput scholœ , le chef des chantres.
Dans le pontifical romain , les ecclésiastiques dont l’évêque est accompagné dans les cérémonies , sont appelés schola.
CAPITAL. On nomme péchés capitaux les vices habituels ou les passions déréglées qui sont en nous la source ordinaire de nos péchés. Ce sont l’orgueil, l’avarice, l’envie, la gourmandise , la luxure , la colère et la paresse. Voyez ces divers articles. Quelques interprètes pensent que Jésus-Christ a voulu les désigner, lorsqu’il a parlé des septdémons qui s’emparentdc l’homme.
Matth., c. 12, ^.45; Luc., c. 8, 2.
CAPITULE , petit chapitre. Ce sont quelques versets tirés de l’Ecriture sainte , et relatifs îi l’ollicc du jour, que l’on récite après les psaumes et avant l’hymne. Le capitule des compiles se dit
après l’hymne, et il est suivi d’un répons comme dans les petites heures.
CAPTIVITÉ DE BABYLONE. Moïse de la part de Dieu, avoit annoncé aux Israélites que s’ils n’étoient pas fidèles à observer sa loi , il les transporteroit hors de la terre promise , et les livreroit au pouvoir d’une nation étrangère.
Deut., c. 28 , 49 et 64; mais que s’ils
revenoientàlui , il les rétabliroit, c. 30,
I et suiv. Comme sous leurs rois ils se livrèrent très-souvent à l’idolâtrie, et contractèrent des mœurs très-corrompues. Dieu leur déclara par ses prophètes qu’il alloit accomplir ses menaces, que toute la nation seroit assujettie aux Assyriens et transportée à Babylone :
mais il leur promit qu’après soixantedix ans ils seroient délivrés et reconduits dans la Judée. Jerem., c. 25, j^. Il et 12 ; c. 26, jt. 10. Tout cela fut vérifié par l’événement.
II ne faut pas se persuader que cette captivité ait été un dur esclavage ; que les Juifs sous la domination des rois Assyriens , Mèdes ou Perses , aient été absolument malheureux. A la réserve de l’exercice public de leur religion, qui ne leur étoit ni permis ni possible, iis jouissoient de tous les droits de sujets ; nous le voyons par les histoires de Tobie , de Suzanne et d’Esther. Ils possédaient des terres et les cultivoient; plusieurs furent élevés aux dignités et eurent un très-grand crédit à la Cour.
Un grand nombre de Juifs se trouvèrent si bien en Assyrie , qu’ils ne voulurent pas revenir en Judée, lorsque Cyrus ieur en eut accordé la liberté.
Aujourd’hui , quand on demande aux Juifs pourquoi Dieu, malgré les promesses qu’il a faites à leurs pères , les a réduits depuis dix-sept cents ans dans un état beaucoup plus fâcheux que la captivité de Babylone; pour quel crime Dieu les a dispersés et humiliés chez toutes les nations de l’univers , si ce n’est pas pour avoir mis à mort le Messie, ils répondent que leur captivité présente est une continuation ou une extension de la captivité de Babylone, et qu’ils sont encore punis aujourd’hui des anciennes prévarications de leurs