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CAP 361 CAP

pères. "^C’est une espèce de proverbe parmi eux, qu’il ne leur arrive aucune calamité dans laquelle il n’entre au moins une once de l’adoration du veau d’or.

Indépendamment de l’absurdité de ce préjugé, l’Ecriture sainte fournit des preuves positives du contraire.

i° Les mêmes prophètes qui ont annoncé la captivité de Bahylone, en ont aussi prédit' la fin ; Jérémie déclare formcîlementqu’ellenedurcra que soixantedix ans', et Daniel le comprit ainsi en lisant ce prophète. Jerem., c. 23 et 29 ; Lan,, c. 9. Un ange révèle à Daniel que ces soixante -dix ans sont l’abrégé de soixante-dix semaines d’années qui doivent s’écouler jusqu’à la venue du Messie. It)id., jl. 24. Cela est précis.

2® L’édit de Cyrus permit à tous les Juifs sans exception de retourner dans leur patrie ; les termes sont formels et illimités. I. Esdr., c. 1 , y. 5. L’auteur des Paralipomènes reconnoît, dans les derniers versets du second livre, que cet édit mit fin à la captivité. 11 y a de l’opiniâtreté à soutenir le contraire.

3® Daniel et Néhémie reconnaissent que les menaces Moïse dans le Deutéronome ont été accomplies à Babylone. Lan., c. 9, i. 1 1 et 12 ; II. Esdr., c. 1 , jl. 8. En eflfet. Moïse dit aux Juifs qu’ils seront transportés avec leur roi dans une terre éloignée , qu’ils y serviront des dieux étrangers , des dieux de bois et de pierre. Leut., chap. 28, y. 36. Cela ne peut pas être appliqué à leur captivité présente; ils n’ont plus de roi, ils ne sont forcés nulle part d’adorer des idoles.

4® Lorsque les Juifs se plaignent à Babylone de ce que Dieu leur a fait porter la peine des prévarications de leurs pères, Ezéchiel leur soutient que cela est faux, qu’ils sont punis pour leurs propres crimes. Ezech., c. 18.

Ceux d’aujourd’hui ont donc tort de répéter cette plainte absurde de leurs aïeux.

De là nous concluons contre eux que le crime pour lequel ils sont punis depuis dix-sept siècles, est non-seulement un crime national, mais personnel à

chacun des Juifs; et il n’en est aucun qui réunisse ces deux caractères que le déicide qu’ils ont commis dans la personne de Jésus-Christ. C’est un crime national , puisque les chefs de la nation l’ont rejeté et condamné à mort ; le peuple y a participé , puisqu’il a crié :

Que son sang soit sur nous et sur nos enfants. C’est un crime personnel à chaque Juif, puisque tous ceux qui n’ont pas cru en Jésus-Christ, ont applaudi à la conduite de leurs pères , et ont tâché de la justifier ; aujourd’hui encore tous blasphèment contre ce divin Sauveur.

Que le sort actuel ait été prédit ou non par la prophétie du Deutéronome , cela est indifférent; celle de Daniel est expresse ; il déclare qu’après le meurtre du Messie, la dévastation et la désolation des juifs dureront jusqu’à la fin. Lan., c. 9, jl. 27. Jamais ils n’ont rien opposé de solide à cette preuve accablante. V

CAPUCIATI, encapuchonnés; on nomma ainsi , sur la fin du douzième siècle, certains fanatiques qui firent une espèce de schisme civil et religieux avec les autres hommes , et prirent pour marque de leur association particulière un capuchon blanc auquel pendait une petite lame de plomb ; leur dessein étoit , disoient- ils , dé forcer ceux qui se faisoient la guerre , à vivre en paix.

Celte idée vint dans la tête d’un bûcheron vers l’an 1186. 11 publia que la sainte Vierge lui avoit apparu, lui avoit donné son image et celle de son Fils avec cette inscription : Agneau de Lieu, qui effacez les péchés du monde, donnez-nous la paix ; qu’elle lui avoit ordonné de former une association dont les membres porteraient cette image avec un capuchon blanc , symbole de paix et d’innocence , s’obligeroient par serment à conserver la paix entre eux , et forceroient les autres à l’observer.

La lassitude et le mécontentement qu’avoienl produits dans tous les esprits les divisions, les guerres intestines, l’anarchie de ce malheureux siècle, donna de la consistance à la fantaisie

bizarre des capuciés ; ils trouvèrent des approbateurs et firent des prosélytes dans tous les états , surtout en bourgogne et dans le Bcrri. Malheureusement pour établir la paix ils commençoient par faire la guerre , et vivoient aux dépens de ceux qui ne vouloient pas se joindre à eux. Les seigneurs et les évêques levèrent des troupes , dissipèrent ces fanatiques, et firent cesser leur brigandage.

Mais on en vit bientôt paroître d’autres , les stadings , les circoncellions, les albigeois , les vaudois, etc., qui étoient animés du même esprit et commirent les mêmes désordres.

Dans le siècle suivant, l’an 1387 , il y eut en Angleterre des capuciés d’une autre espèce ; c’étoient des hérétiques sectateurs de Wiclef, qui ne vouloient pas se découvrir et gardoient leur capuchon devant le Saint- Sacrement; ils prirent la défense d’un nommé Pierre Pareshul , moine augustin , qui avoit quitté le froc , et qui , pour justifier son apostasie, accusoit son ordre de plusieurs crimes. Labbe , Nouv. bibl., tome 1, p. 477. D’argentré, Collée. Judic., 1. 1, p. 125. Sponde, ad an. 1577.

CARACTÈRE. Ce terme en théologie signifie une marque spirituelle et ineffaçable que Dieu imprime dans l’âme d’un chrétien par quelques-uns des sacrements. Il n’y en a que trois qui opèrent cet effet, le baptême, la confirmation et l’ordre : aussi ne les réitère- 1 -on jamais, même aux hérétiques, pourvu qu’en les administrant l’on n’ait rien manqué d’essentiel dans la matière ni dans la forme.

La réalité de ce caractère est prouvée par des passages de saint Paul , dont le sens est à la vérité contesté par les hérétiques, et même par quelques théologiens catholiques ; mais dans cette question , comme dans toute autre, la tradition doit servir de guide. Saint Augustin , en écrivant contre les donatistes qui réitéroient le baptême et l’ordination , a supposé et a soutenu que ces sacrements impriment un caractère ineffaçable. L. contra L'pist. Parmen., n“ 28. Toute l’Eglise d’Afri(iue a confir-

mé cette vérité par son suffrage , et c’est le sentiment de l’Eglise catholique.

Un savant anglican, qui le combat de toutes scs forces , soutient qu’il n’en est question dans aucun des anciens conciles. Il avoue cependant que plusieurs Pères de l’Eglise ont appelé le baptême le sceau, le signe, la marque, le caractère de Jésus-Christ; mais ils n’ont rien conclu de là , sinon qu’il ne faut pas réitérer ce sacrement. Il ne s’ensuit pas , dit-il , qu’un chrétien apostat, infidèle, excommunié , conserve encore quelque droit ou quelque privilège en vertu de son baptême. Bingham, Orig. Ecclés., t. 11, p. 236. Nous convenons que le seul droit qui lui reste est de ne pas être rebaptisé lorsqu’il fera pénitence et qu’il rentrera dans le sein de l’Eglise.

De même , dit ce critique , lorsque les anciens conciles ont excommunié ou dégradé un prêtre J* ils ont dit : Nous l’avons privé du sacerdoce et de tout pouvoir sacerdotal; nous déclarons qu’il n’est plus prêtre, nous le privons même de la communion laïque , etc. Que restet-il donc à ce prêtre dégradé en vertu de son ordination passée? Nous répondons qu’il lui reste le pouvoir radical de l’ordre , et non celui d’en faire les fonctions. Cela est si vrai que, si ce prêtre parvient à se faire absoudre et réintégrer, on ne l’ordonnera pas de nouveau; il recommencera d’exercer validement et licitement les fonctions du sacerdoce. Il n’est pas de l’intérêt d’un anglican de soutenir le contraire, puisqu’il s’ensuivroit que les évêques et les prêtres d’Angleterre, excommuniés comme hérétiques par l’Eglise romaine , ont perdu dès ce moment leur caractère et tous leurs pouvoirs, conséquemment qu’ils n’ont pu donner aucune ordination valide ; que le clergé de l’Eglise anglicane n’est composé que de purs laïques, comme nous le prétendons.

Quant à la nature du caractère dont nous parlons, les théologiens ne sont pas d’accord pour l’expliquer. Comme le mot caractère signifie littéralement une gravure, il ne peut être appliqué à notre Ame que par métaphore.

Durand, in quartum, dist. 4,q. 1»

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