‹ Dictionnaire de théologieChapitre 154 sur 170 · SCIENCE · texte numérisé non relu

SCIENCE

CATABAPTISTES. On s’est (quelquefois servi de ce nom pour désigner en général tous les hérétiques qui ont nié la nécessité du baptême , surtout pour les enfaiils. Il est formé de xarà, qui eu composition signifie quelquefois contre, et de fioLitru, laver, baptiser; il signifit opposé au baptême , ennemi du baptême.

Ceux qui ont soutenu celle erreur,

Sont tons partis à peu près du même principe; ils ne croyoient pas le péché originel , et ils n’attribuoient au baptême aucune autre vertu que d’exciter la foi. Selon eux , sans la foi actuelle du baptisé le sacrement ne peut produire aucun effet ; les enfants qui sont incapables de croire le reçoivent très-inutilement. C’est l’opinion des sociniens. D’autres ont posé pour maxime générale que la grâce ne peut pas être produite dans une âme par un signe extérieur qui n’affecte que le corps , que Dieu n’a pas pu faire dépendre le salut d’un pareil moyen. Cette doctrine, qui attaque l’efficacité de tous les sacrements , est une conséquence naturelle de la précédente.

Quoique Pélage niât le péché originel, il ne contestoit pas la nécessité ou du moins l’utilité du baptême, pour donner à un enfant la grâce d’adoption ; dans un enfant, disoit-il, la grâce trouve une adoption à faire, mais l’eau ne trouve rien àlaver : Ilalet gratia quod adoptei, non habet unda quod abluat. La notion seule de baptême , qui emporte celle de purification , suffit pour réfuter Pélage ; jamais cet hérétique n’a expliqué nettement en quoi il faisoit consister la grâce d'adoption.

CATACOMBE, du grec yarà, dans, et xu/t6oi creux , désigne une cave souterraine pratiquée pour servir à la sépulture des morts. Les catacombes se nommoient aussi cryptœ, cavernes, et cœmeteria , dortoirs.

Selon quelques auteurs , ce nom ne s’est donné autrefois à Rome qu’aux tombeaux de saint Pierre et de saint Paul , ou à une chapelle de saint Sébastien , dans laquelle , suivant l’ancien calendrier romain , a été mis le corps de saint Pierre , l’an 258 , sous le consulat de Tuscus et de Bassus.

Aujourd’hui l’on appelle en Italie catacombes de vastes amas de sépulcres souterrains qui sont dans les environs de Rome , principalement à trois milles de cette ville, près de la voie Appienne. On croit que ce sont les tombeaux des martyrs; on va les visiter par dévotion , et l’on en tire des reliques qui sont envoyées dans les divers pays catholiques.

après que le pape les a reconnues sous le nom de quelque saint.

Ces catacombes sont de la largeur de deux ou trois pieds, et ordinairement de la hauteur de huit à dix pieds, en forme de galeries qui se communiquent les unes aux autres , et s’étendent souvent jusqu’à une lieue de Rome. Il n’y a ni maçonnerie ni voûte , la terre se soutient d’elle-même. Les deux côtés de ces rues , qui en sont comme les murailles , servoient , de haut en bas , à mettre les corps des morts. On les y plaçoit en long, à trois ou quatre rangs les uns sur les autres , et parallèlement à la rue ; on les enfermoit avec des tuiles fort larges et fort épaisses , quelquefois avec des morceaux de marbre, cimentés d’une manière que l’on auroit peine à imiter aujourd'hui. Le nom du mort se trouve quelquefois , mais rarement , sur les tuiles ; on voit aussi quelquefois une branche de palmier , symbole du martyre , avec ce chiffre , peinC ou gravé XP, que l’on interprète pro Christo.

Pour rendre suspectes les reliques tirées des catacombes, plusieurs protestants ont soutenu que ces caveaux étoient destinés à la sépulture des païens ; que quoique les Romains fussent dans l’usage de brûler leurs morts, ils enterroient cependant les esclaves pour éviter la dépense. Les Romains devenus chrétiens, disent-ils , voyant la vénération que l’on avoit pour les reliques , et voulant en avoir à leur disposition , entrèrent dans les catacombes , mirent à côté des tombeaux les chiffres ou les inscriptions qu’il leur plut , et les fermèrent pour les rouvrir dans la suite quand ils en trouveroient l’occasion favorable. Cette supercherie fut ensuite oubliée , jusqu’à ce que le hasard fit ouvrir les catacombes.

Avant d’accuser les Romains chrétiens d’un crime aussi grave, il faudroit avoir des preuves : non-seulement les protestants n’en ont point , mais leurs conjectures sont absurdes. Tous les habitants d’une ville ont-ils pu convenir ensemble de commettre une fourberie et une impiété, pour procurer à leurs descendants la satisfaction de distribuer do fausses

reliques, sans y avoir aucun intérêt, et sans qu’il se soit trouvé personne qui ait eu assez de probité pour réclamer contre cette supercherie? On ne commet pas des crimes pour le seul plaisir de les commettre.

Il est prouvé, au contraire, i° que l’usage des Romains païens n’étoit point d’enterrer dans des catacombes les criminels , les esclaves , le bas peuple, mais de les jeter dans de grandes fosses nommées puticuli, et d’y en brûler un grand

milliers de martyrs; ce fait est encore attesté par des inscriptions, dont l’une fait mention de cinq cent cinquante martyrs enterrés ensemble, une autre de cent cinquante. Saint Jérôme dit que dans sa jeunesse il avoit coutume de visiter les catacombes le dimanche, in Ezech., c. /tO. Ces saints lieux n’ont donc jamais été oubliés ni perdus de vue, et l’on savoit au quatrième siècle qu’ils renfermoient des martyrs et non des païens. 5° Un grand nombre de ces tombeaux

nombre à la fois; au lieu qu’on brûloit ‘ de martyrs sont reconnoissables par des

en particulier le corps des personnes considérables , et qu’on renfermoit leurs

inscriptions et par d’autres symboles , par le monogramme de Jésus -Christ

cendres dans des urnes. Les Romains , i XP , par la ligure du bon pasteur , par qui laissoient mourir de faim dans une ! des palmes, par les fioles ou gobelets de

île du Tibre leurs esclaves vieux ou malades , se sont-ils donné la peine de leur accorder une sépulture honorable dans les catacombes ?

2“ Les chrétiens évitoient avec soin d’enterrer leurs morts dans le même lieu que les païens , nous le voyons par l’histoire que le martyr Lucien a faite de la découverte des reliques de saint Etienne. Saint Cyprien fait un crime à Martial , évêque espagnol , d’avoir fait enterrer des enfants dans des tombeaux profanes, et de les avoir mêlés avec des étrangers. Nous sommes donc certains qu’il n’y a eu aucun païen enterré dans un cimetière destiné à la sépulture des chrétiens.

3“ 11 est incontestable que les catacombes ont servi aux assemblées chrétiennes dans les temps de persécution , et par la même raison à la sépulture des martyrs , que l’on étoit obligé d’enterrer avec le plus grand secret. L’usage constant a été de célébrer les saints mystères sur les reliques des martyrs , et les fidèles, par dévotion, désiroieut d’être inhumés à côté de ces précieux dépôts.

L’histoire ecclésiastique et les actes des martyrs font mention des défenses faites aux chrétiens par les persécuteurs de tenir leurs assemblées dans les cimetières. ils n’auroient p.is voulu les tenir parmi les tombeaux des païens.

¥ Prudence , saint Paulin , et d’autres, attestent que les catacombes de Rome rcnfcrmoienl les corps de plusieurs

sang mis avec leurs corps , etc.

6® L’on ne peut assigner le temps auquel on suppose que les catacombes ont été malicieusement fermées par les Romains , pour donner lieu à une erreur dans la suite. Pendant les persécutions , les chrétiens s’en sont servis pour leurs assemblées et pour les sépultures ; lorsque la paix a été rendue à l’Eglise, elles ont été visitées par dévotion. Si on les a fermées lorsque les barbares ont saccagé Rome, ce n’a pas été par fourberie, mais pour prévenir les profanations. Lorsque la tranquillité a été rétablie , on n’avoit pas oublié ce que les auteurs ecclésiastiques en avoient dit au quatrième siècle.

Les conjectures des protestants, de Rurnet, de Misson, de Spanheim , de Rasnage , etc. sont donc fausses à tous égards.

De ces observations l’on peut conclure, avec toute la certitude possible, que les os tirés des catacombes , sont des reliques, ou des martyrs, lorsque cela est ainsi attesté , ou des premiers fidèles. Quoique ceux-ci n’aient pas tous été des saints , quand on connoît les mœurs de l’Eglise primitive , et la disposition dans lacpielle étoient les premiers chrétiens de mourir pour leur foi, on ne pcnl pas disconvenir que leurs re> liqiies ne soient dignes de vénération.

Si quelques lecteurs catholiques sa sont laissé séduire par les soupçons, et par les conjectures malignes des protes-

tants sur ce sujet , c’est qu’ils n’out pas examiné la question d’aussi près que l’ont fait les critiques et les antiquaires de Rome. On peut voir dans les Fies des Pères, des Martyrs, etc., tome ix, pag. 68S et suiv., les preuves détaillées des faits que nous avons allégués.

Les catacombes de Naples peuvent être un objet de curiosité pour les voyageurs , mais elles ne fournissent aucune nouvelle réflexion à faire sur les reliques que l’on tire de celles de Rome.

CATAPHRYGES ouCATAPHRY- GIENS. Foif. Montanistes.

CATARACTE. Foyez Déluge.

CATÉCHÈSE, du grec xafl»îx>7»i5j instruction ; catéchisme a la même étymologie et le même sens. C’est l’instruction que l’on donnoit à ceux qui vouloient embrasser le christianisme et recevoir le baptême : le catéchiste est celui qui étoit chargé de cette fonction.

Dans les premiers siècles , l’usage n’étoit point de mettre par écrit les dogmes et les pratiques du christianisme , il auroit été à craindre que ces écrits ne vinssent à tomber entre les mains des païens qui en auroient abusé et les auroient tournés en ridicule , parce qu’ils n’y auroient rien compris. Mais on n’eut jamais l’imprudence de donner le baptême aux juifs ni aux païens , sans leur avoir enseigné auparavant les dogmes qu’il falloit croire , et la morale qu’il falloit pratiquer.

Ainsi l’avoit ordonné Jésus-Christ; il dit à ses apôtres d’enseigner toutes les nations, et de les baptiser ensuite, Matth., c. 28, jî'. 19. Il en avoit donné l’exemple, les apôtres l’ont suivi; les Pères de l’Eglise , les évêques , les pasteurs, ont rempli ce devoir dans tous les siècles , avec plus ou moins d’exactitude et de succès. Dans tous les temps les conciles ont exhorté les ecclésiastiques à le remplir , et leur en ont fait un devoir rigoureux : leconcilede Trente en a renouvelé les lois , sess. 2 i , de Reform., c. 7. Mais il n’est prouvé par aucun ancien monument , que l’instruction des néophytes ait consisté à leur faire lire l’Ecriture sainte , comme Mosheim et d’autres protestants l’imaginent,

selon le préjugé de leur secte. Les incrédules , au contraire , accusent les premiers chrétiens d’avoir caché leurs livres avec le plus grand soin ; autre prévention qui n’est pas mieux fondée.

C’est donc une injustice de la part des incrédules, de vouloir persuader que le christianisme s’est établi dans les ténèbres , par séduction et par artifice , que les premiers fidèles ont cru sans preuves et sans motifs, ont reçu le baptême sans savoir à quoi ils s’engageoient. La rigueur des épreuves auxquelles on les soumettoit , n’étoit certainement pas un piège tendu pour les séduire. Aucune religion n’a imposé à ses ministres une obligation aussi étroite d’instruire les ignorants , et ils n’ont négligé ce devoir dans aucun temps. Leurs anciens ennemis , Celse et d’autres , leur ont reproché la passion du prosélytisme , ceux d’aujourd’hui leur en font encore un crime , ils n’en rougiront jamais. Foy.

Ecoles Ciiuétien.nes.

CATÉCHISME, c’est non-seulement l’instruction que l’on donne aux enfants ou aux adultes pour leur apprendre la croyance et la morale du christianisme , mais encore le livre qui renferme celte instruction. Comme les évêques ont été établis par Jésus-Christ pour enseigner les fidèles, c’est à eux de dresser et de donner à leurs diocésains le livre que nous appelons catéchisme. Celui qui a été fait par ordre du concile de Trente , a été le modèle sur lequel on a formé la plupart de ceux dont on se sert aujourd’hui dans l’Eglise catholique. L’uniformité de la doctrine enseignée dans tous ces livres élémentaires , est une preuve irrécusable de l’unité de foi qui règne dans toute cette Eglise. Si quelquefois des évêques ont essayé d’y émettre des opinions qui n’appartiennent point à la foi catholique, ordinairement cette témérité a été mal accueillie ; ils ont trouvé, de la part de leur clergé et de leurs ouailles , une résistance à laquelle ils ne s’attendoient pas. Preuve qu’ils ne sont pas les maîtres de changer, quand ils voudroient , la foi de leur troupeau. ^ Dans la plupart des catéchismes faits par les protestants , ils ont eu soin d’y

mettre des accusations contre l’Eglise romaine, afin d’inspirer aux enfants dès le berceau , des préventions et de la haine contre le catholicisme. Plus modérés qu’eux , nous n’apprenons point aux enfants à détester ceux qui sont dans l’erreur ; nous voudrions pouvoir leur laisser ignorer qu’il y a des hérétiques au monde.

De tous les livres, le plus difficile à faire est peut-être un bon catéchisme ; c’est un abrégé de théologie ; plus un homme est instruit , mieux il sent cette difficulté.

CATÉCHISTE , ecclésiastique chargé d’enseigner aux catéchumènes les premiers cléments de la religion, et de les disposer à recevoir le baptême et les autres sacrements.

Comme il est rare aujourd’hui de baptiser les adultes , la fonction de catéchiste se borne à instruire les enfants des vérités de la religion , à les disposer ainsi à recevoir les sacrements de confirmation , de pénitence et à faire leur première communion.

Si cette fonction est communément confiée à de jeunes ecclésiastiques, ce n’est pas qu’elle soit très -aisée à bien remplir; elle exige une netteté d’esprit, une prudence et une patience singulières : mais c’est que les moyens d’instruction sont si multipliés parmi nous, que l’un peut toujours suppléer à l’autre.

CATÉCI1UMÉN.\T , CATÉCHUMÈNE.

Un catéchumène est une personne qui désire de recevoir le baptême , et qui se fait instruire dans ce dessein. Dans l’Eglise primitive , cela se faisait avec beaucoup de précaution et avec cérémonie.

« Celui qui étoit jugé capable de de- » venir chrétien, dit M. Fleury, étoit » fait catéchumène par l’imposition des » mains. L’évêque ou le prêtre le mar- » quoit au front du signe de la croix , » en priant Dieu qu’il profitût des in- 1 structions qu’il alloit recevoir, et qu’il » se rendît digne de parvenir au saint » baptême. Il assistait aux sermons pu- • blics, auxquels les infidèles même » étaient admis. Le temps du catéchu- » ménat étoit ordinairement de deux

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