‹ Dictionnaire de théologieChapitre 160 sur 170 · CEP 411 CEP · texte numérisé non relu

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théologiens ; les hérétiques et les incrédules font de vains efforts pour obscurcir cette vérité.

Un passage de l’épître de saint Paul aux Galates , c. 2 , i et suiv., a donné lieu à une dispute sur le nom de Céphas. L’apôtre dit que quatorze ans après sa conversion, ou après un voyage qu’il avoit fait à Jérusalem, il y en fit un autre pendant lequel il conféra sur l’Evangile avec les apôtres , et en particulier avec ceuxguiparoissoientêtreqîielquechose; que Jacques, Céphas et Jean , qui paroissoient être les colonies de cette Eglise , trouvèrent bon qu’avec Barnabé il prêchât aux gentils, comme euxmêmes prêchoient aux circoncis. « Mais, » ajoute saint Paul, Céphas étant venu » à Antioche , je lui résistai en face , » parce qu’il étoit répréhensible. Avant » l’arrivée de quelques juifs , venus de » la part de Jacques, il mangeoit avec les ï gentils ; depuis leur arrivée , il se re- » tiroit et se tenoit à l’écart, de peur de » déplaire aux circoncis ; et il en en- » traîna plusieurs dans cette dissimula- » tion. Comme je vis qu’ils n’agissoient » pas selon la droiture de l’Evangile , je » dis à Céphas devant tout le monde :

B Si vous , qui êtes juif, vivez comme les B gentils , pourquoi voulez- vous les ohli- B ger à judaïser ? etc. b c La question est de savoir si ce Céphas, repris par saint Paul , est l’apôtre saint Pierre , ou un disciple de ce nom. Les anciens ont été partagés sur cette question ; Origène, Didyme, Apollinaire, Eusèbe d’Edesse , Théodore d’IIéraclée , saint Jean Chrysostome , Théodoret , parmi les Grecs; Tcrtullicn, saint Cyprien , saint Jérôme, saint Augustin, l’auteur nommé Ambrosiaster , saint Grégoire le Grand, saint Thomas , parmi les Latins , et le plus grand nombre des commentateurs , ont pensé que ce Céphas est l’apôtre saint Pierre. On cite pour le sentiment contraire saint Clément d’Alexandrie dans ses hypoty poses, Eusèbe qui en rapporte le passage sans le contredire. Dorothée de Tyr dans une chronique pascale ,' plusieurs écrivains dont parlent saint Jean Chrysostome, saint Jérôme , saint Grégoire, et qui vi-

voientdoleur temps, Tauteur de la Chronique d’Alexandrie, qui écrivoit au septième siècle, et CEcuménius, qui est mort dans le onzième.

, Comme il s’agit , non pas d’un point de dogme, mais d’histoire et de critique, le père Ilardouin a pensé qu’il devoit se décider par des raisons plutôt que par des autorités , puisqu’il n’y a point ici de témoins contemporains ; il a fait en 1709 une dissertation pour prouver que Céphas n’est point l’apôtre saint Pierre.

L’abbé Boileau l’a réfuté dans une autre dissertation en 1713. Dom Calmet a rapporté les raisons pour et contre dans une dissertation sur ce môme sujet , Bible d’Avignon , 1. 15, pag. 705. V. s’est décidé pour le sentiment de l’abbé Boileau.

Chacun de ces auteurs arrange la chronologie d’une manière favorable à son opinion ; mais comme c’est une pure conjecture de part et d’autre , nous ne nous y arrêtons point. La principale difficulté est de savoir si la dispute de saint Paul avec Céphas arriva avant ou après le concile de Jérusalem , dans lequel il avoit été décidé que les gentils n’étoient point obligés d’observer la loi de Moïse , comme le prétendoient les juifs. ,

Le père Ilardouin soutient que ce fut avant le concile , parce que , si saint Pierre avoit commis la faute dont on l’accuse , après avoir jugé lui-même la cause contre les juifs et en faveur des gentils , sa conduite à Antioche seroit inexcusable. Dom Calmet ne semble pas avoir suffisamment satisfait à celte première objection du père Hardouin.

Celui-ci observe , en second lieu , que saint Paul dans l’épître même aux Galates , appelle trois fois saint Pierre , Tlérpci, c. 1 , 18 ; c. 2 , jt. 7 et 8 ; qu’il

n’est pas probable qu’au 9 il le nomme CépA as; la manière dont il parledeceluic seroit très-indécente à l’égard de saint Piîrre. A-t-il pu dire de lui : Je conférai avec ceux qui paroissoienl être quelque chose, % 2 ; ceux qui paroissoienl être quelque chose ne m’ont rien doiiné,

G, après avoir dit, cap. 1 ,- jt. 18 : Je vins à Jérusalem voir Pierre , et je demeurai chez lui pendant quinze jours ?

Est-il probable que pendant ces quinze

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