‹ Dictionnaire de théologieChapitre 162 sur 170 · CEU · texte numérisé non relu

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part de ces écrivains d’attaquer de front les idées et les notions du paganisme et du judaïsme , et d’y opposer celles que les chrétiens avoient reçues de Jésus- Christ et des apôtres. On peut comparer sur ce point les apologies de saint Justin , de Tertullien, de Minutius - Félix , d’Origène , etc.; on verra s’ils ont cherché à ménager les préjugés de leurs adversaires , afin de les gagner , et s’ils ont été tentés de les imiter en quelque chose. D’un côté, les protestants nous objectent le silence de ces écrivains touchant les cérémonies dont parlent les auteurs du quatrième siècle ; de l’autre ils supposent que ce sont ces docteurs silencieux , ou leurs contemporains, qui les ont établies ; ils ont donc rougi d’apprendre aux païens ce que l’on faisoit dans l’Eglise chrétienne par condescendance pour eux.

Nous convenons du goût général , non-seulement des Orientaux , mais de tous les peuples du monde, pour la manière d’enseigner symbolique et allégorique , pour les cérémonies majestueuses et instructives qui renferment un grand sens. De là même nous concluons que Jésus-Christ, les apôtres et leurs disciples , étoient trop sages pour retrancher aux hommes un aussi puissant moyen d’instruction. Ces symboles , disent nos adversaires , cet appareil extérieur , plaisent aux ignorants; cela est vrai, et en cela ils sont plus sensés que les prétendus savants qui les dédaignent et qui veulent les supprimer. Jésus - Christ et les apôtres n’ont - ils voulu instruire et convertir que des philosophes?

Quant à la doctrine des pythagoriciens et des platoniciens du troisième siècle, Mosheim pouvoit remonter plus haut : il l’auroit vue dans les écrits des apôtres et des évangélistes. Ils nous apprennent que le démon a osé tenter Jésus-Christ lui -mémo ; que c’est lui qui tourmentoit les possédés guéris par Jé- Bus-(;hrist, et qui mit dans le cœur de Judas de trahir son Maitre. Ils disent ijue cet esprit malin enlève la parole de Dieu^ iu cœur de ceux qui l’écoulent; tju’il tourne autour de nous comme un non rugissant ; qu’il nous tend des cin-

bûches ; qu’il faut lui résister et le mettre en fuite , etc. Ces vérités suffisoient sans doute pour faire instituer des exorcismes et des bénédictions , pour inspirer aux chrétiens l’estime de la mortification , de la continence , de la chasteté , de la pénitence , sans qu’il fût besoin de consulter Pythagore ou Platon. Nous présumons que les Pères et les chrétiens du second et du troisième siècle ont formé leur croyance sur les livres du nouveau Testament, plutôt que sur la doctrine des philosophes païens. Quelques-uns de nos incrédules ont dit que les éclectiques ou nouveaux platoniciens avoient imaginé leur théurgie sur le modèle des cérémonies chrétiennes; d’autres , que ce sont les chrétiens qui ont imité cette Ihéurgie; c’est sans doute Mosheim qui leur a suggéré cette idée : on doit 1e féliciter des disciples qu’il a formés.

Il a dû voir de même, dans les écrits des apôtres , les noms de pontife, de prêtre, de sacerdoce, d'autel, de sacrifice, de victime, etc. C’étoit à lui de prouver que les pasteurs de l’Eglise en ont abusé au second et au troisième siècle , pour changer la vraie notion de l’eucharistie , pour s’arroger des pouvoirs , des droits , des privilèges , auxquels ils n’auroient pas dû prétendre.

Il dit que les personnes sensées et vertueuses furent indignées de la multiplication des cérémonies, et il cite le livre de Tertullien de Creatione; on ne trouve point ce livre prétendu parmi les écrits de Tertullien ; il allègue , avec encore plus d’infidélité, le témoignage de saint Augustin. Ce saint docteur parle des cérémonies qui ne sont fondées ni sur l’autorité de l’Ecriture sainte , ni sur les décrets des conciles , ni sur l’usage de l’Eglise universelle, mais qui varient suivant les dilïérents lieux, de manière que l’on ne peut découvrir les causes de leur institution ; il est d’avis de les retrancher absolument, et il dit que le joug des rites judaïques est plus favorable que celui de ces inventions do la présomption humaine. Mais il dit qu’il ne faut ni rejeter ni blâmer , mais plutôt louer et imiter les pratiques dans les-

quelles on voit les caractères opposés , et qui ne sont contraires ni à la foi, ni aux bonnes mœurs, mais qui peuvent servir à l’édification. Bpist. 55 ad Januar., ch. 48 et 19 , n. 51 et 55. Voilà une doctrine bien différente de cell<> de Mosheim et des protestants.

Il allègue enfin , en troisième lieu , un trait de la vie de saint Grégoire Thaumaturge, dans laquelle il est dit que, voyant ^ multitude ignorante persévérer dans l’idoiatrie à cause des plaisirs sensuels et de la joie qui régnoient dans les f<^tes des païens , il permit aux chrétiens le se récréer et de se réjouir dans les feU s des martyrs , espérant que d’eux-méme»

ils en viendroient à une conduite plus grave et plus honnête. De là Mosheim conclut que saint Grégoire permit aux chrétiens de danser, de jouer , de faire des festins sur les tombeaux des martyrs le jour de leur fete , et de pratiquer tout ce que les pa'iens faisoient dans leurs temples en l’honneur de leurs dieux. Ilîst. Ecclés. du second siècle, seconde partie , c. 4 , § 2. Si cela est vrai, saint Grégoire Thaumaturge permit encore aux chrétiens les spectacles du théâtre , l’ivrognerie et la prostitution ; puisque les païens faisoient tout cela dans leurs temples à l’honneur de leurs dieux. Est-il donc impossible de se récréer et de se réjouir d’une manière honnête, et sans aucun danger pour les mœurs ? Voilà comme , par des commentaires malicieux, les protestants calomnient les Pères de l’Eglise.

Nous ne répondrons rien au reproche qu’il fait aux évêques des siècles suivants , d’avoir multiplié de nouveau les cérémonies par un motif d’ambition , afin de s’attirer plus de considération et de respect de la part des peuples.

Il ne coûte rien à la malignité de nos adversaires de prêter des motifs vicieux k ceux qui en ont d’ailleurs do trèslouables.

Nos philosophes incrédules ne pouvoient manquer d’enchérir sur les reproches des hérétiques ; mais ils n’ont fait que suivre 1e chemin que ceux-ci leur avoient tracé. Ils disent qu’un culte aussi chargé de cérémonies et de pra-

tiques extérieures que le nôtre , n’est pas l’adoration en esprit et en vérité que Jésus-Christ est venu établir , qu’il ressemble trop au judaïsme, qu’il ne convient qu’au peuple le plus grossier.

Nous répondons que le culte en esprit et en vérité est celui qui est profondément gravé dans l’esprit et dans le cœur, et qu’il ne peut l’être que par l’entremise des sens. Celui des Juifs se bornoit à l’extérieur , ne leur inspiroit ni respect , ni reconnoissance , ni soumission à Dieu, ni charité pour leurs frères; c’est ce que Jésus-Christ leur a reproché. Tout homme , philosophe ou autre , qui ne veut point d’extérieur de religion, en a déjà d’avance abjuré les sentiments. Si Jésus-Christ avoit aboli le culte extér'eur, il seroit venu pour rendre les hommes athées et incrédules.

II.» objectent que les cérémonies sont un piège d’erreur pour le peuple , qu’il y met rn confiance, leur attribue la vertu de purifier l’âme, est plus jaloux d’y satisfaire que de remplir les devoirs essentiels de la morale. Quand cet abus seroit vrai, il prouverait la turpitude et la stupidité de l’homme , et non le danger des cérémonies. De deux maux, il faudroit encore choisir le moindre : or, c’est un moindre mal que le peuple abuse quelquefois de l’extérieur de la religion, que s’il perdoit tout sentiment de religion. 11 est absurde de dire que les cérémonies sont faites pour le peuple, et que c’est pour lui un piège inévitable d’erreur; c’est supposer qu’il est né pour être trompé. Mais le peuple rend aux philosophes le mépris qu ils ont pour lui ; en dépit de leur sagesse sublime, le peuple sent très-bien que la piété consiste, non dans les gestes, mais dans les sentiments, de même que l’humanité consiste dans les affections et les services , et non dans les dehors de la politesse.

D’autres plus entêtés ont soutenu que nos cérémonies sont un reste du paganisme, qu’il n’y a aucune différence entre les rites du christianisme et la théurgic des païens. C’est une vieille objection des manichéens. Saint Augustin, contra Faustum, 1. 20, c. 4

et 21. Nous soutenons au contraire que l’emploi des c^mnonî'es au culte du vrai Dieu est la restitution d’un vol fait par les païens. La vraie religion est plus ancienne que les fausses , elle a droit de revendiquer les rites que ses rivales ont profanés. Faut-il nous abstenir de prier Dieu , parce que les païens ont prié Jupiter et Vénus; ni plus nous mettre à genoux, parce qu’ils se sont prosternés devant des idoles?

Les protestants eux-mêmes ont retenu des cérémonies les assemblées de religion et le chant ; le baptême , qui est une purification ou une lustration ; la cène , qui est un repas religieux ; des fêtes, des jeûnes solennels, l’imposition des mains , les obsèques pour les morts ; ils se mettent à genOux pour prier , quelques-uns font le signe de la croix : les païens ont observé presque tous ces rites; sont-ce des restes de paganisme?

Quand on nous dit que notre culte extérieur est un reste de judaïsme, nous répondons que le judaïsme lui-même étoit un reste de la religion des patriarches , que celle-ci venoit d’Adam , et de Dieu qui la lui avoit enseignée.

-Il n’y a pas plus de ressemblance entre la tliéurgie païenne et le culte de l’Eglise , qu’entre l’impiété et la religion. Un théurgiste prétendoit , par le moyen des rites qu’il avoit imaginés , forcer les génies ou démons qu’il adoroit à faire des miracles, à lui dévoiler l’avenir, etc. Un prêtre emploie, non des cérémonies dont il est l’auteur, mais que Dieu lui-même a instituées ; loin de commander à Dieu, il sait que Dieu lui défend d’y rien mettre du sien ; il ne demande pas à Dieu des miracles, encore moins des connoissanccs prophétiques , mais les grâces que Dieu a promises aux fidèles.

Enfin , ceux qui disent que les cérémonies ont été établies pour l’intérêt des prêtres, se persuadent sans doute que, dans les quatre premiers siècles de l’Eglise, il y avoit des droits casuels attachés à chacune des fonctions du sacerdoce. Ils ne savent pas , ou ils oublient que ces droits n’ont commencé h s’établir qu’au dixième siècle ou plus tard ,

lorsque le clergé eut été dépouillé de ses possessions par les seigneurs qui s’en emparèrent. C’est ainsi que l’ignorance décide de tout sans réflexion. F. Culte, Liturgie, Superstition, Théurgie.

Cérémonies Judaïques. Voyez Lévi- TiQUE , Lois cérémonielles. t

CÉRINTHIENS , hérétiques du premier et du second siècle. Leur chef fut Cérinthe, Juif de nation ou de religion, qui , après avoir étudié la philosophie clans l’école d’Alexandrie, parut dans la Palestine, et répandit ses erreurs principalement dans l’Asie mineure.

Quelques anciens , surtout saint Epiphane , ont cru que Cérinthe étoit un de ces Juifs zélés pour la loi de Moïse, qui vouloient y assujettir les Gentils, qui trouvèrent mauvais que saint Pierre eût instruit et baptisé le centurion Corneille, qui troublèrent l’Eglise d’Antioche par leur obstination à garder les cérémonies légales, qui décrioient l’apôtre saint Paul , parce qu’il exemptait de ces cérémonies ceux qui n’étoient pas nés Juifs; mais il paroît qu’en cela saint Epiphane a confondu les cérinthien* avec les ébionites.

Il est plus naturel de s’en rapporter à saint Irénée, qui est plus ancien. Selon ce qu’il dit , Cérinthe ne parut que sous le règne de Domitien , vers l’an 88 , et fut connu de l’apôtre saint Jean , qui écrivit son Evangile pour le réfuter.

Cérinthe, conformément aux idées de Platon, croyait que Dieu n’avoit pas créé l’univers immédiatement par luimême, mais qu’il avoit produit des esprits, des intelligences ou génies, plus ou moins parfaits les uns que les autres; que l’un de ceux-ci avoit été l’artisan du monde; que tous le gouvernoient et en administroient chacun une portion. Il prétendoit que le Dieu des Juifs étoit un de ces esprits ou génies, qu’il étoit l’auteur de leur loi , et des divers événements qui leur sont arrivés. Il ne voulait pas que l’on abolit entièrement celte loi ; il pensait qu’il fallait en conserver plusieurs choses dans le christianisme.

11 prétendoit que Jésus étoit né de Joseph et de Marie, comme les autres hommes , mais qu’il étoit doué d’une

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sagesse et d’une sainteté fort supérieures ; qu’au moment de son baptême , le Christ ou le Fils de Dieu étoit descendu sur lui en forme de colombe, lui avoit révélé Dieu le Père , jusqu’alors inconnu , afin qu’il le fit connoître aux hommes, et lui avoit donné le pouvoir de faire des miracles ; qu’au moment de la passion de Jésus, le Christ s’étoit séparé de lui pour retourner auprès du Père , que Jésus seul avoit souffert , étoit mort, étoit ressuscité; mais que le Christ, pur esprit, étoit incapable de souffrir. Ces erreurs sont les mêmes que celles de Carpocrate ; mais il paroît que les disciples de Cérinthe y en ajoutèrent d’autres dans la suite.

On croit encore qu’il fut l’auteur de l’hérésie des millénaires ; qu’il supposoit qu’à la fin du monde Jésus-Christ reviendroit sur la terre pour y exercer sur les justes un règne temporel pendant mille ans; que pendant cet intervalle les saintsjouiroient ici-bas de toutes les voluptés sensuelles. C’est ce qui donna lieu à quelques anciens d’allribucr à Cérinthe le livre de l’Apocalypse , dans lequel ils 'croyoient trouver ce prétendu règne de mille ans ; d’autres ont cru que Cérinthe avoit composé une Apocalypse différente de celle de saint Jean , et y avoit enseigné cette rêverie.

Il est essentiel de remarquer que Papias et les autres Pères anciens , qui ont aussi admis un règne temporel de Jésus- Christ pendant mille ans, ne l’ont jamais conçu comme Cérinthe ; ils n’ont jamais cru que les saints goùlcroient sur la terre des voluptés sensuelles, mais 3cs délices purement spirituelles , telles qu’elles conviennent à des corps ressuscités, glorieux, affranchis dos besoins de la nature. Les incrédules qui ont attribué aux anciens Pères le millénarisme de Cérinthe, ont voulu en imposer aux ignorants, frayez Mii.lénaiues.

cLes opinions de cet hérétique donnent lieu à des remarques im|)ortanles.

1“ Voilà un philosophe formé à l’école de Platon , (pii , loin d’admcllrc en Dieu une trinité, n’y admet pas seulement une dualité, ne sup|)osc point le Fils de Dieu égal à son Père , mais le re-

garde comme une créature : comment les anti-lrinitaires ont-ils osé soutenir que le mystère de la Trinité étoit un dogme sorti de l’école de Platon? Quand on connoU les principes de ce philosophe , on est convaincu qu’il n’a jamais pensé à supposer une trinité en Dieu.

2“ Cérinthe ne s’est point laissé subjuguer par les apôtres , il a été leur adversaire ; cependant , loin d’attaquer le témoignage qu’ils ont rendu des miracles de Jésus-Christ et de sa résurrection , Cérinthe le confirme , convient de ces faits essentiels , lâche d’en rendre raison par le pouvoir surnaturel communiqué à Jésus : les incrédules viendront-ils encore dire que ces faits n’ont été crus que longtemps après , lorsqu’on ne pouvoit plus leS vérifier , et par deshommes simples et ignorants qui ne se sont pas donné la peine de rien examiner?

5° Il faut que Jésus-Christ ait enseigné clairement et formellement qu’il étoit le Fils de Dieu; s’il n’étoil question que d’une filiation métaphorique et par adoption , Cérinthe n’auroit pas eu tort (le l’entendre comme il a fait; cependant il a été regardé comme hérétique , et réfuté par saint Jean. De quel front les sociniens et leurs adhérents, Locke, Bury, etc., ont -ils osé soutenir que, pour être chrétien , il suflisoil de croire que Jésus-Christ étoit le Messie , l’envoyé de Dieu; que le litre de Fils de Dieu ne signifie rien autre chose , etc.?

Nous ne pouvons pas douter que saint Jean n’ait composé son Evangile pour réfuter Cérinthe , comme le dit saint Irénéc, liv. 5, c. 1 1. L’apôtre attaque de front cet hérétique, en commençant sa narration. 11 dit : Ju commencement éloil le Verbe, il étoil en Dieu cl il étoit Dieu.... tout a été fait par lui, et rien n’a été fait sans lui. C’est donc une erreur d’enseigner , comme Cérinthe, que le Créateur du monde n’csl pas Dieu luimême, mais une vertu, une intelligence, un esprit distingué de Dieu, inférieur à Dieu, et (pii ne connoissoil- pas Dieu.

Saint /rénée, liv. 1 , c. 2(5. Selon saint Jean , cc Verbe étoit la vie et la lumière de tous les hommes ; il n’a cessé de les

éclairer , quoiqu’il n’ait pas été connu ; il a toujours été dans le monde , et il y est venu comme dans son propre domaine , quoiqu’on n’ait pas voulu le recevoir. 11 n’est donc pas vrai que le monde ait été gouverné par des génies subalternes , par des esprits créés , comme le prétendoient Cérinlhe et Carpocrate ; c’est ce même Ferle qui s’est fait chair, qui a vécu et conversé avec les hommes , et c’est le Fils unique du Père; c’est lui-même qui nous l’a fait connoître. Il est donc faux que Jésus et le Christ soient deux personnages différents, etc.

Saint Jean ne s’élève pas avec moins de force contre ces mêmes erreurs dans ses lettres ; il traite d’antechrist celui qui dit que Jésus n’est pas le Christ , I. Joan., c. 2 , 22 ; celui qui divise Jésus, c. 4 , 3 ; celui qui ne croit pas que

Jésus est le Fils de Dieu, c. 5, 10;

celui qui ne confesse point que Jésus- Christ est venu en chair , II. Joan., f. 7, etc. Nous verrons ailleurs que cet apôtre ne réfute pas moins clairement les e'bionites, autres hérétiques contemporains des apôtres.

Il ne paroît pas que la secte des ce'rinthiens ait subsisté fort longtemps , il n’en est plus question depuis Origène ; probablement elle se fondit dans quelqu’une des autres sectes du second siècle.

Mosheim , Ilist. christ., sæc. i, § 70, et Instit. maj., 2' part., c. S, § 16, s’est attaché à donner un plan suivi et un système raisonné des erreurs de Cérinthe ; mais il nous paroît faire un peu trop d’honneur à cet hérétique et aux autres sectaires du second siècle , puisqu’il est prouvé que tous étoient trèsmauvais raisonneurs. 11 ne peut pas se persuader que Cérinlhe ait prétendu que les voluptés sensuelles aureienl lieu dans le règne de Jésus-Christ sur la terre , pendant mille ans. Comment ce docteur, dit-il, auroit -il pu donner dans cette idée grossière , lui qui rendoit témoignage de la sainteté éminente , et des vertus sublimes de Jésus-Christ? Mais outre qu’il n’y avoit aucune absurdité à supposer que Dieu n’exigeoit pas des

justes une vie aussi pure et aussi sainte que celle de Jésus -Christ, une simple probabilité ne suffit pas pour accuser les Pères d’avoir voulu rendre Cérinlhe odieux , afin de détourner les fidèles de l’erreur des millénaires dont il étoit l’auteur. Ce soupçon ne s’accorde guère avec la prétention des autres protestants , qui disent que tous les Pères des premiers siècles ont été prévenus de celte erreur.

CERTITUDE. Nous laissons aux philosophes le soin de distinguer les différentes espèces de certitude, d’en établir les règles, de répondre aux objections des sceptiques et des pyrrhoniens (Note XVI, p.619.)La seule question qui regarde directement les théologiens , est de savoir si les règles de certitude sont applicables aux faits surnaturels comme aux autres ; si nous pouvons être aussi certains d’un miracle que nous le sommes d’un fait naturel ; si les mêmes preuves, qui suffisent pour nous convaincre de l’un , ne sont pas suffisantes pour nous faire croire l’autre.

Malgré la multitude des sophismes par lesquels les incrédules ont embrouillé cette question , il nous paroît évident, 1° que , par le sentiment intérieur, un homme sensé peut être métaphysiquement certain d’un miracle opéré sur lui-même , en avoir autant de certitude que de sa propre existence. Le paralytique de trente -huit ans, guéri par Jésus-Christ, avoit celte certitude métaphysique de l’impuissance dans laquelle il avoit été de marcher et de se mouvoir, du pouvoir qu’il en avoit reçu de Jésus-Christ, et dont il faisoit actuellement usage, du passage subit qu’il avoit fait du premier de ces étals au second, sans remèdes, sans préparatifs, sans y avoir contribué lui -même en rien : ici l’illusion ne peut avoir lieu. Que ce passage ou ce changement fût surnaturel et miraculeux , c’est une conséquence évidente qu’il pou voit tirer, sans craindre d’y être trompé; il n’est pas nécessaire d’être philosophe, médecin ou naturaliste , pour le sentir.

On aura beau dire qu’il y a des rêves d’imagination , qui font sur nous la

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même impression que les faits réels; que plusieurs personnes saines se sont crues malades, que plusieurs malades se croient guéris sans l’être : il n’est arrivé à personne de rêver pendant trentehuit ans qu’il étoit paralytique, ou de croire qu’il marchoit pendant qu’il étoit dans l’impuissance de se mouvoir. Entreprendra-t-on de nous prouver que jamais nous ne sommes absolument certains si nous sommes sains ou malades , impotents ou valides ?

2° Ceux qui avoient vu ce paralytique pendant trente -huit ans, qui avoient aidé à le porter et à le mouvoir , qui le voyoient marcher et emporter son grabat, étaient, par le témoignage de leurs sens, physiquement certains de ces mêmes faits. L’illusion ne pouvait pas plus avoir lieu pour eux que pour le malade même. Un homme ne peut tromper tous les yeux, pendant trentehuit ans, par une paralysie feinte; les yeux d’une multitude d’hommes ne peuvent être fascinés au point de leur faire croire qu’un homme marche et agit pendant qu’il est immobile, ou de leur faire prendre à tous , pour un même homme, deux hommes différents. Où en serions-nous? la société pourroit-clle subsister, si le témoignage de nos yeux, sur des faits aussi palpables , n’étoit pas physiquement certain, et pouvait nous induire en erreur ?

On peut nous étonner un moment par des dissertations sur les artifices des fourbes, sur les prestiges des Jongleurs, sur la ressemblance des visages , etc.

Sans aucun effort de logique , nous sentons que les prestiges ne peuvent nous en imposer au point de nous rendre hicertains si un homme , avec lequel nous vivons habituellement, est toujours lui-même et non un autre.

Ces témoins oculaires éloient donc certains dw miracle, par le même raisonnement évident que faisait le paralytique.

3" l.e témoignage réuni de cette multitude de témoins oculaires dotuioit à ceux qui n’avoient pas vu le miracle ni le [»aralytiquc une certitude morale complète de ces mêmes faits. Ils sen-

toient qu’un grand nombre de témoins , qui n’avoient aucune part ni aucun intérêt à ce miracle, ne pouvoient avoir formé entre eux le complot de tromper leurs concitoyens, pour le seul plaisir de mentir; que tous ne pouvoient avoir eu les yeux fascinés et l’esprit saisi du même délire; que la simplicité, l’uniformité, la constance de leur témoignage , étoit une preuve irrécusable contre laquelle le pyrrhonisme se trouvait désarmé.

Si la déposition des témoins oculaires a donné aux contemporains u..o' certitude morale du miracle , ce même té- . moignage , mis par écrit sous les yeux des contemporains et transmis aux générations suivantes, par une histoire qui a toujours été lue, connue et regardée comme incontestable , nous donne du fait la même certitude que nous avons de tous les autres faits passés , soit naturels , soit surnaturels.

Il seroit absurde de soutenir qu’un fait métaphysiquement certain pour celui qui l’éprouve , physiquement certain pour ceux qui le voient, moralement certain pour ceux qui le tiennent des témoins oculaires, ne peut pas l’être pour les générations suivantes; le surnaturel du fait ne peut pas plus influer sur la narration des historiens, que sur les yeux de ceux qui voient , et sur le sentiment intérieur de celui qui éprouve.

C’est cependant la thèse qui a été soutenue de nos jours avec toute la gravité et toute la philosophie possibles.

On a écrit et répété plus d’une fois qu’en fait de miracles aucun témoignage n’est admissible ; que l’amour du merveilleux , la vanité d’avoir vu un prodige et de pouvoir le raconter , le fanatisme de religion , la crédulité du peuple en ce genre , rendent toute attestation suspecte ; que , dès qu’il s’agit de religion , l’on ne peut plus compter sur la sincérité , le discernement , le bon sens d’aucun témoin. C’est comme si l’on a voit dit que personne n’est croyable dans l’univers, excepté les athées et les incrédules.

Par la même raison , il auroit encore fallu soutenir qu’à l’égard d’un fait sur-

naturel tous les sens nous trompent , et que le sentiment intérieur est fautif; que quand un homme auroit éprouvé sur lui-même un miracle, il ne pourrait le savoir ni en être certain. C’est dom^ mage que l’on n’ait pas encore poussé la philosophie jusquc-là.

Les théologiens ont répondu, que si les hommes étaient tels que les incrédules le prétendent , il serait fort surprenant que l’on ne vît pas éclore tous les jours de nouveaux miracles ; la vanité et la fourberie dans les uns , la crédulité et l’enthousiasme dans les autres, ne manqueraient pas de les accréditer , cependant ils sont très-rares ; lorsqu’on en publie, nous ne voyons pas qu’ils produisent de grands effets ; ceux que l’on a vantés, au commencement de ce siècle, n’ont pas eu un grand nombre de partisans.

Mais, ou les incrédules prennent le change , ou ils veulent nous le donner.

Que les hommes soient avides de miracles favorables aux opinions qu’ils ont embrassées , è la religion dans laquelle ils sont nés, ori peut le supposer; mais qu’ils soient enclins à forger ou à croire des prodiges contraires à leurs préjugés et à leur persuasion, c’est un paradoxe absurde. Essayez, si vous pouvez, de persuader à un catholique que les hérétiques font des miracles, à un protestant qu’il s’en fait dans l’Eglise romaine, à un Juif, ou à un Turc qu’il y a des thaumaturges parmi les chrétiens ; vous verrez si l’amour du merveilleux , l’entliousiasme , la crédulité , font beaucoup d’effet sur ces gens-là.

Les Juifs , entêtés de leurs préjugés et de leurs espérances , n’étoient pas fort disposés à recevoir des miracles opérés pour les détromper ; ils faisoient comme nos incrédules : pour les croire ils vouloieiit les voir ; lorsqu’ils les avoient ■vus , ils les attribuoient à l’esprit de ténèbres. Les païens , prévenus d’un profond mépris pour les Juifs, n’étoient pas fort enclins à croire que des Juifs opéroient des miracles pour prouver la fausseté du paganisme, et à s’exposer au plus grand danger en les admettant.

Cependant les uns et les autres ont cédé

à l’évidence de cette preuve , et plusieurs ont versé leur sang pour la confirmer. La vanité , la fourberie , l’amour du merveilleux , la crédulité , le fanatisme, ont-ils coutume d’aller jusque-là?

Voilà donc un raisonnement auquel les incrédules ne répondront jamais ; un miracle est susceptible de la certituds métaphysique pour ceux qui le sentent, de la certitude phj-sique pour ceux qui le voient ; donc il est aussi susceptible de la certitude morale pour ceux auxquels il est rapporté , soit de vive voix , soit par écrit ; et surtout , lorsqu’il est encore prouvé par les effets desquels on ne peut pas douter.

Il nous paroît que sur cette question Ips incrédules confondent deux choses très -différentes, la répugnance qu’ils ont de croire un fait surnaturel , avec l’incertitude de ce même fait. Mais si la certitude des faits diminuait à proportion du degré d’opiniûtreté des incrédules, il n’y auroit plus rien de certain dans le monde. Proposez-leur un fait naturel inouï qui est arrivé pour la première fois, mais qui leur est indifférent, ils le croient sans difficulté dès qu’il est prouvé. Racontez-leur un autre fait naturel revêtu des mêmes preuves , mais qui choque leurs opinions et leur système , ils contesteront sur chacune des preuves, et soutiendront qu’il n’est pas certain. S’il s’agit d’un fait surnaturel encore mieux prouvé , ils le rejettent sans examen ; ils déclarent que quand ils le verroient ils ne le croiroient pas.

Je suis plus sûr, dit l’un d’entre eux , de mon jugement que de mes yeux. Et moi , je vous soutiens que vous êtes plus sûr de vos yeux que de votre jugement. Vous avez été chrétien pendant une bonne partie de votre vie , vous jugiez donc que le christianisme est prouvé. Vous y avez renoncé pour embrasser le déisme : vous avez donc été persuadé que votre jugement vous avoit trompé sur vingt questions. Après avoir soutenu le déisme de toutes vos forces , vous avez passé à l’athéisme et au matérialisme ; vous avez donc reconnu que votre jugement étoit encore

faux sur toutes les prétendues preuves du déisme. Comptez, je vous prie, de combien d’erreurs vous le trouvez coupable. Citez-moi une seule occasion dans laquelle vos yeux vous aient trompé sur un objet mis à leur portée , par exemple, sur l’identité d’un personnage avec lequel vous avez habituellement vécu.

Cette maxime même : je suis plus sûr de mon jugement que de mes yeux, est la démonstration complète de la fausseté de votre jugement.

Une seconde question est de savoir si , en fait de miracles, la certitude morale, complète et bien établie, ne doit pas prévaloir à la prétendue certitude physique , qui n’est qu’une expérience négative , ou plutôt une pure ignorance* Nos philosophes modernes l’ont prétendu , et l’on ne peut pas abuser des termes d’une manière plus révoltante.

Nous avons , disent -ils , une certitude physique absolue, une expérience infaillible de la constance du cours de la nature, puisque nous en sommes convaincus par le témoignage de nos sens ; c’est ainsi que nous savons que le soleil se lèvera demain , que le feu consume le bois , qu’un homme ne peut marcher sur les eaux , qu’un mort ne revient point à la vie, etc. La certitude morale, poussée au plus haut degré , ne peut pas prévaloir à une certitude physique sur laquelle nous sommes forcés de nous reposer dans toutes les circonstances de notre vie.

Quelques réflexions suffisent pour démontrer la fausseté de cet argument, -lo II est faux que le témoignage de nos sens nous donne une certitude absolue de la constance du cours de la nature , si nous n’admettons pas une Providence.

Aussi les matérialistes qui la nient, soutiennent gravement que nous ne sommes pas sûrs si le cours de la nature a aujours été et sera toujours tel qu’il îsl ; si , dans ([uclqucs moments , l’imivers im retombera point dans le chaos ; s’il ne naîtra point de scs débris un nouvel ordre de choses et des générations qui n’auront rien de commun avec celles que nous connoissous, etc. C’est donc uniquement sur la sagesse et la

bonté de la Providence, que nous nous reposons touchant la constance des lois qu’elle a établies ; nous savons qu’elle n’y dérogera point sans raison et sans nous en avertir; mais comment sommes-nous assurés qu’elle s’est ôtée à elle-même le droit d’en suspendre le cours pendant quelques moments pour un plus grand bien , qu’elle ne l’a jamais fait et qu’elle ne le fera jamais? Quelle certitude nos sens et notre prétendue expérience peuvent -ils nous donner sur ce point?

2® Si c’étoit là une véritable certitude physique , ferme et invincible , il s’ensuivroitque celui qui est témoin oculaire d’un miracle ne doit pas y croire , ni se fier au témoignage de ses yeux ; que celui même qui éprouve en lui une guérison miraculeuse , ne peut s’en tenir au sentiment intérieur qui la lui atteste.

Nos sceptiques obstinés porteront-ils l’opiniâtreté jusque-là? En raisonnant comme eux , un nègre est en droit de nier absolument tout ce qu’on lui dit de l’eau glacée sur laquelle un homme peut marcher ; ceux qui ont entendu parler de la renaissance des têtes des limaçons pour la première fois, étoienl très-bien fondés à traiter d’imposteurs les physiciens qui attestoient ce phénomène. A plus forte raison un aveugle-nc , à qui tout ce que l’on dit des couleurs, d’un miroir , d’une perspective , paroît impossibleetcontradictoire, doit-il se roidir contre la certitude morale de tous ces phénomènes , fondée sur le témoignage constant et uniforme de tous ceux qui ont des yeux.

5® Il est clair , par tous ces exemples , que ce qu’il plaît à nos philosophes d’appeler ea:pencnce constante et certitude physique absolue, n’est dans le fond qu’un défaut d’expérience et une pure ignorance. Parce que nous n’avons jamais vu tel ou tel phénomène , s’ensuitil que personne au monde ne l’a vu non plus, et que notre ignorance, sur ce point , doit prévaloir an témoignage positif de leurs yeux? Voilà néanmoins l’absurdité sur laquelle on a fait, de nos jours, de savantes dissertations; et c’est par là que d'habiles protestants ont cru

CHA m CHA

détruire toute certitude du miracle de la transsubstantiation.

Aussi les incrédules , invinciblement réfutés sur toutes les objections qu’ils avoient faites contre la certitude des miracles, ont été forcés de soutenir qu’ils sont impossibles, et de se jeter dans l’hypothèse de \&ndcessité , de la fatalité,du matérialisme. Voyez Faits, Miracles.

CÉSAIRE (saint), archevêque d’Arles, présida , l’an 529 , au concile d’Orange, dans lequel les semi-pélagiens furent condamnés , et mourut l’an 542. Il a laissé des sermons , dont la plupart avoient été attribués à saint Ambroise et à saint Augustin : on les trouve dans V^ppendix du cinquième tome des OEuvres de saint Augustin, édition des bénédictins. Saint Césaire a fait aussi une règle pour des religieuses.

CHAINE, Crtfena patrum. Foy. Commentaire.

CHAIR, se prend dans l’Ecriture sainte , non - seulement dans le sens propre , pour la chair de l’homme et des animaux , et pour le corps humain tout entier ; ainsi nous disons la résurrection de la chair, pour la résurrection de l’homme en chair et en os ; mais ce terme a plusieurs autres sens métaphoriques ; il signifie ;

Les êtres animés en général. Dieu dit, Gen., c. G, f. 17 : Je vais faire mourir tou/e chair, c’est-à-dire , toute créature vivante. 2“ L’homme en général. Ibid. f. 12 : Toute chair avoit corrompu sa voie , c’est-à-dire , toute créature humaine, l’un et l’autre sexe s’étoient livrés au crime. C. 2, ÿ. 24 : L’homme et sa femme seront deux dans une seule chair, seront censés être une même personne. Isat. c, 58 , jl. 7 : Lorsque vous verrez un pauvre réduit à la nudité , revêlez-le , et ne méprisez pas votre chair, un homme semblable à vous. Dans ce sens , le Verbe s’est fait chair, s’en fait homme. Eccli., c. 25, 36 : Eloignez de vos chairs une femme libertine, c’est-à-dire , séparcz-la d’avec vous. 3” Les sentiments naturels à l’humanité. Jésus-Christ dit à saint Pierre , Matth., c. 16 , jt. 17 : Ce n’est point la

chair et le sang qui vous ont révélé ce que je suis; vous n’avez point puisé cette connoissance dans les lumières et les sentiments de la nature. Selon saint Paul , I. Cor., c. 15 , jl. 50 : La chair et le sang ne peuvent posséder le royaume de Dieu ; on n’y parvient point par le» affections et les actions auxquelles la nature nous porte.

4" La chair signifie les liens du sang ; les frères de Joseph disent de lui , Gen., c. 37, f. 27 : C’est notre frère et notre chair ;T\ous sommes nés du même sang.

5° Les affections de famille. Saint Paul dit , Gai., c. 2 , ÿ. 16 : Je n’ai point acquiescé à la chair et au sang ; je n’ai point suivi mon affection naturelle pour mes proches et pour ma nation. 6° Les inclinations de l’homme corrompu par le péché. Dieu dit , Gen., c. 6, ÿ. 3 : Mon esprit ne demeurera pas toujours avec l’homme , parce qu’il est chair, c’est-àdire , sujet à des passions grossières et honteuses. Selon saint Paul, la chair convoite contre l’esprit, et l’esprit contre la chair; GalaU, c. 5 , ^. 17. Les passions résistent au sentiment moral qui nous porte à la vertu , et c’est ce qui la rend difficile. Marcher selon la chair.

Rom., c. 8, 1 , c’est suivre les pen-

chants déréglés de la nature corrompue.

7® La chair se prend pour les parties du corps que la pudeur cache , Levit., c. 20 , ÿ. 10. Dans ce sens , la luxure est nommée péché de la chair , Galat., c. 5 , jl. 19.

8® Saint Paul emploie ce terme pour signifier un culte extérieur et grossier, Galat., c. 3 , 3; il reproche aux Ca-

lâtes d’avoir commencé par l’esprit , et de finir par la chair ; d’avoir embrassé d’abord le culte spirituel du christianisme , et de vouloir retourner aux cérémonies du judaïsme , à la circoncision , etc. Il nomme ces cérémonies les justices de la chair, Jlebr., c. 9,f. 10,, parce que c’étoit un culte purement extérieur.

Lorsque Jésus-Christ eut dit aux Juifs:

« Le pain que je donnerai pour la vie ï du monde est ma propre chair... car » ma chair est véritablement une nourï riture, et mon sang un breuvage,ctc., »

ClIA

Joan., c. 6, f. 52, 56, ils

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en furent » assis sur la chaire de Mo'ise; observez

scandalisés. A ce sujet le Sauveur ajouta, » donc et faites tout ce qu’ils vous dif. 6i : « C’est l’esprit qui donne la vie, » ront; mais n’imitez pas leur conduite, » la chair ne sert de rien ; les paroles | i car ils ne font pas ce qu’ils disent. Ils » que je vous ai dites sont esprit et vie. » j » chargent les hommes de fardeaux pe-

Par là les calvinistes ont voulu prouver que dans l’Eucharistie Jésus-Christ ne donne pas réellement et substantiellement son corps et son sang , mais qu’on les reçoit spirituellement , par la foi , et non autrement.

Cependant on voit, par une lecture attentive de ce discours du Sauveur, qu’il a seulement voulu corriger l’erreur des Capharnaïtes, qui se figuroient que Jésus-Christ donneroit sa chair à manger d’une manière sensible et sanglante, comme on mange la chair des animaux ; au lieu qu’il nous la donne sous les ap-

* sants et insupportables , et ne veulent

* pas seulement les remuer du bout du I » doigt. » Mail., c. 23, j. 2.

i Cette leçon de Jésus -Christ souffre quelque difficulté , et les rabbins en ont j abusé. Vouloit-il obliger le peuple à se charger des fardeaux insupportables que lui imposoient les scribes et les phari- I siens? Souvent le Sauveur leur avoit : reproché de corrompre la loi de Dieu par de fausses traditions ; il avoit dé- ! montré la fausseté de plusieurs de leurs ' décisions; comment pouvoit-il ordonner au peuple d’observer et de pratiquer

parences du pain et du vin. S’il nous les ' leur doctrine? donnoit seulement par la foi , il ne seroit II nous paroîl qu’il faut ici distinguer pas vrai de dire que sa chair est vérita- | ce qu’enseignoient les scribes et les blement une nourriture et son sang un , pharisiens eu public , lorsqu’ils explibreuvage ; ce seroit la foi qui nourriroit notre âme, et non la chair de Jésus-

' quoient la loi de Moïse dans les synagogues, d’avec ce qu’ils décidoient souvent

Christ.

Plusieurs hérétiques du second siècle, Eardesanes, Basilide, Cerdon , Cérinthe, les docètes et la plupart des gnostiques, disoient que le Fils de Dieu fait homme n’avoit pas eu une chair réelle, mais seulement apparente; qu’ainsi il éloit né , mort et ressuscité seulement en apparence. Les Pères de l’Eglise réfutèrent cette erreur contre laquelle saint Jean l’évangéliste avoit déjà prévenu les fidèles, /. Joan., c. 4 , t-, II. Joan., i. 7.

Elle fut renouvelée au troisième siècle parles inardonites, qui nioient aussi la résurrection future de la càaïr/ïertullien écrivit contr’eux scs livres de Came Chrisli, cl de Rcsurrectione camis.

CiiAihs ou Viandes i.mi'UUEs. Foyez Animaux Puns ou impurs.

Chairs ou Vunues immolées. Foyez Victimes.

CIIAillE DE MOÏSE. Ce terme, dans l’Evangile , signilic la fonction d’enseigner qu’cxcrçoicnl chez les Juifs les docteurs de la loi, parce que leur enseignement consistoit à lire et à exjiliqiicr au peuple la loi de Moïse. « Les scribes » et les pharisiens, dit le Sauveur, soiil

en particulier ; que leur doctrine publique étoil ordinairement orthodoxe, qu’il falloit donc la suivre ; au lieu que leurs leçons particulières étoient souvent fausses, et qu’il falloit s’en écarter aussi bien que de leurs exemples. C’est assez la coutume des faux docteurs en général, tels que Jésus-Christ a peint les scribes et les pharisiens.

Les rabbins ont donc eu tort de conclure de ce passage, que, selon Jésus- Christ même , la morale des Juifs étoil très-bonne , et qu’il lui a été impossible d'en enseigner une meilleure. Foyez la Conférence du juif Orobio avec Limborch, p. 192 et suiv.

Chaire de Théologie, est la profession et la fonction d’enseigner cette science. Obtenir une chaire dans une université, c’est être admis et autorisé à y faire des leçons de théologie. Ueml>lir une c/mire de langue hébraïque ou de théologie positive, c’est expliquer aux jeunes théologiens le texte hébreu de l’Ecriture sainte,"' ou leur faire des leçons sur riiisloirc ecclésiastique, etc.

Chaire Episcopale , espèce de trône sur lequel sont assis les évêques lors-

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qu’ils offlcient pontifîcalcmont. De là est venu le nom de siège épiscopal, et d’église cathédrale dans laquelle l’évêque préside à l’office divin. La manière la plus ancienne de placer cette chaire a été de la mettre dans le fond du chœur , plus loin que l’autel, et de placer à droite et à gauche un rang de sièges pour les prêtres. C’est ainsi qu’ont été construites les plus anciennes basiliques , et le modèle en est tiré du livre de l’Apocalypse, c. 4 et 5. De là on peut tirer une preuve certaine de la prééminence des évêques au-dessus des simples prêtres , et de la distinction reconnue entre ces deux ordres dès le temps des apôtres.

Chaiue de saint Pierre. Nom de deux fêtes qui se célèbrent dans l’Eglise catholique, l’une le 18 janvier pour la chaire de saint Pierre à Rome, l’autre le 22 février pour la chaire de cet apôtre à Antioche. Ces deux fêtes sont anciennes ; la première est marquée dans un exemplaire du martyrologe attribué à saint Jérôme, et un concile de Tours en a fait mention l’an S67. Déjà il est parlé de lacàatre de saint Pierre, en général, dans un calendrier dressé sous le pape Libère, vers l’an 35i, et c’est le sujet du centième sermon de saint Léon. Foy.

Fies des Pères et des Martyrs , tome 1 , pag. 343 , et tome 2 , pag. 3 16.

Dans l’Eglise primitive, de même que les chrétiens célébroient l’anniversaire de leur baptême , les évêques solennisoient le jour anniversaire de leur ordination ou de leur exaltation ; telle a été l’origine des deux fêtes dont nous parlons. L’Eglise a été persuadée que la succession de saint Pierre n’étoit point attachée au premier siège qu’il avoit occupé, mais à celui dans lequel il est mort et a laissé un évêque pour le remplacer. Or, malgré les nuages que les protestants ont voulu répandre sur le voyage, le si^’our et le martyre de saint Pierre à Rome, c’est un point d’histoire qui est aujourd’hui à l’abri de toute contestation.

Que, dès les premiers siècles , le siège de Rome ait été regardé comme le centre de l’Eglise catholique , c'est un fait attesté par saint Irénéc dès le second.

«t II faut, dit-il , que toute église, ou » toute l’Eglise, c’est-à-dire, les fidèles » qui sont de toutes parts, conviennent B avec cette Eglise ( de Rome) , à cause » de sa prééminence plus marquée :

* Eglise dans laquelle les fidèles de tout s le monde ont toujours conservé ( ou ï observé) la tradition qui vient des » apôtres. ® ^dv. hœr., 1. 3, c. 3. Ce passage a toujours beaucoup incommodé les protestants ; ils ont fait tous leurs efforts pour en détourner le sens : nous verrons ailleurs s’ils y ont réussi. Foyez Saint Siège.

CIIALCÉDOINE ( concile de ). C’est le quatrième des conciles généraux ; il fut tenu l’an 4SI contre les erreurs d’Eulychés. Cet hérétique , pour ne pas tomber dans l’erreur de Nestorius qui admettoit deux personnes en Jésus-Christ, soutint qu’il n’y avoit qu’une seule nature ; que, par l’union hypostatique , la nature humaine de Jésus-Christ avoit été absorbée par la nature divine ; d’où il s’ensuivroit que c’étoit la nature divine qui avoit souffert la passion et la mort.

Cette doctrine fut d’abord condamnée dans un concile de Constantinople, tenu en 448 , par saint Flavien , patriarche de celte ville. Eutychès s’en plaignit au pape saint Léon; Flavien, de son côté, rendit compte à ce pontife des motifs de la condamnation; saint Léon l’approuva, et écrivit à Flavien une lettre qui est devenue célèbre par la netteté avec laquelle ce saint pape y expose la doctrine catholique touchant l’incarnation. Dans l’intervalle l’empereur Théodose fit assembler à Ephèse un concile , en 449 , auquel présida Dioscore , patriarche d’Alexandrie, homme violent , orgueilleux , d’un caractère intraitable , et ennemi de saint Flavien. 11 se déclara hautement pour la doctrine d’Eutychès , anathématisa saint Flavien et saint Léon , força les évêques à signer cette décision, fit employer même les coups et les outrages contre saint Flavien et contre les évêques qui lui étoient attachés, le fit envoyer en exil , où il mourut des mauvais traitements qu’il avoit essuyés. C’est ce qui a fait nommer cette assemblée tumultueuse le brigandage d'Ephèse.

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Ce concile ne fut point œcuménique, quoi qu’en dise Mosheiin ; la lettre de convocation portoit : que l’exarque ou patriarche prendroit avec lui dix métropolitains de sa dépendance, et dix autres évêques pour se trouver à Ephèse ; l’assemblée fut composée tout au plus de cent trente-cinq évêques , et les légats du pape protestèrent contre tout ce qui s’y passa. Il n’est pas vrai non plus que le concile précédent, tenu dans la même ville, l’an 451 , contre Nestorius, ait été déshonoré par la même injustice et la même violence que celui-ci. Saint Cyrille, qui présidait au premier, ne fit user d’aucune violence contre Nestorius, qui étoit protégé et gardé par les officiers de l’empereur ; dans le second, Dioscore, escorté des mêmes officiers, et appuyé par des soldats , fit maltraiter cruellement saint Flavien et les évêques opposés à Éutychès. Il n’y a aucune ressemblance entre ces deux conciles.

, Saint Léon, informé de tous ces excès , engagea l’empereur Marcien, successeur de Théodose , à convoquer un concile à Chalcédoine , pour établir la doctrine catholique et procurer la paix à l’Eglise. Ce concile, présidé parles légats du pape, fut composé, selon quelques auteurs , de six cent trente évêques. On y examina les actes du concile de Constantinople , où Eutychès avoit été condamné, et ceux du faux concile d’Ephèse ; la profession de foi d’Eutychès, la lettre de saint Cyrille contre Nestorius, et celle de saint Léon à Elavien. A la lecture de celle-ci , les évêques s’écrièrent que telle étoit la foi de l’Eglise et des apôtres; que Pierre avoit parlé par la bouche de Léon. Conséquemment la décision du concile fut que 1 .lésus- Christ Notre-Seigneur est B vraiment Dieu et vraiment homme , B composé d’une ûme raisonnable et B d’un corps , consubstantiel au Père se- • Ion la divinité, et consubstantiel à nous B selon l’humanité. Seigneur en deux » natures , sans confusion , sans chan- B gemont, sans division, sans séparation, B et sans que l’union ôte les propriétés B et la ditVércnce des deux natures , en B sorte ([u’il n’y a pas en lui deux per- B sonnes , mais une seule , que c’est un

« seul et même Fils unique deDieu, etc. b

Ainsi furent condamnés tout à la fois Nestorius, Eutychès et leurs adhérents; Dioscore fut déposé, anathématisé^et exilé, tant pour les violences qu’il avoit exercées à Ephèse, que pour d’autres crimes et pour ses erreurs. Mais cette décision ne rétablit pas la paix. La plupart des évêques d’Egypte demeurèrent attachés à Eutychès et à Dioscore leur patriarche ; ils publièrent que le concile de Chalcédoine , en condamnant Eutychès , avoit aussi condamné la i/octrine de saint Cyrille, et approuvé celle de Nestorius , deux faussetés évidentes. Ils ne réussirent pas moins à former un schisme et une secte , dont les partisans ont été nommés Monophysites , et par la suite Jacobites. Foyez Eutyciiiexs.

C’est sans aucune raison que Mosheim et d’autres protestants nomment* le concile de Chalcédoine une assemblée bruyante et tumultueuse , et veulent nous persuader que tout s’y passa dans un désordre à peu près égal à celui du faux concile d’Ephèse. L’empereur luimême fut présent à plusieurs séances , et rien ne s’y fil qu’aprês un mûr examen ; il a fallu toute l’opiniûlreté qu’inspire l’hérésie , pour se prévenir contre la manière dont on y procéda. Le traducteur de Mosheim dit que saint Léon , dans sa lettre à Flavien , explique, arec xine grande apparence de clarté , la croyance catholique sur ce sujet embrouillé; la clarté de cette lettre n’est point apparente , mais très-réelle , et fut jugée telle non-seulement en Orient, mais dans tout l’Occident; de son propre aveu cette lettre passa pour un chefd’œuvre de logique et d’éloquence, et on la lisoit chaque année pendant l’Avefit, dans les Eglises d’Occident. Les protestants eux-mêmes sont obligés de s’exprimer comme saint Léon , dans leurs disputes contre les sociniens louchaulle mystère de l’incarnation.

Après avoir fixé le dogme catholique, le concile de Chalcédoine fit aussi plusieurs canons de discipline ; le vingthuitième , «pii attribuoit au siège de Constantinople les mêmes privilèges e* les mêmes prérogatives qu’à celui de

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Rome, a causé de. vives contestations; les légats de saint Léon réclamèrent contre ce règlement , et soutinrent qu’il étoit contraire au sixième canon du concile de Nicée, qui porte que l’Eglise romaine a toujours eu la primauté ; saint Léon lui-même s’en plaignit, et refusa de le confirmer. Mais les Grecs y sont demeurés attachés, et c’a été le premier germe du schisme qu’ils ont formé avec l’Eglise latine, dans les siècles suivants.

CHALDAlQUE , qui appartient aux Chaldéens. Nous parlerons des Paraphrases chalddiques sous leur litre particulier , et de la langue chaldaïque dans l’article suivant.

CH.ALDÉENS, peuple qui, dans son origine , habiloit la Mésopotamie , pays situé entre le Tigre et l’Euphrate, et duquel il est souvent parlé dans l’Ecriture. Ce n’est point à nous de discuter les antiquités fabuleuses des Chaldéens que les incrédules ont souvent opposées à l’histoire sainte : personne n’y croit plus aujourd’hui ; on est convaincu que leurs observations astronomiques ne remontoient pas plus haut que jusqucs au siècle du déluge. Ainsi plus l’on étudie les monuments de l’histoire , mieux on voit la vérité de ce que l’Ecriture nous dit des peuples anciens.

Elle nous apprend que les Chaldéens sont les premiers tombés dans le polythéisme, et que l’idolâtrie la plus ancienne a été le culte des astres. Foyez Astres. Or, les Chaldéens ont été les premiers observateurs du ciel. Ils étoient invités à se livrer à l’astronomie par la beauté des nuits dont leur climat est favorisé.

Leur histoire se trouve essentiellement liée à celle des Juifs. Abraham partit de la Chaldée pour venir habiter la Palestine ; Isaac et J acob épousèrent des Chaldéennes. Déjà, sous Abraham , les roitelets de la Mésopotamie faisoient des incursions dans la Palestine ; et dans le livre de Job , c. 1 , jt. 1 7 , il est parlé des Chaldéens comme d’un peuple adonné au brigandage.

Les rois d’Assyrie, après avoir soumis la Chaldée, n’ont jamais abandonné le projet d’assujettir les Israélites , et Dieu

montre à ces derniers ce peuple ennemi comme un fléau dont il se servira pour punir leurs infidélités ; cette menace fut accomplie par la captivité de Babylone.

Les Juifs, transplantés dans la Chaldée par Nabuchodonosor, apprirent le chaldéen, le mêlèrent avec l’hébreu, corrompirent ainsi leur langue. L’hébreu pur, tel qu’il est dans les livres de Moïse, cessa d’être la lângue vulgaire du peuple ; il fallut lui expliquer ces livres en chaldéen dans les synagogues. C’est ce qui a donné lieu auxTargums ou paraphrases chaldaïques : les Juifs adoptèrent même les caractères chaldéens , qui sont plus simples et plus commodes que les lettres hébraïques ou samaritaines.

On a souvent écrit que le chaldéen étoit partagé en trois dialectes , celui de Babylone, celui d’Antioche et de la Comagène , celui de Jérusalem et de la Judée ; mais cela ne doit s’entendre que des derniers siècles de l’histoire juive. Du temps d’ Abraham , le langage de la Mésopotamie, celui de la Syrie, et celui des Chananéens de la Palestine étoient tellement semblables, -que ces peuples pouvoient s’entendre sans interprète.

De là Philon a dit que les livres saints avoienl été écrits en chaldéen, c’est-àdire dans la langue que parlait Abraham quand il sortit de la Chaldée. Mais ce langage changea dans la suite dans ces trois contrées; du temps de Jésus-Christ , le syriaque d’Antioche n’éloit plus le même idiome que le chaldéen de Babylone ; il étoit écrit en caractères différents des lettres babyloniennes. La langue de Jérusalem étoit mêlée d’hébreu , de chaldéen et de syriaque ; de là elle a été nommée syro-chalda'ique et syro-hébraïque.

La version syriaque de l’Ecriture sainte n’est point la même chose que les paraphrases chaldaïques. Foyez Bibles

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