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pics pour vouloir opérer des prodiges par rintervention du démon, et se persuader que les esprits infernaux obéissoient aux charmes , aux invocations, aux conjurations qu’on leur adresse :

il y a eu des siècles dans lesquels cette abomination n’étoit que trop commune.

Ces prétendus eJiarmes étoient ordinairement un mélange sacrilège du nom de Dieu, des paroles de l’Ecriture sainte, du signe de la croix, avec des mots barbares , des noms de démons , etc.

Plusieurs sectes d’hérétiques ont fait profession de magie ; l’Eglise n’a pas cessé de lancer des anathèmes contre eux et contre leurs imitateurs : c’étoit un reste de paganisme qui s’est perpétué par la malice obstinée des hommes.

On peut voir dans le Traité des superstitions de Thiers , 1. 6, c. 1 , avec

près Celse et Julien ; quelques protestants, qui se la sont permise, ont oublié qu’eux-mêmes se croient obligés h observer la forme du baptême et de la cène que Jésus-Christ a prescrite. »

De même qu’il a été nécessaire , dans la société civile, d’établir, et pour ainsi dire , de consacrer dos formules pour la validité des contrats , des testaments , des procédures, des arrêts, sans lesquelles tous ces actes sont censés nuis , il a fallu aussi en instituer dans la religion , afin de prévenir les erreurs , les indécences et les absurdités qui pourroient naître de l’ignorance, de la négligence ou du caprice des ministres de l’Eglise ; il n’y a pas plus de magie ni de superstition dans les unes que dans les autres : l’uniformité n’est pas moins nécessaire dans le culte que dans la

quelle sévérité les Pères de l’Eglise , les | croyance. Foyez Théürgie. conciles , les statuts synodaux de divers j CHARTREUX , ordre religieux instidiocèses, ont défendu toutes ces prati- tuéparsaintBruno, chanoine de Rheims,

l’an 108S, et remarquable par l’austérité de sa règle. Elle oblige les religieux à une solitude perpétuelle , à l’abstinence de la viande , même en cas de maladie dangereuse ou mortelle , et au silence absolu , excepté en certains temps marqués. •

Un philosophe célèbre qui ne pouvoit leur refuser des éloges , y a joint cependant deux restrictions malignes :

« C’est , dit-il , le seul ordre ancien qui

* n’ait jamais eu besoin de réforme ; il » est peu nombreux , trop riche , à la » vérité , pour des hommes séparés du

* siècle ; mais , malgré ces richesses , » consacrés sans relâchement au jeûne, » au silence , à la prière, à la solitude , » tranquilles sur la terre , au milieu de » tant d’agitations dont le bruit vient à

* peine jusqu’à eux, et ne connoissant » les souverains que par les prières où » leurs noms sont insérés. Heureux si » des vertus si pures et si persévérante» » pouvaient être utiles au monde ! »

Jusqu’à présent l’on n’a pas accusé les chartreux de faire un mauvais usage de leurs richesses , ni de refuser du secours aux malheureux. Nous ne croirons jamais que l’exemple des vertus pures et persévérantes soit inutile au

ques abominables ; et dans le Diction naire de Jurisprudence , les lois par lesquelles elles ont été proscrites et punies.

, Jésus-Christ nous a enseigné une for- | mule de prière ; mais elle s’adresse à i Dieu , et il nous avertit que l’efHcacité j de la prière en général dépend de l’affection du cœur. Saint Paul exhorte les fidèles à prier de cœur et d’esprit , de manière qu’ils entendent ce qu’ils disent. /. Cor., c. 14, 15. Nous savons

que Dieu connoît nos désirs et les plus secrètes pensées de notre âme. P s. 10, jt. 17 , etc. Jésus-Christ par lui-même a institué la forme du baptême et de l’eucharistie ; par ses apôtres le rit et les paroles des autres sacrements ; mais il est Dieu , il a eu le pouvoir d’attacher à ces paroles telle vertu et telle efficacité qu’il lui a plu. L’Eglise a institué des formules d’invocation , de bénédiction, d’exorcismes , de conjuration , mais elle nous avertit que leur efficacité vient des mérites de Jésus-Christ, delà foi, de la confiance , des saintes dispositions de ceux auxquels on les applique. Les incrédules, qui ont affecté de comparer ces rites cl ces formules aux charmes cl à la théurgic des païens , n’ont fait qu’une raillerie insipide, répétée d’a-

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monde ; il n’est nulle part plus nécessaire que dans la capitale du royaume.

Voilà donc un ordre religieux qui depuis sept cents ans persévère dans la faveur de sa première institution : preuve assez convaincante de la sagesse et de la sainteté de la règle qu’il observe. C’est donc à tort que les censeurs de la vie monastique ont répété cent fois que la prétendue perfection à laquelle aspirent les religieux , est incompatible avec la foiblesse bumaine ; que leurs fondateurs ont été des enthousiastes imprudents ; que la vie du cloître est un suicide lent et volontaire, etc. M. de Rancé , abbé de la Trappe , voulut prouver que les chartreux s’étoient relâchés de l’extrême austérité qui leur étoit prescrite par les constitutions de Guignes I", leur cinquième général ; mais D. Innocent Masson , élu général en 1675, dans une réponse à M. de Rancé, a fait voir que les prétendues constitutions ou statuts de Guigues,n’éloient que des coutumes qu’il avoit compilées , et qui ne devinrent des lois que longtemps après.

En effet, saint Bruno ne laissa aucune règle écrite à ses religieux. Guignes, élu l’an MTO , mit par écrit les coutumes et les usages de l’ordre ; et ce fut Basile , huitième général, élu l’an 1151, qui dressa leurs constitutions, telles qu’elles furent approuvées par le saint siège. Les chartreux ont donné à l’Eglise plusieurs saints prélats , et un grand nombre de sujets illustres par leur doctrine et par leur piété. Leur général ne prend que le litre de prieur de la grande chartreuse. D. Pelreïus , chartreux , a fait imprimer la bibliothèque des écrivains de son ordre, à Cologne , en 1609 , fn-8®.

4 Brucker s’est attaché à prouver, contre D. Mabillon, que saint Bruno, fondateur des chartreux, avoit été disciple du fameux Bérenger , hérétique , condamné pour avoir nié la présence réelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie. Qu’importe le fait, dès qu’il est certain que saint Bruno a réfuté expressément Bérenger dans son commentaire sur la première épître de saint Paul aux Corinthiens , c. 11 , et qu’avant de mourir il fit la profession de foi la plus formelle du

dogme catholique touchant la présence réelle? P^ie des Pères et des Martyrs., tome 9 , pag. 466. Voilà deux faits que Brucker n’auroit pas dû passer sous silence ; mais il n’en a rien dit , afin de laisser soupçonner que saint Bruno pensoit probablement comme Bérenger touchant l’eucharistie. Hist. philosoph.

tom. 3, page 662.

On sait que l’histoire de la conversion de saint Bruno , causée par la déclaration prétendue d'un chanoine mort, qui révéla qu’il étoit damné , est une fable dont plusieurs critiques ont prouvé la fausseté , et qui n’a été publiée que cent cinquante ans après la mort de saint Bruno. Son ordre possède 1 72 maisons , divisées en seize provinces ; la ferveur de ses religieux est la même dans les divers états de l’Europe. 11 y en a, dit-on, 70 en France ; l’auteur du Dictionnaire géographique est d’avis qu’il faut les supprimer, de peur, sans doute, que l’exemple des vertus pures et persévérantes de ces religieux ne devienne contagieux , et ne prouve trop clairement l’absurdité de la morale philosophique.

CILVRTREUSES, religieuses dont l’institut est assez peu connu. Ce que l’on en sait , est que le premier monastère de chartreuses paroît avoir été fondé pendant la vie du B. Guigues , vicaire général de l’ordre. Il n’y en a plus à présent que cinq monastères. Prémol, à deux lieues de Grenoble, fondé l’an 1254 par Béatrlx de Montferrat , épouse du dauphin André. Melun, dans le Faussigny en Savoie, diocèse de Genève, fondé en 1288. Salelte, sur le bord du Rhône , dans la baronnie de la Tour , fondé par le dauphin Humbert , .Anne son épouse , et Jean leur fils , l’an 1299. Marie de Viennois leur fille s’y fit religieuse, et en fut prieure. Gosné, au diocèse d’Arras, fondé par l’évêque Thierry Hérisson, en 1308. Bruges, fondé en

Les chartreuses se conforment en toutes choses , autant qu’il est possible , aux religieux de ce saint ordre, tant pour l’ollice divin, les rites et les cérémonies de l’Eglise , que pour les abstinences , les jeûnes, le silence cl les au-

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(res austérités , excepté qu’elles mangent toujours en commun et dans un même réfectoire.

Avant le concile de Trente , elles faisoient profession à l’êge de douze ans , et alloient au spaciement avec les chartreux leurs directeurs et les convers. Le nombre des religieuses étoit fixé dans chaque maison ; elles ne prenoient point de dot , et ne recevoient de sujets qu’autant que le monastère pouvoit en entretenir. A présent elles reçoivent des dots, ne sortent point de leur clôture pour . aller au spaciement , et ne font profession qu’à dix-huit ans.

Comme les chartreux ont conservé les anciens rites de TEglise , les chartreuses ont aussi retenu l’usage de la consécration des vierges, marqué dans les anciens pontificaux ; elles ne la reçoivent qu’à l’âge de vingt-cinq ans , et conservent le voile blanc jusqu’à ce temps-là. Cette cérémonie se fait par l’évêque, qui leur donne l’étole, le manipule et le voile noir, en prononçant les mêmes paroles que dans l’ordination des diacres et des sous-diacres. Elles portent ces ornements le jour de leur consécration, à leur année de jubilé, c’est-à-dire, à la cinquantième année de religion , et on les enterre avec ces mêmes ornements.

Les prieures et les religieuses promettent obéissance au chapitre général de l’ordre , et y envoient tous les ans une nouvelle promesse de soumission ; les prieures sont encore tenues d’obéir au père vicaire qui dirige leur maison ; les simples religieuses et les converses sont soumises à la prieure et au vicaire.

Celui-ci vit ordinairement avec quatre ou cinq religieux , tant prêtres que convers.

Les monastères de chartreuses ont leurs enceintes et leurs limites fixées comme ceux des religieux : par les derniers statuts , il est défendu aux prieures et aux vicaires d’envoyer les religieux hors de ces enceintes sans permission du chapitre général. Par les statuts qui furent recueillis en 15G8 par le général D. Guillaume Itainaldi , en 1581 par 1). Bernard Gorasse, et confirmés par le pape Innocent XI, il est aussi défendu d’é-

riger de nouveaux monastères de chartreuses, ou d’en incorporer à l’ordre, sans doute parce qu’un plus grand nombre deviendroit à charge aux religieux,

' L’habit des chartreuses est une robe de drap blanc , une ceinture , un scapulaire attaché aux deux côtés par des bandes , un manteau blanc, comme ceux des chartreux ; leur voile et leur guimpe sont semblables à ceux des autres religieuses. Elles ne parlent jamais aux séculières, même à leurs proches parentes, que le voile baissé , accompagnées de la prieure ou de quelqu’autre religieuse.

On a cependant modéré pour elles la rigidité du silence et la solitude des cellules.

CHASSE. Voyez Reliques.

CHASTETÉ, vertu morale et chrétienne , qui consiste à réprimer et à modérer les désirs déréglés de la chair. H est dangereux de blesser celte vertu , lorsqu’on en parle sur un ton trop philosophique ; c’est une faute que l’on peut reprocher aux protestants et aux incrédules. Au mot Célibat , nous avons cité les paroles par lesquelles Jésus-Christ et les apôtres ont voulu inspirer aux chrétiens la plus haute estime pour la chasteté. Le nom même de vertu, synonyme de celui de force , nous fait sentir qu’il est louable de réprimer les penchants qui maîtrisent trop impérieusement la nature : or , s’il en est un dont l’empire soit redoutable, c’est le goût des voluptés sensuelles ; pour peu que l’on ait pour lui d’indulgence , on en devient bientôt esclave.

Malgré la corruption du paganisme, les philosophes anciens avoient compris le mérite de la chasteté. Cicéron , après avoir reconnu que le culte de la Divinité exige beaucoup d’innocence et de piété, une inviolable pureté de cœur et de bouche, de Nat. Deor., 1. 2, c. 28, rapporte un passage de Socrate , où ce philosophe compare la vie des âmes chastes à celle des dieux ; Tuscul., q. liv. 1 , n® 11 L Custa placent superis , disoient les poêles mêmes. A Rome, dans les plus grandes solennités , on faisoil marcher des chœurs de jeunes gens de l’un et

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l’antre sexe pour chanter les louanges des dieux ; on présumoit que la chasteté propre à leur âge étoit un mérite aux yeux de la Divinité. Mais il faut convenir que les mœurs publiques répondoient mal à cette persuasion.

€ Heureux les cœurs purs, parce » qu’ils verront Dieu. » Maith., c. S , y. 8. Par ces courtes paroles, Jésus- Christ a éclairé le monde , et l’a purifié des désordres du paganisme. Nous convenons que sur ce point l’Evangile porte la sévérité très-loin ; qu’aux yeux d’un chrétien, une pensée réfléchie, un désir, un regard, la moindre complaisance sensuelle , suffisent pour blesser la chasteté. 11 est étonnant qu’une morale aussi austère ait pu trouver non-seulement des auditeurs dociles dans des siècles trèscorrompus, mais des sectateurs qui l’ont réduite en pratique sous les climats les plus propres à y mettre obstacle.

Rien cependant ne prouve mieux la sagesse de notre divin Maître. Lorsque les nations sont parvenues au dernier degré de civilisation, la liberté et la familiarité qui régnent entre les deux sexes pourroient avoir les plus funestes suites, s’il n’y avoit pas de principes de morale capables de produire les mêmes effets que la clôture , la réserve , la vie retirée des femmes chez les Orientaux.- 11 faut donc alors que la Religion suggère les précautior,« , excite la vigilance , anime les efforts, écarte les dangers, défende sévèrement tout ce qui peut nuire à la pureté des mœurs : telle a été précisément l’époque à laquelle l’Evangile a été prêché.

On doit distinguer la chasteté d’avec la continence ; un homme qui vit dans la continence ou hors l’état du mariage , peut n’être pas chaste, et il y a une chasteté propre à l’état du mariage. Mais quiconque ne s’en est pas fait une heureuse habitude , ne la gardera dans aucun état ; ordinairement elle coûte peu , lorsqu’on s’est accoutumé de bonne heure h la respecter , et à fuir tout ce qui peut y donner atteinte.

n n’est pas vrai que les éloges donnés h la chasteté par les Pères de l’Eglise et par l’Evangile , inspirent du mépris ou

de l’éloignement pour le mariage ; au contraire , personne n’a pourvu plus efficacement à la sainteté de cet état que Jésus-Christ , en nous faisant connoîtrc le prix de la chasteté. Ce n’est point la pureté du mariage qui en éloigne les hommes , c’est sa corruption. Nous ne ferons donc pas un crime aux Pères de l’Eglise d’avoir loué des vierges, qui ont préféré la mort à la perte de leur pudeur; ils connoissoient mieux que nos philosophes jusqu’où il falloit pousser la rigueur des maximes sur cet article important.

Quelques-uns de ces derniers ont dit que la chasteté consiste à ne jouir des plaisirs sensuels qu’autant que la loi naturelle le permet. Nous n’adoptons point cette notion. La loi naturelle a été trèsmal connue par les philosophes , plusieurs ont approuvé ou excusé la fornication et d’autres désordres ; saint Paul est le premier qui ait prescrit aux personnes mariées , et à celles qui ne le sont pas , des règles sages et solides.

ï. Cor., c. 6 et 7.

C’est donc l’Evangile qui nous a fait connoîlre sur ce point la vraie loi naturelle. En nous enseignant que l’homme est fait à l’image de Dieu , que son corps même est consacré à Dieu par le baptême , qu’il est le temple du Saint-Esprit , et destiné à une résurrection glorieuse , il nous a donné de l’homme une tou te au tre idée que celle qu’en a voient les philosophes ; il nous a mieux fait sentir la nécessité de dompter les appétits déréglés du corps , et de les soumettre h l’esprit. Mais quand on pense , comme la plupart des incrédules modernes, que l’homme n’est qu’un animal , on en conclut comme eux qu’il est en droit de suivre sans scrupule toutes les inclinations de l’animalité, et que quand il y résiste , il résiste à la nature. Il est aisé de voir les effets que doit produire sur les mœurs des nations cette doctrine détestable.

Par antipathie contre le célibat et contre le vœu de continence , les protestants ont parlé de la chasteté avec une espèce de mépris ; ils ont tourné en ridicule les éloges qu’en ont fait les Pères

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de l’Eglise. Qu’en est-il arrivé? Ils sont devenus moins scrupuleux sur l’adultère, et Luther lui-même s’est exprimé sur ce point d’une manière scandaleuse; ils ont permis le divorce pour cause d’adultère, et ils ont donné sur ce sujet une fausse interprétation de l’Evangile. En second lieu, les mœurs des peuples du Nord, qui étoient autrefois plus pures que celles des nations du Midi , sont aujourd’hui pour le moins aussi licencieuses ; c’est le témoignage qu’en rendent les voyageurs. Voilà comme le relâchement , sur un article de morale , ne manque jamais d’en entraîner d’autres, et de produire les plus funestes effets. Foy. Célibat, Coxti- KEXCE, VlUGlMTÉ.

CHASUBLE. Foy. Habits sacrés ou

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