SACERDOTAUX
CHATIMENTS DE DIEU. Foy. Justice DE Dieu.
CHAZINZARIENS , hérétiques Arméniens du septième siècle, ainsi nommés par Nicéphore , du mot chasus , qui , dans leur langue , signifie croix. On les a aussi nommés slaurolâtres, parce que de toutes les images ils n’honoroientque la croix. C’étoient des nestoriens qui admettoient deux personnes en Jésus- Christ , et auxquels Nicéphore reproche plusieurs superstitions, liv. 48, c. 54. Au reste , ils sont peu connus , et ne paroissent pas avoir été en grand nombre.
CHEF DE L’ÉGLISE. Foy. Pape.
CHERCHEURS. Stoup, dans soirrraîïe de la Religion des Ilollandois, dit qu’il y a dans ce pays-là des chercheurs qui conviennent de la Vérité de la religion de Jésus-Christ, mais qui prétendent que cette religion n’est professée dans sa pureté par aucune Eglise , par aucune communion du christianisme; en conséquence , ils ne sont attachés à aucune , mais ils cherchent dans les Ecritures , et lâchent de démêler, disent-ils, ce que les hommes ont ajouté ou retranché à la parole de Dieu. Sloup ajoute que ces chercheurs sont aussi communs en Angleterre. Il doit s’en trouver dans tous les pays où l’incrédulité n’a pas encore fait les derniers progrès. Quant aux incrédules décidés , ils ne cherchent plus
la vérité, ils ne s’en soucient plus, ils craignent même de la trouver. Terlullien disoit aux chercheurs de son temps :
«I Nous n’avons plus besoin de curiosité T> après Jésus -Christ, ni de recherches
ï après l’Evangile Cherchons , à la
» bonne heure , mais dans l’Eglise , dans > l’école de Jésus-Christ; un des articles » de notre foi est que Ton ne peut trouver I que des erreurs hors de là. » De prœscripl. hœret.
Saint Paul a pris le nom de chercheur dans un sens différent. I. Cor., c. \ , ÿ. 20. « Où est le sage , dit-il , où est le j> scribe , où est le chercheur de ce siè- » de ? * Il paroît que l’apôtre entendoit par là ceux d’entre les Juifs qui cherchoient dans l’Ecriture des sens mystiques et cachés , mais qui n’y trouvoient que des rêveries, comme ont fait la plupart des docteurs juifs.
CHÉRUBIN , esprit céleste , ange du second ordre de la première hiérarchie.
I^es commentateurs ne sont pas d’accord sur la vraie signification du mot hébreu chéruh, au pluriel chérubim. Les uns disent qu’il vient du chaldéen charab , laboureur ou. graveur; chérubin signifieroit donc simplement des gravures ou des figures. D’autres disent qu’il signifie fort et puissant , et ils citent Ezéchiel, qui dit au roi de Tyr : Tu cherub unctus; vous êtes un roi puissant. Quelques- , uns prétendent que chez les Egyptiens chérub éloit une figure symbolique, couverte d’yeux , et qui avoit des ailes , emblème de la piété et de la religion. D’autres pensent que chérubim signifie en hébreu, comme des enfants ; de là les peintres re|)résenlent les chérubins par des têtes d’enfants , avec des ailes de couleur de feu. Plusieurs enfin ont cru que chérub signifie une nuée; que quand l’Ecriture peint Dieu assis sur les chérubins comme sur un c/tflr,elle entend les nuées. *
La ligure des chérubins n’est pas mieux connue que le sens de leur nom.
Selon Josèphe,y/«ti?. Jud., liv. 3, c.6, les chérubins qui couvroienl l’arche étoient des animaux ailés qui n’approchoient d’aucune figure qui nous soit connue. Ezéchiel parle de chérubins qui
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avoietit la figure de riiomme , du bœuf, du lion, de l’aigle ; mais rassembloient-ils toutes ces figures en une seule ? Villalpand le croit ainsi, mais cela n’est pas i-ertain. Saint Jean , Apoc., e. 4, nomme les chérubins des animaux, sans en déterminer la forme.
Par ces symboles, les écrivains sacrés ont sans doute voulu donner aux Hébreux une idée de l’intelligence , de la force , de la célérité avec lesquelles les esprits célestes exécutent les ordres de Dieu. Théodoret et d’autres ont pensé que le chérubin, placé à l’entrée du paradis terrestre , après qu’Adam et Eve en eurent été chassés , étoit une figure efl’rayante et terrible ; plusieurs croient que c’étoit une nuée mêlée de flammes, ou un mur de feu , qui fermoit- à nos premiers parents l’entrée du paradis.
CHÉRUBIQUE , nom d’une hymne de la liturgie des Grecs , dans laquelle il est fait mention des chérubins. On la récite pendant que l’on transporte le pain et le vin du petit autel ou de la prothèse, à l’autel du sacrifice ; on croit qu’elle fut instituée du temps de l’empereur Justinien.
CHILÏASTES. Foy. Millénaires.
CHINE. Ceux d’entre les philosophes de nos jours qui se sont fait une étude de contredire en toutes choses l’histoire sainte , ont cru trouver à la Chine des monuments propres à ébranler notre croyance ; mais la plupart des faits qu’ils ont avancés se trouvent faux.
i®lls ont dit que l’histoire de la Chine remonte plus haqt que le déluge, duquel elle ne fait aucune mention , qu’elle va meme plus loin que l’époque de la création; que cette histoire est cependant très-authentique , rédigée par des écrivains publics et contemporains des événements, qu’elle est fondée sur des observations astronomiques et sur le calcul des éclipses, dont l’une a été observée 2155 ans avant notre ère. (N'XVH,p. 526.)
La vérité est que le premier compilateur de l’histoire chinoise est Confucius, qui a vécu 550 ans seulement avant Jésus-Christ , et que les Chinois n’ont aucun livre plus ancien. Ce philosophe n’a pu remonter plus haut qu’à deux cents
ans avant lui , par des dates certaines ; et jusqu’à présent les savants n’ont pas encore pu s’accorder sur l’année ou sur le siècle dans lequel il faut placer l’éclipse si ancienne dont on nous parle.
Pai' la manière dont Confucius en fait mention , l’on ne peut pas seulement savoir si c’étoit une éclipse de soleil ou de lune. Ce sont les historiens postérieurs à Confucius , qui ont entrepris de remonter plus haut que lui , et de fixer des dates qu’il n’avoit pas pu déterminer. Plus ils sont récents , plus ils ont eu l’ambition de remonter loin dans l’éternité , et jamais ils ne se sont accordés sur leurs systèmes chronologiques. H est encore certain que l’histoire chinoise fait mention d’un déluge dont elle ne fixe pas la date.
Dans les Mémoires de l'Académie des Inscriptions , tome G5 , î'n-12, pag. 305, M. de Guignes, après avoir examiné sans préjugé l’ancienne histoire chinoise, a jugé qu’elle n’est ni certaine, ni authentique , qu’elle ne peut nous donner des notions exactes de l’état dans lequel étoit cette nation dans les temps voisins de sa formation. Elle ne renferme aucune remarque de géographie ni de chronologie , elle est sans suite et sans liaison. Le savant académicien est bien revenu de l’enthousiasme que M.M. Fourmont et Fréret avoient conçu pour les Annales chinoises; on doit regretter les efforts qu’ils ont faits pour concilier ces monuments avec la chronologie de l’histoire sainte.
2“ Nos philosophes ont assuré que la religion des Chinois est le théisme pur, sans aucun mélange de fables ni de superstitions. Mais il est prouvé, d’une manière incontestable, que le prétendu théisme des Chinois ne subsiste plus que dans leurs anciens livres , et qu’il y est déjà défiguré par un culte religieux rendu aux esprits et aux âmes des morts. Aujourd’hui l’empereur , les lettrés et le peuple de la Chine, sont tous livrés au polythéisme et à l’idolûtrie, et plusieurs de ces lettrés donnent dans l’athéisme. (N« XVIH , p. 626.)
On a voulu faire un mérite à Confucius de ce qu’il ne s’est pas vanté d’etre eu-
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voyd de Dieu ni inspiré. On se trompe : dès qu’il s’est donné pour l’organe des anciens sages chinois , c’est comme s’il s’étoit dit descendu du ciel. Les Chinois portent le respect pour leurs q,ncêlres jusqu’à l’adoration ; ils en font comme autant de divinités. Confucius se vantoit d’avoir souvent vu en songe un ancien philosophe , et d’en avoir reçu des leçons ; cela vaut bien les révélations que Numa avoit reçues de la nymphe Egérie, et Mahomet de l’ange Gabriel. D’ailleurs les savants disputent pour savoir si Confucius a supposé un Dieu, comment se seroit-il dit envoyé de Dieu? « La reli- » gion chinoise, dit M. de Guignes, prise » en général , différé peu des autres re- » ligions païennes ; une foule de divini- » tés président au ciel , à la terre , aux » éléments , aux tonnerres , aux vents , » aux pluies , aux montagnes , aux ri- » vières , et à toutes les parties de la » nature. Toutes ces divinités, dont on » veut adoucir l’idée en ne les nommant » que des esprits , sont subordonnées à » la première , qui récompense les bons » et punit les méchants, et qui voit tout » ce qui se passe dans l’univers. » Mémoires de l’Académie des Inscriptions, tom. 77, zn-12, p. 304. Mosheim et Brucker pensent que le système philosophique qui sert de base à la religion chinoise n’est autre chose que l’ancien stoïcisme, et que leur Dieu prétendu suprême est l’âme du monde, de laquelle sont sortis par émanation les esprits moteurs de la nature et les âmes humaines. C’est aussi le sentiment de plusieurs philosophes indiens. Jlist. cril.
philos., t. 6 , p. 886 et 888. Ce système a dû entraîner nécessairement les lettrés chinois dans l’idolâtrie. Foy. Ajie pu