‹ Dictionnaire de théologieChapitre 38 sur 170 · AAR · texte numérisé non relu

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terre promise, et subit une mort prématurée pour une faute assez légère.

» Si l’on veut faire attention à la multitude et à la rigueur des lois auxquelles le grand-prêtre étoit assujéti , à la peine ae mort qu’il pouvoit encourir s’il péchoit dans ses fonctions , à l’espèce d’esclavage dans lequel il étoit retenu , on verra que cette dignité n’étoit pas fort propre à exciter l’ambition. Voyez Lévite , Pontife , Prêtre , Sacerdoce.

La révolte de Coré et de ses partisans , cl leur punition éclatante , ont fourni aux incrédules de nouveaux traits de malignité. Coré, chef d’une famille de lévites, jaloux du choix que Dieu avoit fait d’y^erron pour le pontificat, se joignit à Dathan, à Abiron et à deux cent cinquante autres chefs de famille, et ils reprochèrent à Moïse et à son frère l’autorité qu’ils exerçoient sur le peuple du Seigneur. Moïse leur répondit avec modération que c’éloit à Dieu seul de désigner ceux qu’il daignoit revêtir du sacerdoce , et il le pria de confirmer, par la punition exemplaire des rebelles, le choix qu’il avoit fait d'Jaron et de ses enfants. En effet, la terre s’ouvrit et engloutit Coré avec ses complices et toute leur famille, et un feu du ciel consuma les deux cent cinquante autres coupables. Num., c. 16.

Iteprocher ce châtiment à Moïse comme un trait de cruauté, c’est s’en prendre à Dieu même. Moïse ni son frère n’avoient pas sans doute le pouvoir de faire ouvrir la terre , ni de faire tomber le feu du ciel ; et ce prodige se fit à la vue de tout le peuple assemblé. Dieu auroit-il approuvé par un miracle l’ambition ou la cruauté des deux frères?

Vainement certains critiques ont voulu trouver de la ressemblance entre l’histoire iYAaron cl la fable de Mercure; tous les traits du parallèle q u’ils en ont fait sont forcés. Homère cl Hésiode ontconnu la fable de Mercure longtemps avant que les Grecs aient pu avoir aucune coiinoissance de l’iiisloirc des Juifs; Hérodote, qui a vécu quatre cents ans après ces deux poêles, connoissoit très-peu les Juifs. D’autresont cru que le personnage de Mercure avoit clé copié sur celui d’E-

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liézer, économe d’Abraham ; ils n’ont pas mieux rencontré. Il est fort aisé d’abuser de ces sortes de parallèles entre l’hisloire sainte et la fable, et nous ne voyons pas quelle utilité il en peut résulter. Ceux qui voudront consulter les allégories orientales de M. de Gebelin , pag. 100 et suiv., verront qu’il n’a pas été nécessaire de copier l’histoire sainte , poür forger la fable de Mercure.

AB , ABBA. Voyez Père.

ABADDON , est le nom de l’ange exterminateur dans l’Apocalypse ; il vient de l’hébreu Abad, perdre, détruire.

ABAIIARD ou ABÉLARD (Pierre), docteur célèbre du douzième siècle , mor t l’an 1142. Nous n’aurions rien à en dire , si l’on n’avoit pas travaillé de nos jours à réhabiliter sa mémoire, à faire l’apologie de sa doctrine, et à donner au déréglement de sa jeunesse toute la célébrité possible ; ce que l’on en a dit est tiré du Dictionnaire de Bayle, articles Abélard, Bérenger , Iléloise. Saint Bernard y est accusé d’avoir persécuté Abailard par jalousie de réputation. Mosheim , Brucker et d’autres protestants , n’ont pas manqué d’adopter cette calomnie. .

Malgré les efforts de Bayle et de ses copistes , il résulte de leurs aveux , 1 “que le déréglement des mœurs à' Abailard n’est point venu de foiblesse , mais d’un fond de perversité naturelle ; il avoit formé le dessein de séduire Héloïse avant qu’elle fût son écolière; c’est dans cette intention qu’il se mit en pension chez le chanoine Fulbert et lui offrit de donner des leçons à sa nièce; et il en convient lui-même dans la relation qu’il fait de ses malheurs.

2" La vanité, la présomption, la jalousie, le caractère hargneux d' Abailard, sont prouvés par ses écrits cl par sa conduite. Son ambition étoilde vaincre ses maîtres dans la dispute, d’établir sa réputation sur les ruines de la leur, de leur enlever leurs écoliers, d'être suivi d’une foule de disciples. On voit par scs ouvrages qu’il enlrainoit scs auditeurs, beaucoup plus par ses talents extérieurs (|uc par la solidité de sa doctrine ; il étoit séduisant, mais il instruisoil très-mal:

Use fit des ennemis de propos défibéré,

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pour le seul plaisir de les braver. Jaloux de la réputation de saint Norbert et de celle de saint Bernard, il osa les calomnier l’un et l’autre.

5° Il se mit à professer la théologie sans l’avoir étudiée suffisamment; il y porta les subtilités frivoles de sa dialectique et un esprit faux ; cela est évident par le premier ouvrage qu’il publia. Rien n’étoit plus absurde que de donner un traité de la foi à la sainte Trinité , pour servir d’introduction à la théologie; de vouloir expliquer ce mystère par des comparaisons sensibles : s’il pouvoit être comparé à quelque chose, ce ne seroit plus un mystère ou un dogme incompréhensible.

i° Ses apologistes sont forcés de convenir qu’il y a des erreurs dans cet ouvrage et dans les autres; ce n’est donc pas injustement qu’il fut condamné dans un concile de Soissons , l’an i 1 21 , et que l’auteur fut obligé de se rétracter. Cet événement rendit avec raison les évêques et les autres théologiens plus attentifs sur sa doctrine. Vingt ans après, Guillaume , abbé de Saint-Thierry , crut trouver de nouvelles erreurs dans les écrits d’udbailard; il en envoya le précis et la réfutation à Geort’roi, évêque de Chartres, et à saint Bernard , abbé de Clairvaux. At-on quelque motif de prêter de la jalousie , de la haine , de la prévention à l’abbé de Saint-Thierry? Saint Bernard, loin de témoigner ces mêmes passions contre Âbailnrd, lui écrivit pour l’engager à se rétracter et à corriger ses livres. Cet entêté n’en voulut rien faire : il voulut attendre la décision du concile de Sens, qui étoit près de s’assembler, et demanda que saint Bernard y fût présent. L’abbé de Clairvaux s’y trouva en effet; il produisit les propositions extraites des ouvrages û'Abailard, et le somma de les justifier ou de les rétracter.

Parmi ces propositions, que l’on peut voir dans le Dictionnaire des hérésies, article Abailard, il y en a (piatrc qui sont pélagicnnes, trois sur la Trinité, dont le sens littéral est hérétique; dans une autre ^ l’auteur enseigne l’optimisme; dans la quatorzième, il .soutient que Jésus-Christ n’est pas descendu aux

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