‹ Dictionnaire de théologieChapitre 39 sur 170 · ACA · texte numérisé non relu

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enfers. Qui l’empêchoit de rétracter les unes et d’expliquer les autres, comme il fut obligé de le faire dans la suite? Sans vouloir le faire dans le concile de Sens , il en appela à la décision du pape, et se retira. Par respect pour son appel , le concile se contenta de condamner les propositions et ne nota point sa personne.

On dit, pour l’excuser, qu’il vit bien que saint Bernard et les évêques du concile de Sens étoient prévenus contre lui, et que sa justification n’eût servi à rien. Mauvais prétexte dont un opiniâtre peut toujours se servir quand il le veut. S’en rapporter d’abord au jugement du concile , en appeler ensuite avant même qu’il soit prononcé , est un trait de révolte et de mauvaise foi : les évêques étoient ses juges légitimes; en refusant de se justifier, il méritoit condamnation.

En effet , il fut condamné à Rome aussi bien qu’à Sens. Est-ce encore par haine ou par jalousie que le pape et les cardinaux prononcèrent l’anathème contre lui ? Ce n’est qu’après cette condamnation qu’il fit enfin son apologie et sa profession de foi , dans laquelle il rétracta formellement la plupart des propositions qu’on lui avolt reprochées , et tâcha d’expliquer les autres.

Le grand reproche que l’on fait à saint Bernard , est de s’être exprimé trop durement au sujet di Abailard, dans les lettres qu’il écrivit à Rome et aux évêques de France à ce sujet; mais ce ne fut qu’après le refus que fit Abailard de s’expliquer et de se rétracter. Cette conduite dut persuader au saint abbé que ce novateur étoit un hérétique obstiné.

Moslieim et Brucker disent que saint Bernard n’entendoit rien aux subtilités de la dialectique de son adversaire; mais celui-ci s’entcndoil-il lui-même? Ou voit, par les ouvrages du premier qu’il étoit meilleur théologien que son antagoniste,

({U’Abailard auroitpulc prendre pour inaitre ou pour juge, sans se dégrader. T'oujours est-il vrai que les protestants ((iii reprochent à l’abbé de Clairvaux la haine, la jalousie, la violence, l’injustice contre l’innocence persécutée , se rendent eux-mêmes coupables de tous CCS vices.

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5° Ils affectent d’insinuer qu’il fut condamné et persécuté, non pour ses erreurs , mais pour avoir soutenu aux moines de Saint-Dcnys que leur saint n’étoil pas le même que saint Denys l’afeopagite ; c’est une imposture. Ce point ne fut mis en question ni à Soissons , ni à Sens, ni à Rome; Ahailard fut condamné pour des erreurs qu’il avoit enseignées sur la Trinité , sur l’incarnation , sur la grâce , et sur plusieurs autres chefs.

6° Lorsque Pierre le Vénérable, abbé de Cluni , eut donné à Abailard une rétraite et l’eut converti , saint Bernard se réconcilia de bonne foi avec lui , et ne chercha point à troubler son repos ; il n’avoit donc point de haine contre lui. Mais aux yeux des incrédules , les hérétiques ont toujours raison ; les Pères de l’Eglise ont toujours eu tort. Ils blâment dans les ouvrages de saint Bernard les défauts de son siècle , et ils les excusent dans ceux d' Abailard, où ils sont beaucoup plus sensibles. Foyez Saint Bernaud, Hist. de l’Egl. Gallic., tom. 8, ann. 1117 et suiv.; tom. 9, ann. 1139- 1142, etc.

ABAISSEMENT. Les livres du nouveau Testament nous parlent souvent des abaissements ou des humiliations du Verbe incarné. i II s’est anéanti, ditsaint ® Paul, et a pris la forme d’un esclave; ® il s’est humilié et s’est rendu obéissant » jusqu’à mourir, et mourir sur une ï croix : c’est pour cela que Dieu l’a K exalté et lui a donné un nom supérieur » à tout autre nom ; afin qu’au nom de » Jésus , tout genou fléchisse dans le ciel , » sur la terre et dans les enfers, et que » toute langue publie que Notrc-Scigncur » Jésus-Christ jouit de la gloire de son » Père » Pfiilipp., c. 2, 7*8. 11 ne

s’ensuit donc pas (juc le Fils de Dieu , en se faisant homme, ait rien perdu de sa grandeur. Bien , disent les Pères de l’Eglise, n’est plus digne de la majesté divine que (l’opérer le salut de ses créatures; il falloit cet excès d'abaissement de la part du Verbe incarné, pour guérir riiommcde l’orgueil excessif qu’une fausse plulosopbic lui avoit inspiré : il le falloit, pour consoler la jilus grande

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