ABU
proposé fort sérieusement de retrancher un bon nombre des jours d'abstinence et de jeûne, parce que la loi qui les ordonne n’est plus respectée et devient une occasion continuelle de transgression ; l’on a cité à ce sujet le passage de saint Paul, Jtom., c. 1 , 10 : « Le
» commandement qui devoit me donner » la vie a servi à me donner la mort, s
Si cette raison étoit solide, il ne faudroit pas seulement conclure à retrancher quelques jours d'abstinence , mais à supprimer toute loi d'abstinence quelconque. On n’a pas vu que saint Paul parloit du précepte de la loi naturelle : Tu ne convoiteras point, etc. Faut -il aussi abolir la loi naturelle, parce qu’elle est souvent violée ? Lorsque les mœurs publiques sont licencieuses , on ne respecte plus aucune loi ; ce n’est point alors le cas d’abolir les lois , mais de les renforcer si on le peut. Voyez Cauéme, Jeune.
ABSTINENTS , secte d’hérétiques qui parurent dans les Gaules et en Espagne sur la fin du troisième siècle. On croit qu’ils avoient emprunté une parue de leurs opinions des gnostiques et des manichéens , parce qu’ils décrioienl le mariage, condamnoient l’usage des viandes et mettoientle Saint-Esprit au rang des créatures. Baronius semble les confondre avec les hiéracites ; mais ce qu’il en dit, d’après saint Philastre , convient mieux aux encratites dont le nom se rend exactement par ceux d'abstinents et de continents. Voyez Encuatites et Hiéracites.
ABUS en fait de Religion. Vu la manière dont l’homme est constitué , il abuse souvent de la religion , comme il abuse des lois , des coutumes , du langage , de l’amitié , des signes d’affection, des talents , des arts , etc. Il n’abuseroit de rien , s’il étoit sans passions et si la droite raison étoit toujours la règle de sa conduite ; mais cette perfection est audessus de ses forces.
Les pratiques du culte primitif étoient simples et pures ; l’homme, devenu polythéiste , s’en servit pour honorer les divinités imaginaires qu’il s’éloit forgées : ce fut un abus et une profanation.