‹ Dictionnaire de théologieChapitre 56 sur 170 · ACT 26 ACT · texte numérisé non relu

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rEglisejusqu’àladispcrsiondes apôtres, qui se partagèrent pour porter l’Evangile dans tout le monde. Depuis le point de celte séparation, saint Luc abandonna l’histoire des autres apôtres dont il étoit trop' éloigné, pour s’attacher particulièrement à celle de saint Paul , qui l’avoit choisi pour son disciple et pour compagnon de ses travaux. Il suit cet apôtre dans toutes ses missions , et jusqu’à Rome même, où il paroît que les ^ctes ont été publiés la seconde année du séjour qu’y fit saint Paul, c’est-à-dire , la soixante-troisième année de l’ère chrétienne , et les neuvième et dixième de l’empire de Néron. Au reste le style de cet ouvrage qui a été composé en grec, est plus pur que celui des autres écrivains canoniques ; et l’on remarque que saint Luc, qui possédait beaucoup mieux la langue grecque que l’hébraïque , s’y sert toujours de la version des Septante dans les citations de l’Ecriture. Ce livre est cité dans l’épîlre de saint Polycarpe auxPhilippiens , n. 1 . Eusèbe le met au “"rang des écrits du nouveau Testament, de l’authenlicilé desquels on n’a jamais douté ; il est placé comme tel dans le canon dressé par le concile de Laodicéc , et il n’y a jamais eu là-dessus de contestation. Saint Epiphanc, Jlœr. 30, c. 3 et 6 , dit que ces yictes ont été traduits en hébreu ou dans la langue syro-hébraïque des Eglises de la Palestine ; ils ont donc été très-connus dès le moment de leur publication.

On ne peut pas non plus révoquer en doute la vérité de l’histoire qu’ils renferment. 1“ L’ascension de Jésus-Christ, la descente du Saint-Esprit, la prédication de saint Pierre , scs miracles , la formation d’une Eglise à Jérusalem , la persécution dcsprcniicrs fidèles, la conversion de saint Paul, scs voyages, scs travaux, etc., sont des faits qui se tiennent; l’un ne peut pas être faux sans que tout le reste ne soit renversé. Ces faits sont trop publics cl en trop grand nombre, la scène est en trop de lieux (litïérents, pour que toute celte narration soit fabuleuse. Les fidèles de la Judée, ceux d’Antioche et d’Alexandrie, n’ont pas pu ignorer ce qui s’éloil

passé à Jérusalem depuis la mort do Jésus-Christ; leur conversion même prouve la vérité de ce qui est rapporté par saint Luc; s’il l’avoit altérée en quelque chose, les fidèles de Jérusalem se seroient inscrits en faux contre son histoire ; ceux d’.Antioche , d’Ephèse , de Corinthe, etc., auroient fait de même, si ce qui s’étoit passé chez eux n’avoit pas été fidèlement rapporté. 2° Les lettres de saint Paul confirment la plupart de ces faits, et les supposent. 3® Le schisme arrivé à Jérusalem entre les disciples des apôtres et les ébionites ou judaïsants, démontre qu’il n’a pas été possible d’en imposer à personne sur des faits qui intéressoient les deux partis. Dans la suite, les ébionites cherchèrent à décrier la doctrine et la conduite de saint Paul; ils forgèrent de faux actes pour le rendre odieux; mais ils n’ont pas osé s’inscrire en faux contre les actes écrits par saint Luc : d’ailleurs leur témoignage est venu trop tard pour aflbiblir celui d’un témoin oculaire. 4®(Le Juif que Celse fait parler, avoue ou suppose la naissance d’une Eglise à Jérusalem , telle que saint Luc la raconte. L’apôtre saint Jean a vécu jusqu’au commencement du second siècle : tant qu’il a subsisté , a-t-il été possible de forger une fausse histoire des travaux des apôtres et de l’établissement de l’Eglise? 3° Ce que l’on a nommé faux Actes des apôtres , composés par les hérétiques, ne sont pas des histoires qui contredisent celle de saint J.uc, mais de prétendues relations de ce qu’ont fait les apôtres, desquels saint Luc n’a pas parlé : tels sont les Actes de saint Thomas , de saint Philippe, de saint André, etc.; pièces apocryphes, inconnues aux anciens Pères, qui n’ont paru que fort tard dont on ne peut fixer la date ni nomme les auteurs.

Le premier livre de cette nature qu’< vil paroilre, et qui fut intitulé Actes° Paul et de Thèclc, avoit pour auleurn prêtre, disciple de saint Paul. Son ipostiire fut découverte par saint Jn, et quoique ce prêtre ne se fût fié à composer cet ouvrage que par upux zèle pour son maître, il ne laispas

d’être dégradé du sacerdoce. Ces Actes ont été rejetés comme apocryphes par le pape Gélase. Depuis, les manichéens supposèrent des Actes de saint Pierre et saint Paul, où ils semèrent leurs erreurs. On vit ensuite les Actes de saint André, de saint Jean et des apôtres en général, supposés parles mêmes hérétiques , selon saint Epiphane , saint Augustin et Philastre ; les Actes des apôtres faits par les ébionites; le Voyage de saint Pierre, faussement attribué à saint Clément ; V Enlèvement et le ravissement de saint Paul, dont les gnosliques se servoient ; les Actes de saint Philippe et de saint Thomas, forgés par les encralites et les apostoliques ; la Mémoire des apôtres, composée par les prisrillianistes; Y Itinéraire des apôtres, qui fut rejeté dans le concile de Nicée; et divers autres dont nous ferons mention sous le nom des sectes qui les ont fabriqués.

Voyez IIieronym.,Z>e Viris illust., c. 7; Chrys., In Dupin , Dissert. prélim.

sur le nouveau Testam.; Tertull., De Eaplism.; Epiphan. Ilœres. 8 , n° 47 et Gl; S. Aug., De Fide contra Manich., et Tract. Di Joan.; Philast. Ilœres. iS; Dupin, Biblioth. des Auteurs ecclésiastiques des trois premiers siècles.

ACTES DES CONCILES. Voyez Conciles.

ACTES DES MARTYRS. Voyez Martyre et Martyrologe.

ACTES DE PILATE. Voyez Pilate.

ACTUEL. Les tliéologiens distinguent la grâce actuelle et la grâce habituelle, le péché actuel et le péché originel.

La grêcc actuelle est celle qui nous est accordée par manière û'acle ou de motion passagère. On pourroit la définir plus clairement, celle que Dieu nous donne pour nous mettre en état de pouvoir agir ou de faire quelque action.

C’est (le cette grûcn cpie parle saint Paul quand il dit aux Philippiens, ch. d : a II » vous a été donné non-seulement de * croire en Jésus-Christ, mais encore de » soufl'rir pour lui. » Saint Augustin a démontré, contre les pélagiens, que la grâce actuelle est absolument nécessaire pour luutc action méritoire dans l’ordre du salut.

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La grâce habituelle est celle qui nous est donnée par manière d’habitude , de qualité fixe et permanente , inhérente i l’âme , qui nous rend agréables à Dieti et dignes des récompenses éternelles.

Telle est la grâce du baptême dans les enfants. Voyez Grâce.

Le péché actuel est celui que commet, par sa propre volonté et avec pleine connaissance , une personne qui est parvenue à l’âge de discrétion. Le péché originel est celui que nous contractons en venant au monde , parce que nous sommes enfants d’Adam. Voyez Péché.

Le péché actuel se subdivise en péché mortel et péché véniel. Voyez Mortel et Véniel.

ADAM , nom du premier homme que Dieu a créé pour être la lige du genre humain. Adam est aussi en hébreu le nom appellatif de l’homme en général ; il paroît formé d’a augmentatif et de la racine da/H, dom, élevé, supérieur; il désigne le principal et le plus fort individu de l’espèce.

On peut voir dans les premiers chapitres delà Genèse toute l’histoire d’Adam, la loi que Dieu lui imposa , sa désobéissance, la peine à laquelle il fut condamné avec sa postérité. Cette narration , qui est fort courte , a fourni une ample matière aux conjectures des commentateurs, aux disputes des théologiens, aux erreurs des hérétiques, et aux objections des incrédules.

Il est d’abord évident que le premier homme n’a pu exister que par création. (N® II,p.487.)Les anciens athées, qui disoienl que les hommes éloienl fortuitement sortis du sein de la terre , comme les champignons; les matérialistes modernes, qui pensent que la naissance de l’homme a été un effet nécessaire du débrouillement du chaos; les savants physiciens, qui ont calculé clfixé les époques de la nature, sans nous apprendre comment les hommes, les animaux et les plantes , ont pu éclore d’un globe de verre enllammé dans son origine, sont aussi peu sages les uns q^^e les autres. Leurs rêves sublimes disparoissenl devant le récit simple et naturel de l’auteur sacré : «; Au commencement Dieu créa le cid

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B et la terre.... Il dit ; Que la lumière

B soit, et la lumière fut Il dit : Fai-

B sons l’homme à noire image et à B notre ressemblance, et l’homme fut B fait à l’image de Dieu. ® Gen., c. 1. Par ce peu de paroles l’homme apprend ';e qu’il est , ce qu’il doit à Dieu et à soimême, ce qu’il a lieu d’attendre de la bonté de son Créateur.

Dieu est-il donc corporel aussi bien que l’homme ? On a répondu aux marcioniles , aux manichéens, aux philosophes du quatrième siècle , aux incrédules du dix-huitième, qui ont fait cette question , que la partie principale de l’homme n’est pas le corps , mais l’âme.

Or , cette âme est douée d’intelligence , de réflexion, de volonté, de liberté, d’action ; elle a le pouvoir de réprimer tes appétits déréglés du corps , de penser au présent, au passé et à l’avenir, de communiquer aux autres par la parole ce qu’elle pense , de commander aux animaux , de faire servir à son usage la plupart des ouvrages du Créateur, de le connoître , de l’adorer et de l’aimer; c’est par là que l’homme ressemble à Dieu. Préférerons-nous, comme certains philosophes , de ressembler aux animaux plutôt qu’à Dieu qui nous a faits ?

La manière dont la formation de la femme est racontée dans l’histoire sainte a donné lieu à quelques railleries froides et à des imaginations bizarres qui ne valent pas la peine d’être réfutées ; mais c’est une grande leçon donnée au genre humain. Dieu a voulu par là faire connoitre à la femme la supériorité de l'homme de qui elle a été formée ; à l’homme, condùcn sa compagne doit lui être chère, puisqu’elle est une partie de sa propre substance; à tous les deux, (|u’ils doivent conserver entre eux l’union la plus étroite, de laquelle dépend leur bonheur cl celui de leurs enfants.

Mais en quel état se Irouvoicnl ces deux créatures au moment de leur naissance , (piellc étoit leur félicité dans l’état d’innocence, quelle aiiroit été leur destinée cl celle de leurs enfants, si les uns ni les autres n’avoient pas péché? Queslions intéressantes, mais sur lesquelles

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l’Ecriture sainte ne s’est expliquée qu’avec beaucoup de réserve.

Elle nous apprend que Dieu a créé l’homme droit, Eccli., c. 7, jl'. 50, et dans la justice, Ephes., c. 4, 24,

par conséquent non-seulement exempt de vice , mais encore doué de la grâce sanctifiante qui le rendoit agréable à Dieu. Elle nous dit qu’il a été créé immortel, dans ce sens qu’il pouvoit s’exempter de la mort en ne péchant pas; la mort n’étant entrée dans le monde que par la jalousie du démon, Sap., c. 2,

23, et par le péché, Rom.,c. 5, 12.

Nous voyons aussi, Eccli., c. 17, G, que Dieu s’étoit plu à donner à nos premiers parents toutes sortes de connoissances, en créant dans eux la science de l’esprit , en remplissant leur cœur de sentiment, et leur faisant voir les biens et les maux. D’où il suit que l’état du premier homme avant son péché étoit un état très-heureux, quoique son bonheur ne fût pas complet, puisqu’il pouvoit perdre par sa désobéissance la justice dans laquelle il avoit été créé, et tous les dons qui y étoient attachés. Un bonheur plus parfait devoit être le fruit de sa persévérance libre dans le bien.

Nous ne savons pas combien il auroit fallu qu’elle durât pour (pv’Jdam fût confirmé dans la justice et ne pût désormais la perdre.

S’il eût persévéré , scs cnlanls auroieut eu en naissant la justice originelle dans laquelle il avoit été créé; mais chacun de ses descendants auroit été peut-être assujetti à des lois, exposé au danger de les violer , et de perdre , comme Adam, tous les privilèges de l’innocence : c’est le sentiment d’Estius d’après saint Augustin, 1. 2, Sentent., Disl. 20, § 5. On pourroit encore agiter bien d’autres questions; mais, puisque l’Ecriture se lait, n’imitons pas la curiosité téméraire do notre premier père :

n’ai»prochons pas de l’arbre de la science pour y chercher un fruit qui nous est défendu.

Pourquoi, demandent les incrédules après les manichéens , pourquoi imposer à riiomme une loi, et lui faire une dt^ fense , lorsque Dieu savoil bien qu'elle

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