‹ Dictionnaire de théologieChapitre 58 sur 170 · A DA 33 ADE · texte numérisé non relu

A DA 33 ADE

le XII* siècle par un certain Tendème, connu encore sous le nom de Tanchelin, qui sema ses erreurs à Anvers, sous le règne de l’empereur Henri V.

Les principales ètoient , qu’il n’y avoit point de distinctions entre les prêtres et les laïques , et que la fornication et l’adultère étoient des actions saintes et méritoires. Accompagné de trois mille scélérats armés, il accrédita cette doctrine par son éloquence et par ses exemples; sa secte lui survécut peu, et fut éteinte par le zèle de saint Norbert.

D’autres adamites reparurent encore encore dans le quatorzième siècle , sous le nom de turlupins et de pauvres frères, dans le Dauphiné et la Savoie. Ils soutenoient que l’homme, arrivé à un certain état de perfection , étoit affranchi de la loi des passions, et que, bien loin que la liberté de l’homme sage consistât à n’etre pas soumis à leur empire , elle consistoit au contraire à secouer le joug des lois divines. Ils alloient tout nus , et commettoient en plein jour les actions les plus brutales. Le roi Charles V en fit périr plusieurs par les flammes : on brûla aussi quelques-uns de leurs livres à Paris , dans la place du marché aux Pourceaux, hors de la rue Saint-Honoré.

Un fanatique, nommé Picard, natif de Flandre, ayant pénétré en Allemagne et en Bohême au ' commencement du quinzième siècle, renouvela ces erreurs, et les répandit surtout dans l’armée du fameux Zisca. Malgré la sévérité de ce général. Picard trompoitles peuples par ses prestiges, et se qualifioit fils de Dieu. Il prétendoit que, comme un nouvel Adam, il avoit été envoyé dans le monde pour y rétablir la loi de nature, qu’il faisolt surtout consister dans la nudité de toutes les parties du corps et dans la communauté des femmes. Il ordonnoit vl ses disciples d’aller nus par les rues et les places publiques ; moins réservé à cet. égard que les anciens adamites qui ne se permettoient celte licence que dans leurs assemblées. Quelques anabaptistes tentèrent en Hollande d’augmenter le nombre des sectateurs de Picard ; mais la sévérité du gouvernement les eut bientôt dissipés. Cette secte a

aussi trouvé des partisans en Pologne et en Angleterre ; ils s’assembloient la nuit, et l’on prétend qu’une des maximes fondamentales de leur société étoit contenue dans ce vers :

Jura, parjura, secrelum prodere noli.

Mosheim, qui a examiné de près l’histoire de ces fanatiques, pense que le nom de Picards ne leur venoit pas d’un chef ainsi appelé, mais que c’étoit une corruption du nom de iegghards ou bigghards. Voyez ce mot. Leur maxime capitale étoit que, quiconque use d’habits pour couvrir sa nudité, et n’est pas capable de voir sans émotion le corps nu d’une personne d’un sexe différend du sien, n’est pas encore libre, c’est-à-dire, suffisamment dégagé des affections corporelles. H étoit impossible qu’avec un pareil principe, suivi dans la pratique, il ne se passât rien de criminel dans leurs assemblées. Aussi Mosheim n’est point de l’avis de Basnage, qui a voulu justifier les picards ou adamites de Bohême, et qui les a confondus avec les vaudois, Trad. de l’Histoire eccle'siast. de Mosheim, t. 3, page 472.

Quelques savants sont dans l’opinion que l’origine des adami/es remonte beaucoup plus haut que l’établissement du christianisme : ils se fondent sur ce que Maacha, mère d’Asa, roi de Juda, étoit grande prêtresse de Priape, et que, dans les sacrifices nocturnes que les femmes faisoient à cette idole obscène, elles paroissoient toutes nues. Le motif des adamiles n’étoit pas le même que celui des adorateurs de Priape ; et l’on a vu , par leur théologie, qu’ils n’avoient pris du paganisme que l’esprit de débauche , et non le culte de Priape.

ADESSENAIRES, nom formé par Pratéolus du verbe latin adesse, être présent, et employé pour désigner les hérétiques du seizième siècle , qui reconnoissoient la présence réelle de Jésus-Christ dans l’eucharistie, mais dans un sens différent de celui des catholiques. '

Ces hérétiques sont plus connus sous le nom A' Impanateurs ; leur secte étoit divisée en quatre branches : les uns sou- Icnoient que le corps de Jésus-Christ est

Page 1