ADO 35 ADO
de rechutes, et la termina dans l’hérésie ; il en fut de même d’Elipand.
Geoflroi de Clairvaux impute la même erreur à Gilbert de la Poirée ; Scot et Durand semblent ne s’être pas assez éloignés de cette opinion, qui paroît retomber dans celle de Neslorius.
L’erreur dont nous parlons fut réfutée avec succès par saint Paulin , patriarche d’Aquilée , et par Alcuin. Dans la vie que Sladrissi a donnée du premier, il a discuté plusieurs faits concernant Elipand et Félix d’ürgel, qui n’avoient pas encore été sulDsamment éclaircis. Histoire de V Eglise gallic. , t. S, an. 797, 799.
ADOPTION, dans le sens théologique, est la grâce que Dieu nous a faite par le baptême ; ce sacrement nous imprime le caractère d’enfants adoptifs de Dieu , de frères de Jésus-Christ, d’héritiers du bonheur éternel ; droit précieux duquel sont privés ceux qui ne sont pas baptisés. « Voyez, dit aux fidèles l’apôtre » saint Jean, quelle bonté Dieu le Père ï a eue pour nous , de nous accorder le
* nom et les droits d’enfants de Dieu.
* I. Joan.j c. 3 , ÿ. 1. Or, continue
» saint Paul , si nous sommes enfants , » nous sommes aussi héritiers de Dieu , » cohéritiers de Jésus-Christ. * Rom., c. 8, 17. Dieu est le père de tous les
hommes , puisqu’il *est le créateur et le bienfaiteur de tous , non-seulement dans l'ordre de la nature, mais dans celui de la grâce ; il ne refuse à aucun les secours nécessaires et suffisants dont il a besoin pour parvenir au salut. Dieu est néanmoins plus particulièrement le Père des chrétiens , puisqu’il leur donne , par le baptême , une nouvelle naissance , et qu’il leur accorde des grâces de salut plus puissantes et plus abondantes qu’au reste des hommes. Eoyez Enfant de Dieu.
ADORATION, ADORER. Ce terme, pris dans sa signification littérale , signifie porter la main à la bouche , baiser sa main par un sentiment de vénération. Dans tout l’Orient ce geste est une des plus grandes marques de respect et de soumission : il a été en usage à l’égard de Dieu et à l’égard des hommes. 11 est dit dans le livre de Job, c. 51 , jl. 17 :
* Si j’ai regardé le soleil dans son éclat, » et la lune dans sa clarté ; si j’ai baisé » ma main avec une joie secrète, ce qui » est un très-grand péché , et une maï nière de renier le Dieu très -haut. » Dans le troisième livre des Rois , c. 19, 18 : * Je me réserverai sept mille » hommes qui n’ont pas fléchi le genou » devant Baal , et toutes les bouches qui ® n’ont pas baisé leurs mains pour Ya- » dorer. » Minutius Félix dit que Cécilius passant devant la statue de Sérapis , baisa sa main , comme c’est la coutume du peuple superstitieux. Ceux qui adorent, dit saint Jérôme, ont coutume de baiser la main et de baiser la terre ; les Hébreux , selon le génie de leur langue, mettent le baiser pour {'adoration : \\ est dit , Ps. 2 , ÿ. 1 2 , « Baisez le fils, de ® peur qu’il ne s’irrite , p c’est-à-dire , adorez-ie, et soumettez-vous à son empire.
Pharaon parlant à Joseph, lui dit:
«t Tout mon peuple baisera la main à P votre commandement. Il recevra vos P ordres comme ceux du roi. p Abraham adore le peuple d’Hébron, Gen., c. 25, f. 7 et 12. La Sunamite adore Elisée qui avoit ressuscité son fils , lE. Reg., c. 4, ÿ. 37, etc. Dans ces divers passages, le terme adorer ne signifie certainement pas la même chose ni la même espèce de culte.
Lorsqu’il est employé à l’égard de Dieu , il signifie le culte suprême qui n’est dû qu’à Dieu seul ; lorsqu’il est mis en usage à l’égard des idoles , c’est un acte d’idolâtrie ; si l’on s’en sert à l’égard des hommes , ce mot n’exprime qu’un culte purement civil. La même équivoque a lieu dans l’hébreu comme dans les autres langues.
Baiser la main , fléchir les genoux, se prosterner, sont des signes extérieurs , dont le sens varie selon l’intention do ceux qui les emploient.
C’est donc mal à propos que les protestants se sont élevés contre notre croyance, parce que nous disons adorer la croix, et que nous donnons des marques de respect à la vue de ce signe de notre rédemption. Il est évident que nous ne prenons pas alors le terme d’a-