‹ Dictionnaire de théologieChapitre 63 sur 170 · AER 38 A ER · texte numérisé non relu

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soit leurs motifs et leur dessein ; c’est ce qui les couvrit de confusion, et les fit retirer l’im après l’autre.

Cette histoire manquoit autrefois dans plusieurs exemplaires de l’évangile de saint Jean ; saint Augustin et d’autres auteurs ont pensé qu’elle avoit été omise exprès par des copistes, qui craignoient que l’on n’en tirât des conséquences fâcheuses comme font aujourd’hui les incrédules. Fausse prudence, mais qui heureusement n’a pas eu de succès. Celte narration nous fait admirer la sagesse et la charité du Sauveur ; elle ne peut inspirer une fausse confiance aux pécheurs , mais seulement leur apprendre que s’ils se repentent, Jésus-Christ est toujours prêt à leur pardonner. C’est encore une bonne leçon pour les zélateurs hypocrites qui déclament contre la négligence et la douceur des magistrats, pendant qu’ils seroient eux-mêmes en danger d’être punis, si les lois étoient observées à la rigueur.

AÉRIENS. Sectaires du quatrième siècle , qui furent ainsi appelés d’Aérius , prêtre d’Arménie, leur chef. Les aériens avoient à peu près les mêmes sentiments sur la Trinité que les ariens; mais ils avoient de plus quelques dogmes qui leur étoient propres et particuliers; par exemple, que l’épiscopat n’est point un ordre difl'érent du sacerdoce , et qu’il ne donne aux évêques le pouvoir d’exercer aucune fonction qui ne puisse être faite par les prêtres. Ils fondoient ce sentiment sur plusieurs passages de saint Paul, et singulièrement sur celui de la première épilre à Timothée, c. i,^. ii, où l’apôtre l’exhorte à ne pas négliger le don qu’il a reçu par l’imposition des mains des prêtres. Sur quoi Aérius observe qu’il n’est pas là question d’évêques, cl qu’il est clair par ce passage que Timothée reçut l’ordination par la main dos prêtres.

Saint Epipliane, Jfœres. 73, s’élève avec force contre les aériens, eu faveur de la supériorité des évêques, il ol)serve judicieuscmcul que le mot presbyterii , dans saint Paul, renferme les deux ordres d’évê(jues et de prêtres, tout le sénat, toute rassemblée des ecclésias-

tiques d’un même endroit , et que c’éloit dans une pareille assemblée que Timothée avoit été ordonné. Voyez Paesdy- TÈKE, Evêque.

Les disciples d’Aérius soutenoient encore , après leur mailre , que les prières pour les morts étoient inutiles; que les jeûnes établis par l’Eglise, et surtout ceux du mercredi , du vendredi et du carême , étoient superstitieux ; qu’il falloit plutôt jeûner le dimanche que les autres jours, et qu’on ne devoit plus célébrer la pâque. Ils appeloient par mépris antiquaires , les fidèles attachés aux cérémonies prescrites par l’Eglise et aux traditions ecclésiastiques. Les aériens se réunirent aux catholiques pour combattre les rêveries de cette secte, qui ne subsista pas longtemps.

Tillemont, J/isf. ecclés., t. 9,p. 87.

Comme la plupart des erreurs soutenues par Aérius ont été renouvelées par les protestants, il est de leur intérêt de justifier cefhérétique. Ils disent que son principal but étoit de réduire le christianisme à sa simplicité primitive, c Cedes- * sein , dit Mosheim , est sans doute ï louable ; mais les principes qui y por- ® tent et les moyens que l’on emploie ï sont souvent répréhensibles à plùsieurs ï égards, et tel peut avoir été le cas de « ce réformateur, d Hist. ecclésiasl., 4® siècle, 2® part., c. 3, § 21. .Ainsi, selon Mosheim , Aérius pouvoit avoir tort pour la forme, mais il avoit raison pour le fond. « Son opinion, dit-il encore, plut » beaucoup à plusieurs bons chrétiens » qui étoient las de la tyrannie et de ï l’arrogance de leurs évêques. »

Mais nous soutenons que ce réformateur, très-semblable à ceux du seizième siècle, étoit répréhensible et condamnable à tous égards. 1° Etoil-ce à un simple prêtre , sans autorité et sans mission, de vouloir réformer la croyance et la pratique de l’Eglise universelle î S’il croyoil y apercevoir des innovations et des abus, il pouvoit faire des représentations mociestes et respectueuses aux pasteurs auxquels il apparlcnoil d'y pourvoir; mais se révolter contre son évêque , lui débaucher scs diocésains, se séparer de l'Eglise pour devenir chef do

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