AFR
Simon ; d’autres soutiennent que le christianisme ne s’est établi dans celle partie du monde que vers l’an 120 de notre ère. n y avoit fait en peu de temps de très-grands progrès, puisqu’au cinquième siècle on y comptoit plus de quatre cents évêques. Les Vandales, qui pour lors se rendirent maîtres de l’Afrique y établirent l’arianisme ; mais ils en furent chassés sous Justinien , l’an 533. Dans le siècle suivant , les Sarrasins ou Arabes mahométans l’ont subjuguée, et en ont banni le christianisme. Voyez Fabricius, Salut, lux JSvang., c. 44, p. 702.
Pour comprendre jusqu’à quel point le christianisme avoit changé le génie et le caractère Africains , il n’y a qu’à comparer les mœurs des anciens Carthaginois et celles des Barbaresqucs d’aujourd’hui avec celles qui régnoient dans ce même climat du temps de Tertullien, de saint Cyprien , de saint Augustin. Le même phénomène se voyoit en Egypte, et subsiste encore aujourd'hui chez les Abyssins ; c’est bien une preuve qu’il n’y a dans l’univers aucune contrée où le christianisme ne puisse s’établir et se conserver, et que la sainteté de celte Religion peut triompher dans tous les climats.
A la vérité , lorsque l’on fait attention à l’excès du rigorisme de Tertullien , à l’obstination avec laquelle les évêques d’.,^/WçMerefusèrent pendant longtemps de reconnoître comme valide le baptême donné par les hérétiques, aux fureurs atroces des donatistes et de leurs circoncellions , aux mœurs de la plupart de leurs évêques , à la dureté avec laquelle s’expriment plusieurs conciles de ce pays-là, on voit qu’en général le caractère africain ne gardoit point de mesure, et donnoit presque toujours dans l’excès. Salvien, de Provid., 1. 8, n. 2 et suiv. , fait des mœurs de celte partie du monde tin affreux tableau; il soutient que l’irruption des Vandales est une juste punition des crimes des Africains. On est tenté de croire que, pour conserver longtemps le christianisme dans ce pays-là, il falloit un miracle aussi grand que celui que Dieu avoit