‹ Dictionnaire de théologieChapitre 66 sur 170 · AFR · texte numérisé non relu

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fait pour l’y établir. Cependant il y a subsisté pendant près de six cents ans, en y comprenant le siècle entier pendant lequel l’arianisme des Vandales y a dominé ; notre Religion n’y a été entièrement détruite qu’en l’an 709 , lorsque les mahométans , pour achever la conquête de V Afrique, passèrent tous les chrétiens au fd de l’épée. Hist. de VAcad. des Inscript., 1. 10, Di-12, p. 206.

Aujourd’hui même une très-grande partie de Y Afrique seroit chrétienne, s’il étoit possible de vaincre plusieurs obstacles qui s’opposent au succès des missions. 1® Dans plusieurs contrées de ce vaste continent le climat est meurtrier pour les Européens ; plusieurs des tentatives que l’on a faites pour y établir des missions , n’ont abouti qu’à faire périr les missionnaires ; comme à Madagascar , au Congo , à Loango dans la Guinée , etc. Il faudroit des naturels du pays pour y établir solidement la Religion chrétienne. 2° Les relations que les missionnaires européens sont forcés d’entretenir avec la nation qui les protège, les rendent suspects aux Afncains, qui redoutent beaucoup le génie conquérant , l’ambition , la rapacité et le ton impérieux des nations de l’Europe. 3 ® La politique détestable de cellesci les a souvent portées à croiser le succès des missions ; parce que si les Africains embrassoient le christianisme , ils ne vendroient plus leurs compatriotes , et l’on n’auroit plus de nègres pour cultiver les colonies de l’Amérique. 4® Le caractère de la plupart de ces peuples méridionaux est extrêmement léger , et à peu près semblable à celui des enfants; ils sont très-sensibles au moindre intérêt temporel ; ils renoncent à la Religion aussi aisément qu’ils l’embrassent , dès qu’ils y trouvent le moindre avantage. Plat présent de la Religion, etc., pag. 222 et suiv. ^

Mosheim , qui n’a négligé aucune occasion de déprimer les travaux et les succès des missionnaires catholiques , a cependant été forcé de rendre justice au zèle héroïque avec lequel les capucins SC sont livrés aux missions de l'Afrique. Ilisl. eccl., XVII® siècle, sccl. D' , § 18..

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AGAG , roi des Amalécites. Saûl, vainqueur de ce roi , l’avoit épargné contre Tordre exprès du Seigneur , Samuel indigné le mit à mort devant le tabernacle. I. Jieg., c. 15, 33. On reproche à

Samuel ce meurtre , non - seulement comme un acte de cruauté , mais comme un sacrifice de sang humain offert à Dieu.

Il n’étoit point là question de sacrifice, mais d’exécuter Tordre de Dieu , et de traiter un ennemi dans toute la rigueur du droit de la guerre , tel qu’il étoit connu et suivi pour lors. Loin d’agir par i'.n motif de cruauté , Samuel veut punir Agag de ses cruautés. « De même, lui » dit-il , que ton épée a privé les mères a de leurs enfants, ainsi ta mère sera » privée de toi. » Saiil lui-même reconnut qu’il avoit eu tort d’épargner A gag.

Ibid., f. 50.

Mais les incrédules forment contre Samuel une accusation plus grave , c’est d’avoir été la cause de cette guerre : rien ne leur paroît plus injuste que d’avoir engagé Saül à exterminer entièrement les Amalécites , sous prétexte que , quatre cents ans auparavant , leurs ancêtres avoient refusé aux Israélites , sortant de l’Egypte, le passage sur leurs icrres.

Est-celàvéritablementtoutlecrimedcs Amalécites? Non-seulement ils avoient refusé le passage, mais ils étoient tombés sur ceux des Israélites qui étoient restés en arrière , épuisés de faim et de fatigues , et les avoient massacrés sans raison et sans crainte de Dieu. Voilà pourquoi Dieu donna aux Israélites Tordrcsuivanl:

* Lorsque le Seigneur vous aura donné » le repos dans la terre qu’il vous a » promise, vous exterminerez de des- » sous le ciel le nomd’Amalec.»A>eu/er.j c. 25, jt. 17. Ce même ordre avoit déjà élé donné au moment que les Amalécites vinrent attaquer les Israélites. Exod., c. 17, jl. 8 et 14. Sous les juges, ils se joignirent deux fois aux Moabites et aux Madiatiiles , pour mettre les possessions des Israélites à feu et à sang. Jud., c. 4, jf. 15;c. G, 5. Ils avoient donc mérité la vengeance qui lut exercée contre eux, et Samuel étoit bien fondé à demander

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que Tordre du Seigneur fût exécuté à la rigueur.

Mais pourquoi , disent nos censeurs , exterminer non-seulement les hommes, mais les animaux? Parce que Dieu Tavoit ainsi ordonné ; parce que les Amalécites avoient agi de même envers les Israé • Lites , Jud., c. 6 , ^. 4 ; parce qu’en épargnant le bétail, les Israélites auroient paru agir par cupidité, et non par obéissance à Tordre de Dieu.

AGAPES , du grec àyiizri , amour :

repas de charité que faisoient entre eux les premiers chrétiens dans leurs assemblées , pour cimenter la concorde et l’union entre les membres du même corps , et pour rétablir du moins au pied des autels la fraternité détruite dans la société civile par la trop grande inégalité des conditions.

Dans les commencements , ces agapes se passoient sans désordre et sans scandale ; il le paroît par ce que saint Paul en écrivit aux Corinthiens, Epist. I, c. a. Les païens, qui n’en connoissoient ni la police ni la fin , en prirent occasion de faire aux premiers fidèles les reproches les plus odieux. On les accusa d’égorger des enfants , d’en manger la chair , de se livrer dans les ténèbres à l’impudicité; le peuple crédule ajouta foi à ces calomnies. Mais Pline, après des informations exactes , en rendit compte à Trajan , et assura que, dans les agapes, tout respiroit l’innocence cl la frugalité.

L’empereur Julien, quoiqu’ennemi déclaré des chrétiens , convenoit que leur charité envers les pauvres, leurs agapes, le soin que leurs prêtres prenoient des misérables, étoient un des principaux attraits par lesquels ils engageoient les païens à embrasser leur religion. OEuv. de Julien, édit, de Spanheim , p. 505.

Les pasteurs, pour bannir tou te ombre de licence, défendirent que le baiser de paix par lequel s’unissoit l’assemblée, se donnât entre les personnes de sexe différent, et qu’on dressât des lits dans les églises pour y manger plus commodément; mais divers autres abus engagèrent insensiblement à supprimer les

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