‹ Dictionnaire de théologieChapitre 67 sur 170 · AGA 43 AGA · texte numérisé non relu

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agapes. Saint Ambroise y travailla si efficacement, que dans l’Eglise de Milan, l’usage en cessa entièrement. Dans celle d’Afrique , il ne subsista plus qu’en faveur des clercs , et pour exercer l’hospitalité envers les étrangers ; mais ce ne fut pas sans peine que saint Augustin vint à bout de faire supprimer à Mippone cette coutume de manger dans l’église , abus qui avoit été défendu par le concile de Laodicée, can. 18; il fut obligé de prendre toutes les précautions et d’user de tous les ménagements possibles. Mém. de Tillem., tom. 13 , pag. 206.

Il y a eu entre les savants plusieurs constestalions pour savoir si la communion de l’eucharistie se faisoit avant ou après le repas des agapes; il paroît que dans l’origine elle se faisoit après , afin d’imiter plus exactement l’action de Jésus-Christ, qui n’institua l’eucharistie et ne communia ses apôtres qu’après la cène qu’il venoit de faire avec eux. Cependant l’on comprit bientôt qu’il étoit mieux de recevoir reucharislie à jeun, et il paroK que cet usage s’établit dès le second siècle ; mais le troisième concile de Carthage, en l’ordonnant ainsi , excepta le jour du jeudi saint, auquel on continua de faire les agapes avant la communion. L’on en conclut que la discipline , sur ce point, ne fut pas d’abord uniforme partout. Dingham, Orig. Ecoles., 1. c. 7, § 7.

Quelques écrivains prétendent que ces agapes étoient une coutume empruntée du paganisme; c’étoit un des reproches de Faustc le manichéen.

Ils ne font pas attention que les Juifs étoient dans l’usage de manger des victimes qu’ils immoloicnt au vrai Dieu, et qu’en ces occasions ils rassembloient leurs parents et leurs amis. Le christianisme, qui avoit pris naissance parmi eux , en prit cette coutume , indifférente en elle-même, mais bonne et louable par le motif qui la dirigeoit. Les premiers fidèles , -d’abord en petit nombre , se considéroient comme une famille de frères , et vivoient en commun : l’esprit de charité institua ces repas , où régnoit la tempérance; multipliés par la suite,

ils voulurent conserver cet usage des premiers temps ; les abus s’y glissèrent, et l’Eglise fut obligée de l’interdire.

Saint Grégoire le Grand permit aux Anglois nouvellement convertis de faire des festins sous des tentes ou des feuillages, au jour de la dédicace de leurs églises ou des fêtes des martyrs , auprès des églises, mais non pas dans leur enceinte. On rencontre aussi quelques traces des agapes dans l’usage où sont plusieurs églises cathédrales ou collégiales , de faire, le jeudi saint, après le lavement des pieds et celui des autels , une collation dans le chapitre , le vestiaire, et même dans l’église. St. Grég. , Ep. 71 , 1.9; Baronius , ad arn. 37, 577, 58-i; Fleury, Ilist. eccles., t. 1 , p. 61,1. 1.

AGAPÈTES. C’étoient , dans la primitive Eglise , des vierges qui vivoient en communauté , et qui servoient les ecclésiastiques par pur motif de piété et de charité.

Ce mot signifie iien-aim»f, et, comme le précédent, il est dérivé du grec.

Dans la première ferveur de l’Eglise naissante , ces pieuses sociétés , loin d’avoir rien de criminel , étoient nécessaires à bien des égards. Le petit nombre de vierges qui faisoient , avec la mère du Sauveur , partie de l’Eglise , et dont la plupart étoient parentes de Jésus-Christ ou de ses apôtres , ont vécu en commun avec eux comme avec tous les autres fidèles. Il en fut de même de celles que (jiielques apôtres prirent avec eux eu allant prêcher l’Evangile aux nations ; outre qu’elles étoient probablement leurs proches parentes , et d’ailleurs d’un âge et d’une vertu hors de tout soupçon , ils ne les retinrent auprès de leurs personnes que pour le seul intérêt de l’Evangile , afin de pouvoir par leur moyen, comme dit saint Clément d’Alexandrie, introduire la foi dans certaines maisons , dont l’accès n’étoit permis qu’aux femmes. On sait que chez l&s Grecs leur appartement étoit séparé , et qu’elles avoient rarement communication avec les hommes du dehors. On peut dire la même chose des vierges dont le père étoit promu aux ordres sacrés , conimo

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