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sternés et fondant en larmes , est certainement un grand spectacle. Souvent il a fait rentrer en eux-mêmes des pécheurs qui n’y étaient guère disposés ; et, si le philosophe le plus intrépide avoit de temps en temps cet objet sous les yeux , ce serait peut-être la meilleure réponse à toutes ses objections.
Agonie de JÉSus-CiiniST. Quelques moments avant d’être saisi par les .luifs, Jésus-Christ , priant au jardin des Olives, est tombé en foiblesse et h Yagonie ; il a conjuré son Père d’écarter de lui le calice des souffrances; il a sué sang et eau. Celse, dans Origène, liv. 2, n. 23; les juifs, dans le Munimen fulei, sec. partie, c. 24; les incrédules modernes, ont insisté à l’envi sur cette circonstance.
« L’Homme-Dieu , disent-ils, aux ap- » proches de la mort, montre une foi- » blesse dont un homme courageux rou- » girait en pareil cas. »
Nous les prions de considérer , 1® que Jésus-Christ avoit prédit plus d’une fois à ses disciples sa passion et sa mort; il venoit encore de leur en parler après la dernière cène. Il nommoit ses souffrances le moment de sa gloire ; il avoit constamment annoncé sa résurrection.
2® Il ne tenoit qu’à lui de tromper le dessein de Judas et des Juifs; s’il étoit allé passer la nuit ailleurs; s’il s’étoit éloigné de Jérusalem, ses ennemis auroient manqué leur proie. 3® Au moment qu’il sait leur approche, il se lève, éveille ses disciples, va au devant des soldats , se présente à eux d’un air intrépide, les renverse par terre d’un seul mot, leur fait sentir qu’il est le maître de les exterminer ou de se livrer entre leurs mains.
Par son agonie, Jésus-Christ vouloit nous apprendre que la répugnance naturelle de souffrir et de mourir n’est pas un crime, lorsqu’elle est jointe à une parfaite soumission à Dieu. Il vouloit instruire les martyrs , leur apprendre qu’il faut attendre la mort et non la provoquer. Il finit .sa prière par ces paroles : Mon Père, que votre volonté sc fasse etnon la mienne.
Un philosophe moderne est convenu qu’il y a un extrême courage à marcher
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à la mort en la redoutant. Voyez Dissertation sur la sueur de sang, etc.
Bible d’Avignon, t. 13, p. 468.
AGONISTIQUES , nom par lequel Donat et les donatistes désignoient les prédicateurs qu’ils envoyaient dans les villes et dans les campagnes pour répandre leur doctrine , et qu’ils regardaient comme autant de combattants propres à leur conquérir des disciples. On les appeloit ailleurs circuiteurs, circellions, circoncellions , catropites, coropites, et à Rome monteuses. L’histoire ecclésiastique est pleine des violences qu’ils exerçoient contre les catholiques. Foy. Ciu- CONCELLIONS, DOXATISTES , etc.
AGONYCLITES , hérétiques du vin® siècle qui avoient pour maxime de ne prier jamais à genoux, mais debout.
Ce mot est composé d’a privatif, de ydvu, genou , et du verbe incliner, plier, courber.
AGYNNIENS, hérétiques nommés aussi agionites, ou agionois, qui parurent environ l’an de Jésus-Christ 694.
Ils ne prenaient point de femmes, et prétendaient que Dieu n’étoit pas auteur du mariage; leur nom vient d’a privatif et de -/uv») , femme. Cette secte paraît avoir été un rejeton des manichéens.
AlIIAS, prophète du Seigneur, dont il est parlé, IIL Beg., c. 11, ÿ. 29. C’est lui qui , sous le règne de Salomon, annonça à Jéroboam qu’après la mort de ce roi , il régnerait lui-même sur dix des tribus d’Israël; sa prophétie s’accomplit en cflel sous Roboam, fils de Salomon, parce que ce jeune roi traita avec dureté le peuple qui lui demandoit d’être déchargé d’une partie des impôts.
De là les incrédules modernes ont pris occasion d’assurer que ce prophète fut la cause du schisme de ces dix tribus, de toutes les guerres et de tous les maux qui s’ensuivirent ; que ce fut lui qui inspira à Jéroboam l’ambition et le projet (le parvenir à la royauté. Ils en ont conclu qu’en général les prophètes étaient des rebelles fanatiques , qui soulevoient les sujets contre leur roi , qui souflloient le feu de la discorde , et qui , par leurs prétendues prophéties, toujours crues
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par le peuple, furent enfin la cause de la ruine de leur nation.
•Ce reproche est grave; mais a-t-il quelque fondement dans l’histoire?
i° Nos censeurs supposent que la prédiction (Tjéhias fut faite à Jéroboam après la mort de Salomon; c’est une fausseté, Salomon vivoit encore : si ce prophète n’étoit qu’un fanatique , comment put-il prévoir que Roboam , monté sur le trône, rebuteroit le peuple; que le peuple se mutineroit; que dix tribus , ni plus ni moins , secoueroient le joug , et se donneroient un autre roi? Jéroboam conçut alors si peu le dessein de parvenir à la royauté, qu’il se sauva en Egypte , et qu’il n’en revint qu’après la mort de Salomon.
2® Nous ne voyons point qu'AMas ait eu aucune part au soulèvement du peuple, ni qu’il y ait contribué en rien. La seule cause de celte révolte fut la réponse dure et menaçante que fit Roboam aux plaintes de celte multitude assemblée. Dieu lui-même avoit révélé à Salomon ce qui arriveroit après sa mort; Ahias ne fit que confirmer la prédiction. Si Salomon n’en profita pas pour donner de salutaires leçons à son fils , il fut coupable ; ce n’est point au prophète qu’il faut en attribuer la faute.
lll. Reg., c. H, f. il.
Jéroboam lui-même ne paroît être entré pour rien dans la sédition. Il est dit que les tribus mécontentes s’en retournèrent chacune chez elle; que Roboam ayant envoyé un de ses officiers pour les ramener à l’obéissance , elles le lapidèrent ; que le roi lui-même s’enfuit de Sichem à Jérusalem ; qu’ensuite les tribus ayant appris que Jéroboam étoit de retour d’Egypte , elles lui envoyèrent des députés, le firent venir dans leur assemblée, et l’établirent roi d’Israël.
Ce fut donc de leur propre mouvement qu’elles le choisirent, et non point par l’instigation du prophète. Ibid,, c. 12, Jf, 16. Si elles avoient eu connoissance de sa prédiction, sans doute elles auroient commencé par mettre Jéroboam à leur tête, avant de mettre à mort l’ofiicicr de Roboam.
«l* Les prophètes, loin de souffler le
feu de la discorde à celte occasion , empêchèrent la guerre eU’efifusion du sang. Lorsque Roboam eut fait prendre les armes aux tribus de Juda et de Benjamin , pour forcer les dix tribus rebelles à rentrer sous le joug , le prophète Séméïas leur défendit de la part de Dieu de combattre contre leurs frères ; ils n’allèrent pas plus loin , et la guerre n’eut pas lieu. III. Reg., c. 12, jt. 22. Quelques incrédules ont encore trouvé bon de reprocher à ce prophète qu’il avoit confirmé les rebelles dans leur schisme. Mais nous les défions de citer un seul prophète du Seigneur qui ait excité le peuple à se soulever contre son souverain , soit dans le royaume d’Israël , soit dans celui de Juda.
5® Nous ne voyons pas que Jéroboam ait reconnu par aucun bienfait le service que lui avoit rendu le prophète ^/iîrts;.loin de suivre ses leçons, il engagea les Israélites dans l’idolâtrie.
Aussi , lorsqu’il envoya son épouse déguisée pour consulter Ahias sur la maladie de son fils , ce prophète , quoique devenu aveugle de vieillesse , la reconnut avant même qu’elle eût parlé ; il lui annonça sans ménagement la mort prochaine de cet enfant, et les châtimenti terribles que Dieu exerceroit sur la race de Jéroboam en punition de son idolâtrie. Ibid., c. 1-4.
Des prophètes imposteurs et fanatiques auroient cherché sans doute à faire leur cour et à ménager les rois ; nous voyons au contraire les prophètes juifs toujours prêts à reprocher aux rois tous leurs crimes , à leur prédire des châtiments et à braver la mort , pour s’acquitter des ordres qu’ils avoient reçus de Dieu. Leur attribuer les maux qui sont arrivés, c’est vouloir qu’ils aient été la cause de la' perversité des princes qui n’ont jamais voulu profiter de leurs leçons. Peut-on citer un seul roi qui se soit mal trouvé de les avoir suivies?
aîné , AINESSE. II est naturel qu’un père conçoive une tendre affection pour le premier fruit de son mariage , pour l’enfant qui lui a f.ét prouver les premiers mouvements a ’amoiir paternel.