‹ Dictionnaire de théologieChapitre 83 sur 170 · ANG · texte numérisé non relu

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grâce et une autorité spirituelle et surnaturelle, et non un office civil. Saint Paul dit aux évêques qu’ils ont été établis , non par les princes et les magistrats , mais par le Saint-Esprit, pour gouverner l’Eglise de Dieu, yîct., c. 20 , f. 28. Le pouvoir de remettre les péchés, de lier et de délier dans le ciel et sur la terre , que Jésus -Christ a donné à ses apôtres , n’est certainement pas un pouvoir civil. Les théologiens anglicans nomment avec emphase les droits divins de l’épiscopat, et ils font dériver ces droits et celte dignité de la puissance royale : ces droits ne sont donc pas plus divins que Ceux d’un juge , d’un officier militaire ou d’un financier ; tous ces droits sont de même nature , puisqu’ils sont émanés de la même source.

x\ussi le concile de Trente a décidé que ceux qui ont été appelés et institués au ministère ecclésiastique parle peuple, par la puissance séculière , ou qui s’y sont ingérés d’eux-mêmes , ne sont point de vrais ministres de l’Eglise, mais des voleurs et des usurpateurs, sess. 23. c. 4.

Si le père Le Gourrayer, géiiovéfain, réfugié en Angleterre, avoit été mieux instruit , probablement il n’auroit pas entrepris, en 1723 cl 1726, de soutenir la validité des ordinations anglicanes.

Celte question eu renferme deux, l’une de fait, l’autre de droit. La question de fait est de savoir si Matthieu Parker, prétendu archevêque de Canlorbéry , et tige de tout l’épiscopat d’Angleterre , a reçu ou n’a pas reçu rordiiialion épiscopale , par conséquent s’il a pu ou n’a pas pu ordonner validement d’autres évêques. La question de droit est de savoir si la forme d’ordination , prescrite par le rituel anglican dressé sous Edouard VI , et encore actuellement suivie , est valide ou non.

Sur la première question, il faut savoir que, depuis l’an 1339, éi)0(iue de la consommation du schisme de l’Angleterre , sous la reine Elisabeth , non-seulement les Anglois catholiques, mais les presbytériens et les autres non - conformistes, ont constamment soutenu aux anglicans , que l’épiscopal ne subsistoit plus parmi eux , que Parker n’a jamais

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été validement ordonne, puisque Barlow, évêque de Saint-David , et ensuite de Chichester , prétendu consécrateur de Parker , nel’avoit pas été lui-même. Plusieurs ont posé des faits , desquels il résulte qu’il n’a pu l’être ; quelques-uns ont avancé qu’il avoit ordonné Parker dans une auberge de Londres. On sait d’ailleurs que , selon la doctrine établie pour lors , le brevet de la reine donnoit le pouvoir épiscopal, sans qu’il fût besoin d’ordination.

Pour prouver le contraire , Le Courrayer a soutenu, 1“ que Barlow avoit été réellement sacré évêque , puisqu’il avoit assisté en cette qualité aux assemblées du parlement sous Henri YIII ; mais cela prouve seulement que l’on présumoit son ordination. D’ailleurs unhomme simplement nommé à un évêché pouvoit assister au parlement sans avoir encore été ordonné. 2" Qu’il n’est pas vrai que Barlow ait été absent et en Ecosse dans le temps auquel on suppose qu’il a été ordonné ; que , quoique l’on n’ait pas pu retrouver l’acte de son ordination, ce n’est qu’une preuve négative. Mais cette preuve est devenue très-positive, par l’affirmation constante de ceux qui ont pu savoir s’il avoit été sacré ou non. 5° Que la prétendue consécration de Parker dans une auberge est une fable. Cela peut être ; mais le fait est très-analogue à la manière de penser des auteurs qui regardoientlc sacre des évêques comme une momerie. 4" Que Parker a été réellement sacré à Lambelh le 17 décembre 1S39, par Barlow, assisté de Jean Scory, élu évêque d’Héreford , de Miles Coverdale, ancien évêque d’Excesler, et de Jean Hoegskins , sutl'ragant de Bedlïord.

On produit l’acte de cette consécration.

Mais en 1727 le père llardouin, et en 1750 le père Le Quien , dominicain , ont réfuté Le Courrayer ; ils ont fait voir que la plupart des actes et des litres qu’il a cités, en particulier l’acte delà prétendue ordination de Parker à Lambelh , sont faux, supposés ou altérés; qu’ils ont été forgés postérieurement à l’an 1559 , pour satisfaire aux reproches que les catholiques faisoient aux anglicans louchant la nullité de leur épiscopat ;

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