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que Le Courrayer a tronqué de mauvaise foi les passages de plusieurs auteurs. Ils on t prouvé par de nouveaux témoignages, que ni Barlow ni Parker n’ont jamais été ordonnés évêques; que l’un et l’autre étoient très - persuadés qu’ils n’avoient pas besoin d’ordination. Le Courrayer n’a rien eu à répliquer de solide.
Sur la question de droit, ou sur la validité de l’ordination prescrite par le rituel d’Edouard VI , Le Courrayer a soutenu qu’elle eslbonne et suffisante, 1° parce qu’elle consiste dans l’imposition des mains jointe à une prière ; 2® qu’il y est fait mention du sacerdoce et du sacrifice, du moins indirectement; 3° que les erreurs particulières , soit du consécrateur soit de l’élu , ne font rien à la validité de la cérémonie ; 4® que l'ordinal ou le rituel d’Edouard VI a été dressé par des évêques et par des théologiens , et qu’il a été seulement autorisé par le roi.
Pour savoir à quoi nous en tenir, il faut examiner la cérémonie telle qu’elle est prescrite par ce rituel.
1® L’on commence par lire le brevet du roi, qui porte : Nous nommons, faisons, ordonnons , créons et établissons un tel, évêque de tel siège. 2® L’on fait prêter à l’élu un serment conçu en ces termes : « J’atteste et je déclare sur ma i> conscience que le roi est le seul gouver- » neur suprême de ce royaume , tant V dans les choses spirituelles ou ecclé- » siastiques que dans les temporelles, » et qu’aucun autre prince ou prélat B étranger n’y a aucune juridiction , B po^ivoir, ni autorité ecclésiastique ou B spirituelle, b 5° L’évêque consécrateur demande à l’élu s’il a été appelé à l’administration de l’épiscopat suivant la volonté de Jésus-Christ et suivant les constitutions du royaume , et s’il est dans la volonté d’en remplir les devoirs. 1° Après les réponses de l’élu , le consécrateur lui met la main sur la tête, et prononce cette prière : « Que Dieu tout- B puissant, qui vous a donné cette vo- B lonté, vous accorde encore les forces B et la facidlé de faire ellicacemenl toutes » ces choses, de manière qu’il achève B en vous son ouvrage , qu’il vous trouve B innocent cl sans tache au dernier jour,
B par Jésus-Christ Noire-Seigneur. Ainsi » soit-il. ï
Or , on a soutenu contre Le Courrayer, et nous soutenons encore que celte formule est nulle et insuffisante. 1“ Loin de faire aucune mention directe ou indirecte du sacrifice ni du sacerdoce , elle a été faite exprès pour en exclure formellement ces notions , puisque l’art. 51 de la confession de foi anglicane les rejette comme un blasphème. 2“ Que demande le consécrateur pour l’élu? Que Dieu lui donne la volonté de remplir les devoirs de l’épiscopat, selon les constitutions royaume; vainement il ajoute, selon la volonté de Jésus-Christ , puisque la constitution du royaume touchant l’épiscopat, est formellement contraire à la volonté de Jésus-Christ : l’une de ces choses exclut l’autre. 5° Il n’est pas une fonction civile pour laquelle on ne puisse faire la même prière en faveur de celui qui y est installé : elle n’a donc rien de sacré ni de sacramentel. Les erreurs particulières du consécrateur ou de l’élu ne feroient rien à la validité de la cérémonie , si d’ailleurs elle n’exprimoit pas formellement ces erreurs ; mais ici les erreurs anglicanes sont formellement exprimées par le brevet du roi , par le serment de l’élu, par les interrogations du consécrateur , et par la prière qui y est relative : c’est le total de la cérémonie qui détermine le^sens de la formule. b" Il n’est pas question de savoir qui a dressé le rituel d’Edouard VI , mais qui lui a donné la sanction, l’autorité , la force de loi : or , selon la déclaration formelle de tout le clergé d’Angleterre, c’est le roi et le parlement.
Les évêques et les théologiens qui y ont travaillé , éloienl de simples commissionnaires , incapables de donner à leur ouvrage aucune autorité; ils éloieut d’ailleurs hérétiques, et ils y ontexpressémeul professé leur hérésie. 6° Ceux qui ont réfuté Fæ Courrayer, ont fait voir qu’eu soutenant la validité de celte formule , il est tombé dans jdusieurs erreurs grossières et dans des hérésies proscrites par le concile de Trente et par l’Eglise catholique. Eu elïct, trente-sept de ses propositions ont été condamnées par
l’assemblée du clergé de France, le 22 août 1727, comme fausses, erronées et hérétiques. 7» Le Courrayer a posé en fait que , dans l’Eglise grecque , l’ordination des prêtres se fait par la seule imposition des mains , avec la prière ; il cite le Traité des ordinations du père Morin , et le père Ilardouin l’avoit supposé ainsi ; mais il est certain que , chez les Grecs, l’évêque, assis devant l’autel , met la main sur la tête de l’ordinand , et lui applique le front contre l’autel chargé des vases pleins , en récitant la formule ; ainsi la porrection des instruments est réunie à l’impoâition des mains , et détermine la formule à désigner le double pouvoir du sacerdoce. Traité sur les formes des sacrements, par le père Morin, jésuite, c. 2o. Aujourd’hui les savants conviennent que le père Morin n’a pas rapporté assez exactement les rites des Orientaux. 8° Avant d’être ordonnés évêques, Barlow et Parker n’étoient pas prêtres : or, on ne peut citer, dans toute l’histoire ecclésiastique , aucun exemple certain d’une pareille ordination reconnue pour valide.
En 1730, un théologien luthérien, dans une thèse soutenue sous la présidence du docteur Mosheim, a examiné de nouveau celte question, tant sur le fait que sur le droit. Dans le premier chapitre, il fait l’histoire de la dispute et des ouvrages qui ont été faits pour ou contre la validité des ordinations anglicanes. Dans le second, il compare les arguments qui ont été allégués de part et d’autre. Dans le troisième, il porte son jugement sur le fond et sur la forme. On conçoit bien qu’il a pris parti pour Le Courrayer; il n’approuve pas néanmoins tous ses raisonnements , mais il témoigne beaucoup de mépris pour tous ses adversaires. Il seroil inutile de nous arrêter à l’iiisloire des faits ; il vaut mieux nous attacher au fond.
Chap. 2, § 13, Fauteur convient que le capital de la dispute est de savoir si la forme de l’ordination des évêques anglicans est valide et suffisante ; il soutient l’affirmative par les mêmes arguments que Le Courrayer; mais il ne satisfait point à ceux que nous lui opposons. Sui-
Tant les meilleurs Ihéologiens, dit-il, le rit essentiel de l’ordination épiscopale consiste dans l’imposition des mains et dans une prière; l’Ecriture sainte n’exige rien de plus : or, l’une et l’autre se trouvent dans le rituel anglican.
Nous soutenons que toute prière ne suffit pas; que si le sens n’en est point relatif aux fins du sacrement, aux devoirs et aux fonctions qui y ont été attachés par Jésus -Christ, à plus forte raison si les circonstances déterminent les paroles à un sens contraire, cette forme est absolument nulle. Or, nous avons fait voir que telle est la formule anglicane.
Les Anglois aux-mêmes ont si bien senti qu’elle étoit défectueuse , que, sous Charles II, ils l’ont changée. Ils y ont ajouté pour les évêques : « Recevez le » Saint-Esprit pour exercer les devoirs » et les fonctions d’évêque dans l’Eglise ï de Dieu, et souvenez-vous deréveiller ï la grâce de Dieu qui est en vous par » l’imposition des mains; s et pour les prêtres: » Recevez le Saint-Esprit pour » exercer les devoirs et les fonctions de D prêtre dans l’Eglise de Dieu. Recevez * lepouvoirdeprêcherlaparole de Dieu » et d’administrer les sacrements. Les K péchés seront remis à celui à qui vous B les remettrez , et ils seront liés à celui B auquel vous les lierez, b Ibid., n. 22, 23,28. Quand cette addition rendroit la forme valide , elle n’a pas eu lieu dans l’ordination de Barlow et de Parker : ils étoierit morts 80 ans auparavant; des évéques ordonnés sans cette addition n’ont pas pu en ordonner d’autres validement. L’apologiste a beau dire que ces paroles ajoutées ne font point partie de la forme, qui consiste dans la prièic; les Anglois ont compris qu’elles étoient nécessaires pour déterminer le sens de la prière ; donc avant l’addition le sens n’éloit pas assez déterminé ; il l’étoit môme , par les circonstances , à signifier le contraire, comme nous l’avons observé. Qu’ils aient cru , ou n’aient pas cru que la forme étoit déjà valide sans celte addition , cela ne nous fait rien.
11 n’csl pas nécessaire , dit notre auteur , (lue la formule exprime la lin prin-
cipale et l’effet du sacrement ; elle n’est point telle pour le baptême , pour la confirmation, pour l’cxtrême-onction , ni pour le mariage; cela est faux. Ces paroles : Je te baptise, au nom du Père, etc., signifient certainement, non la purification du corps , mais celle de l’âme , qui est l’effet principal du baptême. Dans la confirmation , la formule : Je te marque du signe de la croix , et je te confirme par le chrême du salut, etc., exprime très-distinctement l’effet du sacrement. 11 en est de même de la prière de l’extrême-onction : Que par cette onction, et sa grande miséricorde, le Seigneur vous pardonne les péchés, etc.
Pour le mariage, la bénédiction du prêtre, qui dit : Je vous unis en mariage, au nom du Père, etc., n’est pas moins expressive, non plus que l’absolution dans la pénitence : à plus forte raison , dans l’Eucharistie, les paroles de Jésus-Christ: Ceci est mon corps, expriment l’effet de la consécration.
Le Courrayer en avoit imposé à scs lecteurs , en disant que les anglicans ne rejettent pas absolument la notion du sacrifice dans l’Eucharistie , qu’ils y admettent au moins un sacrifice commémoratif et représentatif , qu’entre eux et les théologiens catholiques , il n’y a qu’une dispute de mots ; que la notion de sacrifice n’est point fondée sur le dogme de la présence réelle. Ibid., § 27. Son apologiste, plus sincère, convient, c. 3, § 19, qu’un sacrifice commémoratif et représentatif, dans le sens anglican, n’est qu’une ombre ou une figure de sacrifice ; que ce n’est point ainsi que l’a entendu le concile de Trente. En effet, ce concile a évidemment fondé la notion du sacrifice sur le dogme de la présence réelle , sess. 22 , c. 1 et 2 ; et au mot Eücu.mustie, § 5, nous avons fait voir que celte notion ne peut pas être fondée autrement. C’est une des principales raisons qui ont attiré à Le Courrayer sa condamnation prononcée par le clergé de France , et approuvée par le souverain pontife.
Quand ce critique ajoute qu’il n’est pas nécessaire qu’un homme soit prêtre pour pouvoir être ordonné évêque, qu’on
ne le pense pas , même dans l’Eglise romaine, il se trompe encore; le sentiment contraire a été condamné, comme nous l’avons observé ailleurs. Foyez Evêque.
Il avoue, c. 3, § 16, que le rituel d’Edouard VI a reçu du roi toute la sanction et toute l’autorité qu’il a pu avoir ; que les évêques et les théologiens , chargés de le rédiger , n’ont été que les mandataires et les députés du roi ; que l’on ne reconnoît en Angleterre point d’autre source de l’autorité ecclésiastique.
De tout cela il résulte que l’Eglise romaine est très-bien fondée à regarder les ordinations anglicanes comme absolument nulles, et à réordonner ceux qui ont été ainsi promus au sacerdoce ou à l’épiscopat, lorsqu’ils rentrent dans le sein de l’Eglise.
Le même auteur soutient , contre Le Courrayer, que, si les évêques d’Angleterre sont ordonnés validement , ils le sont légitimement, et qu’ils ont droit d’exercer leurs fonctions , malgré les anathèmes de l’Eglise romaine ; nous n’avons aucun intérêt d’examiner lequel des deux a raison. Nous verrons ailleurs les autres reproches que ce critique fait contre la doctrine catholique : suivant 1a coutume de tous les protestants , il la défigure pour avoir droit de la censurer ; il prend pour doctrine de l’Eglise les opinions particulières des théologiens les plus décriés.
Nous avons déjà dit que la liturgie anglicane se trouve dans le père Lebrun ; mais elle a été changée au moins quatre fois avant d’être mise dans l’état où elle est aujourd’hui. Quoique l’on en ait retranché tout ce qui pouvoit donner l’idée de la présence réelle de Jésus- Christ dans l’Eucharistie et du sacrifice, clic déj)laît encore beaucoup aux puritains ou calvinistes rigides.
L’archevêque de Cantori)éry, primat d’Angleterre, jouit encore de la même juridiction et des mêmes privilèges dont jouissoient les évêques dans le treizième siècle ; mais le clergé anglican ne peut faire sur la doctrine , sur les mœurs , sur la discipline , aucun décret , sans commission spéciale du roi , cl scs décrets
n’ont de force qu’autant qu’ils sont confirmés par l’autorité royale. Les fonctions des évêques sont de prêcher, de donner la confirmation et les ordres ; celles des recteurs de paroisse ou des curés , sont de prêcher , de baptiser , de marier, d’enterrer les morts. Les trois dernières fonctions se paient très-chèrement , et tous les Anglois , sans distinction de religion , y sont assujettis ; mais en général le clergé est très-peu respecté en Angleterre.
Vu l’indifférence que les anglicans affectent pour le dogme , on ne doit pas être surpris du peu de zèle qu’ils ont pour la conversion des infidèles; ils ont même souvent tourné e»ridicule celui de nos missionnaires. La religion ne leur paroît pas une affaire de très-grande importance, et c’est pour cela qu’ils ont été tant loués par nos philosophes ; la plupart de leurs théologiens ont passé de l’arianisme aux opinions des sociniens.
ANIMAUX. Dieu dit à l’homme en le créant : « Dominez sur les poissons de » la mer , sur les oiseaux du ciel , et sur ï tous les animaux qui se meuvent sur B la terre, b Gen., c. 1 , 28. Il le ré-
pète à Noé après le déluge : « Que tous B les animaux vous craignent et vous B redoutent , b c. 9 , ^. 2. Le psalmistc hénissoit Dieu de cet empire qu’il a donné à l’homme sur tous les animaux. Ps. 8,
8. Les philosophes qui ont observé la nature avec un sens droit , nous font remarquer que cet ordre du Créateur s’exécute sur toute la face du globe. Le très-grand nombre des animaux sont dociles, s’accoutument aisément avec l’homme , semblent souvent rechercher sa compagnie cl implorer sa protection; les autres fuient devant lui , ils ne l'altaquent point , à moins que des besoins extrêmes ne les jettent , pour ainsi dire , hors de leur naturel. L’éléphant, tout monstrueux qu’il est , se laisse conduire ])ar un enfant ; le lion s’éloigne de tous les lieux habités par les hommes , cl l'immciise baleine , au milieu de son élément, tremble et fuit devant le petit canot d’un l.apon. L'tud. de la Nat., t. 2 , p. 239, etc.