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comme un ennemi, à moins qu’ils n’aient fait une convention avec lui , et qu’il ne leur ait payé une espece de tribut , ou qu’il ne soit protégé par l’un d’entr’eux ; mais quand on a un Arabe pour sauvegarde , on ne risque rien. Comme ils se croient maîtres et seigneurs dy désert, ils prétendent qu’un étranger n’a pas droit de passer sur leurs terres , sans leur permission et sans leur payer un tribut.
Un incrédule célèbre , pour donner mauvaise opinion des Juifs, a répété dix fois que dans l’Origine c’étoit une horde d’Arabes Bédouins. Quand ce fait ne seroit pas évidemment faux , il ne s’ensuivroitencorerien, puisque, selon le témoignage des voyageurs, les ArabesBédouins ne sont pas et n’ont jamais été tels que cet écrivain a voulu les représenter.
Mais , vu l’attachement opiniâtre qu’ils ont toujours conservé pour leurs anciennes mœurs , on conçoit qu’il n’a pas été aisé de les convertir au christianisme , et qu’il a fallu pour cela un grand changement dans leurs habitudes et dans leurs idées. Cependant l’an 207, le christianisme étoit déjà florissant dans cette contrée ; Origène y fit trois voyages pour y combattre différentes erreurs ; Bérylle, évêque de Bostres , l’une des principales villes de V Arabie, enseigna qu’avant l’incarnation Jésus-Christ n’étoit point une personne subsistante, qu’il n’étoit Dieu depuis son incarnation que dans un sens impropre , et parce qu’il participoit à la divinité du Père. Dans les conférences qu’il eut avec Origène, il abjura son erreur, l’an 229. Eusèbe, Hist.
ccclés., 1. 6, c. 20 et 33. Vers l’an 2i6, Origène retourna en Arabie pour faire condamner l’erreur des arabiques, et il se tint un concile à cette occasion. Eusèbe , ibid., c. 37. Foyez l’article suivant. L’an 200, l’évêque de Bostres assista au concile d’Antioche. Titus, évêque de cette même ville au quatrième siècle, écrivit un traité contre les manichéens, qui subsiste encore. On conjecture que saint Ilippolyte, qui vivoit au troisième, étoit évêcpie, non de Porto en Italie, mais d’Aden eu Arabie , que les anciens nomruoient Portas liomanus. P'oyez la note sur Eusèbe , 1. G , c. 20.
Le christianisme s’est conservé dans cette partie du muidejusqu’àla naissance du mahométisme au septième siècle ; alors il y a été entièrement détruit. Mais au cinquième les nestoriens , et ensuite les eutychiens , y séduisirent beaucoup de personnes, et furent maîtres de plusieurs évêchés. Il n’est pas même certain que V Arabie toute entière ait jamais été soumise à l’Evangile , puisqu’il y a voit des idolâtres lorsque Mahomet y prêcha ses erreurs.
ARABIQUES , secte d’hérétiques qui s’élevèrent en Arabie vers l’an de Jésus- Christ 207. Ils enseignoient que l’âme naissoit et mouroit avec le corps , mais aussi qu’elle ressusciterait en même temps que le corps. Eusèbe , liv. vi , chap. 37, rapporte qu’on tint en Arabie même , dans le troisième siècle , un concile auquel assista Origène , qui convainquit si clairement ces hérétiques de leurs erreurs , qu’ils les abjurèrent et se réunirent à l’Église.
ARBRE DE LA SCIENCE du bien et du mal. Il est dit dans la Genèse , c. 2, f. 9, que Dieu avoit planté au milieu du paradis Varbre de la science du bien et du mal , et qu’il défendit à l’homme de manger de son fruit, sous peine de la vie, 17. On demande pourquoi Dieu ne vouloit pas qu’Adam connût le bien et le mal , comment un fruit pouvait donner cette connoissance ; c’est une ancienne objection des marcionites et des manichéens. Tertull. adv. Marcion., 1. 2, c. 23 ; saint Augustin contra Faustum, 1. 22 , c. 4.
Nous lisons dans l’Ecclésiastique, c. 1 7, 3 , que Dieu avoit donné à nos premiers parents le don d’intelligence , qu’il leur avoit montré le bien et le mal. Sans cette connoissance , ils auroient été incapables de pécher. Mais Dieu ne vouloit pas qu’ils connussent par expérience la honte, les regrets, les remords d’avoir fait le mal, ni qu’ils pussent comparer ce sentiment avec celui de l’innocence.
Voilà ce que le péché leur apprit, et il n’étoit pas nécessaire pour cela que le fruit dont ils mangèrent eût la vertu physique de faire conuoilrc le bien et le mal.
De quelle espèce étoit ce fruit funeste ? Etoit-ce une pomme , une poire , une figue , etc.? A cette importante question , nous répondons que Dieu n’a pas trouvé bon de nous l’apprendre.
. Arbre de vie. Des commentateurs , qui avoient sans doute beaucoup de loisir, ont mis en question si cet arbre étoit le même que celui de la science du bien et du mal. R nous paroît que l’Ecriture les distingue très-clairement; elle dit que Dieuavoit placé au milieu du paradis [’arbre de vie et Varbre de la science du bien et du mal. Gen., c.2,f. 9. La vertu qu’avoit le premier de prolonger la vie étoit-elle naturelle ou surnaturelle? Cette question est aussi intéressante que les fables forgées par les rabbins sur ces deux arbres merveilleux. Nous nous contentons de remarquer que , selon Salomon , la sagesse est V arbre de vie pour tous ceux qui l’embrassent , Prov., c. 3,
18, et que Jésus-Christ mourant sur la croix , en a fait un arbre de vie plus puissant que celui du pacadis. Foy. Rédemption.
ARC-EN-CIEL. Ce qui en est dit dans l’Ecriture sainte a semblé ridicule à plusieurs incrédules. Après le déluge. Dieu dit à Noé et à sa famille : « Il n’y aura » plus désormais de déluge qui désole » la terre , et voici le signe de l’alliance » que je fais avec vous , ou de la pro- » messe que je vous fais. Je mettrai mon » arc dans tes nues , et lorsque j’aurai » couvert le ciel de nuages , mon arc y » paroîtra , et je me souviendrai de la * promesse que j’ai faite de vous con- « server et tous les animaux. * Gen.^ c. 9, ji. Il et suiv. 1® Cela suppose, disent nos critiques, que V arc-en-ciel n’avoi t pas existé avant le déluge, puisque Dieu dit, je mettrai mon arc dans les nues : or , ce phénomène a dû paroître toutes les fois qu’il a plu d’un côté , pendant que le soleil luisoit de l’autre • il n’est donc pas probable que Noé et sa famille n’eussent jamais vu Y arc-en-ciel, 2® Il est ridicule de donner le signe de la pluie pour 'sûreté qa'il n’y aura plus d’inondation , et que l’on no sera pas noyé; cela prouve que l’auteur de cette histoire étoit très-mauvais physicien.
Pdponse. Cela prouve plutôt que les censeurs de cet historien sont téméraires. 1® Comme les verbes hébreux ne sont que des participes indéterminés, -pour traduire à la lettre , il faudrait dire : Me voilà mettant mon arc dans les nues, et cela signifie également Je mets, j’ai mis ou je mettrai. 2® En laissant le verbe au futur il ne s’ensuit pas encore que [’ arc-en-ciel n’avoit pas été vu avant le déluge , mais qu’il n’avoit pas paru pendant le déluge, et qu’il allait reparaître de nouveau. 3® En effet, Yarc-en-ciel ne peut avoir lieu lorsque les nuées sont très-épaisses, et chargées de beaucoup d’eau , comme cela dut être pendant le déluge ; on ne peut donc le voir que quand les nuages sont assez légers et assez interrompus pour que le soleil puisse darder ses rayons au travers.
Donc toutes les fois que Yarc-en-ciel paroît, c’est un signe certain qu’il ne tombera pas assez de pluie pour causer une inondation générale; ce signe étoit donc très -propre à rassurer Noé et ses enfants contre la crainte d’un nouveau déluge.
Le terme à' alliance, dont se sert l’écrivain sacré , a encore ému la bile d’un philosophe. « En quoi consiste donc, » dit-il , celte alliance que Dieu a faite » avec l’homme et avec les animaux?
» quelles ont été les conditions du traité? » Que tous les animaux se dévoreroient » les uns les autres, qu’ils se nourri- » roient de notre sang et nous du leur ; * qu’après les avoir mangés , nous nous
» exterminerions avec rage S’il y
ï avoit jamais eu un tel pacte , il auroit ï étoit fait avec le diable. i
Le ridicule de cette tirade est poussé h l’excès; ce philosophe ne savoit pas que lemêmetermeen hébreu signifieaGiance et promesse. Qu’est-ce , en effet , qu’une alliance, sinon une promesse réciproque ? Toute promesse emporte l’obligation de fidélité d’un côté, de confiance et d’obéissance de l’autre. Or, Dieu promet de ne plus désoler la terre , de ne plus exterminer la race des hommes ni des animaux par un déluge universel ; il dit : « Tant que durera la terre , les semailles » et la moisson , le chaud et le froid ,
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» rét(î et l’hiver, le jour et la nuitsesuc- » céderont constamment. » Gen., c. 8,
22. Cette promesse devoit donc engager Noé à cultiver la terre et à nourrir des animaux, sans craindre d’étre frustré du fruit de ses travaux.
Quoique les animaux féroces et carnassiers dévorent les autres, quoique les hommes en détruisent beaucoup pour se nourrir , cependant les espèces utiles ne laissent pas de se conserver et de multiplier ; Dieu leur a donné une fécondité relative à la consommation qui s’en fait. Malgré les dérangements passagers des saisons, les orages, les stérilités , la terre continue depuis le déluge à fournir la subsistance à ses habitants , quelque nombreux qu’ils soient ; les famines ne sont que locales et passagères. A mesure que la population augmente , on trouve le moyen de rendre fertiles des terrains qui paraissent incapables de faire aucune production , etc. Tous ces phénomènes sont assez beaux pour mériter l’attention des philosophes, et assez merveilleux pour que l’auteur sacré ait eu raison de les attribuer à la bénédiction de Dieu.
Gen., c. 9, :f. 1.
ARCHANGE , substance intelligente ou ange du second ordre de la hiérarchie céleste. Voyez Ange et lliEnAncuiE. On appelle ces esprits archanges, parce qu’ils sont au-dessus des anges du dernier ordre, du mot grec àpx>7, yrincipauié, et d’ày/Eioî, aîi^/c; saint Michel est considéré comme le prince des anges, et on l’appelle ordinairement l’ctrc/ian^'e saint Michel.
ARCHE D’ALLIANCE , coffre d’un bois incorruptible et revêtu de lames d’or, que Moise avoit fait construire par ordre de Dieu; dans lequel il avoit renfermé les deux tables de la loi , un vase I empli de manne , et la verge d’Aaron , qui avoit fleuri dans 1e tabernacle. C’étoient là incontestablement les objets les plus respectables de la religion juive.
Ce coffre éloit nommé arche d’alliance, parce que la loi qu’il renfermoit étoit le titre de l’aHmnce que Dieu avoilconlraelée avec son peu|)lc; il fut placé derrière un voile dans le sanctuaire du tabernacle.
Le couvercle de ce coffre éloit nommé
propitiatoire , il éloit surmonté de deux chérubins d’or, dont les ailes étendues formoient une espèce de siège , qui étoit censé le trône de la majesté divine. Les deux côtés les plus longs étoient armés chacun de deux anneaux d’or, dans lesquels on glissoit deux bâtons dorés , qui servoient à transporter l’arc/ie. Deux sacrificateurs ou deux lévites la portoient sur leurs épaules , comme l’on porte aujourd’hui dans les processions les châsses des reliques des saints ; ce soin fut particulièrement confié aux descendants de Caath , fils de Lévi.
L’arche , construite au pied du mont Sinaï l’an du monde 2314, voyagea pendant quarante ans dans le désert avec Moïse et Josué. Après le passage du Jourdain, elle fut placée à Galgal dans la Palestine , et y resta environ sept ans ; de là elle fut transportée avec le tabernacle à Silo, où elle demeura trois cent vingt-huit ans. L’an 2888, les Israélites l’en tirèrent pour la porter dans leur camp. Dieu permit qu’elle fût prise par les Philistins, chez lesquels elle demeura sept mois; par les fléaux dont Dieu les aflligea , ils furent forcés de la renvoyer à Belhsamès : quelques Celhsamites ayant voulu, par curiosité, voir ce qu’elle renfermoit , furent frappés de mort. De là elle fut conduite à Carialhiarim , et placée sur la partie la plus élevée de la ville de Gabaa , dans la maison d’Aminadab , où elle resta soixante - dix ans. David l’en tira l’an du monde 2939 :
dans le transport , Oza ayant voulu y porter la main pour la soutenir , fut frappé de mort. David eflVayé n’osa la conduire chez lui , il la fit déposer dans la maison d’Obédédom. Trois mois après, il la transféra dans son palais sur le mont do Sion ; elle y resta quarante-deux ans, jusqu’à ce que Salomon la fil placer dans le sanctuaire du temple qu’il venoit de bâtir; elle y fut environ quatre cents ans, jusqu’au siège de Jérusalem par Nabuchodonosor.
Pendant ce siège, Jérémie la fit cacher dans un souterrain, afin qu’elle ne tombât pas entre les mains des Chaldéens; après leur retraite, il la fit transl)orter dans une caverne du mont Nébo,