‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 148 sur 731 · V. Goutte · texte numérisé non relu

V. Goutte

CHIROXIEX (Ulcère;. Variété d’ulcère rongeant. V. Ulcères.

CHLORATES. Sels résultant de la combinaison de l’acide chlorhydrique avec les bases. Plusieure forment des poudres fulminantes. — C’étaient jadis les muriates suroxygénés. La thérapeutique emploie le chlorate de soude A à 8 grammes par jour contre les angine» couenneuses Œ1 ; le chlorate de potasse contre la stomatite ulcéro-membraneuse E3; contre

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l’aDgine œueniieuse Œ1 , contre le croup Q, contre la stomatite mercurielle i+ +i. contre le scorbut des gencives ŒI et contre les maladies vénériennes □. On Fadministre eu gargarisme, 15 grammes par litre d’eau, ou en potion, h grammes pour 120 grammes de véhicule. — La dose par vingt-quatre heures peut être portée à 10 grammes.

CHLORE. Corps simple, gazeux, jauneverdâtre, irritant très-énergique des organes respiratoires. — La thérapeutic[ue l’emploie en inspirations contre le catarihc et la phthisie, lorsque, à petite dose, il est répandu sous forme de chlorure liquide dans la chambre d’un malade □. Quand il a été dissous dans l’eau on l’emploie en lotions et en injections, comme moyen préservatif de la syphilis après un coït suspect E, en potion à 1 et 10 grammes dans le cancer S, dans la fièvre typhoïde H, dans la scarlatine Q et comme contre-poison de l’acide sulfhydrique E. 11 sert à pi éparer les fumigations dites guytoniennes, employées pour la destruction des miasmes d’une épidémie E, mais cela ne vaut pas les fumigations de gaz sulfureux.

CHLORHl’DRÎQEE. V. ACIDE CHLORHY¬ DRIQUE.

CHLOROFORHE. Liquide volatil, insoluble, ayant une odeur agréable, semblable à celle de la pomme de reinette, découvert en France par Soubeiran et utilisé comme anesthésique par Simpson (V. Anesthésie) . On le fait respirer et il endort en donnant une insensibilité que l’on utilise pour faire les opérations sans douleur, pour adoucir les souffrances de l’accouchement (école anglaise) et pour réduire les hernies (Guyton, Gosselin) et les luxations l-H -n. C’est le spécifique de la douleur. On le donne sous forme liquide à l’intérieur en potion, en vin, en sirop, en solution aqueuse et en lavement ; comme antispasmodique,surtout dans l’épilepsie ES, et comme dissolvant des calculs biliaires (Bouchut) E — Pour le mélanger en toute proportion à un véhicule, il faut le faire dissoudre préalablement dans huit parties d’alcool.

Clilorofoi'ine . 10 grammes.

Alcool . 80 id.

Mêlez, et ajoutez ce mélange en toute proportion à l’eau, au sirop et au vin à la dose de 2 à 1 0 grammes.

On l’administre dans l’épilepsie, dans l’hystérie, deux lavements par jour, à garder tout à fait et composés de chlorofonne 1 à 2 grammes ; alcool, 8 grammes, et 100 grammes de véhicule.

Il est utile dans l’odontalgie E.. dans les né\Talgies, en pommade et en applications directes, au moyen de linges imbibés et couverts de taffetas ciré.

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CiiLORO,SE. La chlorose est une nosohémie dans laquelle le sang perd une plus ou moins grande partie de ses globules et l’eau augmentant un peu, tandis que l’albumine conserve sa proportion normale.

Dans la chlorose, les globules peuvent tomberde 1/iO millièmes à 100, 90, 50 et même 30 millièmes, mais la fibrine reste à 2 et quelquefois 3 millièmes.

La perte des globules dans la chlorose entraîne la diminution proportionnelle de fer qui s’y trouve, et c’est pour cela qu’on dit avec raison que dans cette nosohémie la cjuaiitité de fer est moindre que dans l’état normal.

C’est sur la connaissance de la diminution du fer renfermé dans le sang des chlorotiques que repose la médication ferrugineuse employée contre la chlorose.

La chlorose s’observe surtout chez les femmes et son développement, ordinairement spontané, est quelquefois hâté par l’influence de causes morales vives, par le séjour des grandes villes et parla précocité des passions.

Dans la chlorose, il y a une pâleur jaune verdâtre de la peau avec décoloration des ongles et des lèvres, de la nonchalance physique et morale, de la tristesse, de la céphalée, des névralgies et des viscéralgies principalement dans l’estomac, des étouffements et des palpitations, des perversions du goût, de la constipation, de l’aménorrhée ou de la dysménorrhée enfin des bruits de souffle simples, à double courant ou musicaux dans les vaisseaux du cou.

On voit souvent, dans la chlorose des accidents cérébraux et névralgiques graves, de l’anesthésie, des désordres nerveux prononcés de l’intestin, des accidents de même nature dans les fonctions du cœur et de l’utérus, de manière à varier l’expression de la maladie et à simuler quelquefois des maladies organiques trèsgraves.

Il y a des hémorrhagies chlorotiques et il n’est pas rare de voir des jeunes filles atteintes de cette maladie avoir des règles excessivement abondantes qui ajoutent encore à l’épuisement de la maladie principale.

La chlorose est souvent compliquée ééhystérie avec ou sans anesthésie; à' anémie avec ou sans anasarque constituant la chloro-anémie; d’état nerveux plus ou moins grave; de tuberculisation pulmonaire latente ; de m.énorrhagies ou règles abondantes qui affaiblissent beaucoup les malades.

La chlorose accompagnée de palpitations, d’étouffements, de névralgie intercostale gauche et, au premier bruit du cœur, de souffle à la base de cet organe, simule parfaitement une maladie prganique du cœur avec rétrécissement de l’aorte.

La chlorose accompagnée d’étouffements,

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de névralgies intercostales et d’une petite toux sèche nerveuse est souvent considérée mais à tort comme un commencement de tuberculisation pulmonaire.

%* Il y a des chloroses accompagnées de névralgies utérines et lombaires avec leucorrhée dont on méconnaît la nature et qu’on traite par des moyens locaux sur l’utérus, tandis qu’un traitement général sans cautérisation de la matrice suffit pour les guérir.

Quant la chlorose s’accompagne de dyspepsie avec pyrosis, gastrorrliée, vomissements bilieux ou sanguins, elle est quelquefois considérée, mais à tort, comme une nosorganie de l’estomac.

On voit assez souvent des épistaxis, des hémoptysies ou des hématémèses chez les chlorotiques.

L’invasion de la chlorose se fait ordinairement par degrés et très-lentement, mais dans quelques cas rares une vive émotion peut la faire apparaître en vingt-quatre heures, et plusieurs fois des jeunes femmes sont devenues chlorotiques le jour qui suivit leur mariage.

Si dans beaucoup de cas le diagnostic de la chlorose n’offre aucune incertitude, il en est d’autres où la maladie existant avec une certaine animation du visage n’est pas aussi aisément reconnaissable et les troubles nerveux du cœur, du cerveau, etc. , qui l’accompagnent, sont quelquefois considérés comme des maladies organiques que l’on traite par des moyens opposés à ceux qu’il convient de mettre en usage.

Craignez la chlorose chez une jeune fille nerveuse lymphatique et de sang scrofuleux, car elle engendre bien souvent la phthisie pulmonaire.

Thérapeutique. — La chlorose doit être traitée par un régime substantiel, les voj'ages, le séjour à la campagne, l’équitation, les bains froids, les bains d’air raréfié (Jourdanet), les infusions aromatiques ou emménagogues, le manganèse, l’arsenic et surtout le fer sous toutes les formes. V. le Traitement de I’Ajîémie.

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