DU CR AXE
Épanchements d‘air. L’emphysème généralisé, ou l’emphysème consécutif à une ouverture sous-cutanée d’une des cavités accessoires des fosses nasales, ou du canal nasal, peut s’étendre jusque sous la conjonctive, et comme il est rare que l’air soit enfermé seulement sous la conjonctive, le diagnostic de la lésion n’est pas difficile. La crépitation propre à l’emphysème est un signe qui ne laissera pas de doute sur la nature du mal. V. Emphysème.
Thérapeutique. — Si l’emphysème de la conjonctive est dû à une déchirure des voies lacrymales, on comprimera sur le sac, et l’œil sera tenu fermé. V. Emphysème.
Épanchements de pus. Des abcès peuvent se former sous la conjonctive, soit après une conjonctivite, soit après que la sclérotique a été traversée par le pus d’un œil suppuré, soit enfin par suite de la migration du pus venant d’un abcès de l’orbite.
Thérapeutique, — Quand on constate un abcès de la conjonctive, si l’œil n’est pas perdu, on donnera passage au pus, et l’on fera des lotions d’eau tiède.
Conjonctive (GRANULATIONS DE LA) {Trachome). Histologiquement les granulations de la conjonctive ne sont pas des papilles hypertrophiées. C’est une hypergenèse de noyaux des cellules du tissu cellulaire, ou si l’on veut, ce sont des bourgeons charnus sur une muqueuse. C’est un exsudât arrêté dans sa régression (Virchow, AVecker). Ce sont peut-être des hypertrophies des follicules glandulaires de la conjonctive (Stromeyer).
Gramdations aiguës ( Trachome aigu ) .
Dans le cours d’une conjonctivite catarrhale, après une conjonctivite purulente, soit en vertu d’une mauvaise hygiène, du défaut de soins et d’une habitation dans un lieu malsain, mal aéré, on voit souvent apparaître des petites granulations blanchâtres comme du tapioca cuit au milieu de papilles saillantes, puis les papilles deviennent moins apparentes la conjonctivite disparaît, les granulations se vascularisent, et apparaissent sous forme de petites végétations
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confluentes rouge violacé, grisâtres quelquefois, et qui en se flétrissant laissent une cicatrice.
*** La conjonctive palpébrale est principalement le siège des granulations, qui s’y reproduisent par poussées successives.
Dans les granulations aiguës de la conjonctive, les yeux larmoient, sont douloureux, il y a de la photophobie, les malades sentent comme un corps étranger roulant sur le globe oculaire, et il y a toujours un peu de conjonctivite hypérémique avec sécrétion muqueuse purulente; les paupières sont un peu gonflées.
Les granulations de la conjonctive se compliquent souvent d’ulcères de la cornée, d’une vascularisation rayonnée de cette membrane et d’un pannus, mais rarement d’iritis.
Thérapeutique. — On ne doit pas employer longtemps les collyres au sulfate d’atropine, chez les individus qui ont une tendance aux granulations de la conjonctive.
Les malades doivent changer de régime et de genre de vie, habiter un endroit bien aéré. Les granulations nées sous l’influence d’une irritation permanente disparaîtront avec la conjonctivite catarrhale causée par une mauvaise hygiène. Elles guériront quand on aura guéri la conjonctivite purulente qui a été l’occasion de leur développement; mais dans ces sortes de conjonctivite, tant qu’il n’y a pas d’excès d’inflammation et de complication menaçante, il faut laisser aller les choses ; les granulations disparaissent par le fait de la suppuration. On emploiera les collyres liquides de nitrate d’argent au cinquantième. On touchera les conjonctives palpébrales avec le crayon de sulfate de cuivre ou les crayons de sulfate de cuivre et de tannin. Dans les cas d’inflammation, même très-intense, ces moyens sont suffisants.
Les cautérisations avec le nitrate d’argent sont moins bonnes que les cautérisations avec le crayon de sulfate de cuivre.
Granulations chroniques {Trachome chronique'). Les granulations aiguës qui ne paraissent pas liées à l’inflammation, les granulations qui s’établissent lentement avec une réaction inflammatoire à peine appréciable ou longtemps après une conjonctivite, constituent le trachome chronique.
Le trachome chronique est constitué par des granulations néoplasiques ou des granulations mixtes.
Les granulations iiéoplasiques apparaissant sans inflammation sont disposées sous forme de granulations grisâtres, isolées, arrondies, sur la conjonctive oculaire et sur la conjonctive palpébrale.
Les granulations mixtes formées de papilles nettement hypertrophiées (Oesmarres) et de granulations néoplasiques naissent ou par suite d’une conjonctivite initiale, ou par suite d’une conjonctivite occasionnée par les granulations néoplasiques, et elles existent surtout sur la conjonctive palpébrale. V. plus haut.
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Des granulations diffuses irrégulières, sur une muqueuse dégénérée, se recouvrent souvent d’une couche d’épithélium et se mêlent aux papilles hypertrophiées eu formant une masse granuleuse disséminée sur toute la conjonctive palpébrale qui caractérise le trachome chronique.
Un pannus et des cicatrices sur la conjonctive coïncident fréquemment avec les granulations chroniques et les distinguent des hypertrophies
Fig. lie. — Granulations chroniques de la conjonctive.
papillaires de la conjonctivite purulente chronique.
L’aspect seul de la lésion de la cornée doit faire diagnostiquer les granulations de la conjonctive.
Le trachome chronique existe surtout sur les conjonctives palpébrales; lorsqu’il existe sur la conjonctive oculaire, il occupe le limbe de la cornée.
Au début du trachome développé sans conjonctivite les malades ne souffrent pas : la kératite vasculaire est le premier indice des granulations, plus tard une conjonctivite apparaît avec ses douleurs caractéristiques, et sa sécrétion purulente ou muqueuse. A mesure que les granulations se forment, diminuent et se reproduisent, il survient : ou bien une oblitération des conduits lacrymaux et une xérophthalmie ou bien une rétraction cicatricielle de la paupière, un ectropion ou un lagophthalmos ; les cils déviés se placent sur deux ou trois rangées, il y a dystichiasis, et à la longue la conjonctive finit par être transformée entièrement en tissu de cicatrice. Les glandes de Meibomius même peuvent être réduites à de petits sacs remplis de matière calcaire.
Les deux yeux sont souvent atteints à la fois de trachome chronique.
La scrofule, les privations, la misère, uu air impur, l’agglomération des individus et la contagion favorisent le développement des trachomes chroniques comme du trachome aigu; dans ce dernier cas la contagion s’exerce au moyen du pus secrété au moment des inflam-
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mations qui surviennent sur la conjonctive.
C’est de quinze à trente ans que les granulations chroniques sont surtout observées (Stellvvag) tandis que les granulations aiguës ont été vues sur de très-jeunes sujets.
Thérapeutique. — Quand la maladie n’a pas encore fait de grands progrès, lorsqu’elle a débuté depuis peu de temps, un bon régime, des soins de propreté, le séjour dans un pays sain, bien aéré, sont des moyens quelquefois suffisants pour la guérir.
Dans les familles ou dans les pensionnats, on isolera les sujets atteints de granulations de la conjonctive, et en vertu du même principe, il ne faudra pas réunir tous les individus atteints de ces maladies d’yeux dans un grand service d’hôpital.
On relèvera le moral des malades, on prescrira le traitement général antiscrofuleux, et les malades éviteront le contact de toutes les vapeurs irritantes.
On cautérisera avec le sulfate de cuivre, non pour détruire les granulations, mais pour faire naître une conjonctivite destinée à vasculariser la conjonctive et à favoriser la résorption des granulations. On renouvellera les cautérisations quand la vascularisation que l’on aura produite aura disparu.
Dans les granulations mixtes et diffuses, on cautérisera avec le nitrate d’argent en collyre.
Eau distillée . 30 grammes.
Niü’ate d’argent . 25 à 50 ceutigr.
Les douches de liquide froid pulvérisé sur les paupières renversées (Weeker) soulagent beaucoup les malades.
Les compresses d’eau chaude en permanence (de Oraefe) sont destinées à favoriser la vascularisation des conjonctives.
On touche les paupières renversées avec le mélange à parties égales d’eau et de sous-acétate de plomh, dans le cas où les granulations sont recouvertes d’une couche épithéliale épaisse et ne sont pas accompagnées d’hypérémie.
Les scarifications et l’excision des granulations ne seront faites que quand il y a du gonflement papillaire manifeste et que quand les granulations se sont transformées en masse pour ainsi dire polypeuse.
Les caustiques, l’acide nitrique, le nitrate d’argent pur ne valent rien contre les granulations.
L’acétate de plomb en poudre sur les granulations forme sur elles une couche métallique, ce qui est un inconvénient, les malades guérissent quelquefois, mais ils sont exposés à des rechutes.
L’inoculation du pus d’une conjonctivite purulente ou d’une blennorrhagie (F. Jægei’) est un moyen qu’il ne faut pas employer à la légère, car il est trèsdangereux. Ou n’y aura recours que dans les cas de granulations sèches, gélatineuses, rehelles à tous les autres traitements.
Contre le pannus symptomatique qui se produit après la guérison des granulations, on emploiera mie solution faible de nitrate d’argent :
Eau distillée . 15 grammes.
Nitrate d’ai-gent . 10 centigrammes.
On sectiomiera, au pourtour de la cornée, les vaisseaux qui persisteront (Desmarres), par excision avec les ciseaux courbes. V. Pannes, Kératite vas- CCLAIRE.
On traitera les ulcères de la cornée comme ceux
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qui surviennent dans le coui-s d'une conjonctivite pm’ulente. V. ce mot.
Si, après la cicatrisation des granulations, il y a trichiasis ou distichiasis, on cautérisera le bord des paupières avec le fer rouge pour détruire les bulbes des cils, ou bien on excisera le bord libre de la paupière. Mais il vaut mieux traiter le trichiasis par une opération.
S’il y a rétrécissement de l’orifice palpébral, blépharo-phimosis , on incisera transversalement la commissure externe, de façon que la peau soit coupée dans une étendue de 8 millimètres, et la muqueuse seulement dans une étendue de 6 millimètres, on tirera en haut et en bas sur les lèvres de la plaie, qui deviendra alors verticale ; la muqueuse sera réunie à la peau par quelques points de suture ] puis on fera un pli et une suture à la peau des paupières correspondant aux points où les cils sont le plus déviés (Pagenstecher). V. Entropion, Trichiasis.
Conjonctive (HYPERTROPHIE DE la). Conséquence habituelle d’une conjonctivite chronique ou d’une conjonctivite à répétition ou de la présence d’un corps étranger dans l’œil, ou d’un état anémique et scrofuleux, l’hypertrophie de la conjonctive se manifeste d’ordinaire par un épaississement assez considérable des bourrelets situés dans les culs- de sac conjonctivaux et par de petites saillies sur la conjonctive oculaire.
Les granulations dues à l’hypertrophie de la conjonctive sont mamelonnées, ce qui les distingue de celles des trachomes ou granulations simples, qui sont caractérisés par des tumeurs isolées sur la muqueuse.
Le retour des conjonctivites est parfois un modificateur de la vitalité de la conjonctive et une occasion de guérison, mais il ajoute souvent à la maladie un élément de plus de durée.
Thérapeutique. — Il ne faut pas pratiquer l’excision de la muqueuse conjonctivale hypertrophiée, et l’on se bornera à l’emploi des collyres opiacés.
Eau distillée . 30 grammes.
Laudanum . 10 gouttes.
On modifiera le tempérament scrofuleux par les préparations antiscrofuleuses.
Conjonctive (KYSTES SÉREUX DE LA). Des kystes d’une grosseur variable, rarement plus gros qu’une noisette, circonscrits, mobiles, transparents, contenant quelquefois du sang mêlé au sérum, naissent fréquemment dans la conjonctive.
On ne peut les confondre qu’avec un cysticerque, mais il n’y a point d’auréole inflammatoire autour du kyste. V. Conjonctive (Entozoâires de la. )
Thérapeutique. — On enlèvera avec les ciseaux courbes la plus grande partie du kyste ; on excisera ses parois, et l’on cautérisera la plaie avec le nitrate d’argent pour éviter la récidive ; on pansera à l’eau froide.
Conjonctive (LIPOME DE la). La graisse qui existe sous la conjonctive peut s’hypertrophier et former un lipome. On reconnaît cette
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tumeur à sa coloration jaunâtre, à ses niaiiielons multiples et à son indolence. Le pinguecula et le dermoïde sont en général uniques et réguliers. V. CONJONCTHE (Productions dermoïdes DE LA).
Thérapeutique. — On enlèvera ces tumeurs lorsqu’elles seront isolables, en saisissant leurs parties saillantes. Dans les cas de tumeurs multiples, on excisera la tumeur saisie par des pinces à griffes, avec des ciseaux courbes, et l’on fera la suture de la plaie conjonctivale (de Graefe).
ConjonctiTc (POLYPES DE LA). Une végétation pédiculée, pâle, rosée, mamelonnée, naissant du tissu sous-conjonctival, dans le repli semi-lunaire ou sur la caroncule, ayant pour origine une papille conjonctivale hypertrophiée et donnant quelquefois lieu à des hémorrhagies (Seitz) , est un polype de la conjonctive. Un bourgeon charnu exubérant, consécutif à une plaie de la conjonctive ou de la sclérotique, comme la fongosité qui recouvre parfois la plaie de la strabotomie, comme les fongosités dans la plaie qui résulte de l’ablation d’un chalazion, est encore une végétation polypeuse.
Tous les polypes de la conjonctive tendent à se pédiculiser.
Thérapeutique. — On enlèvera la tumeur avec les ciseaux, en ayant soin d’emporter avec le pédicule du polype une portion saine de la conjonctive, et l’on cautérisera la plaie avec le nitrate d’argent. Des compresses d’eau froide seront continuellement appliquées sur l’œil pendant trois jours, pour prévenir l’inflammation. Les bourgeons charnus tendant à devenir des polypes seront cautérisés avec le nitrate d’argent.
Conjonctive (PRODUCTION DERMOÏDE DE la). Comme la conjonctive est unie à la paupière avant l’ouverture des yeux du fœtus, il arrive quelquefois qu’en vertu d’un arrêt de développement, au moment où la scissure des paupières a lieu, une portion de peau reste adhérente à la conjonctive et à la cornée (Ryba). Dans quelques cas, cette production dermoïde se recouvre de poils ; tend à s’accroître et à empêcher la vision. On la reconnaît à l’ensemble de caractères physiques qui la rapprochent de la peau des paupières.
Thérapeutique. — Le tissu dermoïde sera enlevé aussitôt que l’on pourra le faire ; on aura soin surtout d’extraire la portion qui occupe la cornée; pour cela on saisira la tumem* avec une pince à griffes, et ou t’enlèvera avec des ciseaux courbes. On fera attention de ne point enlever trop de tissu sur la cornée ; mieux vaut laisser les couches profondes de la tumeur, qui s’atrophieront seules sans qu’il soit même besoin de recourir à des cautérisations énergiques.
Conjonctive (RELACHEMENT DE LA). Les conjonctivites chroniques, surtout celles qui ont été accompagnées de chémosis séreux de la conjonctive oculaire, sont souvent suiviœ d’un relâchement de la conjonctive, qui forme alors des plis à la surface de l’œil (Mi^emore).
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Thérapeutique. — Si les malades ne souffrent point, n’opérez pas. Si le pli de la conjonctive existe en haut et tombe sur la cornée, on l’excisera d un seul coup, et l’on tiendra les paupières fermées et recouvertes de compresses d’eau fraîche.
On tentera d’abord de tonifier la muqueuse par les collyres.
. Sulfate de zinc . 5 centigrammes.
Ou :
Eau distillée . 8 grammes.
Teinture d’opium . 8 id.
Conjonctl-ve (XÊROSIS DE LA) (XÉROPHTHALmie). Rare à la suite d’un ectropion, très-rare à la naissance (Wardrop), ordinaire après la conjonctivite granuleuse etdiphlhéritique, lexérosis est une atrophie de la conjonctive, avec disparition des vaisseaux et des glandes. Il est caractérisé par une décoloration ou une desquamation furfuracée et des plicatures de la membrane muqueuse.
Les culs-de-sac de la conjonctive disparaissent en partie et forment une sorte de symblépharon.
Thérapeutique. • — Les malades laveront les yeux avec du lait tiède et se serviront du collyre suivant :
Eau distillée . . 30 grammes.
Borax. . . . . 10 centigrammes.
Teinture d’opium . . 1 gramme.
S’il y a entropioii, ou opérera. V. Extropios.
COI^JO^CTIVITE DfPHTHÉRÎTIQEE. La diphthéritepeut se produire dans le cours d’iine conjonctivite purulente (Warthon, Jones, Velpeau, Bouisson, Desmarres) ; elle peut exister comme maladie spéciale (Chassaignac, de Graefe, VVecker) ; on l’a appelée conjonctivite phlegmoneuse (Stromeyer).
La conjonctivite diphthéritique débute comme la conjonctivite purulente, seulement la conjonctive est jaunâtre, couverte d’ecchymoses, et il se fait des dépôts fibrineux dans l’épaisseur de la muqueuse et à sa surface, où ils sont très-adhérents.
Dans la diphthérite conjonctivale les sections faites sur la conjonctive et sur le chémosis tculaire ne font pas couler de sérosité, et laissent apercevoir la coupe d’un tissu jaunâtre.
En général, cinq ou six jours après que le début de la conjonctivite diphthéritique, la conjonctive rougit, devient turgescente ; les paupières s’infiltrent, la suppuration suhient par points isolés, et il y a véritablement alors une conjonctivite purulente qui dure plus ou moins longtemps.
Al a fin de la conjonctivite diphthéritique quand la cicatrisation commence, le rétrécissement de la conjonctive, des adhérences, et un symblépharon peuvent se produire.
La conjonctivite diphthéritique s’accompagne souvent d’un sphacèle de la cornée qui s’infiltre, et devient grisâtre, s’ulcère ou se né-
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crose, mais elle s’ulcère quelquefois en gardant une certaine transparence, et en présentant des ulcères à facettes.
Les douleurs sont très-vives au début de la conjonctivite diphthéritique, puis elles diminuent dans la période de suppuration.
La diphthérite conjonctivale est presque toujours liée à un état général; elle s’observe épidémiquement en même temps que les angines diphlhéritiques (Bretonneau) ; elle procède quelquefois de la contagion d’une conjonctivite blennorrhagique ou purulente simple. Elle arrive après une brûlure de la conjonctive, après des cautérisations prolongées par le nitrate d’argent, et ici le nom d’un phlegmon sous-conjonctival donné à la maladie trouve sa justification.
Les fausses membranes diphthéritiques qui se produisent dans les conjonctives des enfants, se montrent surtout chez ceux cjui sont atteints de syphilis héréditaire.
L’œil atteint de conjonctivite diphthéritique est prescpe toujours un œil perdu.
Thérapeutique. — On appliquera deux ou trois sangsues à la tempe, à la racine du nez, et l’on en renouvellera l’application si cela est nécessaire.
On incisera la conjonctive; les scarifications ne sauraient être trop multipliées, il ne faut pas attendre que la conjonctive soit vascularisée et que le pus commence à être sécrété; on appliquera des compresses d’eau -glacée sur les paupières, par-dessus des compresses trempées dans l’eau blanche. Les cautérisations ne sont pas avantageuses (Desmarres,
Wecker), à moins de vascularisation évidente de la conjonctive.
On lavera les yeux avec le mélange :
Eau. . . . . 300 grammes.
Tannin ou borax . 50 centigrammes.
OU bien avec î
Bail ordinaire . . 1 litre.
Acide phéniqüe. ........ 4 gramme.
Pour injections toutes les heures entre les paupières.
Au début badigeonner les paupières avec la teinture d’iode pure est un révulsif efficace qui peut arrêter la diphthérite conjonctivale (Wecker).
On donne quelquefois le Calomel à dose fractionnée, comme pour la conjonctivite purulente ; aux adultes, 10 centigrammes toutes les deux heures; aux enfants, 1 centigramme toutes les heures a.
Le tartre stibié à dose rasorienne est moins bon que le calomel à dose fractionnée, il ne doit pas être donné aux enfants.
Les malades resteront au Ut, observeront la diète au bouillon, et boiront une tisane délayante.
Lorsque la maladie est dans la période de réparation, on préviendra les adhérences par des pansements fréquents; les lavages avec le lait ou la glycérine coupée d’eau calmeront les douleurs et la sensation de sécheresse des yeux que ressentent les malades.
Contre la diphthérite de la conjonctive oculaire, pour empêcher les altérations consécutives de la cornée, on touchera les parties avec un pinceau imbibé d’un collyre au nitrate d’argent au cinquan-
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tième, et l'on neutralisera tout de suite avec l’eau salée, afin de ne point agir sur la cornée.
Conjonctivite pnrnlcnte [Ophthaltnie purulente (Shmidt, Beer); O phthalmie d’Egypte ; Ophthalmie des nouveau-nés; O phthalmie blennorrhagiquè) .
Conjonctivite purulente aiguë. La contagion directe opérée sur un œil sain, par le pus d’un œil atteint de conjonctivite jiurulente, ou le contact du pus virulent de la blennorrhagie ou de pus de nature variable, la malpropreté, la misère, la chaleur solaire vive, la poussière, sont les causes de l’ophthalmie purulente.
La conjonctivite purulente peut être épidémique, et endémique comme l’ophthalmie belge, et l’ophthalmie des armées.
Les culs-de-sac conjonctivaux, les conjonctives palpébrales et la caroncule sont les points les plus profondément atteints dans la conjonctivite purulente (de Graefe).
La rougeur, l’injection générale de la conjonctivite avec points ecchymosés, cyanosés même, surtout chez les enfants; l’infiitration séreuse du tissu sous-conjonctival; la saillie et la turgescence d’une quantité innombrable des papilles de la conjonctive saignant facilement ; l’abondance d’une sécrétion purulente ; quelquefois des fausses membranes; le chémosis palpébral; la teinte terne de la cornée; la marche extrêmement rapide de l’inflammation, caractérisent la conjonctivite purulente.
Les souftVances de la conjonctivite purulente ne sont pas très-vives, à moins que la cornée ne soit atteinte, et elles reprennent alors avec plus de vigueur (Mackensie). Dans ces cas, il y a des douleurs circum-orbitaires assez vives.
La cornée participe souvent k l’inflammation de la conjonctive, elle se ramollit, se perfore et donne lieu à une hernie de l’iris. Ou bien la cornée, entièrement ramollie, cède, et l’iris fait saillie k travers la cornée et il y a un .staphylôme rameux.
Dans la conjonctivite purulente, l’iris peut aussi être atteint, alors une iridochoroïdite arrive, l’œil suppure, et il y a un hypopion, et l’œil se vide.
Le pus de l’ophthalmie purulente est contagieux et inoculable.
On ne confondra pas l’ophthalniie catarrhale avec l’ophthalniie purulente ; la première ayant une marche lente et une suppuration faible, tandis que l’autre a une marche rapide, et sécrète un pus abondant; plus tard, une altération de la cornée est un signe univoque, il n’appartient qu’a la conjonctivite purulente (Wecker).
Quand on soupçonne une conjonctivite purulente, il est important d’examiner toute la conjonctive en renversant les paupières ; — chez
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les enfants, cela est diEBcile ; niais avec de la patience on y paniendra. — Chez les adultes indociles, on aura recours au chloroforme dans quelques cas. C’est le seul moyen de diagnostiquer la conjonctivite purulente de la conjonctivite diphthéritique; dans celle-ci, il n’y a pas une turgescence de la muqueuse, qui existe au début de la conjonctivite purulente. Il faut aussi examiner scrupuleusement, pour distinguer la conjonctivite purulente de la conjonctivite qui accompagne les granulations ; mais ici il n’y a qu’un traitrement un peu différent à instituer, les lésions étant presque les mêmes.
La diphthérite conjonctivale complique souvent les conjonctivites purulentes dues au contact du pus blennorrhagique. Une taie de la cornée, une cataracte, se montrent accidentellement, suivant l’étendue de la propagation de l’inflainmalion et les désordres immédiats qu’elle a causés.
Thérapeutique. — Après avoir lavé l’œil à l’aide d’irrigations d’eau tiède ou en faisant tomber un filet d’eau entre les paupières écartées, on cautérisera avec le crayon de nitrate d’argent (Velpeau). On doit porter le caustique d’abord sur les culs-de-sac conjonctivaux et sur la conjonctive palpébrale au début de la maladie (de Graefe). Au lieu de nitrate d’argent, il vaut mieux employer un crayon composé de : nitrate d’argent fondu un tiers ; nitrate de potasse deux tiers (Desmarres), et on lavera après avec l’eau salée. Le crayon de sulfate de cuivre a l’avantage de cautériser fortement sans produire d’escharre, mais lorsque l’on s’en sert il faut cautériser trois fois par jour : la chaleur de l’œil augmente, les larmes sont sécrétées en abondance, puis une amélioration immédiate succède à ces cautérisations. On cautérisera tous les jours. Lorsque l’escharre causée par la cautérisation au nitrate d’argent, si ce sel est employé, sera tombée, la diminution de la sécrétion du pus et l’affaissement des boursouflements de la muqueuse indiqueront le moment où il faudra cesser de cautériser. Les altérations de la cornée ne contre-indiquent pas les cautérisations. Toutes les six heures on instillera dans l’œil le collyre suivant :
Eau distillée . 30 grammes.
Nitrate d’argent . 50 centigrammes.
Et l’on neutralisera l’excès de collyre déposé dans Tœil avec une solution de chlorure de sodium. Des compresses d’eau froide (Beer) ou d’eau froide mêlée à de l’eau blanche, seront maintenues sur l’œil fermé. Dans l’intervalle des pansements et des applications de collyres, on lavera l’œil avec de l’eau à 10 ou 12 degrés.
Si le boursouflement de la muqueuse est considérable, on scarifiera légèrement après les cautérisations, et pour entretenir une hémorrhagie, on lavera avec de l’eau tiède ; ou bien on excisera avec les ciseaux courbes sur le chémosis conjonctival des lambeaux de conjonctive.
Dès que l’on constatera un trouble de la transparence de la cornée ou un ulcère commençant, on instillera six à huit fois par jour quelques gouttes du coUyre suivant ;
Ean distillée . 10 grammes.
Sulfate neutre d’atropine. .... 50 centigrammes.
coiN.r
On fera môme une ou plusieurs évacuations de l’humeur aqueuse (V. Kératites) (Sperino), s’il y a ulcère de la cornée. Ou piquera la hernie de l’iris, et on l’excisera en insistant sur les applications du collyre mydriatique ; on traitera l’iritis et la choro’idite par les moyens appropriés. V. ces mots.
En général, la saignée, les sangsues à la tempe ne sont pas efficaces au même titre que les moyens locaux; chez les enfants, il faut toujours s’eu abstenir. Les dérivatifs sur le tube digestif, sauf les purgatifs salins, sont efficaces; le tartre stibié (Travers) est dangereux.
L’œil sera tenu dans l’obscurité.
Il faut tout faire pour empêcher la contagion à l’autre œil, on fermera les paupières et l’on placera par-dessus une couche de collodion ; à la première rougeur, on aura recours à un collyre au nitrate d’argent au vingtième, appliqué avec un pinceau.
Chez les enfants, pour éviter l’accolement des paupières de l’œil malade, on badigeonne le bord libre des paupières avec un pinceau trempé dans le mélange suivant :
Axonge . . 3 grammes.
Huile d’amandes douces . f id.
Précipité rouge . 5 centigrammes.
On renversera les paupières pour les cautériser, et les injections pour les laver seront faites avec une seringue, chargée d’eau ou d’eau et de glycérine.
Fermer les paupières et faire la compression (Stellvvag) n’est bon que quand la maladie entre en voie de résolution.
On explorera la cornée plusieurs fois par jour; pour cela, on se servira des élévateurs des paupières, qui permettent de bien voir.
On se rappellera que chez les enfants l’œil se vide avec la plus grande facilité, et que l’inflammation a une marche insidieuse. Dans ces cas, on traitera comme chez l’adulte et les nourrices laveront les yeux du petit malade avec leur lait.
Chez les individus qui sont atteints de conjonctivite pui'ulente blennorrhagique, les sangsues placées à la tempe, à la racine du nez sont plus efficaces que dans les autres ophthalmies, mais seulement, tout à fait au début, alors que la contagion vient d’avoir lieu. Toutes les deux heures, les malades pi*endront 10 centigrammes de calomel, ou 5 centigrammes toutes les heures, et des frictions mercurielles seront faites sur les tempes, sur la poitrine, les bras et les cuisses pour provoquer vite une salivation.
On cautérisera la conjonctive avec le sulfate de cuivre, de préférence au nitrate d’argent, surtout s’il y a menace de conjonctivite diphthéritique.
L’œil sain sera tenu fermé avec un bandeau ou des bandelettes de taffetas d’Angleterre recouvertes par une couche de collodion élastique.
En général, le traitement par la salivation sera rejeté si le malade est faible. On se bornera aux cautérisations et au traitement local.
Il n’y a pas lieu de se préoccuper de rappeler les écoulements arrêtés, la conjonctivite blennorrhagique n’est pas une métastase.
Conjonctivite purulente chronique. Il est rare que la coujonctivite purulente s’arrête j seule : alors elle passe quelquefois à l’état chroi nique, et ce sont surtout les conjonctivites pal- I pébrales qui offrent cette terminaison.
Les conjonctivites qui accompagnent les granulations spontanées sont des conjonctivites purulentes chroniques.
V II y a quelquefois des conjonctivites purulentes qui se manifestent d’emblée sous la forme chronique.
%*Dans la conjonctivite purulente chronique, la conjonctive épaissie, relâchée, rouge, parsemée de papilles hypertrophiées et de plaques blanches, offre des points plus enflammés qui apparaissent par poussées, la cornée est toujours un peu altérée , et c’est là un élément de diagnostic entre la conjonctivite catarrhale aiguë et la conjonctivite purulente chronique.
Thérapeutique. — Laver les yeux à grande eau; cautériser avec le crayon de nitrate d’argent et de nitrate de potasse, avec ■ le sulfate de cuivre, alternativement ou séparément. — Administrer quatre fois par jour quelques gouttes du collyre suivant :
Eau distillée . 5 grammes.
Sous-acétate de plomb . 5 centigrammes.
Ou:
Eau distillée. . . . 30 grammes.
Suiïate de cuivre . 30 centigrammes.
Conjonctivite pustuleuse. La conjonctivite pustuleuse est une forme de conjonctivite simple dans laquelle les pustules se développent toujours au pourtour de la cornéa Le traitement de cette lésion est celui des pustules de la cornée (V. Kératite). Cette forme existe chez les enfants qui ont une constitution scrofuleuse.
Conjonctivite simple. Conjonctivite simple hypérémique. Ordinairement causée soit par une irritation de la muqueuse, soit par des vapeurs irritantes, soit par des cils renversés, soit par des blépharites glanduleuses, soit par un corps étranger resté dans l’œil, soit par une lésion du globe oculaire, soit enfin par des veillées prolongées, la conjonctivite hypérémique est constituée par le développement du réseau vasculaire et des papilles de la muqueuse, qui ne sont cependant pas encore des granulations franches.
Dans la conjonctivite hypérémique simple les malades éprouvent des sensations de picotement ; la conjonctive est rouge, et le matin l’œil est baigné de larmes et de mucus.
H n’est pas rare de rencontrer la conjonctivite hypérémique chez les individus atteints de catarrhe et chez ceux qui ont eu recours à des lunettes mauvaises ou mal appropriées à leur vue (Siebel, Desmarres).
Thérapeutique. — Le traitement consiste à prévenir les causes d’irritation et à diriger la guérison des lésions qui ont fait naître la conjonctivi^. • le PHARITES, CuOROiDITES, Gqrps étrangers, Esthopioa,
™guérir l’hypérémie, on donnera des douches froides, à 12 degrés, sur l’œU ferme, avec un jet d’eau en aiTosoir (Weeker).
CONJ
On emploiera le collyre suivant :
Ou:
Sulfate de zinc . 30 centigrammes.
Eau distillée. .. .......... 60 à 420 gramm.
Eau de-rose . . 30 grammes.
Sons-acétate de plomb liquide. . . 1 centicramme.
Eau commune . 75 grammes.
Lorsque la maladie dure depuis longtemps,- on aura recours au collyre suivant :
Eau distillée . 15 grammes.
Teinture d’opium . ; 15 id.
Une goutte dans l’œil tous les deux jours ou tous les jours.
Ou:
Eau distillée . 30 grammes.
Nitrate d’argent 25 centigrammes.
Appliquez à l’aide d’un pinceau sur les paupières
renversées. On neutralisera le collyre avec un lavage d’eau salée (Weeker). C’est surtout pour les conjonctivites palpébrales, désignées sous le nom de blépharites que ce moyen est utile.
Conjonctivite simple, catarrhale. Opkthalmie catarrhale. Un degré plus avancé de la conjonctivite hypérémique, avec sécrétion de larmes et de mucus, avec injection disposée par plaques, et quelquefois avec injection de la scléroticjue, caractérise la conjonctivite catarrhale.
Si dans la conjonctivite catarrhale il y a quelquefois sécrétion de pus, en général, la sécrétion n’est pas abondante ; mais, pendant la nuit, le mucus ou le pus se concrètent sur le bord des paupières, sous forme d’une croûte jaunâtre.
La conjonctive palpébrale, la caroncule, la conjonctive oculaire, sont prises à la fois, ou isolément et elles sont luisantes ou baignées sans cesse de larmes et de mucus.
Des picotements, une sensation de graviers dans l’œil, annoncent le début de la conjonctivite simple, puis ces symptômes disparaissent, la sécrétion arrive. La vue n’est pas altérée, si ce n’est passagèrement , lorsque du mucus passe devant la cornée.
La conjonctivite catarrhale chronique n’est pas douloureuse ; il n’y a que de la gêne oculaire et une hypersécrétion muqueuse ; la conjonctive présente çà et là des plis, des cicatrices, et a une coloration laiteuse ou rouge bleuâtre; les conjonctives palpébrales sont le plus ordinairement Je siège de cette lésion (V. Bléphvrites), et donnent naissance à d’autres altérations. V. Conjonctive (Xérosis de la).
* * Il est extrêmement rare que la conjonctivite catarrhale aiguë ou chronique se comnlique de kératite et d’iritis, ce qui la distingue de l’ophthalniie purulente. Lorsqu’elle est répétée, elle devient une cause d’inflammation dra
voies lacrymales. , . ,
Le catarrhe oculaire est pent-etre contagieux, mais ce n’est pas démontré. ^
â06 CONj
Corn
L’espositiou à des vapeurs irritantes, aux miasmes des fosses d’aisances, à un air vicié ; la propagation d’une inflammation du visage dans les fièvres éruptives, l’ér^^sipèle, causent la conjonctivite catarrhale.
La conjonctivite granuleuse simple débute comme la conjonctivite catarrhale aiguë, et c’est en attendant nn jour ou deux que l’on arrive à un diagnostic certain.
Thérapeutique. — On éloignera les causes externes d’inflammation ; ou recherchera s’il n’y a pas de corps étranger entre lespaupières, et l’on placera les malades dans un milieu convenable. On appliquera des compresses froides, ou tièdes lorsque les malades ne supporteront pas le froid. On purgera avec 40 grammes de sulfate de magnésie ou de sulfate de soude.
Lorsqu’il est démontré que le mal est une conjonctivite catarrhale, on emploiera les collyres abortifs suivants :
Eau distillée . . . 30 grammes.
Nitrate d’argent . 25 centigrammes.
Les pommades au nitrate d’argent, 50 centigrammes à 1 gramme pour 30 grammes d’axonge sont bien inférieures aux colljTes.
Collyre au sulfate de zinc.
Sulfate de zinc . . 0,25 grammes.
Eau de plantain . 120 id.
Mucilage de pépins de coing . . 15 id,
(Janin.)
Collyre au sulfate de zinc.
Sulfate de zinc . 15 centigrammes.
Eau de rose . 90 grammes.
Laudanum . . 1 id.
(Hôpitaux d’Italie.) Collyre au sulfate de zinc.
Eau de rose .
Eau distillée . .
Sulfate de zinc .
Poudre d’iris de Florence.
Sucre candi .
30 grammes.
90 id.
50 centigrammes.
60 id.
(Hôpitaux de Paris) Q.
Collyre au sulfate de zinc.
Appliquez comme pour la conjonctivite hypérémique. On continuera en appliquant le collyre suivant qui est plus faible :
Êaü distillée . 15 grammes.
Nitrate d’argent . 5 centigrammes.
Pour la conjonctivite catarrhale chronique, on prescrira avec avantage le collyre :
Sulfate de zinc . 5 à 15 centigrammes.
Eau distillée . 30 grammes.
Laudanuin . 10 à 20 gouttes.
(Sichel.)
Pour les conjonctivites chroniques chez les enfants à constitution scrofuleuse, ou à la fin des conjonctivites, on peut remplacer le laudanum par la teinture d’opium, 1 à 2 grammes f+l.
Sulfate de zinc .......... 25 centigrammes.
Eau distillée . 15 grammes.
Teinture d’opium ou laudanum . 10 à 20 gouttes.
Trois fois par jour, quelques gouttes seront instillées dans l’œil.
Si l’inflammation est limitée à la conjonctive palpébrale, on appliquera sur le bord libre des paupières un peu de la pommade suivante :
Axonge . 3 grammes.
Huile d’amandes douces. . 1 id.
Bioxyde de mercure hydraté. ... 5 centigrammes.
Sous-acétate de plomb liquide . . 20 gouttes.
Quelle que soit la conjonctivite, les malades garderont sur les yeux une compresse trempée dans le collyre à l’acétate de plomb , et ouvriront plusieurs fois par jour lespaupières, afin de laisser pénétrer le liquide dont les compresses sont imbibées.
Les badigeonnages de teinture d’iode au pourtom* de l’œil sur les paupières sont quelquefois très-utiles dans cette forme de conjonctivite.
Si le sujet est scrofuleux on aura recours aux préparations antiscrofuleuses.
FORMÜLAIRE DES CONJONCTIVITES.
Collyre au nitrate d'argent.
Nitrate d’argent ...... 10 à 20 centigrammes.
Eau distillée . 20 grammes.
(Réveillé-Parise) 1+1.
Foueber a remplacé l’eau par la glycérine, pour les conjonctivites purulentes des enfants.
Collyre au nitrate d’argent.
Nitrate d’argent . . . 2 grammes,
Ean distillée ........... 30 “ id.
Contre la conjonctivite purulente (Velpeau) 0.
Collyre a la pierre divine.
Pierre divine . 2 grammes.
Eau de rose . 60 id.
Laudanum . 8 id.
(Hôpitaux d’Italie) □.
Pour les conjonctivites purulentes.
Collyre à Viodure de zinc.
lodure de zinc . 1 gramme.
Eau . 100 id.
Contre la conjonctivite granuleuse (Hays)
• Collyre d’acétate de plomb.
Eau de plantain . 200 grammes.
Poudre de gomme adragant. . . 60 id.
(Scarpa) Q.
Pour laver les yeux dans les conjonctivites et les kératites chroniques.
Ce collyre a été simplifié.
Eau. . . 200 grammes.
Acétate de plomb . 10 gouttes.
Contre les conjonctivites chroniques ; ce collyre laisse quelquefois des taches sur la cornée Q-
Collyre antiscrofuleux à la suie.
Suie . 90 grammes.
Délayez dans :
Eau bouillante . . . q. s.
Filti'ez et faites évaporer jusqu’à siccité.
Étendez ce résidu ou extrait de suie dans :
vinaigre fort . 10 grammes.
Ajoutez :
Extrait de roses de Provins. ... 15 décigr-ammes.
Quelques gouttes de cette solution dans un verre d’eau tiède forment un collyre résolutif employé contre les conjonctivites des scrofuleux (Baudelocque) 1+1.
Collyre à la suie.
Infusion de roses rouges .... 125 grammes.
Extrait de suie. . . 4 décigrammes.
Suc de citron . 4 gouttes.
(Caron du Villards.)
Contre l’ophthalmie purulente des nouveau-nés □. Collyre au borate de soude.
Borate de soude . 8 grammes.
Eau distillée . 125 id.
(Rust) B.
Desmarres a fait un collyre semblable et.y a ajouté de la glycérine. Ces collyres sont assez bons à la fin des conjonctivites.
Pommade à V oxyde de mercure.
Oxyde de mercure porphyrisé . 2 grammes.
Axonge . 30 id.
Créosote . 10 gouttes.
(Tanesville) □.
L’oxyde de mercure peut être supprimé. Cette pommade n’est assez bonne que pour les conjonctivites anciennes.
Pour les conjonctivites chroniques, on emploie les pommades au précipité rouge modelées sur la pommade de Saint-Yves et du Régent (V. Cornée (Opacités DE la), Blépharites), la pommade de Lyon et celle de Grandjean sont les plus simples, 1 à 5 grammes de précipité rouge pour 16 ou 20 grammes de cérat rosat ou de cérat simple f+1.
Pommade au précipité blanc.
Précipité blanc . 2 décigrammes.
Laudanum . 5 id.
Extrait de saturne . 5 id.
Axonge . 50 grammes.
(Rust.)
Pom’ les conjonctivites anciennes avec blépharites B-
Pommade mercurielle.
Pommade mercurielle double. . 40 grammes.
Strychnine . . 5 décigrammes.
Huile essent. d’amandes amères. 10 gouttes.
Mêlez.
h grammes pour chaque friction. Cette pommade convient dans les conjonctivites et ophthalmies graves.
Pommade mercurielle.
Onguent mercuriel . 10 grammes.
Extrait de belladone . 10 id.
Pour une pommade molle qu’on applique sur la tempe et les paupières pour calmer les douleurs B- (Hôp. de Paris, Sichcl, Desmarres.) coi\SER¥tjS. Préparation pharmaceutique, de consistance molie, et formée d’une substance végétale mise en pulpe et unie au sucre. — Il y a la conserve de cynorrhod'ms, à' absinthe, de tussilage, d'armoise, d'oranger, de mélisse, de genièvre, d’aumée, de casse, de roses rouges, d'angélique, etc.
On peut aussi faire une conserve de viande
d’abord mise en purée et confite avec un peu de sucre, pour l’embarquer à bord des navires et pour servir à la nourriture des armées de terre et de mer.
coNSomPTiox. Différents états morbides peuvent entraîner l’amaigrissement, la dyspepsie et la fièvre hectique qui caractérisent la consomption ; ce sont : la phthisie pulmonaire et laryngée, la tuberculose des os, des ganglions mésentériques et des séreuses, le cancer des différents organes, les phlegmasies chroniques de l’intestin, de l’estomac, de l’œsophage, du pancréas, du foie et des reins, mais ce sont surtout les maladies des voies digestives et de ses annexes qui ont le privilège de produire celte altération. V. Cachexie.
Thérapeutique. — On ne peut guérir la consomption qu’en faisant disparmtre la maladie principale. Or, parmi les maladies qui produisent l’amaigrissement, la perte des forces, le dépérissement graduel et la fièvre hectique, la plupart sont incurables, et contre cette espèce de consomption il n’y a pas grand’chose à faire. Le séjour à la campagne, la bonne nourriture, un peu de vin et l’iisage des graisses ou de l’huile de foie de morue,des préparations toniques et ferrugineuses sont les moyens à mettre en usage. Quant à la consomption qui résulte de l’entérite chronique, de l’ulcère chronique de l’estomac, de certaines bronchites chroniques, des maladies curables de l’utérus, du foie, du rein et de la vessie, les moyens les plus convenables à employer pour la guérir sont ceux qui peuvent amener la guérison de ces maladies.
COIVSOUDE. Plante des borraginées, dont la racine mucilagineuse et astringente est employée en décoction, 8 grammes par litre d’eau contre l’hémoptysie Œ] et contre la diarrhée El- On en fait un sirop utile pour édulcorer les tisanes féculentes.
CONSTIPATIOIN. La difficulté et la rareté des évacuations excrémentitielles constituent la constipation.
La constipation résulte de causes ti’èsnombreuses et très- variées, qui sont : l’aîonie intestinale qui résulte de l’alimentation insufiSsante, de la chlorose, de l’hypochondrie, de l’excès de nourriture azotée, de l’entérite chronique érythémateuse, de l’abus des lavements tièdes, de la paresse du rectum, occasionnée par la négligence apportée à la défécation ; l’altération ou le défaut de sécrétion intestinale biliaire ou pancréatique qui accompagne la gastralgie, les maladies du foie ou du pancréas ; — le spasme du rectum produit par des hémorrboïdes ou une fissure à l’anns ; — les maladif aiguës ou chroniq ies du cerveau produisant la paresse de rintestin ; — 1^ corps étrangers, les rétrécissements, les invaginations, les'tnmeurs dn tube intestinal, rinq^oralitm de l’anus et les hernies étranglées : — la para-