‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 184 sur 731 · COR P · texte numérisé non relu

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sous les aponévroses pour s’ouvrir à l’extérieur en causant une fistule; — une perforation de la trachée et un passage des matières alimentaires dans les voies aériennes; — la perforation d’un gros vaisseau et une hémorrhagie mortelle (Bazin) ; — la perforation des vertèbres après y avoir fait naître une ostéite.

Une induration de l’œsophage (Littré) et des parties voisines existe autour d’un corps étranger arrêté depuis longtemps dans l’œsophage, mais ce n’est pas une dégénérescence cancéreuse ; l’induration peut exister en même temps sur le périoste des vertèbres du cou.

On ne confondra pas avec un corps étranger de l’œsophage la sensation qui persiste après l’expulsion de ce corps étranger ou son passage dans l’estomac si l’on explore le conduit avec la sonde œsophagienne. V. OEsophagisme.

On ne prendra pas la grande corne de l’os hyoïde pour un corps étranger, une arête, parce que le doigt pouvant être introduit à son niveau, on sentira la portion de l’os recouverte par des tissus.

Thérapeutique. — On extraira les corps étrangers de l’œsophage fixés à la partie tout à fait supérieure de ce conduit par la bouche avec des pinces à anneau courbe, ou avec une pince de Hunter, en abaissant fortement la base de la langue.

Lorsque le corps étranger est situé plus bas, on se conduira de différente façon si le corps est digestible ou s’il ne l’est pas. Dans le premier cas, on le poussera dans l’estomac avec une sonde œsophagienne; dans le second, on aura recours aux procédés d’extractign variables ou à l’œsophagotomie.

Pour extraire les os ou les corps un peu durs, on se servira du crochet de Rivière ou du crochet à bouton de Stedman, du parapluie de Baudens, et s’il s’agit d’une pièce de monnaie, on se servira du panier de Græfe.

Si l’on ne peut réussir par ces moyens, on emploiera une éponge serrée au bout d’une baleine et l’on tâchera de la faire passer au delà du corps étranger pour la laisser se gonfler ; puis on la retirera en ramenant le corps étranger.

Pour arriver vite à ce résultat par le même mécanisme, on introduit en arrière du corps étranger, à l’aide d’un mandrin rigide, une sonde à boule de caoutchouc vide que l’on distend par l’insufflation et que l’on retire en amenant le corps étranger. (Modification du procédé de Beniqué qui se servait d’un sac de baudruche au bout d’une sonde.)

Si le corps étranger est arrêté par un spasme de l’œsophage, si des aspéiûtés ont pénétré dans cet organe, le hasard seul peut favoriser l’extraction. — ■ On devra cesser les tentatives d’extraction, dès qu’il y aura de l’inflammation, — on soutiendra les malades avec des aliments liquides, tels que le bouillon ou le lait ; — on pratiquera l’œsophatogomie conune dernière ressource.

11 faut toujours opérer du côté gauche ; pour cela, on placera le malade horizontalement, la tête renversée en arrière et inclinée à droite, de façon à faire saillir le muscle sterno-mastoïdien qui sert de guide pour riucisioii de la peau.

Si le corps étranger fait saillie et s'il est possible de le sentir^ on incisera en se guidant sur la partie dure (Boyer). Quand le corps ne se sent pas, on introduit une sonde de femme dans l'œsophage et on la fait saillir du côté gauche (Vacca Berlinghieri) , et l’on peut d’évaluer à quelle distance on est de l’œsophage.

Le muscle peaucier et l’anépovrose cervicale superficielle coupée, l’aponévrose, qui sépare la trachée de la gaine des vaisseaux, est divisée avec précaution, on sectionne l’omoplat-hyoïdien sur la sonde cannelée (Bcgin) , ou l’on écartera ce muscle (Boyer) ;

Fig. 122. — Plaie pour faire l’œsopliagotomie. — m. Muscle stemo-mastoïdien. — s. Muscle sterno-hyoidien. — t. Trachée. — œ. Œsophage, — i. Incision de l’œsophage.

puis ta recherche de l’œsophage continuera, le chirurgien portant avec son doigt indicateur les vaisseaux en dehors, un aide portant en dedans les muscles sterno-hyo'idien et sterno-hyoïdien. Pour savoir si l’on est sur l’œsophage, on fera exécuter des mouvements de déglutition ; si l’on n’est pas sûr d’être sur l’œsophage, on introduira la sonde de femme à plusieurs reprises.

Si les parois du canal sont indurées ; les rapports de l’organe bien appréciés permettront d’éviter l’erreur, on cherchera immédiatement en arrière et à gauche de la trachée.

Une incision de 12 millimètres que l’on agrandira en haut et en bas sera faite au canal; soit pour faciliter la sortie du corps étranger, soit pour permettre d’introduire des pinces courbes ou des pinces à double croisement pour aller à la recherche du corps.

Le nerf phrénique, le nerf récurrent gauche, et le nerf pneumogastrique doivent être évités.

Après l’opération, on rapproche les lèvres de la plaie, on lave la partie supérieure de l’œsophage par des injections d’eau tiède. On panse à plat, et les pansements sont renouvelés fréquemment.

Quand un hameçon est introduit dans l’œsophage, une balle de plomb percée doit être enfilée dans le crin fixé au hameçon, puis un roseau est engagé sur le même fil, et par des ébranlements de cette tige on arrache le hameçon (Leroy Anthony).

Quand ce sont des eutozoaires, des lombrics par exemple qui sont remontés, on donne des boissons abondantes et un vomitif quelques heures après. Si une sangsue est avalée, on donne des boissons salées et un vomitif ensuite.

La suffocation et l’asphyxie réclament en tous cas la trachéotomie immédiate ; on songera après au corps étranger. Il n’y a d’exceptions que pour le cas où le corps étranger étant à la base du pharynx, on peut aller facilement et vite à sa recherche.

Un rétrécissement est ordinairement la consé-

quence du séjour prolongé d'un corps étranger dans l’œsophage. V. Œsophage (Réthécissemext de l’).

Corps étranger des paupières. Quelques gouttes d’une solution de gomme épaisse, jetées entre les paupières, enveloppent le corps étranger qui s’y trouve, calment la douleur qu’il provoque et peu à peu l’entraînent si l’on presse légèrement à la surface. Le mieux est de retourner la paupière et de chercher le corps étranger ; pour retourner la paupière supérieure, on saisit le plus de cils que l’on peut entre les mors de la pince, et avec une sonde cannelée on presse sur la partie supérieure de la paupière pendant qu’on relève les cils; pour retourner la paupière inférieure, on l’abaisse avec le pouce, et elle se retourne en partie.

On peut encore passer la paupière inférieure sous la supérieure, et frotter au dehors, de façon que les cils inférieurs entraînent le grain de poussière entré dans l’œil. V. Conjonctive ; Cornée (Corps étrangers de la).

Corps étrangers dans les plaies. Y.

Plaies (Complications des) et Plaies par armes a feu (Complications des).

Corps étrangers dn reetnni et de l’anus.

Toutes sortes de corps étrangers ont été trouvés dans le rectum, des ustensiles de table, des vases de faïence, des billes, une queue de cochon (Pierre de Marchettis), une chope à bière (Velpeau), une sangsue (Lafond). On compte encore des fèces endurcies comme des corps étrangers.

L’aveu des malades, une constipation opiniâtre, quelquefois une dilatation de l’anus avec incontinence des matières fécales, le toucher rectal, le contact de la canule d’un irrigaieur avec le corps étranger, la sensation du bistouri arrêté sur une partie dure pendant l’opération d’une fistule à l’anus, conduisent au diagnostic. Presque toujours l’anus est plus saillant, le pli anal est effacé et le périnée est tendu, il y a des efforts incessants de défécation.

Abandonnés à eux -mêmes , les corps étrangers du rectum qui ont un petit volume sont quelquefois expulsés spontanément, d’autres fois, s’ils sont un peu gros ils arrêtent le cours des matières fécales et font croire à un iléus; dans certains cas, ils compriment la vessie et l’urèthre, et déterminent une rétention d’urine qui peut en imposer.

A la longue, sous l’influence des corps étrangers de l’anus, le rectum s’enflamme, des abcès se forment autour de l’organe, dans la fosse ischio-rectale, même dans le petit bassin, où ils peuvent causer une péritonite. Dans le premier cas, une fistule se produit, dans le second, la mort arrive par généralisation de la péritonite ou par phlegmon et gangrène étendue dans le petit bassin.

La disparition du corps étranger, lorsqu’il n’a pas séjourné trop longtemps, fait immédia-

m coRp

teinenl cesser les accidents inflammatoires, OU est suivi de la formation d’une fistule à l’anus, lorsqu’il y a eu un commencement de phlegmon périrectal.

%* Les perforations et les déchirures de l’intestin par un corps angulaire introduit dans le rectum, sont des complications toujours trèsgraves et qui entraînent souvent des phlegmasies redoutables et la mort,

Thérapeutiquë. — Dne sangsue s’étant introduite dans le rectum, on l’en fera sortir en donnant un lavement fortement salé, 40 grammes de sel marin pour 250 grammes d’eau.

Une queue de cochon oU un corps étranger allongé et couvert d’aspérités sera extrait avec un roseau creux OU mieux avec un spéculum de verre un peu étroit que l’on glissera sur le corps étranger.

Une bille ou un corps arrondi sera extrait avec des tenettes, — si Ces Corps sont très-voluminêux on les morcellera avec un brise-pierre^ et l’on extraira les fragments avec une tenette ou un petit forceps (Velpeau), mais on ne débridera pas le sphincter 3 le seul cas où l’on devra débrider est celui où, ayant affaire à un corps étranger, en verre ou en faïence, on craindrait de le briser. Mieux vaudrait débrider, en arrière ou sur les côtés, et presser sur le ventre pour faire soi’tir le verre ou la tasse de porcelaine.

Les matières fécales durcies seront ramollies avec des lavements, si l’on ne réussit point, on les extraira avec une tenette ou avec une cuiller, guidé par le doigt. Si les matières étaient extrêmement dures, on les briserait avec un lithotriteur,

Toutes les fois qu’un corps étranger a été retiré du rectum, on donne de suite deux ou trois grands lavements au malade et on le place dans un bain. —7 Si le rectum a été blessé, on fei'a une irrigation continue avec l’irrigateür à double Courant, ou on donnera six fois par jour des demi-lavements froids qui seront gardés le plus longtemps possible; aux premières menaces d’inflammation, on appliquera des sangsues au périnée.

Corps étrangers du tttbè digestif. Dès

corps de nature, de forme, de volume variables peuvent être introduits impunément dans le tube digestif et sont rendus, par la difécation : une lame de couteau (Job à Mekren), un grattoir à papier dont la lame était ouverte, des ciseaux, une flûte (Olaüs,Wormius, Barlbolin), une fourchette (Legendre), une balle, ont ainsi pu traverser tout le tube digestif. V. Plaies DE l’estomac.

Les corps étrangers de l’intestin, surtout les corps pointus, produisent quelquefois des accidents graves, perforent les intestins, sortent au dehors avec le pus des abcès, et passent dans un organe voisin, c’est ainsi que des aiguilles avalées ont passé dans la vessie.

Des noyaux de fruit oblitèrent parfois les intestins. V. Intestlss (Calculs des).

Lorsque des corps non vénéneux sont introduits dans le tube digestif et s’y arrêtent, ils peuvent pendant longtemps ne produire aucun symptôme fâcheux. A la longue ils déterminent

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une péritonite circonscrite, et des adhérences, ils perforent l’intestin, déterminent un abcès qui s’ouvre sur la paroi abdominale dans le point le plus proche ou au loin. On rencontre ces abcès dans les hypochondres, dans la région inguino-crurale. Des fistules stercorales persistent (V, Abcès des parois de l’abdomen) et l’on y trouve quelquefois des corps étrangers incrustés de matières calcaires (Giraldès). Les corps anguleux, comme le verve, la porcelaine, les os volumineux, déterminent des ulcérations de l’intestin et des péritonites mortelles, les noyaux de fruit, des pépins arrêtés dans l’appendice iléo-Cæcale (Briquet), dans des hernies (J. L. Petit), peuvent produire des accidents du même genre.

Les corps vénéneux, tels que les morceaux de métal, le plomb et le cuivre surtout en particulier, causent les accidents de l’empoisonnement par le plomb et le cuivre.

On reconnaît les corps étrangers du tube digestif, aux accidents racontés par les malades, quelcpefois à la sensation d’un corps dur à travers la paroi abdominale. Mais la plupart du temps il n’y a que des coliques, de la constipation, et l’on ne soupçonne ntt corps étranger que par une douleur fixe, par un abcès stercoral qui se montre sur la paroi abdominale, et qui se reconnaît à ce qu’il contient des gaz et est sonore h la percussion, mais cela lî’est point constant | lorsqu’il y a une fistule stercorale, le corps étranger est révélé quelquefois par le cathétérisme de la fistule.

Thérapeutique^ — = Lorsqu’un corps étranger est arrête dans l’estomac ou dans l’intestin, on peut l’extraire directement, comme cela a été fait aùtre* fois, surtout si le corps est senti à trav^ers la paroi abdominale qu’il soulève. Cette opération faite avant la formation d’un abcès est toujours extrêmement dangereuse un purgatif doux, 25 grammes d’huile de ricin, aidera beaucoup l’expulsion du corps étranger.

S’il y a un abcès (V. Abcès de la paroi abdominale), 011 traitera par les moyens appropriés; si le corps éti’anger est expulsé, il restera une fistule qui peut guérir promptement; — si le corps est resté dans l’abcès entretenant la fistule, où sondei-a la plaie avec une soude de femme ; — si le corps est mobile on l’extraira, après avoir dilaté la fistule avec de l’épOngc préparée et l’on extraira le corps, mais il est meilleur d’attendre que le corps se présente de lui-même à la plaie. ^ S’il y a des accidents d’intoxication par des corps vénéneux, on donnera les contre ^poisons, des sels de cuivre ou autres; si l’on était appelé au moment où des corps étrangers, tels que des verres, des noyaux de cerises ont été avales, on donnerait des pâtés de mie de pain en grande quantité, on donnerait de l’huile de ricin, 30 à 40 grammes ; si des noyaux de fruits étaient arrêtés dans le cæcum, on administrerait des lavements répétés avec le sulfate de soude et le séné à la dose de 8 à 15 grammes de chaque substance.

Lorsqu’une aiguille avalée vient faire saillie sous la peau, loin du tube digestif, on l’extraira par une

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incision^ si l'aiguille sort par la paroi abdominale on attendra que la peau soit sur le point d’être perforée et l’on extraira l’aiguille par une petite incision.

Corps étrangers de l’nréthre. Des COrpS étrangers peuvent s’arrêter dans l’urèthre, mais avec le temps ils vont toujours dans la vessie.

Une rétention d’urine et des douleurs vives, avec tuméfaction du canal, révèlent l’existence des corps étrangers dans l’urèthre.

Thérapeutique, Si le corps est une épingle on en fera passer la pointe au dehors à travers l’urèthre (S. Gooperj Boinet), puis on la fera ensuite remonter la tête du côté du méat.

S’il s’agit d’un corps arrondi on se servira de la pince à deux branches de Hunter, de la pince à trois branches de Leroy (d’Etiolles) ou de la curette de Bonnet (de Lyon) modifiée par Gharrière.

Si le corps se sent bienj s’il est rugeux, une incision sera faite sur le canal, et l’on extraira le corps étranger comme un calcul. V. Galculs vésicaux,

Lithotritié, Pierre arrêtée daks l’urèthre. .

Corps éÉranget^s datis l’ntériis. Un bout de sonde, un morceau d’éponge préparée introduit dans le col pour provoquer I ’accouchement ou l’avortement, peuvent rester dans l’utérus, et sont ordinairement expulsés spontanément, mais ils font naître une métrite lorsqu’ils séjournent dans cet organe. On a vu des malades qui, par une aberration d’esprit inconcevable, s’introduisaient elles-mêmes des cailloux dans Tutérus (Nélaton). En les extrayant on avait cru à une pierre de la matrice, l’examen a montré qu’il s’agissait de cailloux de silice.

Thérapeutique-. Si les corps étrangers de l’utérus étaient enfermés dans la cavité utérine. On traiterait par les procédés employés pour extraire les débris de placenta ou lés concrétions calculeuses de l’utérüs.

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