CROC
traitement perturbateur, à moins qu'il n'ail la certitude de juguler le mal par nne médication abortive.
Il faut en général laisser les maladies aiguës suivre leurs phases naturelles, sans les soumettre à une médication intempestive plus nuisible qu'utile. Ceux qui connaissent la marche naturelle des maladies aiguës et qui savent s'abstenir des remèdes violents ou pertm’bateurs pour diriger les phénomènes morbides selon les lois de la nature sont les véritables médecins. Agir inconsidérément au début des maladies quand le diagnostic n’est pas bien établi, uniquement pour combattre des symptômes dont on ignore l’origine est ime folie, et lors même qu’on sait ce qui va se produire, il faut encore être très-résen é dans sa thérapeutique pour ne pas troubler l’apparition de phénomènes indispensables ou des crises. Tant qu’on n’aura pas trouvé le moyen de guérir instantanément une rougeole, une scarlatine, une variole, un accès de fièvre intermittente, etc., il vaudra mieux favoriser l’apparition de l’exanthème, ou la fin de l’accès, que d’intervenir à l’aide d’une méthode perturbatrice.
Si le médecin n’a pas en son pouvoir le moyeu de juguler une maladie, c’est-à-dire de l’arrêter presque instantanément par un spécifique, ou seulement le moyen d’en modérer l’intensité et par cela même d’en hâter la guérison, qu’il se garde bien de faire une médecine de symptômes qui n’est souvent bonne qu’à fatiguer les malades, qu’il suive l’évolution des phénomènes morbides eu calmant la douleur et eu soutenant les forces pour favoriser l’apparition des crises qui pouri’aient se présenter, mais qu’il n’aille pas au delà s’il ne veut pas compromettre la vie des malades. Agir à propos, s’abstenir quand on ne sait pas ce qu’on va faire ou lorsqu’une crise salutaire se montre, voilà la véritable médecine.
CBiiSTAELm' (Plaie du). Lorsque la capsule du cristallin est blessée, ou bien elle se cicatrise et donne lieu à la formation d’une opacité, ou bien la capsule reste ouverte, l’humeur aqueuse en contact avec le cristallin le dissout et il se produit souvent une réaction inflammatoire, des douleurs ciliaires et une injection pérjkératique avec chémosis séreux de la conjonctive. V. Plaies de la cornée.
Thérapeutique. — Si ime cataracte capsulaire se forme et s’il n’y a pas de douleurs, on attendra.
Si le cristallin se gonfle et si la déchirure de la capsule augmente, de façon que le cristallin se ramollisse de plus en plus ; on fera sortir le cristallin ' Desmarres) par l’extraction linéaire (V. Cataracte) ; — il sera utile, dans les cas où la réaction inflammatoire a été vive, de pratiquer en même temps Tiridectomie. V. Choroïdite suppurative et Glvucome.
CRISTALLOÏDITE. V. GRISTALUX (PLAIE DU).
CRITIQUE. Ou donne le nom de phénomènes critiques aux accidents qui annoncent la terminaison heureuse ou défavorable d’une maladie, et jours critiques les époques où paraissent les crises. V. Crise, Age critioüe.
CROCHET. En médecine opératoire, on connaît les crochets mousses en forme d’S, qui
servent à écarter les lèvres d’une plaie, où l’on fait une ligature et au fond de- laquelle on dissèque une tumeur : on se sert encore d’un crochet mousse pour accrocher un muscle que l’on veut couper. On se sert de crochets ou érignes pour tenir immobiles les tumeurs que l’on dissèque. On se sert de crochets fins pour pratiquer l’iridectomie par déchirement. V. Ligatüre, Strabisme.
En obstétrique, on se sert d’un crochet mousse dont le bout est terminé par une olive; il est employé pour accrocher le pli de l’aine et amener les jambes du fœtus au dehors, dans les cas de présentation du siège.
On se sert d’un crochet pointu pour attirer les diverses parties du fœtus broyé par la céphalotripsie.
CROTOi\J TIRlilÜM. Arbuste exotique des euphorbiacées, dont les semences servent à faire l’huile de ce nom. Cette huile s’emploie comme purgatif FR. deux à trois gouttes m pilules avec de la mie de pain, ou pour frictions révulsives matin et soir sur la peau, à la dose de vingt gouttes jusqu’à l’apparition d’une éruption miliaire fine S. Dès que l’éruption est faite, on la fait sécher avec un papier brouillard enduit de cérat, ce qui s’effectue en trois jours.
CROUP. Des fausses membranes sécrétées à la surface du larynx enflammé caractérisent le croup.
Le croup est deux fois plus fréquent chez les garçons que chez les filles.
*„.* On observe le croup à l’état sporadique ou épidémique, mais dans ce dernier cas il est toujours la suite de l’angine couenneuse ou gangréneuse maligne (V. ce mot) ou de la scarlatine.
Le croup vient par degrés à la suite d’une angine ulcéreuse et couenneuse ou d’une laryngite aiguë, et ce n’est qu’au bout de deux ou trois jours qu’il conduit à la suffocation et à l’asphyxie.
La suffocation subite avec toux rauque et sifflante, venue pendant la nuit chez un enfant qui s’était couché bien portant , n’est qu’un faux croup. V. Faux croup.
Quand vous entendrez une toux voilée, rauque, sourde, suivie d’un sifflement métalüque, avec fièvre, chez un enfant dont la voix est éteinte et qui respire péniblement, dites : c’est le croup.
Quand chez un enfant atteint de croup, la toux et la voix éteintes accompagnent une respiration bruyante, râpeuse, serratique, il faut craindre les accès de suffocation, l’asphyxie et la mort.
La toux et la voix éteintes avec respiration bruyante, râpeuse, serratique, présagent
tROÜ
des accès de suffocation, et bientôt après l’asphyxie.
Il y a des croups asphyxiques dont les fausses membranes font périr eu bouchant le larynx et des croups qui tuent sans asphpie, par empoisonnement, lorsque a lieu la résorption des produits purulents sécrétés dans l’arrière-gorge et dans le larynx.
Le croup offre trois périodes : la première dite d’exsudation, caractérisée par la formation des fausses membi'anes ; la raucité de la toux et de la voix finit avec les accès de suffocation qui caractérisent la seconde, dite spasmodique, pt la troisième, asphyxique, débute lorsque se manifeste de l’anesthésie tégumentaire, avec ou sans cyanose.
L’anesthésie, à différents degrés, est la mesure de l’asphyxie du croup, et quand ce symptôme n’existe pas du tout, on peut être sûr qu’il n’y a pas encore d’obstacle absolu à l’hématose.
Le croup s’accompagne souvent d’une albuminurie, qui tient tantôt à la congestion rénale produite par l’asphyxie, tantôt à une sorte d’empoisonnement analogue à celui qui résulte de l’infection purulente des plaies (Bouchut).
On trouve quelquefois à l’autopsie des enfants morts de croup, des taches de purpura, des noyaux d’apoplexie pulmonaire, des infiltrations purulentes dans les lobes pulmonaires, et enfin des abcès multiples du poumon ou du tissu cellulaire qui ne sont que des abcès métastatiques.
Dans le croup, l’asphyxie a lieu tantôt d’utie manière apparente avec cyanose et suffocation, tantôt d’une façon latente, sans suffocation ni cyanose appréciable, et c’est l’anesthésie seule qui montre l'imminence de la mort et la nécessité de la trachéotomie.
Le croup arrivé à la période des accès de suffocation et d’anesthésie complète, est presque toujours mortel.
Ouvrir la trachée d’un enfant atteint de croup avant l’apparition d’un commencement d’anesthésie, c’est faire une opération inutile, parce que l’on combat une asphyxie qui n’existe point.
Thérapeutique. — Le traitement du croup est mêcKcal ou chirurgical. Le premier est très-utile, dans la première et la seconde période du croup, c’està-dire jusqu’au moment des accès de suffocation, à la troisième période ses succès sont incertains, et, en cas d’asphyxie, il faut recourir à la ù-achéotomie.
A ses débuts le croup doit être traité par les vomitifs à haute dose, surtout le tartre stibié (15 à 30 centigrammes dans un julep diacodé), en ayant soin de faire manger les enfants et de ne pas leur faire boire trop de tisane.
Les chances de succès dans le traitement du croup dépendent en grande partie de l'extension des fausses
CROL'
membranes de la muqueuse la^ngée, car si l'on doit espérer beaucoup d im enfant chez lequel la pseudomembrane est limitée au larynx, les chances sont moindres lorsqu’elles out envahi les grosses bronches, et elles sont à peu près nulles lorsqu’elles occupent les bronches capillaires.
De nombreux spécifiques ont été vantés contre le croup, les uns comme altérants, capables de modifier la force vitale, et de neutraliser ses effets, dans les productions plastiques, — les autres comme spécifiques. Le caJomélas rentre dans la première catégorie, il a été le médicament favori dé Bretonneau. On le donne à haute dose et à dose fractionnée, 15 et 20 centigrammes par jour, chez les petits enfants, 50 centigrammes chez des enfants plus âgés, et plus encore chez les adultes Q- On y joint quelquefois les frictions mercurielles sur la poitrine, dans l’aisselle, la face interne des bras et des cuisses. Cette médication favorise l’expectoration et le rejet des fausses membranes. La toux diminue sous son influence et prend son caractère spécial à mesure que cesse la gêne de la respiration. Malheureusement, chez les enfants soumis à cette médication, on observe de nombreuses garderobes et une fluxion des gencives, salutaire seulement lorsqu’elle n’est pas portée trop loin. Dès que les évacuations alvines sont trop considérables, il faut cesser l’usage des mercuriaux afin de ne pas jeter le malade" dans un état de faiblesse trop prononcé. La salivation est difficile à provoquer chez les enfants à la mamelle. Lorsqu’elle existe, ! on peut juger que l’intoxication mercurielle est fort intense, et il faut interrompre l’usage des médicaments pour ne pas être le témoin d’accidents fort graves, tels que la gangrène de la bouche et la nécrose des os maxillaires, accidents observés par Bretonneau.
On a aussi conseillé l’usage du sulfate de cuivre et, en Allemagne, ce moyen a été souvent suivi de succès, quelques expériences faites en France déposent en sa faveur. Il faut le donner de la manière suivante :
Sulfate de cuivre . 20 centigrammes.
Poudre de sucre . 60 grammes.
pour diviser en deux paquets et faire prendre à cinq minutes de distance. Il en résulte un effet vomitif qui ne peut qu’être avantageux.
Le sulfure de potasse a été très-vanté (Lobstein, Fritze de Magdebourg, Maunoir de Genève, etc.). On le donne à la dose de 60 ou 90 centigrammes dans un look à prendre en vingt-quatre heures, mais en même temps on donne de temps à autre un vomitif aux malades. Sous cette influence, la toux devient rapidement plus humide, et l’on constate bientôt une véritable amélioration.
Les médecins qui ne veulent point de ces spécifiques et qui prétendent suivre logiquement leurs idées en thérapeutique, ont été conduits à combattre le croup par les antiphlogistiques. Il fut une époque où l’on ne croyait pouvoir mieux faire qu’à l’aide des émissions sanguines, mais l’expérience a singulièrement affaibli cette prétention. Les émissions sanguines ne réussissent pas dans cette circonstance comme dans les inflammations ordinaires. — Elles ne sont utiles que chez les enfants forts et vigoureux loi-sque la réaction est fort intense, et que, dès le début, la respiration se trouve teUemeiit gênée que la suffocation est imminente. Elles sont en général
dangereuses, chez les jeunes enfants qui sont loin d’offrir la même force de constitution que les enfants plus avancés en âge. Toutefois, si Ton pense avoir besoin de recourir à ce moyen, il est préférable d'employer la saignée du bras que les émissions sanguines locales. Ces dernières ont l’immense inconvénient d'exciter les petits malades, par la frayeur qu’elles leur occasionnent. Le spasme qui en résulte nuit encore à l’exercice des fonctions respiratoires et favorise le développement de l’asphyxie. Ensuite, pour les appliquer, il faut coucher les enfants sur le dos, la tête renversée en arrière, position qui, à elle seule, suffit à occasionner la suffocation. Ensuite le cou est la région du corps de l’enfant où il est le plus difficile d’arrêter l’écoulement des piqûres de sangsues. On ne peut le comprimer dans cet te maladie sous peine de gêner l’entrée de Tair dans la poitrine. Les sangsues coulent alors avec abondance; il en résulte un état anémique fort grave, et quelquefois même des syncopes suivies de la mort.
Il faut donc mettre la plus grande réserve dans l’emploi des émissions sanguines, chez les enfants atteints de croup. — Elles ne sont applicables que chez les grands enfants et chez les adultes, encore ne faut-il pas les pousser jusqu’à syncope comme l’exigent Bailey, Lyons, etc. La saignée du bras est préférable à la saignée par les sangsues. Toutefois si Ton se décide pour les sangsues. Ton doit faire attention à proportionner la perte du sang à la force et à Tâge des malades. Deux à huit ou dix sangsues doivent suffire. Il vaut mieux y revenir, que de compromettre la vie par une 'déperdition de sang trop considérable. Pour mon compte, je tâchede ne jamais recourir à ce moyen, car, sauf de rares exceptions, je le considère comme inutile.
La médication révulsive cutanée a, dit- ou, rendu quelques services dans le traitement du croup, mais elle a des inconvénients qu’il ne faut braver qu’en parfaite connaissance de cause. L’emploi des rubéfiants sur le cou, des vésicatoires volants, du marteau échauffé de Mayor, n’amène pas, selon nous, des résultiits aussi favorables que ceux qu’on était en droit d’en attendre. — Outre que leur action efficace est encore incertaine, ils exposent à quelques dangers. Souvent la plaie qu’ils déterminent se recouvre d’une fausse membrane, semblable à celle du larynx, qui peut s’étendre très-loin (Bretonneau). C’est une seconde maladie fort dangereuse qu’il faut combattre. Or, Tutilité des vésicatoires ne nous paraissant pas compenser un tel inconvénient, il serait, je crois, convenable de les bannir de la thérapeutique du croup. Ils peuvent rendre des services dans des cas exceptionnels, dans la pneumonie, par exemple, mais alors il est évident qu’on les emploie moins contre l’affection du larvnx que contre la complication. Nous y reviendrons plus loin.
On a aussi beaucoup vanté la révulsion intestinale à l’aide de purgatifs, mais c’est encore là une médication mutile, qu’il faut savoir écarter. Il ne faut employer les purgatife contre le croup que s’ils ont en même temps d’autres propriétés altérantes, ou, dit-on, spécifiques, comme on Ta cru pour le calomélas et le sulfure de potasse.
La méiticalion vomitive a eu beaucoup plus de partisans. Elle réunit assurément la majorité des avi? dans les conseils de la médecine. Elle a, de
356 CROü
tout tempSj été vantée conti-e le croup (Hufelandj AlberSj Dessessartz, Valleix, Missoux, etc.).
La médication vomitive favorise le rejet des fausses membranes prêtes à se détacher et aide à l’expulsion des mucosités qui remplissent le larynx. C’est la plus utile à employer dans le traitement du croup. D’ailleurs, l’une des substances que l’on administre ordinairement, le tartre stibié, produit un double effet. Elle agit comme moyen mécanique, ainsi que nous venons de le dire, elle a ensuite une action altérante bien prononcée ; elle modifie la nature du sang et détermine le ramollissement et la chute des fausses membranes.
Les vomitifs que l’on peut donner aux sujets atteints de croup sont Vipécacuanha elle tartre stibié.C.&\\â-ci mérite plus de confiance que l’autre. On le donne en potion, à la dose de 10 ou 15 centigrammes, par petites cuillerées à café, de demi-heure en demiheure, jusqu’à dose vomitive. On suspend au troisième vomissement et l’on peut recommencer dans la journée ou le lendemain, si on le croit nécessaire à l’état du malade.
En général, il ne faut pas craindre d’employer cette méthode avec énergie, car c’est de cette manière seule qu’elle peut être utile. Si le tartre stibié produisait des évacuations alvines trop considérables, avec altération sensible de la face, il faudrait aussitôt cesser son emploi, mais si l’on ne donne pas trop de tisane à boire aux enfants, cet effet purgatif n’a pas lieu.
U ipécacuanha doit être donné en poudre ou dans du sirop, à la dose de 25 à 30 centigrammes chez les petits enfants, ou de 1 gramme et même 2 grammes, chez les sujets plus âgés et chez les adultes. On peut réitérer dans la journée, ou le lendemain et les jours suivants. On a ainsi obtenu quelque succès, mais je donne de beaucoup la préférence au tartre stibié.
Les sternutatoires, les fumigations irritantes avec le vinaigre, Y insufflation de quelques parcelles de tabac en poudre dans les narines, ont été employés contre le croup, à titre de moyens mécaniques, destinés à favoriser l’expulsion des fausses membranes. Ils ne peuvent avoir de résultats avantageux que lorsque ces productions accidentelles sont flottantes et prêtes à se détacher. On en juge par les caractères de la respiration, qui fait entendre un bruit de soupape, de la toux, qui est grasse et muqueuse, et par le gargouillement latéral, qui indique la présence des mucosités bronchiques.
On a essayé de guérir le croup, en détruisant les fausses membranes de la gorge et du larynx par les alcalis et par les caustiques.
La cautérisation par les acides est le meilleur moyen à employer. On se sert ordinairement des acides chlorhydrique et nitrique affaiblis, et du nitrate d’argent à la dose de 10 grammes pour 30 grammes d’eau distillée. Il faut avoir une petite éponge fine, sohdement fixée au bout d’une baleine courbée en crochet; lorsque l’éponge est imbibée, on l’exprime légèrement et on la porte sur le pharynx et sur la glotte, afin que quelques gouttes de liquide caustique puissent pénétrer dans le larynx.
Cette opération est fort désagréable pour l’enfant elle lui laisse un très-mauvais goût dans la bouche, et elle détermine de violents efforts de vomissements qui sont très-pénibles, mais salutaires. Il faut la pratiquer dès le début de la maladie, si l’on aperçoit les
fausses membranes du pharynx, et la répéter deux fois par jom’, au moins, tant que ces produits existent à la surface de la muqueuse.
Si la cautérisation de l’arrière-bouche et de la partie supérieure du larynx est avantageuse, elle a aussi ses inconvénients qu’il faut connaître pour les éviter. La suffocation immédiate peut en être la conséquence, si l’on a laissé trop longtemps l’éponge sur la glotte et si une trop grande quantité de liquide a pénétré dans le larynx. Cet accident est fort grave, car il peut déterminer la mort, ou du moins la nécessité dé pratiquer aussitôt la trachéotomie. On peut l’éviter par les plus simples précautions : ainsi la cautéi’isation doit être faite rapidement, et la baleine retirée de la bouche avant que les efforts de vomissement soient en pleine activité. D’une autre part, l’éponge doit être légèrement exprimée, et ne contenir qu’une quantité de liquide assez faible pour ne pas remplir le larynx ou l’œsophage, comme je l’ai une fois observé.
De cette manière, on utilise, autant que possible, cette importante médication du croup, et on ne la compromet pas par d’imprudentes légèretés.
C’est dans le même but qu’on a employé la cautérisation des amygdales avec le fer rouge (Valentin, de Vitry) et V amputation des amygdales (Bouchut) lorsque les fausses membranes recouvrent, sans les dépasser les amygdales augmentées de volume I-h h-1. — Cette dernière opération détruit le mal sur place, empêche sa généralisation et s’oppose à la formation du croup (quinze succès sur seize opérations).
Les dissolvants des fausses membranes employés en potion sont : le bicarbonate de soude, 4 à 6 grammes par jour □ ; le chlorate de potasse, 4 grammes par jour □; le bromure de potassium, 2 à 3 grammes; enfin les insufflations de chlorate de potasse, de tannin et A'alun, les injections d’eaw de chaux pulvérisée.
Le per chlorure de fer a été également donné (Auhrun) à la dose de 10 à 20 gouttes dans un verre d’eau, mais les résultats ne sont pas aussi favorables qu’on l’a dit.
C’est encore pour arrêter la formation du croup que, dans l’angine couenneuse et gangréneuse, on fait dans le gosier des injections toutes les deux heures avec une seringue chargée d’une solution de coaltar saponiné au trentième, ou d’une solution d’acide phénique au millième (V. Axgike couenneuse). Cette médication au début du croup, lorsqu’il n’y a encore que des fausses membranes dans la goi’ge, avant que le larynx ne soit envahi, est extrêmement utile.
Trachéotomie. Lorsque tout a échoué et que la maladie, chaque jour plus grave, a produit cet état anesthésique voisin de l’asphyxie, dans lequel un accès de suffocation peut entraîner la mort de l’enfant, il n’y a plus à hésiter, il faut omTir artificiellement une voie nouvelle à l’air extérieur, il faut pratiquer la ti-achéotomie.
La trachéotomie facile à exécuter n’a aucmie gravité par elle-même, et si elle ne réussit pas plus souvent, c’est que les cas dans lesquels on l’emploie sont vraiment au-dessus des ressources de l’art.
La trachéotomie a les plus grandes chances de succès lorsqu’on la pratique chez im enfant suffoqué par le croup du larynx; elle en a beaucoup moins, lorsque les fausses membranes descendent dans la trachée; et l’on peut dire qu’elle n’en a aucune, lors-
que ces fausses membranes s’étendent jusque dans les bronches.
Après la trachéotomie, les fonctions respiratoires se rétablissent, et l’on voit disparaître, au moins provisoirement, les accès de suffocation. Les enfants se raniment; quelques-uns reprennent letirs jenv, et ils paraissent jouir d’un bien-être inespéré. Malheureusement cette position ne persiste pas toujours d’une manière définitive; les accidents d’asphyxie reparaissent, et la mort en est la conséquence.
La trachéotomie est l’ultimatum de la thérapeutique. Le médecin doit toujours être prêt, en pareille circonstance, à opérer, lorsque les accès de suffocation se multiplient et lorsque l’asphyxie est imminente.
FORMULAIRE Bü CROUP.
Potion contre le croup.
Émétique . \ déeigramme.
Sirop d’ipéeaeuanlia . 30 grammes.
Oxymel seillitique . 10 id.
Infusion de polygala . 150 id.
Par cuillerées, pour faciliter l’expulsion des fausses membranes. Employée à l’hôpital des Enfants.
Potion contre le croup.
Camphre . 25 milligrammes.
Tartre stibié . 10 centigrammes.
Vin d’ipécacuanha . 340 id.
Mucilage . 10 grammes.
Sirop de guimauve . 25 id.
Eau distillée . 60 id.
On donne toutes les dix minutes une cuillerée de cette potion : dans l’intervalle on fait boire de l’eau tiède (Albert).
Potion émétisée.
Émétique . 4 déeigramraes.
Infusion d’arnica . 150 grammes.
Ajoutez :
Sirop diacode . 30 grammes.
Par cuillerée à bouche toutes les heures m- Potion vomitive de Hufeland.
Tartre stibié . 5 centigrammes.
Poudre d’ipécaeuanba . 125 grammes.
Sirop de framboises . 15 id.
Oxymel seillitique . 15 id.
A prendre par cuillerée à café tous les quarts d’heure P+l.
Potion de Dessessartz.
Eau chaude . 30 grammes.
Émétique . 10 centigrammes.
Miel blanc . 10 grammes.
Mêlez :
Ipéeaeuanba . 60 centigrammes.
Eau de fleur d’oranger . 4 grammes.
D’une demi à une cuillerée à bouche p^.
Sirop de foie de soufre.
(Sirop de suhure de potasse.)
Foie de soufre pur . 45 centigrammes.
Eau distillée . 90 îd.
Sirop simple blane . 32 grammes.
Faites dissoudre le foie de soufre dans Peau distillée, et mêlez la dissolution au sirop.
Ce sirop est fort altérable, et ne doit être préparé
CROÜ 357
qu’au moment du besoin (Bouchardat) . On le donne par cuillerée à café, mêlé à parties égales d’eau de cannelle, pour combattre le croup [+1.
Sulfate de cuivre contre le croup.
Sulfate de cuivre non effleuri. . 2 déeigrammes.
Sucre en poudre . 2 id.
F. s. a. une poudre homogène que vous diviserez en deux paquets égaux.
Chaque paquet sera dissous dans ime cuillerée d’eau tiède, au moment où il devra être administré.
La plus forte dose qu’on peut administrer en une seule fois est celle de 2 déeigrammes (4 grains).
On répète l’administration du vomitif cuivreux autant de fois que les accidents se reproduisent, avec recommandation expresse d’en donner une seconde dose, si le vomissement se faisait attendre f+l.
(Béringuier.)
Potion contre le croup.
Sulfate de cuivre . 10 centigrammes.
Sirop de fleur d’oranger .... 25 grammes.
Eau de tilleul . 100 id.
A prendre par cuillerée à bouche tontes les dix minutes, pour provoquer les vomissements. Cette potion est surtout efficace lorsqu’on a pu l’employer au début de la deuxième période du croup.
(Godefroy.)
Potion au polygala.
Polygala . 5 grammes.
Faites infuser dans ;
Passez, ajoutez :
Sirop de Tolu . 50 grammes.
A prendre par cuillerée.
Poudre cordre le croup.
Calomel . 5 centigrammes.
Magnésie calcinée . 3 déeigrammes.
Sucre . 1 gramme.
(Weber.)
Mêlez. En deux fois, à demi-heure d’intervalle. Quinze à seize doses semblables sont quelquefois nécessaires I I.
Lavement contre le croup.
SuKate de quinine . 60 centigrammes.
Eau . 500 grammes.
Eau de Babel . 5 gouttes.
F. s. a. A prendre en quatre fois de deux heures en deux heures. Employé avec succès contre les accidents nerveux du croup □. (Williams.)
Cérat Rochoux.
Cérat solide . 40 grasaies.
Carboaate eoft~
eret . * . . 5 id.
Mêlez exactement et promptement dans un mortier de marbre. En frictions sur k cou, à la dose de 4 grammes toutes les quatre heures. Dans le croup et dans les angines.
Fumigations de teinture d’iode, 20 gouttes dans une petite tasse d’eau bouillante maintenue teUe par une lampe à Fespiit-de-vin. — Les vapeurs d’iode remplirent la pièce et guérirent le malade. — On en fit tme seconde le kndemain. (Schloser.)
358 CRÏP
Poudre de Polygala semga, 20 à 30 centigrammes toutes les heures. (Bretonneau.)
Sulfate de cuiure en insufflation toutes les deux heures, à la dose chaque fois de 15 à 20 centigrammes avec du sucre. (Lehrer.)
Sirop de styrax, une cuillerée à café toutes les deux heures pour les enfants, une cuillerée à bouche pour les adultes. — Deux lavements par jour de copahu à 2 grammes (Trideau). Ce médecin emploie aussi quelquefois le sirop de copahu chez l’adulte.
— Cinq cas de croup guéris et quarante d’angine couenneuse.
CBL'OR. Partie desséchée du sang de bœuf qu’on réduit en poudre et dont on fait des pilules de 10 centigrammes contre l’anémie, la chlorose et les cachexies Q. On administre quatre à dix pilules par jour. C’est un moyen de faire prendre du sang bien préférable à celui qui consiste dans l’ingurgitation du sang liquide qu’on fait boire au verre.
CRYPTORCHIDIE ET HOIYORCHIDIE.
Lorsque chez le fœtus, en vertu d’une disposition peut-être héréditaire (Vidal de Cassis, Gosselin), d’une inflammation du testicule, ou d’adhérences du testicule avec l’intestin ou le péritoine, en vertu d’une absence de fibres musculaires et rétractiles du guhernacuhm testis (Curling, Follin),' ou encore en vertu d’un dé- j faut dans les dispositions des bourses, les testicules, ou un seul testicule, ne viennent point occuper leur place dans le scrotum, il y a cryptorchidie ou monorchidie.
Les testicules atropliiés ou non peuvent rester dans l’abdomen, au voisinage du rein; s’arrêter en arrière de la paroi abdominale, dans le canal inguinal, ou descendre au périnée, en avant de l’anus. Il n’y a pas de cas authentiques d’absence des deux testicules, on a vu un testicule absent (Thiirnam, Page), mais le plus souvent les deux testicules existent et sont atrophiés, et c’est là ce qui en a imposé aux anatomistes.
Cryptorchidie. Les cryptorchides vrais sont ceux dont les deux testicules sont demeurés dans l’abdomen. Ils ont le système pileux peu développé et sont faibles. Ce sont les hermaphrodites mâles. En général, leurs testicules s’atrophient, subissent une transformation fibreuse ou graisseuse, et les malades sont presque toujours impuissants. Si les testicules sont arrêtés à l’anneau inguinal interne, ou même si un seul est descendu à cet anneau, la stérilité peut exister, mais ce n’est pas chose inévitable (E. Godard).
Thérapeutique. — Contre ce vice de conformation il n’y a rien à faille.
Monorchidie. Un testicule étant descendu dans le scrotum, l’autre restant dans l’abdomen, à l’anneau inguinal, au périnée, ou dans l’anneau crural, on dit qu’il y a monorchidie.
Quelle (pie soit la place du testicule caché, il
CRYP
forme une tumeur dure, mobile, sensible au toucher comme l’autre testicule.
Au périnée, à la région crurale, on sent le cordon se dessinant sous la peau et se rendant vers l’un des anneaux. En général, le testicule arrêté à l’anneau, à la région crurale ou au périnée, est moins développé que l’autre, mais ce dernier est généralement un peu hypertrophié.
Malgré leur vice de conformation les sujets monorchides peuvent être très-vigoureux.
Le testicule, arrêté dans le canal inguinal, entraîne parfois avec lui un intestin, et il y a hernie congénitale en même temps que migration imparfaite du testicule; quelquefois il existe une hydrocèle congénitale.
Il n’est pas rare de trouver une poche séreuse dans le scrotum, à la place où devait venir le testicule (Follin). Celle-ci peut être le siège d’une hydrocèle.
Le testicule arrêté dans le canal inguinal peut, à la longue, descendre dans le scrotum (Mayor), mais le testicule, arrivée son développement, reste toujours fixé h la même place.
Le testicule arrêté pour toujours à l’anj neau inguinal , s’altère quelquefois, et subit une dégénérescence graisseuse ou peut être atteint d’orchite blennorrhagique , d’orchite traumatique ou de cancer (E. Godard).
On ne confondra pas le testicule arrêté à l’anneau avec une hernie à cause de la sensibilité spéciale de la tumeur testiculaire, quoiqu’il y ait une certaine réductibilité. Lorsqu’il y a en même temps un arrêt du testicule et une hernie, le diagnostic reposera toujours sur la constatation de la douleur du testicule, puis l’absence même de testicule dans le côté correspondant du scrotum sera un signe univo([ue. On reconnaîtra de même les orchites et les cancers du testicule.
Le testicule arrêté en arrière de la paroi abdominale peut quelquefois être entraîné dans un sac herniaire crural V. Hernie crurale.
Thérapeutique. — Le testiculè arrêté dans le trajet du canal inguinal est le seul vice de conformation contre lequel on puisse entreprendre un traitement, mais, il faut le dire, ce traitement est presque toujours inutile.
On essayera au moyen d’un bandage à pelote trèsmoUe, ou mieux d’un bandage échancré, de pousser le testicule vers le scrotum ; mais si l’on comprime trop les parties on s’expose à oblitérer le canal déférent ou à faire naître une orchite.
Il ne faut rien faire chez les enfants et chez les adolescents , car le testicule peut .descendre seul ; cela même a été vu chez des sujets âgés de trentecinq aus (Mayor).
S’il y avait une hernie, on réduirait lé testicule avec la hernie et l’on placerait un bandage (Guersant),
I ou bien on réduirait la hernie en laissant le testicule I à l’anneau où il serait retenu par l’échancrure de la I pelote du bandage herniaire.