DELA
opération a été appelée oschéotomie. Y. Scrotum ÉLÊPHAyriASLS du), Héjlatocèle du testicule, Vagenalite chronique,
DÉCBÉPITCDE. État d’alîaiblissement des facultés intellectuelles, sensoriales et motrices occasionné par la vieillesse.
Bien que la décrépitude soit en général la conséquence des altérations organiques produites par la vieillesse ; elle n’est pas la même chez tous les vieillards de même âge, elle peut se produire avant l’âge, et elle dépend beaucoup de la nature du principe séminal individuel ou des luttes, des fatigues et des excès de la vie.
Thérapeutique. — La continence, la sobriété, la tranquillité morale et la vie des champs sont les meilleurs moyens d’éloigner la décrépitude.
DÉFAiLi.AXCE. État momentané de faiblesse avec imminence de syncope.
L’invasion d’une maladie aiguë, le début d’une grossesse, l’indigestion, le mal de mer, le besoin de manger chez un dyspeptique, une odeur désagréable, la frayeur, l’émotion d’une nouvelle inattendue, etc. , sont les causes ordinaires de la défaillance.
La défaillance ne dure que quelques secondes ou une minute, et se termine par le retour à la santé, ou par une véritable syncope avec perte de connaissance.
Au moment d’une défaillance, les malades sont tout à coup pris de faiblesse des membres, avec impossibilité de rester debout, de tournoie ment de tête avec obnubilation, de nausées avec malaise intérieur très-pénible, et il leur semble qu’ils vont perdre connaissance.
Thérapeutique. — Au moment d’une défaillance, il faut soutenir et asseoir les malades, leur donner de l’air, leur jeter un peu d’eau froide sur le visage, leur frotter les tempes avec du vinaigre et leur faire respirer de l’éther, des sels ammoniacaux, de l’acide acétique ou du vinaigre.
DÉGOL'UDi. Température de 18 à 25“ centigrades, qu’on donne aux boissons et aux tisanes lorsqu’on ne veut pas que les malades boivent trop chaud ou irop froid.
DÉLABREMEXT. État de fâiblesse intérieure ou de viduité épigastrique qui existe chez les personnes atteintes de malathes chroniques du foie ou de l’estomac, et particulièrement dans la dyspepsie ou dans la gastralgie.
Thérapeutique. — Un morceau de sucre arrosé de quelques gouttes d’alcoolat de mélisse, un morceau de pain trempé dans du vin de Malaga, un morceau ; de chocolat, un fragment de gomme arabique, un ! bouillon, du lait, introduits dans l’estomac, sent tes i meilleurs moyens de faire disparaître la sensation ; incommode du délabrement, t DÉEAYAXTS. Tisanes acidulés ou faiblei ment raucilagineuses qu’on emploie pour augj menter l’eau du sang , pour laver l’intestin et
pour augmenter les urines dans les maladies
aiguës.
DÉLIRE. Le désordre des facultés intellectuelles, caractérisé par l’incohérence des idées et du langage, constitue le délire.
Il y a un délire essentiel, sympathique et symptomatique; le premier, qui ne dépend d’aucune maladie appréciable du cerveau, comme la calenture et la folie (V. ces mots); le second, qui est provoqué par un état morbide tel que les fièvres éruptives et typhoïdes, certaines phlegmasies, une fièvre éphémère, une opération chirui'gicale, etc. ; et le dernier, qui dépend d’une maladie aiguë du cerveau ou d’un empoisonnement par le vin {delirium tremens), la belladone et les solanées vireuses.
Dans le délire essentiel, l’ophthalmoscope ne révèle aucune lésion de la circulation et de la nutrition du fond de l’œil, tandis que dans le délire symptomatique d’une phlegmasie du cerveau ou des méninges, il y a ordinairement hypérémie péripapillaire, œdème général ou partiel de la papille , dilatation, thrombose ou flexuosité des veines de la rétine. V. Cérébro-
SCOPIE.
Thérapeutique. — Le délire essentiel doit être combattu par les antispasmodiques (voyez ce mot), à l’intérieur, donnés par la bouche ou en lavements.
Dans le délire sympathique, il faut en outre des antispasmodiques employer les moyens applicables aux différentes maladies fébriles, aux phlegmasies et aux causes qui ont occasionné le trouble des idées.
Au délire symptomatique d’une phlegmasie du cerveau, on devra opposer les antiphlogistiques et les moyens qu’on oppose aux affections cérébrales. V. Cerveau, Méningite, Hémorrhagie cérébrale, Congestion DU CERVEAU.
Quand le délire est symptomatique d’un empoisonnement, il faut administrer le café et les excitants qu’on emploie pour les effets du poison introduit dans l’estomac. V. Empoisonnements.
Délire aigu. V. FOLIE.
DELlRlEin TRE.V1EIVS. V. FOLIE.
DÉLIVRAIVCE dans l’accoucliement naturel. La délivrance ou expulsion du placenta est constituée par trois temps (Desormeaux): 1° le décollement du placenta; 2“ son engagement dans le col; 3“ son expulsion au dehors. Ces trois temps ont lieu d’ordinaire pendant et après l’expulsion du fœtus.
*** Dès que la poche des eaux est rompue, l’utérus, revenant sur lui-même, décolle le placenta. Après l’expulsion du fœtus le décollement s’achève. Quand le travail a été prolongé il n’est pas rare de voir tomber le placenta sur le col immédiatement après la sortie de l’enfant. Le placenta engagé dans le col y reste quelques instants, puis l’utérus revenant sur lui-même, pousse le placenta qui sort dans le vagin, d’où il arrive bientôt au dehors.
Thérapeutique. — Quand le cordon est lié, le pla-
DKLI
ceiita devient plus lourd en se congestionnant et se décolle assez vite (Stoltz).
Le rôle de l’accoucheur dans ce cas est de surveiller si les contractions utérines se font régulièrement. Il frictionnera légèrement le ventre, puis il tiendra simplement le cordon. Il ne tirera le placenta en l’enroulant sur lui-même que quand celui-ci sera engagé dans le vagin. Quand l’utérus sera bien rétracté, on tiendra chaudement la malade et on lui donnera une potion cordiale :
Vin . GO grammes.
Teinture de cannelle . 2 id.
Sirop de sucre . 15 id.
OU simplement et mieux un verre d’eau rougie sucrée chaude.
Quand le placenta ii’est pas tombé sur le col, on ne se pressera pas, on laissera les contractions de l’utérus revenant snr lui-même achever le décollement. A moins de complication, il faut attendre un quart d’heure à vingt-cinq minutes (Clarke) avant d’exercer des tractions.
Pour extraire le placenta, on prend le cordon avec la main droite, l’index et le médius de la main gauche sont introduits dans le vagin sur le hile du placenta, tombé à l’orifice, la face dorsale de la main
étant tournée vers le pubis, et l’on abaisse légèrement le cordou eu même temps que l’on tire sur lui. Lorsque le placenta est arrivé à la vulve, on l’enroule sur
lui-même trois ou quatre fois pour amener les membranes tordues ainsi eu cordes.
Il ne faut pas se presser de délivrer dans les grossesses doubles.
Après l’expulsion du placenta, s’il reste des caillots on en favorisera l’expulsion par des frictions légères sur l’utérus àù-avers la paroi abdominale, elles détermineront des contractions.
Délivrance artificielle. Le placenta ne pouvant pas être extrait après des tractions assez fortes, il faut chercher par le toucher et la palpation abdominale la cause de cet obstacle à la délivrance.
I. Inertie de Vuténis. — A défaut de perte sanguine, la mollesse, la dépressibilité de la matrice, et la cessation des douleurs indiquent que l’utérus est inerte et que, eu conséquence, le placenta reste adhérent.
Quand l’inertie survient après des douleurs consécutives à l’expulsion du fœtus, le placenta se décolle en partie et l’inertie de l’utérus se complique d’hémorrhagie. V. plus loin. -
Thérapeutique. — Réveiller les contractions utérines par le massage léger de l’utérus, par les applications de compresses froides sur les cuisses. — La titillation du col avec les doigts , la compression de l’abdomen avec un bandage serré sont les moyens que l’on emploiera lorsque l’on aura attendu le réveil des contractions pendant une heure. — La réfrigération du cordon (Guillemot) est peu efficace.
II. Contractions irrégidi'eres de l’utérus. — üne disposition particulière (Stolz), l’abus du seigle ergoté et la présence de jumeaux dans l’utérus causent quelquefois des contractions utérines irrégulières, susceptibles de retenir le placenta.
Si l’orifice externe du col utérin est seul contracté, le placenta reste enfermé dans l’utérus. Mais si, comme cela s’observe quelquefois, l’orifice interne seul est contracté, il y a Iwurglass (Guillemot), l’utérus est divisé en deux parties , comme une gourde ; le placenta est ordinairement enfermé dans la portion supérieure. Dans ces cas il arrive quelquefois qu’une portion du placenta devienne saillante dans le vagin, et que le délivre soit étranglé à sa partie moyenne ou que la plus grande partie soit située au-dessus de la constriction.
%* Ailleurs le corps de l’utérus se contracte irrégulièrement et produit un enchatonnement complet du placenta qui est environné par une portion de T utérus; ou bien l’enchatonnement est incomplet ; alors le délivre est cerné par un ri?. i33bourrelet, et dans certains cas rares le placenta étant divisé, ses cotylédons sont enferniés chacun séparément (Yelpeau). Cet état de l’ntérus se révèle par la formation de deux tu-
meurs que l’on sent à la place de l’organe, autour du cordon.
D’autres fois l’utérus entier se contracte énergiquement sur le placenta et se réduit au volume d’un utérus au cinquième mois de la grossesse. Plus l’on donne de seigle ergoté, plus la contraction augmente.
%* On reconnaît les contractions irrégulières de l’utérus à la dureté de l’organe et à la continuité des douleurs utérines.
Thérapeutique. — On ne risque jamais rien à attendre cinq ou six heures, tant qu’il n’y a pas d’hémorrhagie ni d’accidents. On frictionnera le corps de l’utérus, — on titillera le col; — des lavements laudanisés , des potions opiacées avec 10 centigrammes d’extrait d’opium, sont administrés; — le col sera frictionné avec l’extrait de belladone, — on fera des injections avec l’infusion ou la décoction de jusquiame et de belladone ; — on fera une saignée aux femmes pléthoriques; — un grand bain est souvent d’un bon usage.
Contre le hourglass et l’enchatonnemcnt, quand les moyens ordinaires employés dans les contractions utérines anormales sont restés inutiles, ou fera l’introduction forcée, graduée et prudente de la main, pour aller dilater le point rétréci et extraire le placenta.
Dans toute contraction utérine produisant la rétention du placenta, ou cessera l’emploi de l’ergot de seigle. Si la contraction est générale, on donnera une potion :
Eau distillée . -100 grammes.
Liqueur d’Uoffmann . 2 jd.
Teinture d'opium . \ id.
de l'orifiee interce da «d de 1' le vlacestia.
le placeaia.
YQü fera des injections avec une décoction de belladone et de jusquiame.
jjè tirera pas sur le cordon avant que les con-
tractions aient en partie cessée et l'on attendra que quelques douleurs surviennent.
ni. Faiblesse et rupture du cordon. — Le peu de développement du cordon, son insertion sur le bord du placenta, la mauvaise distribution de ses vaisseaux, isolés sur le hile, favorisent sa rupture pendant les tractions et amènent la rétention du déüvre.
Thérapeutique, — Quand le cordon s’est déchiré sous la traction, on attendra l’expulsion naturelle, ou bien on ira chercher le placenta soit avec la inaio, soit avec des pinces à griffes.
IV. Volume du placenta. — La rétention du placenta peut tenir à son hypertrophie ou à une accumulation de sang dans les membranes entre l’utérus et le tissu placentaire. On reconnaît cet état parce que l’utérus conserve son volume normal, qu’il n’est point dur comme dans les contractions totales de l’utérus, et parce qu’il y a des douleurs. En général, on sent aussi que le placenta est tombé sur l’orifice.
Thérapeutique. — Si les contractions ne suffisent pas pour expulser le délivre, on ira chercher le placenta avec la main ; on déchirera les membranes pour faciliter la sortie de caillots — en cas de fluctuation évidente, on peut perforer le placenta pour faire sortir le sang accumulé entre la masse placentaire et la paroi utérine.
V. Adhérences anormales du placenta. — Les adhérences du placenta sont la conséquence d’une inflammation autour d’un épanchement sanguin (Stoltz, P. Dubois), autour d’une atrophie d’un cotylédon, après l’apoplexie placentaire (Cruveilhier), ou bien elles sont le résultat d’un épaississement à la circonférence de la caduque inter-utéro-placentaire (Gendrin) enflammée comme dans les cas précédents.
Lorsque le cordon résiste, lorsque l’utérus à chaque contraction devient conique (Rhamsbotham), ce qui existe quand il s’accumule du sang entre le centre du placenta et l’utérus (Albinus) , on diagnostique une adhérence du placenta.
Les adhérences générales du placenta sont exemples d’accidents, mais les adhérences partielles, au contraire, s’accompagnent d’hémorrhagies.
Thérapeutique. — S’il n’y a pas d’accidents, on attendra cinq ou six heures ; les contractions pourront détacher les adhérences du placenta. Si l’expulsion tarde, on emploiera, comme dans le hourglass et l’enchatounement, les titillations du col, les frictions sur l’utéi'us, par l’hypogastre et les autres moyens propres à activer les contractions utérines.
On fera une injection d’eau froide dans la veine ombilicale; — pour cela, un bout du cordon sera coupé, ime canule sera introduite dans la veine, et fixée avec un fil à ligature ; puis on injectera et l’on répétera les injections s’il est nécessaire (Accoucheurs français).
Si tous ces moyens n’ont pas amené le décollement du placenta, on tirera sur le cordon aut.ant que sa résistance le permettra.
Lorsque tout aura été essayé, la main introduite dans l’utérus en suivant le cordon, arrivée sur le placenta reconnaissable à ses ramifications vasculaires, sera engagée entre l’utérus et les cotylédons adhérents qui seront décollés avec lenteur et précaution (Levret, Baudelocque, Desormeaux), ou bien on tirera sur le placenta pris à pleine main (P. Dubois). Dans tous les cas, il ne faut pas employer de force (fig. 13G). •
Fig. 136. Décüileinent artificiel du plaeeula.
Si le placenta est décollé à son centre et séparé de l’utérus par ma épanchement de sang, on pourra percer le centre du placenta et le décoller en introduisant le doigt par l’ouverture (Heister).
Ëîéiiv’rnsice (ACCIDENTS DE LA).
!.. Hémorrhagie primitive. — Chez les-femmes pléthoriques, abondamment réglées, et que l’on n’a pas saignées pendant la grossesse, chez les femmes chlorotiques et nerveuses, un travail trop prolongé ou trop rapide, la distension de l’utérus par des eaux abondantes, ou par une grossesse gémellaire, le tiraillement dû à des adhérences intra-abdominales de l’utérus, avec l’épiploon, par exemple, produisent l’inertie immédiate ou consécutive de l’utérus, et une hémorrhagie survient dès que le placenta commence à être décollé; — en peu d’instants le sang peut se perdre en quantité si énorme, que la vie ne peut être rendue aux malades malgré les soins les plus prompts et les plus intelligents.
Quand î’utérus est inerte il ne forme point de saillie à l’hypogastre, et la main introduite dans son intérieur ne sent qu’une cavité flasque et comme plissée. C’est cet état qui favorise l’apparition des hémorrhagies.
Une hémorrhagie à ses débuts produit des symptômes généraux plus ou moins marqués : un sentiment de pesanteur à l’estonmc, quelquefois la sensation de la faim, la petitesse du
pouls, la pâleur du visage, les faiblesses, les s\-a- ' copes, des douleurs de reins et un frisson spas- j modique, des convulsions même. Le col étant refermé en partie ou oblitéré par le placenta, par un caillot ou par suite de l’obbquité de l’utérus, le sang coule à l’intérieur de l’utérus, le distend et il existe une tumeur abdominale , qui remonte parfois au-dessus de l’ombilic, est molle et dépressible. — Dans ce cas le diagnostic est quelquefois difficile. En effet, le ventre peut être distendu par la vessie pleine d’urine, mais le cathétérisme dissipera les doutes ; les syncopes ne sont pas rares chez les nouvelles accouchées, bien qu’il n’y ait pas de pertes, et les accidents hystériformes peuv^ent être pris pour un frisson spasmodique dû à une perte interne. — On ne peut donc affirmer l’existence d’une hémorrhagie utérine interne que si la percussion abdominale donne de la matité au niveau de la tumeur hypogastrique, que si l’utérus globuleux, dur, n’est point senti au-dessus du pubis, et que si les doigts introduits dans le vagin traversant le col resserré et la cavité de l’utérus remplie de caillots, sentent le sang qui se brise sous les doigts.
L’hémorrhagie utérine interne est le plus souvent reconnaissable à des symptômes généraux alarmants, tels que les syncopes, la cécité subite, et cela indicfue que l’hémorrhagie a été très-abondante et s’est produite insensiblement.
- Quand le col est largement ouvert le sang coule au dehors avec abondance, et le diagnostic ne présente aucune difficulté.
Thérapeutique. — Contre les hémorrhagies utérines légères qui commencent, réveiller les contractions de l’utérus en pressant sur l’hypogastre, en titillant le col et même la face interne de l’utérus avec les doigts, puis donner le seigle ergoté. — Les compresses glacées et la glace sont peu utiles; — on introduira un citron et I on en exprimera le jus dans l’utérus (Evrat) □, ou mieux un tampon de charpie imbihé de perchlorure de fer à 30°, si le sang vient d’une déchii'ure du col (Pajot). On administrera en même temps la teinture de cannelle, une demi-cuillerée à café toutes les heures (Naegele^.
Si l’hémori'hagie est très-abondante, on introduira des tampons de charpie dans l’utérus et dans le vagin (Leroux). — Une vessie de caoutchouc, dilatée par l’air, arrêtera, aussi l’hémorrhagie, mais elle a l’inconvénient d’arrêter le retrait de l’utérus. — Ou comprimera le ventre avec des serviettes (Deneux), et mieux on comprimera avec les doigts f aorte contre la colonne vertébrale (Roux, d’Ornellas, Chailly, Cazeaux). En même temps, on administrera le seigle ergoté, 2 à 4 grammes. Si l’on doit comprimer l’aorte, il faut, comme le fait Chailly, employer la compression avec la main et ne pas cesser durant plusieurs heures. Seulement comme la position est fatigante, des aides qui se renouvellent viennent les uns après les autres mettre leur main sur celle de l’accoucheur pour la maintenir en bonne position. — C’est le seul moyen de faire une compression efficace de l’aorte. !
ijopiitm à haute dose (Burns) est peu efficace. j
La transfusion est une ressource extrême pour les hémorrhagies rapidement graves : on ouvrira la veine céphalique du bras et l’on injectera, avec une seringue chauffée à 23°, le sang défibriné reçu dans un vase chauffé à la même température (Nélaton). On injectera 200 à 500 grammes de sang en deux fois.
Si l’on est appelé près d’une femme que l’on n’a pas accouchée et qui perd en abondance, on comprime l’aorte et l’on explore l’utérus ; — si le placenta est sorti, on se comporte comme il est dit plus haut, mais si le placenta est resté, on achève le décollement du délivre pendant que l’aorte est comprimée. 11 meurt une femme sur trente, si l’on extrait le délivre, tandis que si l’on abandonne le placenta, il en meurt huit sur neuf (Meissuer, de Leipzig).
Lorsque l’hémorrhagie sera arrêtée, on surveillara plusieurs heures, pour prévenir le retour de l’utérus à l’état d’inertie. On tiendra des compresses fraîches sur le ventre et les cuisses ; — un bandage de corps un peu serré entourera l’abdomen. La malade prendra une potion cordiale, du bouillon et du vin sucré et sera tenu au repos le plus absolu et dans un demijour, — elle n’aura pas de personnes auprès d’elle, autres que la garde-malade.
Contre les vomissements et l’excitation fébrile qui suivent les pertes, on donnera des pilules d’opium de 2 à 3 centigrammes chacune, toutes les deux heures, et l’on placera un sinapisme sur l’épigastre (Devvees) . On fera des aspersions froides sur les mains ; et si les malades s’endorment, on ne les éveillera pas, mais le médecin demeurera près de la malade et surveillera l’état du pouls et la coloration des traits.
Il faut nourrir les malades avec des bouillons donnés en petite quantité, mais souvent répétés.
Soins préventifs des hémorrhagies.
Lorsqu’à une grossesse antérieure, il y aura eu hémorrhagie après la délivrance, il faudra prendre des précautions et agir comme il suit :
Chez les femmes pléthoriques, on fera une saignée. Chez les femmes faibles, on fera des lotions froides sur le bassin et les cuisses et l’on donnera 1 ou 2 grammes de seigle ergoté en trois doses. On rompra les membranes dès le début du travail (R. Lee) et l’on abandonnera le travail aux efforts de la nature. Au moment de raccouchemeut,on placera la main sur le fond de l’utérus et l’on comprimera légèrement (Clarke); en cas d’accouchement prompt, on laissera le placenta dans l’utérus s’il n’est pas décollé ; il peut être un obstacle à l’hémorrhagie. Mais s’il est décollé, il faut débarrasser la matrice. — La succion des mamelles ')Marshall-Hall) est un moyen plus rationnel qu’efficace. Mieux vaut dans tous les cas où l’on soupçonne une inertie prochaine de l’utérus, administrer le seigle ergoté à la dose indiquée.
Soins consécutifs des hémorrhagies graves.
Contre l’anémie qui suit les hémoirhagies utérines et est accompagnée d’une céphalalgie persistante, on donnera le traitement de l'anémie, ou recommandera l’exercice, et il sera bon qu'une nouvelle grossesse n’ait pas lieu avant dix mois au moins.
II. Hémorrhagies seoyndaires (Clintock' . — De douze heures à quinze jours après la délivrance, on peut voir apparaître une hémorrhagie par inertie secondai de la matrice. Les pressions sur Tutérus font naître une coutrac-
tion qui expulse des caillots, puis l’utérus redevient inerte, et le sang s’y accumule. La mollesse de l’utérus, constatée par le palper abdominal, permet de reconnaître cet état. Abandonnées à elles-mêmes, les malades, quelquefois, s’endorment et succombent.
ThétmpeuUque. — La compression prolongée avec la main sur rutérus par la région hypogastrique, la compression avec un bandage de corps serré, l’administration du seigle ergoté toutes les deux heures, jusqu’à la dose de 2 à 3 grammes (Cazeaux, Chailly) sont les meilleurs moyens associés propres à arrêter une hémorrhagie par inertie secondaire.
A. Hémorrhagie par congestion utérine. — Une congestion utérine sans inertie de la matrice (M“® Lachapelle, Velpeau) produit des hémorrhagies après la délivrance ; — celles-ci coïncident quelquefois avec la rétention d'une portion du placenta ou des membranes, avec un polype utérin, avec la rétention des fèces dans le gros intestin.
Thérapeutique. — On tiendra les malades dans la position horizontale et le repos absolu; — on extraira les matières du rectum avec une curette (Moreau). — Si l’hémorrhagie persiste, on donnera 1 gramme de seigle ergoté en deux doses, on tamponnera et l’on appliquera les moyens appropriés aux grandes hémorrhagies en cas de perte grave, avec cette seule différence que l’utérus étant rétracté, on ne pourra agir que sur le col.
B. Hémorrhagie par albuminurie. — L’altération hypoglobulaire du sang dans l’éclampsie et dans l’albuminurie favorise beaucoup les hémorrhagies secondaires (Blot), mais ici il y a plutôt lieu d’invoquer l’existence d’une congestion utérine.
Thérapeutique. — Dans le cas d’hémorrhagie abondante, on tamponnera, et l’on comprimera l’utérus avec une bande roulée serrée, et mieux avec des compresses maintenues par un bandage de corps compressif : on pourra appliquer un large vésicatoire sur la région sacrée. Le traitement diffère peu de celui de l’hémorrhagie par congestion utérine.
On a employé encore la teinture de chanvre indien et une pilule d’oxyde d’argent à la dose do 25 milligrammes, associé à une égale quantité d’opium et administré trois fois par jour; — le seigle ergoté est d’un meilleur emploi. V. plus haut Hémorrhagie
PAR CONGESTION CTÉRINE.
Ilf. Hémorrhagie par le cordon ombilical. — Dans les accouchements jumeaux et lorsque le placenta est retenu, une hémorrhagie a quelquefois lieu par le cordon (Méry, Solayrès, Guillemot), mais le fait est au moins très-rare.
Thérapeutique. — Lier le cordon est le seul moyen à employer contre l’hémorrhagie par la veine ombilicale.
IV. Renversement de l'utérus. ■ — L’inertie de Tutérus ou ses contractions irrégulières (Tyler-Smith) font souvent que des tractions sur le placenta, des efforts pour aller à la selle, déterminent un renversement de la matrice. Il se
produit alors une simple dépression du fond de l’utérus, ou bien un renversement d’oi^aue qui vient s’engager dans le col, ou bien un renversement complet de l’utérus qui vient se montrer à la vulve. Les renversements incomplets tendent toujours à se compléter.
Une douleur vive, avec des efforts continuels, comme pour uriner et aller à la selle, la pâleur, les syncopes, les hémorrhagies foudroyantes, si le placenta est décollé et l’utérus inerte, sont les premiers accidents du renversement de l’utérus.
Dans le renversement de l’utérus, on constate au toucher une tumeur intra-utérine, correspondant à une dépression sur le globe utérin, appréciée par le palper hypogastrique, ou bien une tumeur engagée dans le col, contracté au pourtour de son pédicule, ou bien une tumeur molle et comme fongueuse à la vulve.
Les malades ne meurent pas toutes après un renversement de l’utérus. Quelques-unes reviennent à la santé, mais elles sont infirmes. Parfois la réduction de l’utérus se fait spontanément (Delabarre, Baiidelocque).
Thérapeutique. — Il n’y a pas de moyens sûrs de prévenir le renversement utérin dans le cas où un accouchement est prompt et où le cordon est court. On devra seulement toucher la malade immédiatement après la sortie du fœtus et faire attention de ne point tirer sur le placenta.
Dans tous les autres cas, on préviendra le renversement de l’utérus en tenant la malade couchée horizontalement et eu l’empêchant de se lever pour aller à la selle. Chez les femmes qui ont déjà eu un renversement de l’utérus à un accouchement antérieur, il est avantageux d’aller chercher le placenta luimême avec la main (Cazeaux).
Le renversement utérin accompli réclame Vintroduction de la main dans l’utérus ou dans le col, pour repousser l’utérus en faisant rentrer d’ahord les parties qui sont sorties les dernières.
Si la matrice est étranglée par le col, on joindra des applications locales à'extrait de belladone aux potions avec 10 ou 20 centigrammes iï extrait d’opium, et à de petites saignées chez les femmes qui n’auront pas déjà perdu beaucoup de sang.
Les inhalations de chloroforme (Barrier, Ch.Wert, Valentin, G.Gonney) sont dangereuses chez lès femmes exsangues ; une syncope qui surviendrait pourrait être mortelle, le chloroforme ne peut pas agir sur l’utérus ; il diminue seulement la résistance des parois abdominales. — On réduira avec la main en procédant avec lenteur, il ne faut pas se lasser. — On donnera des grands bains et des lavements avec quinze gouttes de laudanum dans l’intervalle des tentatives. — Repousser l’utérus avec un bâton à bout sphérique (Depaul) expose à des ruptures de l’utérus et l’on n’emploiera ce moyen qu’avec précaution.
Le renversement réduit, on provoquera les contractions utérines par la titillation du col, les frictions sur le ventre et le repos absolu dans la situation horizontale ; on préviendra ainsi la récidive.
"V. Rupture de V utérus. — En . cas de rupture de l’utérus, le fœtus étant passé dans la ca-
vité abdoDiinale, si l’on ne tente pas l’extraction du fœtus par la gastrotomie, il n’y a pas à délivrer. Si cette opération est faite on repoussera le cordon dans l’otérus et l’on délivrera à l’aide d’un crochet mousse introduit dans le col comme à l’ordinaire. Si le délivre est tombé dans la caviîé abdominale on l’enlèvera par la plaie. V. Dystocie et Utérus (Rupture de u’j.