‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 206 sur 731 · DEM · texte numérisé non relu

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ciuante, continue, augmentée par le moindre bruit par le moindre contact et par l influence du chaud et du froid: c’est ce que l’on désigne sous le nom de rage de dent.

L’inflammation de la pulpe ne se complique de fluxion dentaire et d’abcès que quand le périoste s’esi enflammé. Au contraire, la névralgie trifaciale, avec points douloureux cutanés, est presque forcée dans les crises produites par les maux de dents concentrés à la phlegmasie de la pulpe dentaire.

L’état sain des gencives indique qu’il n’y a pas de périostite et établit le diagnostic diffé rentiel entre l’inflammation de la pulpe et la périostite. La saillie d’une petite fongosité saignante extrêmement douloureuse dans une dent largement cariée est un bon signe de diagnostic.

Thérapeutique. ■ — Détruire la pulpe par les caustiques, et panser pour favoriser la chute de l’eschare {y. Il, Lésions de l’ivoiré),- — arracher la dént si elle est cariée, de façon que toute la couronne soit détruite. Dans ce cas il est cependant préférable de détruire la pulpe, car la racine qui reste presque comme corps étranger et ne vit plus que par le I périoste, empêche les dents voisines d’être ébranlées.

B. Tumeurs de la pulpe dentaire (Tomes, Albrecht). — Une fongosité ou hypertrophie de la pulpe se produit parfois dans la cavité d’une carie ; elle a le volume d’un pois ou d’une noisette et est étranglée au niveau du collet de la dent.

Les tumeurs fongueuses de la pulpe n’occasionnent que de la gêne pendant la mastication. Elles ne sont pas sensibles au froid et au chaud; elles donnent lieu à des hémorrhagies.

Thérapeutique. — Enlever la dent est un moyen radical (Tomes). On peut abraser la tumeur avec un petit bistouri boutonné, courbe sur le plat (Magitot), engagé entre la tumeur et la cavité de la dent, et Ton déti'uira le reste de la pulpe par les cautérisations (V. Carie). — Si une hémorrhagie a lieu on tamponnera. — S’il survient une périostite on la traitera par les moyens appropriés.

IV. Lésion du périoste et du cément. — A. Péi'iostite dentaire ou alvéolo-dentaire aiguë. — La périostite dentaire arrive soit spontanément sous l’influence d’un traumatisme ou d’un refroidissement, soit à la suite d une carie dentaire ; dans ce c.as elle n’est qu’une sorte d’extension de l’inflammation de la pulpe dentaire.

Dans la périostite dentaire, le début est bru^ue, la dent devient subitement douloureuse tout en restant solide, il se produit une névralgie du nerf dentaire, la gencive est dure, douloureuse autour de la dent, et dans les trois jours qui suivent l’apparition du mal il se forme dans la gencive ou dans l’alvéole un abcès placé entre l’os et le périoste, ou même entre la dent et le périoste. — Si le périoste est enflammé au niveau du collet, l’abcès se fait jour sur les gen-

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civ^, si le mal siège au sommet de la racine

l’abcès se forme sur les joues.

On ne confondra pas les tumeurs du périoste avec la périostite, parce que dans ces maladies la douleur arrive insensiblement, parce que la dent s’ébranle et semble se luxer. Plus tard, comme une périostite franche ne tarde pas à survenir, le diagnostic est plus difficile, cependant l’état fongueux de la gencive, au niveau d’une seule dent, doit faire soupçonner une tumeur. V. plus loin, C, Tumeurs du périoste dentaire.

La périostite se termine par la résolution ou passe à l’état chronique. Il n’est pas rare de voir survenir pendant le cours d’une périostite des névralgies dentaires, des fluxions et de la fièvre.

Thérapeutique. — On appliquera sur la gencive, au niveau de la dent malade, une sangsue, à l’aide d’une carte roulée, d’un tube de verre, et mieux on fendra la gencive de façon à mettre la racine à découvert. — On ouvrira de bonne heure les abcès. — On . gargarisera avec le mélange suivant :

Eau . 100 grammes.

Mielrosat . 10 id.

Laudanum . 1 id.

Les topiques employés seront chauds. — On placera

un cataplasme sur la joue. — Arracher la dent est une ressource ultime, mais on n’y aura recours que quand il y aura une carie et qu’on désespérera de pouvoir la guérir.

B. Périostite dentaire chronique et pyorrhée alvéolo-dentaire (Toirac). — Résultat ordinaire d’une périostite aiguë, la périostite chronique atteint une ou plusieurs dents ; elle est la conséquence : d’une stomatite mercurielle, d’un état général, tel que le scorbut, des intoxications de plomb et de phosphore, enfin de l’accumulation de tartre sur la couronne des dents.

Dans la périostite dentaire chronique, les dents se déchaussent, la pression fait sortir du pus de tout le pourtour de l’alvéole, les gencives sont rouges, tuméfiées, exulcérées autour de la dent et des douleurs sourdes se montrent de temps en temps. — Lorsque des douleurs violentes existent, c’est qu’il y a des poussées inflammatoires aiguës et qu’un abcès se forme dans le voisinage d’une dent.

%* On ne distingue une inflammation chronique du périoste, d’une tumeur, que par la localisation du mal à une seule dent et par un état fougueux de la gencive, l’ébranlement et la luxation de la dent. Il n’y a d’hésitation à avoir que si la périostite chronique est limitée à une seule dent.

La i^riostite chronique est la cause la plus ordinaire de l’ébranlement des dents et de leur chute spontanée.

Thù'apeutique. — Contre la périostite dentaire chroniqne on incisera les alvéoles jusqu’à la dent pour faire une saignée locale et évacuer le pus sécrété

par le périoste et l at\éolc. — On gargarisera avec les gargarismes émollients et opiacés, avec du laudanum par exemple. — En cas de pyon-hée alvéolo dentaire, on cautérisera le pourtour de l’alvéole autour de la couronne, avec l’acide chromique (Magitot) déposé autour de la dent avec un pinceau d’amiante ou une tige de liois de chêne. — Ou lavera immédiatement la bouche avec une solution alcaline, avec de I cau de savon ou avec une solution de potasse :

Eau . 200 grammes. ■

Carbonate de potasse . 1 id.

On prescrit ensuite les gargarismes avec la solution suivante :

Eau . 200 grammes.

Alun . i id.

Brosser les dents avec une brosse dure pour provoquer des hémorrhagies ; — employer les substances indiquées contre le ramollissement des gencives : les applications de teinture d’iode (Marchai). — Les applications de pulpe de pomme de terre crue, le suc de cochléaria, ne sont dirigés que contre le ramollissement des gencives. — Le nettoyage de la bouche et l’extraction du tartre sont toujours une mesure de précaution; — les malades ne mangeront point de substances sucrées et acides.

On traitera les maladies générales qu’on suppose avoir causé la pyorrhée alvéolo-dentaire et le ramollissement des gencives. La potion suivante :

Eau . . 150 grammes.

Chlorate de potasse . 4 à 2 id.

Sirop simple . 30 id.

est d’un bon usage.

On n’extraira les dents que quand la maladie, bien limitée à une seule dent, cause des douleurs permanentes et est le siège de périostites aiguës à répétitions.

Gomme les dents restent ébranlées souvent à la suite de la périostite chronique et de la pyorrhée alvéolo-dentaire, on liera les dents ensemble avec des fils de soie, ou on placera sur les arcades dentaires des gouttières de gutta-percha qui seront enlevées chaque jour pour que les dents et la bouche soient nettoyées.

C. Tumeur du périoste dentaire (Magitot). — Ou trouve quelquefois sur les racines des dents molaires principalement, des tumeurs contenant des éléments fibro-plastiques ou des corps fusiformes, des cellules épithéliales, avec des dépôts graisseux, des myéloplaxes et des cytoblastions, enfin de simples tumeurs hypertrophiques constituées par le tissu fibreux du périoste.

L’hérédité, la diathèse cancéreuse, ne jouent aucun rôle dans la genèse des tumeurs du périoste dentaire. La carie y est complètement étrangère; mais il n’est pas rare que cette lésion tienne à une prédisposition du sujet. Quelques malades ont parfois remarqué que des dents, enlevées avant celle qui est le siège d’une tumeur, portaient comme celle-ci une production sur leurs racines. Les tumeurs fibro-plastiques jusqu’ici semblent avoir été le privilège de l’âge avancé ; les tumeurs de myéloplaxes et les cytoblastions ont été vues chez des

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