‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 231 sur 731 · DI ST · texte numérisé non relu

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sont facilement rqwnssés dans rexcavation, où il est possible d’aÙer rechercher leur pédicule et saitir la tête du fœtus. Il est donc difficile de prendre le polype pour la tête du fœtus.

Cette cause de dystocie est une des moins grares relatiremenL

Thérapestique. — Un petit polype ne s'oppose pas à raceoncfaement. Un polype volumineTis, s'il a un long pédicule, peut permettre la Tersion; mais il sera plus rationnel de sectionner le pédicule : — pour cela, la main introduite dans le vagin ira chercher le p^icnle de la tumeur qu'elle embrassera avec le doigt. Celui-ci servira à guider des ciseaux courbes destinés à sectionner le pédicule.

III. Végétation du col. — Ce n’est qu’entre des mains inexpérimentées que l’on voit confondre la végétation du col avec une présentation du bras. De deux choses l’une, ou la poche des eaux est rompue et il n’y a d’erreur que parce qu’on n’a pas touché avant la rupture, ou bien la poche des eaux n’est pas rompue, et il est impossible de se tromper. En cas de doute, on aurait la ressource d’appliquer le spéculum.

Thérapeutique. — Si les végétations sont petites, on n'y touchera pas, parce que l’accouchement peut encore se faire. Si les végétations sont volumineuses, il vaudrait mieux les exciser que de recourir à l’einbryotomie ou l’opération césarienne. Dùt-on n’enlever qu’une partie des végétations, ce serait déjà quelque chose et cela permettrait de faire la version podalique et d’appliquer le forceps et même le céphalotribe.

IV, Kystes du col utérin. — Les kystes du col arrondis, fluctuants, mobiles, élastiques, durs au toucher, circonscrits, n’atteignent pas en général un grand volume et sont rarement une cause de dystocie ; on les reconnaît à une ponction exploratrice. V. Utérus (Kystes de l’].

Thérapeutique. — Inciser et vider le kyste, quand il est poussé dans le vagin par la tête, ou le repousser au dedans du détroit supérieur avant l’engagement de la tête.

Dystocie par tumeurs du petit bassin.

Des lipomes, des kystes, des abcès, des tumeurs enkystées siégeant dans la cloison recto-vaginale, le plus souvent, et plus rarement entre la vessie et l’utérus (E. Meier), sont souvent des causes de dystocie; leurs adhérences aux parties voisines et leur dureté constituent quelquefois des obstacles insurmontables ; une ponction exploratrice éclairera sur les points importants à connaître pour le traitement

Thérapeutique. — On ponctionnera les tumeurs liquides et l'on incisera les tumeurs à contenu géladneui.

Les tumeurs qu’il est possible de circonscrire seront extirpées ou bien par le vagin ou bien à travers le périnée (Bums, Drew}. En cas d'impossibilité de mener cette opération à bonne fin, on appliquera le forceps, on fera la version ; — en dernier ressort, on tentera l'embryotomie ou l'opération césarienne.

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Dystocie par tamear dn rectum. — Üue accumulation de matières fécales dans un rectum dilaté ou dans un rectum ouvert dans le vagin, un squirrhe, peuvent former une tumeur susceptible d’empêcher l’accouchement Le siège de la tumeur, l’exploration avec le doigt introduit dans le rectum, établissent le diagnostic.

Thérapeutique. — On videra le rectum par des lavements, on extraira avec soin les matières dures avec une curette (Guillemeau),

Un squirrhe est rarement assez volumineux pour empêcher l’accouchement et pour rendre l’application du forceps impossible.

Dystocie par tamenr de la vessie. Le cancer de la vessie (Herteufer, Lever), les calculs urinaires sont reconnaissables soit par l’examen de l’urine et par son odeur, soit par le cathétérisme et la résistance de la tumeur. V. Dystocie par hernie.

Thérapeutique. — Si le calcul est engagé dans l'urèthre, les efforts du fœtus poussés par la contraction peuvent faire sortir le calcul par l’urèthre, et alors on attendra. Lorsque la tête n’est pas engagée, on repousse le calcul au-dessus du pubis en pressant avec les doigts. Lorsque la tête est engagée, on la repousse et l’on repousse le calcul avec la vessie audessus du pubis. En cas d’impossibilité, on fera la taille vaginale et l’on extraira le calcul. V. Calculs.

Les parois cancéreuses de la vessie seront repoussées en haut, lorsqu’elles seront très-volumineuses.

Dystocie par vices de conformation du bassin. Le bassin présente une étroitesse abso-

Fig. 157. — Bassin aplati d’avant en arrière.

lue (Velpeau), soit que son squelette présente des

Fig. 158. — Bassin réiréei laicraieineat,

OS ayant le volume normal, soit que les os aient

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le To'nme des os d’enfants (Nægele); la hauteur de la taille n’est pas toujoure en relation avec une bonne conformation du bassin.

Les rétrécissements du bassin sont produits par un aplatissement d’avant en arrière d’un côté à l’autre, ou dans les deux sens (Paul

Dubois). L’aplatissement antéro-postérieur est le cas le plus fréquent. Il existe une déformation où une moitié du sacrum est atrophiée, où la symphyse sacro-iliaque est soudée et où le bassin allongé d’avant en arrière est rétréci latéralement (bassin oblique ovalaire, Nægele).

Fig. 460. — Bassin oblique ovalaire (Nægele).

Les rétrécissements du bassin sont dus : r à un arrêt de développement des os ou d’un os ; 2° à l’ostéomalacie et au rachitisme ; 3° à la, déformation d’une autre partie du squelette qui entraîne la déformation du bassin : ainsi dans la déviation spontanée du rachis, dans les déviations consécutives aux coxalgies (Bouvier, J. Guérin), dans les luxations congénitales ou acquises du fémur (Sédillot) et dans les courbure des membres inférieurs par le rachitisme; 4° peut-être à des affections inflammatoires anciennes des os du bassin et des symphyses.

ilême avec un bassin rétréci à 9 centimètres et un peu moins, une femme peut accoucher à terme une fois sans graves accidents, tandis qu’à une autre grossfâse l’accouchement est impossible; tout dépend du volume de l’enfant et de sa position. Dans plusieurs cas une

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application de forceps bien faite peut encore dégager l’enfant. (Chailly.)

A travers un bassin à 9 centimètres ou moins, le travail est difficile au passage du détroit supérieur; si le détroit inférieur n’est pas rétréci la tête sortira brusquement et déchirera le périnée ; si le détroit inférieur est rétréci également, la tête reste enclavée dans le petit bassin.

A travers un bassin rétréci à 6 centimètres au moins, l’accouchement peut se faire tout à fait exceptionnellement si le fœtus est petit et avec l’aide du forceps.

Avec un bassin rétréci au-dessous de 6 centimètres, l’accouchement à terme est impossible, à moins que l’ostéomalacie qui a rétréci le bassin ne soit encore dans la période de ramollissement des os et ne permette une extension des os (Sprengel, Homberger).

Dans les cas de rétrécissement du bassin, des désordres mortels compliquent le travail commencé, la rupture de l’utérus et de la vessie, l’écartement des symphyses et leur inflammation (M®® Lachapelle). La lenteur du travail est presque toujours une cause de mort pour le fœtus.

Le médecin d’une famille qui voit marier une jeune fille atteinte de quelques-unes des maladies ou des lésions qui causent un rétrécissement du bassin, devra éveiller l’attention de la famille à la première grossesse, et il faudra diagnostiquer l’état des dimensions du bassin par le toucher et les instruments explorateurs de précision. On se rappellera les mesures d’un bassin bien conformé (Nægele).

Millimètres.

Distance entre tes épines iliaques antérieures

et inférieures d’un côté à l’autre . 215

Distance entre les deux épines iliaques aiité-

l'ieures et supérieures . 250

Distance entre le point milieu des deux crêtes

iliaques . 270

Distance du milieu de la crête iliaque à l’ischion. Ce qui donne pour hauteur au grand

et au petit bassin une dimension de . 95

De la partie antérieure et supérieure du pubis au sommet de la première apophyse épineuse

du sacrum (flg. 161) . 190

Ou retranche 15 millimètres pour l’épaisseur du pubis, 65 millimètres pour l’épaisseur du sacrum, pour .avoir le diamètre antéro-postérieur, qui est de . 110

De la tubérosité sciatique à l’épine iliaque supérieure et postérieure du côté opposé, , 175

De l’épine iliaque antéro-supérieure droite à l’épine iliaque postéro-supéricure, et vice versû . 210

De l’apophyse épineuse de la dernière vertèbre lombaire à l’épine iliaque antéro-supérieure,

de l’un et de l’autre côté . 175

Du grand trochanter d’un côté à l’épine iliaque postéro-snpérieure de l’autre côté ... - 230

Du milieu du bord inférieur de la symphyse à l’épine iliaque postéro-snpérieure de l’un et l'autre côté . . 170

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C'est avec des différences dans les cinq der- | nières mesures qne Ton pourra reconnaître le i bassin oblique OTalaire. |

Toutes ces mesures seront prises arec le compas de Baudelocqne (fig. 161).

Ponr mesurer les détroits, on se sert aussi de l'instrument de Tan Huevel qui est un perfectionnement du compas de >1“® Bomn et de Coutoniy ; arec le compas d'épaisseur de Baudelocqueei le pelvimètre externe de ran Huevel, il est possible de préciser les dimensions du bassin, mais ce n’est pas d’nne manière absolue.

%* La main est un bon pelvimètre, après que j l’on s’est assuré de la direction des os et de leur j épaisseur par le palper, le chirurgien introduit 1 dans la vulve son doigt indicateur tenu droit j jusque sur le sommet de l’angle sacro-vertébral.

Il tourne le bord radial de l’index vers le pubis 1

Fil*, 161. — * Compas d épaisseur appliqué peur mesui'er le diamètre sacro-pui^n.

sur lequel le doigt est appliqué, sans quitter la . saillie sacro-vertébrale ; il place l’ongle au ni- | veau du point où le pubis touche le doigt, et ■ celui-ci est retiré. On mesiu'e la longueur ainsi ; déterminée, on répète la même manœuvre en | plaçant le doigt sur le coccî-x et l’on obtient de j la sorte les diamètres antéro-postérieurs. '

%* L’intnwiuction de l’index dans toutœ les directions et l’écartement des doigts, la main étant introduite dans le vagin (Velpeau, Rhamsbotham) sans donner des mesures absolues, fourniront des renseignements qui peuvent être util^ et suffisants.

La déviation du bassin, le transport de la symphyse à droite ou à gauche de la ligne médiane et le transport de la première apophyse épineuse du sacrum en sens opposé suffisent pour faire reconnaître un bassin oblique ovalaire (Nægele).

Thérapeutiq'de. — C’est à la chirurgie et à la médecine qu’il conyient de prévenir, s'il est possible, par un traitement approprié, les vices de conformation du bassin.

Un accouchement à terme chez une femme dont le bassin est rétréci, donne lieu à trois ordres d’indications, suivant que le bassin offre : 1° plus de 9 centimètres et demi dans son plus petit diamètre; 2“ plus de 6 centimètres et demi ; 3° moins de 6 centimètres et demi (P. Dubois).

A, Rétrécissement au-dessus de 9 centimètres et demi. — Dans la présentation pîir le sommet, on attendra six ou sept heures. Quand le col sera dilaté et la poche des eaux rompue , on appliquera le forceps.

Dans la présentation de l’extrémité pelvienne, on ne tirera pas sur le tronc du fœtus et l’on appliquera le forceps pour dégager la tête. Il n’y aurait que dans le cas où l’enfant serait mort, que l’on pourrait se borner à des tractions sur le tronc, et celles-ci seraient modérées néanmoins.

Dans la présentation de la face, dès que la poche des eaux sera rompue, la version céphalique (P. Dubois), par les manœuvres externes (Wigand), pourra être faite, ou bien encore et mieux, on tentera la version par les pieds, et l’on dégagera ensuite la tête avec ou sans le forceps. Si l’enfant est mort, on pratiquera la manœuvre que l’on voudra, et il ne sera pas nécessaire de se presser.

Accocchemext dans la présextatios de la FACE, Forceps et Version.

Dans la présentation du plan latéral du fœtus ou présentation du tronc, si la tête est tournée du côté où le bassin est le plus large, on appliquera le forceps. Si l’occiput est dirigé du côté où le bassin est rétréci, on tentera la version podalique (Velpeau). Quand le fœtus est mort, la version podalique doit toujours être préférée : c’est une opération moins douloureuse pour la mère.

B, Rétrécissement à 9 centimètres et demi et audessus de 6 centimètres et demi. S’il y a présentation du sommet, on appliquera le forceps. S’il y a présentation de la face ou du tronc , on fera la version céphalique, mais il faut pour cela que le bassin n’ait pas moins de 8 centimètres. Au-dessous de ce chilfre, on ne pourra plus avoir recours qu’à l’embryotoniie ;

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la symphyséotomie (V. ce mot) ne doit pas être employée , c’est un moyen qui n’a pas assez d'efficacité et cause des dangers immédiats et consécutifs .

C. Rétrécissements au-dessous de 6 centimètres et demi. L’embryotomie et l’opération césarienne sont les seules opérations obstétricales possibles. Audessous de 5 centimètres J il vaut mieux, lorsque l’enfant vit, faire l’opération césarienne ; l’embryotomie tue l’enfant sans sauver la mère (Pajot).

Toutes les fois que, pendant la grossesse, le bassin a été diagnostiqué comme étant rétréci, il faut provoquer l’accouchement prématuré à sept mois et demi. Dans le cas de rétrécissement extrême, on devra poser devant la famille l’alternative d’un avortement provoqué immédiat ou d’un accouchement mortel.

Dans les cas de rétrécissement du bassin, on a eu l’idée de traiter la mère pour empêcher le développement de l’enfant (Baudelocque, Moreau, Chailly, Depaul). La mère est soumise à un régime débilitant. On ne lui accorde que le quart des aliments qu’elle prend habituellement. Cette pratique ne peut avoir de résultats sérieux que pour les bassins peu rétrécis, à 8, à 9 centimètres, encore faut-il avoir présent à Tespritque des femmes maigres etaffaiblies donnent assez souvent naissance à des enfants bien portants.

Si, malgré ces considérations, on voulait essayer ce traitement, voici ce qui a été fait. Les malades prenaient des potages, des légumes à un seul repas, de la viande une fois par semaine ; une saignée avait été faite au troisième mois, au sixième, au huitième et au huitième et demi. Progressivement la quantité d’aliments avait été diminuée, on évitait de donner des viandes noires.

Pour altérer la santé de la mère , Delafreysse a donné six à huit gouttes de la solution suivante :

Iode pur . . . 1 gramme.

lodure de potassium . 2 id.

Eau distillée . 30 id.

Dans un verre d’eau sucrée tous les jours.

Ce dernier traitement semble peut-être plus rationnel. Quant au premier, ne comptant encore que deux faits un peu positifs de réussite, il faut au chirurgien plus de hardiesse pour le prescrire, qu’il ne faut de courage à la mère pour le supporter.

DYSURIE. La difificulté d’uriner, par inflammation de l’urèthre, par compression incomplète de ce canal, par inflammation ou atonie vésicale, constituent la dysurie. V. Rétention d’urine, Hématurie, Suppression d’urine, Vessie (Cancer de la), Prostate.

La blennorrhagie, la cystite surtout, les maladies de la prostate, la gravelle, la cystite cantharidienne, la dysenterie, les midadies de la moelle, les excès de coït, etc. , sont des causes de dysurie.

La dysurie est le symiptôme primitif de la plupart des maladies des organes génito-urinaires.

Il y a une dysurie qui se produit subitement chez des personnes qui, étant très-occupées, ont retenu trop longtemps leurs urines.

Les individus qui boivent beaucoup trop de bière dans un court espace de temps ont quelquefois une dysurie qui va jusqu’à la rétention.

EAU

Chez les enfants, et toujours chez les garçons, la fièvre qui accompagne les maladies aiguës rend les urines rares, épaisses, chargées de sels qui restent dans la vessie jusqu’au moment du retour à la santé, mais alors quand elles redeviennent abondantes et qu’il faut les rendre, le passage de l’urine dans l’urèthre donne lieu à de très-vives douleurs.

Thé7'apeutique. — Dans les cas de dysurie causée par Turéthrite, la saignée générale et mieux les sangsues au périnée sont chose très-utile. — Puis il faut ordonner des bains entiers ou des demi-bains d’une heure, matin et soir, dans l’eau ordinaire , — des lavements mucilagineux, huileux et opiacés, et des tisanes mucilagineuses en quantité assez' considérable. On traitera la maladie dont la dysurie est le symptôme.

On emploie : l’eau de gomme, la tisane de lin, de gruau, de consoude, de riz, de mie de pain, de miel, de chiendent, l’émulsion ÿ amandes douces et des semences émulsives, Témulsion d’huile d’olives, etc.

Infusion de scutellaire, 15 grammes par litre d’eau.

Infusion à’alkekenge, 30 grammes par litre d’eau

Semences de fruits de sapohllier, en décoction, 10 grammes par litre d’eau (Jacquin)

Décoction de fougèi'e cétérach (se trouve dans les vieux murs) (Bouillon, Lagrange, Journal de pharmacie, ITL, il h)

Décoction de racines de fraisier, 15 grammes par litre d’eau f+l.

Infusion de lin pour tisane f+l.

Teinture de tabac, 20 gouttes, dans une tasse d’eau de graines de lin; toutes les heures (3* Cataplasme contre la dysurie. .

Oignons blancs hachés . n* 6.

Feuilles de pariétaire fraîches. . hologrammes. Décoction de racine de guimauve. q. s.

Recouvrez le pubis et le pénis

Potion diui'étique calmante.

Huile d’amandes . 20 grammes.

Gomme arabique en poudre ... ÎO id.

Jaune d’œufs . 5 id.

Sirop diaeode . . . 30 id.

Eau de chaux . . . . dOO id.

Recommandée contre la dysurie. Par cuillerée

toutes les heures.

Si la dysurie est complète, êt s’il y a rétention d’mlne, il faudra faire le cathétérisme. Y. Rétention d’urine et Cystite.

EAU. Liquide incolore, transparent, inodore, insipide, formant le protoxyde d’hydrogène, composé de 88,91 parties d’oxygène et de 11,09 d’hydrogène. C’est le dissolvant universel. Comme remède il est très-employé à l’extérieur ou à l’intérieur. On l’administre en vapeur, à l’état solide de glace ou de neige, et enfin à Vétat liquide, seul ou associé à un grand nombre de substances médicamenteuses, dans les tisanes,

EAU

dans les eamc distillées qui servent à faire les potions, et dans les eaux minérales naturelles ou artificielles.

Eau acidulée avec le vinaigre, 25 grammes par litre d’ean, — avec le jus de citron exprimé dans Tean ou avec \e jus de groseille, etc. S.

Eau acoustique de Ludwig. Infusion de lavande, de romarin, de valériane, de baies de laurier et de castoreum, à laquelle on ajoute de l’alcool camphré, de l’ammoniaque liquide et de l’essence de genièvre EJ.

Eau albuminetise. Trois à six blancs d’œuf battus dans un litre d’eau et dont on enlève la mousse, dans la diarrhée E], et comme contre-poison du sublimé corrosif i+ +l

Eau alcaline. Bicarbonate de soude, 5 à 15 grammes dans un litre d’eau; — contre le diabète, la goutte et la gravelle Œl.

Eau d’A l ihour ou collyre deSaint-Jemeron. Sulfate de zinc, 70; sulfate de cuivre, 20; camphre, 10; safran, 4; eau, 2000. Laissez en contact et filtrez ; une goutte dans l’œil matin et soir, dans la conjonctivite El

Eau alumineuse. Sulfate d’alumine, 10 grammes pour 1000, en injection et en gargarisme E.

Eau alumineuse composée. Sulfate d’alumine et sulfate de fer ââ 30 ; eau bouillante, 1000, dissolvez et filtrez, comme styptique.

Eau d’angélique. Crème de tartre, 8 gram. ; manne, 60 grammes; eau, 250 grammes; suc de citron, 15 grammes. On clarifie avec du blanc d’œuf; on ajoute un peu d’écorce d’orange et l’on passe pour faire un purgatif agréable E.

Eau anodine de Prague. Alcool ammoniacal, 180 grammes; essence de safran, .30 grammes; huile de lavande, 2 grammes. Mêlez pour friction dans les douleurs rhumatismales E.

Eau antipsorique de Ranque. Staphisaigre, 15 grammes; extrait de pavot, 8 grammes; eau, 1 litre. Faites ouillir et passez; — en lotions dans la gale El

Eau d’arquebusade. Acide sulfurique, 10 grammes; vinaigre, 60 grammes; alcool, 60 grammes; miel despumé, 20 grammes.

Mêlez et donnez vingt à trente gouttes dans une potion, ou appliquez à l’extérieur avec des compresses E

Eau bénite de la Charité. Émétique, 30 centigrammes; eau, 250 grammes, en deux fois, à une heure d’intervalle, contre la colique de plomb E

Ectu blanche. Extrait de Saturne, 8 grammes; eau, 500 grammes; eau-de-vie, 30 grammes; comme résolutif à l’extérieur sur des compresses E

Eau de Botot. Anis, 30 grammes; girofle, S grammes; cannelle, 8 grammes; essence de menthe, 1 gramme; eau-de-vie, 850 grammes. Laissez macérer huit jours, filtrez et ajoutez :

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teinture d’ambre, 4 grammes, en colorant avec un peu de cochenille. S’emploie conune dentifrice E

Eau de boule. Boule de Nancy, n° 1 ; eau bouillante, 1 litre. Laissez infuser quelques minutes ; — contre la chlorose et l’anémie E- EauBrocchieri. Térébenthine, 500 ; eau, 500. Faites bouillir un quart d’heure et filtrez; — contre les hémorrhagies E.

Eau camphrée. Camphre, 4 grammes, pulvérisés avec un peu d’alcool et mis en macération dans 500 grammes d’eau pendant quarantehuit heures, en ayant soin d’agiter de temps en temps. Filtrez.

Eau céleste. Sulfate de cuivre, 20 centigr. dissous dans 130 grammes d’eau à laquelle on ajoute 30 gouttes d’ammoniaque, pour collyre résolutif des conjonctivites scrofuleuses E

Eau chalybée. Sulfate de fer, 10 centigram. pour 500 grammes d’eau ; — contre la chlorose E. ou bien des clous neufs qu’on met dans ime carafe d’eau où ils font de l’eau rouillée.

Eau de chaux. Après avoir éteint de la chaux vive avecdel’eau, on laisse reposer, on décante et l’on verse sur le résidu d’hydrate de chaux cent fois son poids d’eau qu’on agite et qu’on laisse en repos pendant quelques heures. La liqueur décantée constitue l’eau de chaux seconde qu’on garde dans des flacons bien bouchés. Elle s’emploie en bain dans le rhumatisme et dans la goutte E, eu lotions sur les vieux ulcères E, et à l’intérieur dans les calculs des reins ou de la vessie E, dans la diarrhée chronique E, dans la dyspepsie acide El et dans le cancer de l’estomac.

Eau de citerne. Eau de pluie amenée des toits par des conduites de zinc dans un réservoir souterrain, construit de pierre, de ciment romain ou de bois carbonisé.

E au chloroformisée. Chloroforme, 1 0 gouttes, eau distillée, 100 grammes. Faire dissoudre par une longue agitation. A prendre par cuillerées comme antispasmodique E- En ajoutant huit dixièmes d’alcool (Bouchut), on en dissout autant qu’on le désire.

Eau de Cologne. Produit de distillation d’huiles volatiles odorantes dissoutes dans l’alcooL S’emploie pour friction dans les douleurs rhumatismales E et à titre de cosmétique dans la toilette.

Eau créosotée. Créosote, 1 gramme, eau, 1000 grammes. Mêlez; — pour lotions sur les ulcères putrides E

Eau dentifrice. V. Dentifrices.

Eau de Dippel. Huile animale de Dippel rectifiée, 15 grammes, eau distillée, 1000. Mêlez dans im flacon à tubulure inférieure qu’on agite fréquemment pendant quelques jours et dont on extrait la partie inférieure pour le filtrer et la conserver à l’abri de l’air et de la lumière.

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Se donne dans les convulsious, cinq à six gouttes

dans de i'ean sucrée {±1

Eau distillée. Eau pure obtenue par distillation d’eau de pluie et de rivière, et qui sert à la préparation de certaines potions pharmaceutiques. Ou emploie plus ordinairement dans ce but les eaux distillées de plantes émollientes, narcotiques ou antispasmodiques, telles que l’eau de plantain, de laitue, de rnélilot, de tilleul, etc. , mais ces eaux n’ont aucune importance thérapeutique.

Eau divine. Solution de pierre divine dans l’eau, 5 à 10 grammes pour 100, à titre de collyre dans la conjonctivite Œl.

Eau éthérée. Éther, 100 grammes, eau, 1000 grammes. Agitez jusqu’à saturation et décantez après repos. On peut, en ajoutant de l’alcool (Bouchot) , dissoudre autant d’éther qu’on le désire, S’emploie comme antispasmodique Œl,

. Eau ferrée. V. Eau chalybée.

Eau fondante de Trevez. Sulfate de magnésie, 30 grammes; émétique, 3 centigrammes; eau, 1000 grammes. Iki verre d’heure en heure [+].

Eau gazeuze ou eau de Seltz aidificielle, cette eau se prépare en ajoutant à une bouteille d’eau 25 grammes de bicarbonate de soude, puis 10 grammes d’acide citrique, ou bien 20 grammes du même bicarbonate, et puis ensuite î 0 grammes d’acide tartrique. Elle se prépare aussi en refoulant et en chargeant de l’eau pure avec cinq fois son poids d’acide carbonique, ou au moyen des appareils domestiques vendus par le commerce.

; Eau de goudron. 60 grammes de goudron pour une carafe d’eau en macération pendant vingt-quatre heures. Si l’on veut dissoudre plus de goudron il faut le dissoudre dans un petit verre d’eau-de-vie. Elle s’emploie dans la bronchite chronique , dans le catarrhe vésical jet dans la phthisie Q. i

Eau d’Hébé contre les taches de rousseur. Essence de lavande, 250 grammes; de cédrat, 60 grammes ; de roses, 5 grammes ; de citron, 140 grammes; alcool, 900 grammes; eau, BOO grammes; vinaigre distillé, 6500 gram. Exposez au soleil pendant trois jours et filtrez.

Eau hémostatique de Brocchieri, V, Eau DE Brocchieri.

Eau hémostatique de Léchelle. Feuilles de noyer, de chardon bénit, d’aigremoine, d’eupatoire, de ronces, de millepertuis, de mauve, de menthe, de basilic, de sauge, de romarin, de thym, de chaque 500 grammes; de ronces, de soucis, d’arnica, de chaque 1 25 grammes: écorce de chêne, de grenade, 1000 grammes; racine de ratanhia, de gentiane, de garance, de chaque 500 grammes; bourgeons de peuplier et de sapin, 1000 grammes. Tout cela pulvérisé, macéré

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dans 100 litres d’eau pendant trente-six heures et distillé pour obtenir 32 litres, constitue ce produit trompeur imaginé par le charlatanisme pour exploiter la crédulité publique.

Eau hémostatique de Monteiosi. Menthe poivrée, balsamine, marum, dictame de Crète, acore, de chaque 250 grammes ; cataire, pouliot, romarin, sauge, athanasie, eupatoire, sanicle, millefeuille, centaurée, cyprès, sumac, plantain, ortie, écorce de chêne, consoude, bistorte, tormentille, carnpêche, poix noire, agaric blanc, de chaque, 1000 grammes. Réduire en poudre, faire macérer quarante-huit heures et distiller les deux tiers du liquide El.

Eau hémostatique de Pagliari. Benjoin, 250 grammes, sulfate d’alumine et de potasse, 500 grammes; eau, 5000 grammes. Faites bouillir pendant six heures dans un vase vernissé, en agitant le liquide et remplaçant l’eau évaporée par de l’eau chaude, et filtrez. 50 à 150 gram. par jour à l’intérieur Q.

Eau hémostatique de Tisserand. Sang-dragon, 100 grammes; térébenthine des Vosges, 100 grammes. Eau, 1000 grammes. Faire digérer pendant douze heures au bain-marie et filtrer. 50 à 150 grammes par jour S.

Eau hémostatique de perchlorure ferrique. Perchlorure de fer, 2 à 3 grammes pour 1 litre d’eau ; 1 à 2 verres par jour à l’intérieur. Plus concentré, le perchlorure de fer ne s’emploie que comme topique sur la plaie d’où s’écoule le sang, et oji le met pur sur de la charpie en petite quantité, maintenue avec la pointe d’un couteau ŒE].

Eau iodée. Solution d’iode dans l’eau à l’aide d’iodure de potassium, inventée par Lugol. On triture de 25 milligrammes à 5 centigrammes d’iode avec le double en poids d’iodure de potassium, et l’on ajoute peu à peu 500 grammes d’eau distillée. Celte eau s’emploie dans la scrofule S.

Eau de Javelle. Solution de chlorite de potasse colorée en rose par l’oxyde de manganèse.

Eau de Luce. Liquide composé d’ammoniaque, d’huile de succin, etc., donné par gouttes à l’intérieur ou qu’on fait respirer par le nez. Il s’emploie dans la syncope H et pour cautériser les morsures d’animaux venimeux S.

Eau mercurielle. Décoction de 60 grammes de mercure coulant pour 200 grammes d’eau renfermant une quantité à peine appréciable de mercure, et employé chez les enfants comme anthelminthique à la dose de 30 à 100 grammes El.

Eau de mer. L’eau de mer est le type des eaux minérales chlorurées sodiques, dont la température diminue selon la profondeur, car elle peut, à 200Ü mètres. sVêtre que de 7 à 8°, et dont la composition varie selon les localités, par suite de l’évaporation et du mélange avec l’eau

EAU

dfô fienyes. La quantité de chlorure de sodium qu'eüe renferme est environ de 30 à 35 gram. par litre, et il y a toujours en même temps une petite quantité d’iodure ou de bromure de polassinuL

On emploie l’eau de mer en bains froids, en bains chauds et sous forme de douches, dans la chlorose Œl, dans l'anémie [±], dans le rachitisme [3 et toutes les fois qu’il y a Heu d’exciter la vitalité de l’oi^anisation. Filtrée et prise à l’intérieur, à la dose d’un à deux verres, c’est un purgatif assez actif mais il est peu employé.

Eau de mélim. Teinture alcoolique employée comme stomachique et vulnéraire Q.

Fanx minérales. Les eaux minérales sont des eaux de source chargéesde matières salines ou gazeuses qui leur donnent des qualités thérapeutiques spéciales. Bordeu les considérait comme des produits vivants de la terre. Cela n’est pas tout à fait exact, mais cependant il est certain (pie les eaux minérales sortent du sol chargées (le gaz et de matières organiques fraîches, s’altérant au contact de l’air, et qu’elles perdent une partie de leurs propriétés chimiques en môme temps que leurs qualités thérapeutiques. Elles résultent de la filtration des eaux de pluie qui pénètrent dans les profondeurs de la terre des montagnes, d’où elles sortent à des distances considérables plus ou moins chargées de sels, de gaz, de matières organiques et à une température variable quelquefois très-élevée. Leur composition n’est pas constante, car les jours qui suivent les grands orages et les grandes pluies, elles sont un peu différentes d’elles-mêmes.

Il y a cinq classes d’eaux minérales naturelles : les eaux minérales bicarbonatées alcalines et gazeuses, sadiques ou calciques ; les eaux ferrugineuses ; les eaux chlorurées sadiques; les eaux sulfatées sadiques ou calciques ; les eaux sulfureuses sadiques ou calciques. On pourrait y ajouter une sixième classe A'eaux mixtes qui réunissent les qualités alcalines, acidulés et ferrugineuses. Elles sont froides ou chaudes et alors dans ce cas ce sont des eaux thei'males.

I. Les eaux minércdes bicarbonatées ont une saveur alcaline aigrelette (jui dépend de l’acide carbonique (qu’elles renferment, aussi moussentelles, font-elles sauter le bouchon des bouteilles et colorent-elles en rouge le papier de tournesol Telles sont l’eau de Seltz et toutes les eaux mixtes, alcalines, salines ou fen’ugineuses (^ui sont en même temps chai-gées de gaz acide carbonique; comme l’eau de Vichy, des Oélestiüs , l’eau de Chateldon , de Carlsbad , de Spa, etc. Elles s’emploient dans la dyspepsie H, dans la gastralgie S, dans la gravelle El et dans la goutte El.

Les eaux minérales, fortement bicarbonatées sadiques on calciques, ont une saveur salée

EAU kUZ

savonneuse, verdissent le sirop de violette et ramènent au bleu le papier de tournesol rougi. — Ce sont celles de A ichy, d’Hauterive, de Chateldon, de Saint-Yorre, de d’Ussat, d’Ems, de Fougues, de A^als, d’Evian, de Contrexéville, de Saint-Alban, de Saint-Galmier, etc. — On les emploie dans la dyspepsie Q, dans la gastralgie chlorotique El, dans la congestion chronique du foie l-t- -H. dans la gravelle du foie i-H +1. dans les calculs biliaires et les (coliques hépatiques EEl, dans la colique néplirétiipie, les calculs des reins et la gravelle vésicale EEl, dans le diabète Œî], dans la goutte El, à moins qu’il ne s’agisse d’une goutte avec diathèse urique El, dans les engorgements utérins □.

II. Les eaux minércdes ferrugineuses ont une saveur atramentaire semblable à celle de l’encre et elles laissent souvent un dépôt rougeâtre clair ocrasé sur les bords de la source. Elles renferment du sulfate de fer (Passy, Cransac), du carbonate (Forges, Spa) ou du crénate de fer : ce sont les eaux de Passy , de Provins , de Luxeuil, de Forges, de Pyrmont, de Cransac, qui renferme aussi du manganèse, de Spa, de Bussang, etc. On les emploie comme toniques dans les convalescences El, dans l’anémie El, dans la chlorose EI3, dans la gastralgie, dans l’aménorrhée l-e -el et dans la leucorrhée El.

III. I ^es eaux minérales chlorurées, sulfatées, sadiques oucalciques, thermales ou froides, ont une saveur âcre, .salée et laissent par l’évaporation une quantité de sel où domine le chlorure de sodium, le sulfate de magnésie, de chaux, et où se trouvent, pour quelques-unes au moins, une quantité plus ou moins notable d’iode, de brome ou d’arsenic, Ce sont les eaux de Plombières, de Bourboime, de Bagnères-de-Bigorre, de Chaudes-Aigues, du Mont-Dore, de Néris, de Balaruc, de Saint- Arnaud, de Niederbronn, de Kissingen, de. Nauheim, de Carlsbad, de AViesbaden, (le Baden-Baden, etc. Quelquesunes sont purgatives. Ou les emploie dans la dyspepsie El, dans les obstructions intestinales l-H -4-1. dans les maladies scrofuleuses El, dans la paralysie, etc.

IV. \xs eaux minérales suif tireuses, sadiques ou calciques, thermales ou froides, œntiennent des sulfures alcalins, de l’acide sulfhydrique libre ou combiné, de la barégiue, substance onctueuse, et ont une odeur particulière d’œufs pourris. Quelques-unes renferment de l’iode (à l’état d’iodure alcalin dans les eaux de Challes et de Castel-Nuovo). Parmi les eaux sulfureuses il faut citer AméUe-les-Bains, Aix-la-Chapelle, Aix-en-Savoie, Challes, Baréges, Eaux-Bounes, le A’ernet , Baden , Cauterets , Saint-Honoré , Bagnères-de-Luchon, Saiut-Amand, Saint-Sauveur, Eaghien, etc.

On les emploie dans certaines maladies chro-

kkk EAU

niques de la peau E; dans la scrofule ; dans les dartres ; dans les catarrhes chroniques de l’intestin , entretenus par l’herpétisme E ; dans la bronchite chronique E; dans l’angine granuleuse chronique E ; dans la congestion chronique des poumons I-h -h : dans la phthisie tuberculeuse où elles conviennent peu, car elles font souvent cracher le sang; dans les rhumatismes chroniques 1+ -n ; dans la scrofule Q.

Eaux minérales artificielles. On a essayé de composer des eaux artificielles imitant celles qui sortent des différentes sources connues, pour les administrer à ceux qui n’ont pas le moyen d’aller puiser à la source. Toutes ces tentatives, comme celles du transport des eaux minérales naturelles, sont nuisibles à la thérapeutique. Il n’y a qu’un petit nombre d’eaux qu’on doive imiter pour le besoin des malades, non en cherchant à les recomposer complètement avec un grand nombre de substances différentes, mais en y mettant leur principe minéralisateur actif. Ainsi on peut faire de Veau acidulé gazeuse, en y faisant dissoudre de l’acide carbonique à haute pression, où en mélangeant du bicarbonate de soude avec l’acide tartrique ; de Veau alcaline avec 5 à 15 grammes de bicarbonate de soude, de Veau ferrée avec du sulfate de fer, ou avec des clous qu’on y fait oxyder. De Veau sulfureuse ou saline pour bains avec du sulfure de potasse ou avec du chlorure de j sodium; mais vouloir refaire une eau minérale c’est à peu près impossible, et de plus la composition revient à un prix très-élevé.

Eau oxygénée. Acide nitrique, 2 grammes ; eau, 1000 grammes; deux verres le matin dans la syphilis EJ.

Eau panée. Mettre une croûte de pain légèrement grillée dans l’eau et laisser macérer vingt-quatre heures dans les entérites chroniques B.

Eau phagédénique. Faire dissoudre 40 centigrammes de sublimé dans 20 grammes d’eau et ajoutez 130 grammes d’eau de chaux. Pour lotions dans les ulcères vénériens E.

Eau de Prague. Alcoolat préparé avec l’asa fœtida, le galbarum, la valériane, la myrrhe, l’angélique, la menthe, le serpolet, la camomille, la castoréum, la coriandre, et employé dans l’hystérie EJ.

Eau pulvérisée. V. Inhalation et Pülyé-

RISATION.

Eau de Rabel. Mélange d’alcool, 3, et d’acide sulfurique 1 partie, qu’onemploie comme astringent, styptique et antihémorrhagique.

Eau de la reine de Hoyigiûe. Alcoolat de romarin, employé comme antispasmodique.

Eau sédative. Faire dissoudre 60 grammes de chlorure de sodium dans un litre d’eau et ajouter 100 grammes d’ammoniaque et 10 gram.

EBLO

d’alcool camphré. Elle s’emploie comme révulsif dans la migraine Q.

Eau de Sedlitz. V. Purgatifs.

Eau styptique. Solution de sulfate de cuivre 30grammes; de sulfated’alumine, 30 grammes; d’acide sulfurique, 4 gi’ammes dans 350 gram. d’eau, pour arrêter les hémorrhagies traumatiques B.

Eau de suie de Clauder. Faire dissoudre 15 grammes de suie brillante; 45 grammes de carbonate de potasse, 8 grammes de sel ammoniac dans 270 grammes d’eau de sureau, à prendre 30 à 60 gouttes par jour dans la goutte régulière O

Eau térébenthinée. Faire macérer 100 gr. de térébenthine dans un litre d’eau et boire par verres dans le catarrhe de la vessie B et quelques maladies de la peau B.

Eau-de-vie allemande. Teinture de jalap, de turbith et de scammonée, employée comme drastique à la dose de 30 à 60 grammes dans les hydropisies ES.

EAtJX-BOKNiES (Basses-Pyrénées). Eaux minérales sulfureuses sodiques de plusieurs sources, ayant de 15 à 32° centigrades, employées en boisson plutôt qu’en bains, et en inhalations. On les emploie dans la pharyngite granuleuse E, dans la bronchite chronique B, dans la pneumonie chronique E, dans la congestion chronique des poumons B, dans l’asthme E et dans la phthisie B.

EAEX-COAEUES (Basses-Pyrénées). Eaux minérales sulfureuses sodiques, de 15 à 36°, très-voisines des Eaux-Bonnes, et employées dans les mêmes maladies. Les malades qui ne peuvent, par suite de l’encombrement des Eaux-Bonnes, être soignés comme il leur convient, vont aux Eaux-Ghaudes dans la journée pour y prendre leurs bains E-

EAEX MÈBES. Lcs eaux mères sont le résidu de l’évaporation des eaux employées dans les salines pour faire bouillir le sel gemme et en extraire le chlorure de sodium. Ces eaux sont extrêmement désagréables à goûter et renferment à un état de concentration prononcé des chlorures, des sulfates et des bromures eu proportions variables.

On les emploie pour faire des bains stimulants dans le rachitisme, dans la scrofule dans les maladies des os, à la dose de 20ü grammes pour l’eau du bainE Les eaux mères de Kreuznach, de Nauheim, de Bex et de Salins sont les plus employées dans ce but.

ÉBEAEP1.X (Maine-et-Loire). Eau ferrugineuse et gazeuse froide E.

ÉBEOE1SSE9IEXT. Une sensation subite et passagère de lumière diffuse, tremblotante, semée de points lumineux, produite dans l’intérieur, constitue l’éblouissement.

Les éblouissements sont à la fois le sym-

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ptwnc de la congestion cérébrale aiguë ei chronique et de l’anémie: mais dans ce dernier cas il y a en même temps de la gastralgie, des palpitations, des névralgies et des souffles vasculaires qui font reconnaître la nature chlorotique du mal.

Thèrapmtiqae. — Les éblouissements occasionnés par la pléthore et ITiTperelobulic doivent être traités par les boissons acidulés, le régime végétal et lacté, les viandes blanches, les laissons purgatives, quelques purgations et la saignée du bras ou des sangsues à l'anus. V. Pléthobe.

Les éblouissements de l'anémie doivent être combattus par la bonne nourriture, le bon vin, les excitants, les bains froids, les voyages, les bains de mer, le vin de quinquina, le fer sous toutes les formes et les eaux minérales ferrugineuses. V. Avéïie et Chlorose.

ÉBRIÉTÉ. L’ébriété est une surexcitation cérébrale caractérisée par une gaieté excessive, se traduisant par la vivacité du regard, de la parole et des mouvements.

Le vin pur, les liqueurs, les vapeurs d’alcool, de gaz protoxyde d’azote, de chloroforme, sont la cause ordinaire de l’ébriété, mais ce phénomène s’observe souvent dans le cours de certaines formes d’aliénation mentale et particulièrement dans la manie aiguë ou au début de la paralysie générale progressive. V. Folie.

Thérapeutique. — L’ammoniaque, vingt gouttes dans un verre d’eau, est le seul remède de l’ébriété produite par le vin et les liqueurs ou vapeurs alcooliques ; quant à l’cbriété produite par la folie, elle est à peu près incurable. V. Folie.

ÉciiAiLLO\^ (Isère). Eau sulfureuse calcique presque froide Œi.

ÉcnAL'FFE:tiE\T. La rareté des évacuations stercorales, et la dureté des excréments accompagnée de pesanteurs abdominales et de malaises épigastriques avec gastralgie constituent Vécha.uffement, vieux mot qui n’a plus cours et qui représente ce qu’on appelle constipation.

Thérapeutique. — Manger un peu moins, se nourrir de viandes blanches et de légumes herbacés bien cuits, boire de l’eau vineuse, du laitage et des boissons acidulés : voilà le régime que doivent suivre les personnes atteintes d’échauffement.

Les lavements émollients tous les jours, les douches ascendantes rectales d’eau à 2“ pendant cinq à dix minutes, deux fois la semaine ; la moutarde blanche, 60 grammes par jour; la magnésie calcinée, une cuillerée à café dans de l’eau sucrée tous les soirs ; l'huile d’oUves, 40 grammes par jour, à jeun ; et tous les purgatifs salins et huileux sont les meilleurs moyens à opposer à ce qu’on appelle réchauffement. V. COXSTIPATIOX.

ÉCHIXOCOQL’E. Animaux parasites inférieurs ou entozoaires de la Éimille des cestoïdes qu’on trouve en plus ou moins grand nombre dans les acéphalocystes et dans les hydatides.

Lfô échinocoques ne se développent dans le corps de l’homme que par suite d’une alimen-

ECBI 4Zi5

tation au moyen de viandes avariées, remplies de cysticerques dont les germes s’introduisent dans le sang, parcourent les tissus et se fixent en un point où ils se multiplient en formant des kystes à hydatides.

C’est surtout la viande de porc atteinte de ladrerie, c’est-à-dire de cysticerques qui est la cause du développement des échinocoques dans le corps de l’homme.

Il n’y a pins moyen aujourd’hui de croire à la génération spontanée des échinocoques, car on sait que ce sont des animaux issus des germes incomplètement développés du cysticerque, comme le cysticerque lui-même n’œt qu’un avorton du ténia (Gervais, Van Beneden, Kuchenmeister).

Les échinocoques, les cysticerques et les ténias, quoique très-différents de forme, ne sont que le même animal modifié par le milieu dans lequel il a pris naissance.

On trouve des échinocoques dans tous les organes et principalement dans le foie, dans le poumon, dans les reins, dans le tissu cellulaire, dans le cerveau, dans les muscles (siège ordinaire des tumeurs externes), et partout cet entozoaire parasite s’entoure d’une membrane gélatineuse, amorphe, presque transparente, remplie d’eau. Ces vésicules plus ou moins nombreuses, qu’on appelait jadis des acéphalocystes, sont contenues dans une enveloppe gélatineuse, opaline {Hydatide mère), qui est entourée d’un kyste fibreux plus ou moins considérable, et forment la tumeur hydatique (Livois). V. Kystes hydatiques.

Les échinocoques se présentent sous forme de grains innombrables presque invisibles, renfermés dans de petites vessies transparentes du volume d’une noisette.

Un échinocoque, vu h un fort grossissement, représente une vessie allongée ayant une tête garnie de seize à vingt crochets (fig. 162 et

Fis. 16J, — Échîaoeoqne invaginé dant on. voit le corps, les ventooses. la tête et la eoaronne de crochets.

163) ; un col rétréci au-dessous, puis une partie plus large avec quatre mamelons, et après un

ÜZi6 ECHI

étranglement an-dessous dutpiel se trouve nue

base pins on moins renflée (flg. 163).

Fig. 163. - A. j!.ctiiuoeo.iue à tèie ueveioptJd.; aveu sa couronne de crochets. — B. Échinocoejue à tête rentrée. — C. Crochets isolés.

Selon le volume des tumeurs à échinocoques et selon le siège qu’elles occupent, se présentent des phénomènes différents : — ici, des phénomènes nerveux encéphaliques; — là, des désordres de respiration ; ailleurs, — des symptômes hépatiques, rénaux, gastriques, etc. , d’après le siège des parasites dans le cerveau, dans le poumon, dans le foie, dans le rein, etc. , ce qui veut dire que les échinocoques des viscères ne donnent lieu à aucun phénomène qui leur soit spécial, et que tous ceux qu’ils produisent, essentiellement variables, dépendent tout à fait des fondions de l’organe affecté par leur présence.

Il n’y a qu’un seul cas où les échinocoques se révèlent par un signe caractéi’istique, c’est lorsqu’ils forment une tumeur, faisant saillie sous la peau, dans laquelle le choc du doigt produit de la fluctuation avec un frémissement spécial dû à la collision des acéphalocystes , c’est le frémissement hydatique. (Piorry. )

Lorsque dans une tumeur fluctuante de la peau il y a doute pour savoir si elle renferme des hydatides; une ponction avec le trocart capillaire n’a rien de dangereux , et comme elle donne issue à un liquide non albumineux, clair comme de l’eau de roche et renfermant des crochets (fig. 163), on peut être assuré qu’il s’agit d’une tuni-eur à échinococpies.

La gravité des tumeurs hydatiques remplies d’échiuocoques dépend de leur volume, de l’importance des organes affectés, des accidents de voisinage occasionnés par la compression et de l’état de phlegmasie ou de fièvre hectique qu’elles engendrent.

Beaucoup de tumeurs à échinocoques guérissent seules, soit parce que les entozoaires cessent de se multiplier et {[u’ils meurent en laissant le kyste dans un état statiomiaire ou de pétrification, soit parce que la tumeur vide son

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contenu dans une cavité voisine, tefle que l'intestin, la vessie, les bronches, etc.

Lorsque les tumeurs à échinocoques sont situées dans un viscère et s’accroissent démesurément, il en résulte des accidents graves en rapport avec l’organe affecté et de plus un état fébrile continu avec dépérissement susceptible d’entraîner la mort.

Thérapeutique. — Quand les tumeurs à échinocoques ne guérissent pas seules et s’accroissent de jour en jour, il faut, lorsqu’elles sont accessibles pour le chirurgien, les ouvrir pour en évacuer le contenu.

Si la tumeur s’est développée dans le tissu cellulaire, l’opération est très-facile et n’offre aucun danger. On fait une incision cruciale pour énucléer le kyste, et après l’avoir enlevé on rapproche les lèvres de la plaie, ou bien on fait une ponction pour vider la tumeur et l’on y injecte de la teinture d’iode.

Le cas est plus grave si la tumeur à échinocoques occupe un viscère, tel que le foie, la rate, le mésentère et vient faire saillie sous la peau. Alors la tumeur est dans le péritoine et séparée de la peau par la cavité péritonéale qu’il faudrait diviser si l’on opérait en un seul temps. Dans cette circonstance particulière, il faut, par le procédé Begin ou Récamier, établir des adhérences entre la tumeur à échinocoques et la paroi abdominale. Une fois ces adhérences établies, on ouvre le kyste, on le vide des hydatides qu’il renferme et l’on y injecte de la teinture d’iode à plusieurs reprises. Peu à peu la tumeur s’affaisse et à l’ouverture apparaît la membrane d'enveloppe qui contenait toutes les vésicules ou Vhydatide mère^ C’est celle-là qu’il faut saisir et retirer du kyste. Une fois extraite, il n’y a plus d’hydatides dans la tumeur, et le kyste se rétrécit de jour en jour jusqu’à cicatrisation parfaite. V. KisiES hydatiques.

Écii.ii^FSIE. La perte subite et passagère de l’intelligence et de la sensibilité avec mouvements convulsifs généraux de la face, du tronc et des membres, caractérise l’éclampsie.

Une attaque d’éclampsie dure de quelques minutes à quelques heures ou à quelques jours, mais dans ce dernier cas, il y a des rémissions plus ou moins complètes des phénomènes convulsifs.

L’éclampsie est une névrose tout à fait indépendante des lésions du système nerveux.

L’éclampsie se montre rarement chez l’homme, tandis qu’elle est plus commune chez la femme en puerpéralité et chez les jeunes enfants.

L’éclampsie puerpérale de la grossesse ou de l’accouchement est presque toujours sous la dépendance de l’albuminurie et peut-être de l’urémie qui en résulte.

L’albuminurie et l’urémie sont assez souvenr chez l’homme une cau.se d’éclampsie.

Chez les enfants, l’éclampsie, souvent héréditaire, se développe accidentellement sous l’iiiflueuce d’un mauvais lait, d’une indigestion, des vers, de la constipation, de la rétention d’urine, delà deu’ition, de la chaleur excessive,

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de la colère, de la pear, de la doolenr et de la jalousie.

L'éclampsie est très-souTeutle symptôme d inyabiiond uoe pneumonie ou d'une des fièvres éruptives de l’enfance, mais alors la convulsion au lieu de finir sans rien laisser après elle, est au contraire suivie d'un état fébrile plus ou moins {wunoncé.

%* L'édarapsie qui se produit à la fin d'une maladie aiguë, pneumonie, fièvre t\T)hoïde ou autre, est toujours très-grave et annonce une mort prochaine.

On voit souvent une albuminurie de vingtquatre à quarante-huit heures, suivre l’éclampsie, mais jamais ce phénomène, qui est dû à la congestion passive des reins, n’a de suites graves.

Des paroxysmes convulsifs passagers avec perte de connaissance, venant uîie ou plusieurs fois dans le cours de la vie et se reproduisant à des intervalles irréguliers et plus ou moins rapprochés, constituent l’éclampsie de l’enfance.

Des paroxysmes convulsifs, rémittents et subintrants avec œdème ou anasarque, caractélérisent l’éclampsie albuminurique des enfants des hommes adultes et de la femme grosse.

Quand une attaque convulsive cesse pour revenir à la même heure le lendemain ou le surlendemain, elle annonce une fièvre peimicieuse très-grave.

L’attaque d’éclampsie dure ordinairement quelques minutes et disparaît sans laisser aucune trace de son passage, mais elle peut durer plusieum heures, chez quelques enfants il en peut résulter une paralysie partielle musculaire ou une paralysie sensoriale.

Une forte attaque d’éclampsie peut amener la mort.

Thérapeutique de l’éclampsie des enfants. — Si l'éclampsie s’accompagne d’une forte congestion de la face, il faut appliquer une ou deux sangsues derrière les oreilles.

L’enfant atteint d’éclampsie doit être déshabillé complètement, mis au lit dans une chambre spacieuse bien aérée, et au besoin son corps peut être exposé à un courant d’air frais.

S’il y a constipation habituelle ou indigestion, l’éclampsie doit être combattue par un purgatif ou par de l’émétique à dose vomitive.

Quand l’éclampsie reparaît au bout de vingtquatre ou de quarante-huit heures avec le type intermittent régulier, il faut employer le sulfate de quinine, 10 ou 30 centigrammes à l’intérieur, dans du café noir sucré ou en lavement ou en pommade.

L’incision cruciale des gencives ou le simple débridement sont quelquefois très-utiles dans les cas d’éclampsie liée à une dentition laborieuse.

Une éclampsie qui reparaît chez im enfant qui a des vers ou dont les excréments renferment des œufs de ténia ou de lombrics, doit être combattue par les vermicides appropriés. Ÿ. Téxlv, Ascvrides.

L éclampsie doit être combattue par les révulsifs cutanés, tels que sinapismes, lotions ammoniacales

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sur les membres ou frictions excitantes sm‘ le corps et par des insufflations bouche à bouche ou par respiration artificielle faite en pressant les fausses côtes.

Les antispasmodiques sont très-utiles pour empêcher le retour de l’éclampsie ou pour en abréger la durée, et alors il faut donner \ éther en sirop, 15 à 30 et 60 grammes; — la liqueur d’Hoffmann, 20 à 50 gouttes dans une potion; — V acétate d’ammoniaque ou esprit âe mindérérus, à 1 gramme en potion; — le sirop de chloroforme, 15 à 30 grammes ; — la teinture de musc, à 5 et 6 grammes ; — la teinture de castoréum, à 2 ou 3 grammes; — l’extrait de valériane, 15 à 25 centigr.; onia, poudre de valériane, 1 à 2 grammes , — le valérianate d’ammoniaque, 1 gramme; — le valérianate de zinc, en granules ; — l’oxyde de zinc, à 3 et 4 grammes ; — les lavements de chloroforme répétés plusieurs fois par jour, à 1 gramme par lavement, etc. V. Ck)NVTLSIOSS.

Éclampsie des femmes enceintes ou récemment acconchées , ou éclampsie puerpérale. L’éclampsie avec tous ses caractères convulsifs (M““ Lachapelle) accompagnée d’amaurose et d’œdème, s’observe souvent chez les femmes enceintes qui ont de l’albumine dans les urines. (Rayer, Simpson.)

*** Une altération particulière du sang et une albuminurie, peut-être une altération des reins et un trouble de la circulation (Rayer) , sont la cause première des convulsions puerpérales (Simpson); l’irritation de Tutérus et l’action reflexe de cet organe sur le système nerveux, (Clarke, Labatt, Churchill), l’irritation de la vessie (Mauriceau), du tube intestinal (Merriman , Chaussier), ont aussi produit des convulsions , mais ces derniers faits ont été si peu observés, qu’ils peuvent être considérés comme tout à fait exceptionnels ou se rattachant à un état nerveux tel que l’hystérie et l’épilepsie.

Le tempérament anémique, l’habitalion dans les villes, les vêtements serrés, les émotions morales, les privations, sont les causes prédisposantes des convulsions éclamptiques. L’hystérie et l’épilepsie ne sont pas uue cause favorable au développement de l’éclampsie; ces maladies semblent , au contraire , disparaître pendant la parturition.

Le.s premières grossesses sont celles qui exposent le plus à l’éclampsie.

Les convulsions puerpérales s’anuonceut par une gêne de la respiration, de la céphalalgie, des nausées, des vomissements, des éblouissements et des tintements d’oreilles; la vue se trouble{Meigs, de Philadelphie), le sens de l’ouïe est émoussé, il y a des fourmillemeuts dans les membres et tout arrive par une augnientatiou progressive, de l’hébétude ; le pouls est plein chez les femmes pléthoriques, il est petit chez les femmes nerveuses ; la face est pâle, il y a des frissons l^ers.

Lorsque l’éclampsie se mauifeste peudaiit le travail, les malade sont agitées, loquaces,

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indociles, puis tombent dans un état de stupeur, les contractions utérines deviennent irrégulières, il y a ce que l’on appelle tétanos utérin.

Il n’est pas rare que l’éclampsie débute sans prodromes; mais dans un bon nombre de cas au moins, on a pu trouver de l’œdème de la face et des extrémités et de l’albumine dans les urines des malades.

Les accès d’éclampsie puerpérale se révèlent par des mouvements convulsifs cloniques des muscles de la face et du corps, par de l’insensibilité, par de la pâleur et par la respiration stertoreuse ; la bouche contient quelquefois de l’écume sanglante et à la longue la face se congestionne; les veines du cou se gonflent, le pouls est plein et dur ; la peau, sèche, ne tarde pas à se couvrir de sueur, et cette sécrétion semble amener une diminution des symptômes. Comme dans les convulsions urémiques (V. Urémie), la sécrétion urinaire est diminuée. Les accès se terminent par une résolution lente. Pendant l’accès les contractions utérines se ralentissent ou bien sont activées et expulsent rapidement le fœtus.

En général les accès d’éclampsie se reproduisent au moment du début d’une contraction utérine (Dewees), et le ralentissement du pouls est le signe qui annonce l’apparition d’un nouvel accès (Merriman, Velpeau).

%* La mort dans l’éclampsie est quelquefois due à l’urémie et à une méningite, mais le plus souvent les malades meurent dans une sorte d’asphyxie lente, par suite de congestion cérébrale, et par des hémorrhagies pulmonaires (Ménière).

Les enfants de femmes atteintes d’éclampsie viennent quelquefois vivants malgré l’état de la mère, mais ordinairement ils meurent; il est rare qu’ils aient des convulsions semblables à celles de la mère, comme l’a vu Schmidt, de Paderborn.

Quand l’éclampsie est liée à une maladie des reins et à une urémie, l’accouchement n’a aucune action sur elles, ou a une action peu marquée.

Thérapeutique. — Une femme qui a des congestions cérébrales et qui rend de l’albumine dans les urines est menacée d’éclampsie; elle doit être saignée. Elle boira en petite quantité. La sécrétion urinaire doit être entretenue sans cependant que l’on introduise un excès d’eau dans le torrent de la circulation (Mialhe). Les purgatifs peu énergiques, tels que l’huile de ricin à petite dose, sont d’un bon usage.

Avant comme après les accès, on donnera la potion purgative suivante :

Eau de Pouliot . 90 grammes.

Éméti(jue . 40 centigrammes.

Teinture d’opium . 30 gouttes.

Sirop . 10 grammes.

(Collins Johnson.)

Une cuillerée toutes les demi-heures S-

Si les convulsions menacent de se produire au moment de l’accouchement, les précautions indi-

ECLE

quées pour favoriser le travail seront rigoureusement prises. V. Accouchement a terme.

Pendant les accès, on appliquera quatre six à sangsues derrière les oreilles , que l’on placera successivement; l’artériotomie et la saignée du bras sont peut-être moins avantageuses. — On purgera la malade avec l’huile de ricin, 30 grammes, si elle reprend un peu de connaissance; — dans le cas où l’accès durerait, ou donnerait des prises de calomel et de sucre contenant 30 à 40 grammes, placées dans la bouche (Merriman) ; ou bien, ce qui est mieux, on donnerait un lavement avec 40 ou 60 grammes d’huile de ricin.

On placera des sinapismes et des vésicatoires aux extrémités, aux cuisses, à la nuque ; les ventouses Junod, l’élévation des membres supérieurs, ont une grande puissance révulsive pendant les accès. — Les aspersions d’eau froide, les chatouillements des narines sont de bons moyens adjuvants.

Les potions avec 10 à 15 centigrammes d’extrait de belladone sont plus profitables que les potions opiacées. — Le chloroforme pendant les accès ne convient pas, parce que les convulsions sont dues à une altération du sang ; ce n’est qu’un moyen palliatif.

Si, pendant l’éclampsie qui survient dans le cours de la grossesse, il y a des contractions utérines, après avoir épuisé les moyens contre l’éclampsie, on fera l'accouchement prématuré artificiel. Dans les cas désespérés, on est encore autorisé à tenter l’accouchement prématuré, et même l’avortement ; mais, en raison des contractions générales, il est nécessaire de recourir quelquefois à la dilatation forcée et même au débridement du col, — la dilatation forcée pourra être faite, avec le dilatateur à boule de caoutchouc de Tarnier, ou avec un dilatateur métallique.

Même en l’absence d’un accès d’éclampsie confirmé, et en se guidant sur les prodromes, sur l’œdème des extrémités et les troubles de la vision, l’accouchement prématuré est proposable, et, dans ce cas, on a du temps devant soi, et l’on peut avoir recours aux procédés ordinaires. V. Acpouchement prématuré ARTIFICIEL.

Lorsque l’attaque d’éclampsie survient chez une femme en travail, le col étant dilaté, on appliquera le forceps. — Pour la présentation de la face, on emploiera le forceps si la tête est engagée ; on fera la version si la tête est au-dessus du détroit supérieur ; — on fera la version pour la présentation du tronc. Ou exercera des tractions en cas de présentation du siège.

Si, au contraire, la femme est en travail, le col n’étant pas dilaté ni dilatable, on ponctionnera la poche des eaux; — si le col est quelque peu entr’ ouvert; on appliquera l'extrait de belladone sur l'orifice. — Les convulsions s’amendant, on attendra ; dans le cas contraire, on débridera le col, on introduira la main et l’on fera la version, ou bien on appliquera le forceps, suivant la présentatioui — C’est seulement quand les convulsions paraissent mortelles et quand toute manœuvre obstétricale par le vagin est impossible qu’on peut faire l’opération césarienne.

Une fois l’accouchement terminé, on délivrera, on extraira le placenta et les caillots, et l’on fera des mjections d’eau à peine tiède dans l’utérus. V. Délivrance.

ÉCLECTISME, Doctrine médicale, imitée

ECRA

de l’éclectisme philosophique par Agathinus de Sparte, et dans laquelle, opérant la fusion des principes qui servent de à l’empirisme, à i’anatomisme, au naturisme et au méthodisme, ce médecin philosophe a voulu concilier toutes lœ doctrines médicales de son temps. — Ce n’est pas une doctrine, car elle ne repose sur aucun principe défini C’est un système d’autocratie philosophique et scientifique dans lequel chacun a sa manière de voir, et choisit ce qui lui semUe bon dans toutes les autres doctrines. — L’écleclisrae de l’un n’est pas celui de l’autre, et par cela même, il n’y a pas lieu de considérer cette manière de faire comme une doctrine

Éc ORCG. Partie estéricure des végétaux ligneux dicotylédones composée de plusieurs ^ couches revêtues d’épiderme et renfermant des ; principes utilisés en médecine. — Pour l’usage médicinal, les écorces doivent être récoltées au printemps et sur de jeunes branches. — On emploie :

V écorce astringente du Brésil.

V écorce éleuthérienne ou cascarille.

V écorce du Malabar ou nérium.

V écorce de Magellan ou de Winter.

V écorce du Pérou ou écorce des jésuites ou quinquina.

h' écorce de Poggereba contre la diarrhée.

V! écorce poivrée ou faratodo.

V écorce de sureau (seconde écorce) en décoction, 1 5 grammes par litre contre les liydropisies.

V écorce de Sui'inam ou Andira, contre les vers.

h' écorce de tai'ton-raire , employée pour remplacer le garou et faire une pommade épispastique.

L'écorce de Winter {Wintera aromatica) de la famille des magnoliacées, employée en poudre comme stimulante contre le scorbut.

ÉcoacHLRE. Plaie légère de la peau accompagnée d’un faible écoulement de sang et d’uii suintement séreux suivi de la formation d’une croûte qui tombe au bout de quelques jours.

ÉcoL'%ii.i.O\. Petit instiument formé de crin fixé sur un double de fil de métal tordu, et formant une petite brosse cylindrique, destinée à nettoyer les canules dont on se sert pour la trachéotomie.

ÉCBASEHE.XT EixÊAiRE (Chassâignac).

L’écrasement linéaire est un procédé de destruction dœ tissus qui a pour effet de les sectionner par pression et avec lenteur.

*** L’écrasement linéaire prévient les hémorrhagies et met assez souvent à l’abri de l’infection purulente (Chassaignac}.

L’écrasement linéaire permet d’enlever les

ECKA 449

tumeurs pédiculées, les tumeurs non pédiculées après formation d’un pédicule par des aiguilles fortes qui traversent une tumeur: il permet d’enlever des tumeurs en plusieurs temps ou par l’application de deux écraseurs à h fois.

Fig-. 164. — Écraseur à échappement ou à détente. (Mathieu.)

L’instrument est droit ou courbe à volonté, et il permet de mesurer le degré de compression nécessaire pour son action. De cette manière on peut suivre pour ainsi dire les progrès de la section.

Il est bon pour les tumeurs vasculaires, parce que les tours imprimés à la vis peuvent être aussi limités que l’on veut, et parce que l’écrasement peut être fait extrêmement lentement.

Pour les tumeurs pédiculées, situées profondément, on peut se servir d’un simple serre-nœud muni d’un ûl de fer simple ou double (Maisonneuve).

Chacun de ces instruments a son utilité dans un cas déterminé.

Pour appliquer les écraseurs, on embrasse la base d’une tumeur ou des portions de tumeurs. On passe les chaînes ou le fil de fer, soit autour de la tumeur, soit avec mie aiguille enfilée d’un fil qui le conduit à travers les parties.

Puis on endort les malades et l’on serre, selon la vascularité de la région, en avançant d’un cran ou d’un tour de vis toutes les dix secondes, toutes les minutes ou toutes les deux minutes. On cesse de donner le chloroforme lorsque le sommeil est complet, et l’on recommence dès que le malade se réveille (il n’est pas prudent Fig. de laisser respirer le chloroforme

dure une opération).

Û50 EGTH

Lorsqu'on sent une résistance vaincue , les organes sont coupés, pour enlever rinstrument qui tient encore aux parties, on le tourne sur lui-même jusqu'à ce qu'il se détache.

On panse les plaies à la surface de la peau avec l’eau froide, au moyen d'un pansement simple ou d’un cataplasme. Sur les plaies des muqueuses, on se borne à faire des lotions avec des collutoires et des injections.

Les accidents immédiats de l’écrasement linéaire sont une persistance de la douleur et, tout à fait exceptionnellement, une hémorrhagie, mais cela n’arrive que pour la langue. On remédiera à la douleur par les préparations opiacées ; quant à l’hémorrhagie elle sera traitée par la cautérisation avec le fer rouge ou par l’application d’un tampon de charpie imbibé de perchlorure de fer.

Les accidents consécutifs n’existent que pour les bourrelets hémorrhoïdaux. V. Hémorrhoïdes.

ÉCR4SEUR. Instrument de l’invention de Chassaignac, formé d’une chaîne articulée qu’on manœuvre au moyen d’une crémaillère fixée sur une tige. V. Écrasement linéaire.

ÉCREVISSE. Crustacé alimentaire dont une espèce, Astacus fluviatilis, fournit les yeux d’écrevisse, pierre placée à côté de l’estomac, employée comme poudre absorbante. — Aujourd’hui on fabrique les yeux d’écrevisse de toute pièce avec du carbonate de chaux.

ECTHTMA. Des pustules arrondies, assez grosses, à base rouge et dure, suivies d’une croûte brunâtre plus ou moins épaisse après laquelle on voit une tache rougeâtre, constituent l’ecthyma.

Il y a l’ecthyma vulgaire, l’ecthyma de Venfance, l’ecthyma cachectique et l’ecthyma syphilitique.

L’ecthyma occupe ordinairement les membres inférieurs, puis les mains, les bras, le cou, les épaules et le tronc, et les pustules durent sept à huit jours pour se renouveler pendant plusieurs mois, si le sujet est très-cachectique.

L’ecthyma existe plus souvent chez l’homme que chez la femme et chez les sujets débiles, mal nourris, cachectiques, scrofuleux ou syphilitiques.

Thérapeutique. — Dans l’ecthyma cachectique , il faut prescrire im bon régime fortifiant et des bains tièdes ou des bains d’eau minérale saline, avec des boissons amères et toniques.

Si le malade est jeune et pléthorique, ce qui est rare, il faudra, au contraire, ordonner la diète lactée ou féculente, et des boissons délayantes acidulés.

Des bains simples, féculents, avec le son ou Y amidon , des bains de gélatine , et des appbcations de poudre Æ amidon ou de sous-nitrate de bismuth devront être employés.

On fera des lotions avec la liqueur de VanSu'îeten, coupée avec moitié d’eau ou avec la solution suivante ;

Sublimé . 10 centigrammes.

Chlorhydrate d’ammoniaque . . 10 id.

Eau distillée . . 300 grammes.

OU bien des lotions avec la décoction de quinquina (3 :

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— des lotions avec l’acide chlorhydrique très-éteudu — des cautérisations avec le nitrate d’argent [3 i — fies applications de cérat térébenthiné 3; des compresses de coaltar saponiné au cinquantième 13 i des compresses d’acide phéiiique étendu d’eau 13-

Acide pbénique . 1 gramme.

Eau distillée . 1000 id.

Quand Tecthyma existe chez des sujets atteints de syphilis, il faut s’occuper de cette diathèse (V. Syphilis), et s’il y a une ancienne phlegmasie de l’estomac nu de l’intestin qui soit la cause du mal, il faudra s’occuper de guérir le tube digestif en même temps qu’on agira sur la peau. V. Entérite.

ECTROPiOîV. Le renversement du bord des paupières en dehors laissant continuellement à découvert le globe de l’œil recouvert en partie par un bourrelet muqueux rouge, plus ou moins saillant autour de la cornée, développé sur la conjonctive palpébrale, et empêchant le rapprochement des paupières, constitue l’ectropion.

L’ectropion ancien est presque toujours accompagné d’un écoulement continuel des larmes, d’une kératite chronique et d’une conjonctivite plus ou moins prononcées.

L’ectropion est simple ou double, suivant qu’une paupière seule ou les deux paupières sont renversées.

I. Eefropion par hypertrophie de la conjonctive. — Ici, le bord libre des paupières est poussé en avant par un bourrelet fongueux recouvert ou non de granulations, et dans lequel on ne sent point le cartilage tarse.

Une conjonctivite chronique est la cause ordinaire de l’ectropion par l’hypertrophie conjonctivale qu’elle fait naître.

Ce que l’on appelle ectropion tarsien est une variété de renversement des paupières à la suite des inflammations chroniques.

Thérapeutique. — Dans l’ectropion avec hypertrophie de la conjonctive, on traitera les granulations de la conjonctive. V.CoNJONCTivE (Granulations de la) .

Lorsque tout traitement aura échoué, on cautérisera avec le fer rouge (Celse) ; on pansera à l’eau froide ou tiède, et l’on fera ensuite usage d’un collyre au sulfate de zinc, 10 à 15 centigrammes pour 30 grammes 'd’eau distillée. La cautérisation de la muqueuse avec le beurre d’antimoine (Weller), l’acide sulfurique (Guthrie), comme la cautérisation au fer rouge , sont difficiles à appliquer, à cause du voisinage de l'œil.

L’excision est un bon procédé. On enlèvera sur le ; bourrelet un lambeau en V renversé (Antyllus), ou mieux on excisera le bourrelet avec les ciseaux (Scarpa), soit en l’attirant avec un fil passé au travers, soit simplement avec une pince à dent de souris.

II. Ectropion cicatriciel. — Après une desiruction de la peau des paupières le tissu cicatriciel formé se rétracte souvent et la paupière se renverse en dehors de façon à laisser voir le cnrtüage tarse entre les paupières.

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ECTR 651

Un abcès de Toibite onvert à Textérieur donne sonyent lieu à nne cicatrice adhérente qui tire la paupière en dehors et à un ectropion. Ce sont les abcès froids qni entraînent le plus souyent cette difformité.

Une tomeur des paupières ou du grand angle de l'œil produit encore l'ectropion, mais dans ce cas le traitement de l'ectropion n’est autre que celui de la tumeur.

Thfrapeatiqae. — Contre l'ectropion consecutif à nne cicatrice, à une perte de substance étendue, le meilleur procédé est l'autoplastie des paupières ou blépharoplastie, méthode française (Jæger, Wharton Jones, Serre, Dieffenbacb), méthode indienne (Fricke, Deuonvilliers) .

Pour faire la blépharoplastie à la paupière supérieure, après aToir détaché les ad-

: même forme que pour la paupière supérieure; on ' réunit les paupières entre elles et le lambeau aux i parties Toisines, et Ton se comporte comme il a été dit (Denonvilliers). (Fig. 166.)

Lorsque Fectropion est double, on opère eu une seule ou en deux fois.

La méthode indienne pure (Fricke) est bonne pour réparer les pertes de stîstance des paupières, mais elle est moins avantageuse que les procédés précédents dans l'ectropion. On taille un lambeau sur la tempe ou la région malaire et le pédicule est tordu pour faire l’application sur la paupière avivée et dépouillée du tissu cicatriciel. V. Pacpières (Absexce des).

— Lorsqu’il y a une bonne partie de la paupière conservée, lorsque la cicatrice difforme est située sur la partie moyenne, on fait sur le front une incision en V renversé, ou sur la face une incision en V droit.

hérences de la paupière, régularisé la plaie et avivé le bord libre de celle-ci sans toucher au cartilage tarse, on taille un lambeau sur la peau du front, se rapprochant par la forme d'une demi-circonférence et tenant à la peau du sourcil par un pédicule assez large ; on réunit par suture avec des fils d’argent le bord libre des paupières et le lambeau ; on panse à l’eau froide. — On enlève les fils qui unissent les pqupières, le lendemain ou le surlendemain ; l’adhésion des pau-

des Ïambes

pièces est déjà établie. La cessation

de la rétraction du lambeau après la cicatrisation des plaies indiquera le moment où il faudra ouvrir les paupières. (Denonvilliers, association de la méthode indienne de Fricke au procédé d’occlusion des paupières deMirault (d’Angers) et Maisonneuve). S’il V a récidive, on renouvelle l’opération par les mêmes

Fis. lôj. — Pioc^lc de Fneke ; de DèttouTiiliers.

moyens. — Pour faire la blépharoplastie à la paupière inférieure, on avive le bord libre des paupières, après avoir détaché la paupière des adhérences de la joue; on taîUe un lambeau sur la pommette, de

du côté du bord libre de la paupière. On rapproche les paupières, puis on rapproche les deux lèvres de l’incision qui a servi à tailler le lambeau. Celui-ci est amené par glissement jusqu’au contact de l’autre paupière (Wharton Jones), on maintient le lambeau en place à l’aide de compresses ou de bandelettes de diachylon. On peut réséquer la pointe du lambeau, pour éviter qu’il. ne se gangrène. Cette opération échoue parfois (Blasius), surtout quand l’ectropion est près des commissures. Pour assurer la guérison, la suture des paupières est d’un bon usage. V. pour la figure. Nez (Restauration du).

Le procédé suivant de Guérin (fig. 167) est une modification du procédé de Wharton Jones.

Pour les ectropions doubles sans renversement énorme, on raccourcit le cartilage tarse. On excise im lambeau triangulaire, à base tournée vers l’œil, à la commissure externe ; deux incisions courbes, parallèles aux bords de l’orbite, limitent deux lambeaux dont les pointes sont réimies à l’angle externe de l œil (Dieffenbach). Ce procédé est bon pour réparer les pertes de substance après l’ablation de tumeurs des paupières.

On pansera à l’eau froide. On laissera les sutures de deux à trois jours en place, quel que soit le procédé autoplastique employé.

On se bornera à raccourcir le cartilage tarse, et le bord palpébral dans les cas d’ectropion sans renversement prononcé du cartilage tarse. On raccourcira le cartilage tarse et le bord palpébral de la paupière opposée, en enlevant an niveau du grand ai^le de l'œil un lambeau triangulaire, à base tournée vers l’œil, et en réunissant les plaies par suture (Ledran) .

On raccourcira le cartiie^ tarse et le bord palpé-

452 ECTll

bral en dehors , par une excision d’un lambeau triangulaire^ à base tournée vers l’oeü (Antyllus^ W. Adams).

Pour éviter les cicatrices sur les paupières, on peut agrandir la commissure externe par ime incision transversale J exciser ensuite sur Time des deux lèvres de la plaie un lambeau triangulaire et réunir ensuite toutes les lèvres des plaies. Pour être plus sûr du résidtat, ou resèque le bord de la paupière attiré en dehors, et on la réunit avec la lèvre supérieure ou inférieure de la plaie faite à la commissure, suivant que le lambeau a été taillé sur la paupière supériem-e (Diefifenbach) (fig. 168). On peut, par une

Fig. 168. — (Procédé de Dieffenbacli). — B, C, D. Lambeau triangulaire enlevé ; on réunit ensuite par sutoe la lèvre B, D à la lèvre B,C. (A. Guérin.)

double incision en V, opposés par leurs bases, et intéressant la commissure et le cartilage tarse, enlever la muqueuse et le tégument pris de l’angle externe de l’œil (Desmarres) et réunir ensuite. Tous ces procédés

Fig. 169. — Procédé de Desmarres.

sont bons pour la paupière inférieure et plus difficiles à appliquer pour la paupière supérieure) on fera la suture avec les fils métalliques ou avec des épingles à insectes et des sutures entortillées (fig. 169).

Lorsque la paupière peut encore se fermer, et lorsque le cartilage tarse renversé semble être la seide ou la principale difformité — , ou bien on réséquera le cartilage tarse à travers une incision de la muqueuse, sans intéresser le bord libre de la paupière (Antyllus, Weller) — , ou bien on redressera le le cartilage tarse ) pour cela, avec un bistouri à lame étroite, on fera ime incision semi-lunaire, parallèle au bord orbitaire, ayant une longueur égale aux deux tiers de la paupière; à travers cette incision on détache le cartilage tarse de ses adhérences avec le muscle orhiculaire, on divise la conjonctive et l’on attire le cartilage et la muqueuse dans la plaie, après avoir retranché une petite partie de la conjonctive. Lne suture de la plaie contenant entre ses lè^Tes la

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conjonctive et le cartilage tarse est faite à Taide d'épingles à insectes et d’une suture entortillée (Dieffenbacb). On panse à l’eau froide et Tou traitera Tinfiainmatien qui survieudi-ait par les antiphlogistiques : sangsues à la tempe, saignée du bras.

Lorsque la peau de la paupière est retenue par une cicatrice adhérente, on comprendra la cicatrice entre deux incisions courbes, . intéressant le tiers externe du cartilage tarse et Ton réunira par suture (Walther). Ce procédé est bon pour les cicatrices adhérentes à l’angle externe de Tœil. Mais en général Tautoplastie par la méthode indienne, avec la suture des paupières est le procédé le plus généralement avantagéüx dans les cas de brides cicatricielles de la paupière supérieure.

On pourra, lorsqu’il y a une cicatrice'^ intéressant seulement la peau, faire une ou deux incisions transversales sur la paupière, rapprocher la plaie de façon à la rendi’e verticale et pratiquer la suture (Bonnet, de Lyon).

Une simple bride sous-cutanée qui produit un ectropion, sera incisée par une méthode sous-cutanée, ou après incision et Ton réunira les bords libres des paupières par suture.

Les sections simples de la peau (Gelse) avec l’extension des paupières, à Taide de bandelettes agglutinatives (Fabrice d’Acquapendente), en ayant soin de couper au-dessus du cartilage tarse, et d’intéresser les tissus jusqu’à la muqueuse, en y ajoutant la suture des paupières (Mirault, d’Angers, Maisonneuve) ne sont que des moyens palliatifs qui peuvent être employés pour les ectropions peu marqués, mais -il est rare qu’ils réussissent.

11 ne faut opérer Tectropion que quand le tissu cicatriciel semble avoir épuisé sa rétraction.

Lorsque les deux paupières sont atteintes à la fois, il est loisible de faire la blépharoplastie en une seule ou en deux fois, cependant il vaut mieux opérer en une seule fois.

Pour prévenir les érysipèles, très-fréquents à la suite de ces opérations, on pansera rigoureusement à Teau froide et Ton évitera que les plaies ne se dessèchent.

11 ne faut pas redouter de faire des opérations successives contre les récidives de Tectropion.

Ectropion mnscnlaire. Il arrive, cliez les personnes âgées, que les paupières s’écartent du globe oculaire et produisent ainsi une sorte d’ectropion.

Thérapeutique. — Réveiller la tonicité musculaire avec des fomentations excitantes sur les paupières avec :

Carbonate d’ammoniaque . 8 grammes.

Eau-de-vie camphrée . 24 id.

(Hôpitaux d’Allemagne.) Ou avec la solution :

Vin rouge . 800 grammes.

Alcool . 200 id.

Koses de Provins . 30 id.

(Hôpitaux de Paris.)

L’électricité peut quelquefois rendre aux muscles leur tonicité , et est préférable aux piqûres avec la lancette, chai-gée d’une solution de sulfate de strychnine.

Si Ton se décide à faire une opération, on re-

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eoam ani procédés qui ont pour effet de retrancher nue portion dn carülage tarse arec le bord palpébral ^procédés de Dieffenbach, AntyQus. Desmarres;.

éctrotiqit:. >Iéthode thérapeutique par laquelle on cherche à faire aTorter une lésion ou une maladie. — Elle consiste : à percer une pustule avec une aiguille d'argent chargée de pierre infernale ; — à ouvrir une pustule pour la brûler arec le crayon de nitrate d’argent ou une aiguille rougie au feu ; — à couvrir une surface malade d’un enduit abortif; — enfin à cautériser une partie où l’on veut empêcher une lésion de se produire.

On emploie la méthode ectrotique :

Contre le furoncle, en le cautérisant à son début avec une aiguille rougie au feu.

Contre la variole, en cautérisant les pustules varioliques de la face avec un crayon de nitrate d’arçent après les avoir percées et suffisamment lavées ou en appliquant un emplâtre de Virjo sur le visage pendant tout le temps de l’éruption.

Contre la kératite ulcéreuse, en employant les collyres abortifs au nitrate d’argent.

Contre Voph^halmie purulente, eu cautérisant les paupières avec le nitrate d’argent fondu.

Contre le zona, sur lequel on applique une couche de coUodiou. V. Zona.

Contre le chnncre syphilitique, qu’on détruit sur place au début par la cautérisation à la pâte de Vienne.

Contre la blennorrhagie, qu’on arrête au début par une injection de nitrate d'argent dans la fosse naviculaire (nitrate d’argent, 1 gramme ; eau distillée, 10 grammes). V. Blennorrhagie.

C’est une méthode difficile à manier, mais qui rend de réels services dans la variole quand on l’emploie à propos. Ainsi elle est très-utile pour empêcher le malade d’être défiguré par les pustules varioliques. V. Variole.

ÉCL^EILLÉ (Maine-et-Loire). Eau ferrugineuse et gazeuse froide S.

EczÉn4. De petites vésicules plus ou moins nombrenses, entourées d’un peu de rougeur, se desséchant très-vite ou s’excoriant pour donner issue à de la matière séro-purulente, et se recouvrant de squames épidermiques, constituent l’eczéma.

Si l’on ne considère que la marche de la maladie, il y a un eczéma aiyu et un eczéma chronique; mais si on l’envisage selon sa nature, on voit (pi’il y a un eczéma scrofuleux, un eczéma dartreux, un eczéma syphilitique, un eczéma mercuriel ou un eczéma arthritique.

L’eczéma est général ou partiel, et dans ce cas, il occupe le cuir chevelu, les paupières, les oreilles, les narines, les lèvres, le mamelon, les partie génitales de la femme, le scrotum, l’anus, les mains et les jambes.

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Un fourmillement avec chaleur, prurit et rougeur, suivis de l’apparition de petites vésicules séreuses se desséchant ou suppurant, et donnant lieu à une desquamation épidermique prolongée, caractérise l’eczéma.

Quand l’eczéma donne lieu à de grosses vésicules, suivies de croûtes jaunâtres transparentes, ii se rapproche de l’impétigo et s’appelle eczéma imnétiqineux.

A côté de l’eczéma caractérisé par des vésicules peu enflammées et qu’on nomme eczema [ simplex, il y a une seconde variété qui s’ac- I compagne de rougeur excessive de la peau, et que pour cette raison on appelle eczema rubrum.

L’eczéma aigu dure de huit jours à un mois, mais dans la forme chronique il peut se prolonger pendant plusieurs années.

Thérapeutique. — Dans Veczéma scrofuleux (V. Scbofcle), il faut donner les tisanes amères, dépuratives, aromatiques, antiscorbutiques ; — - l’huile de foie de morue, l’eau de Sedlitz deux fois par semaine ; — les pommades astringentes et mercurielles ; — la pommade de goudron, 10 grammes sur 30 d’axonge; les glycérolés d’amidon et de goudron; — les bains d’eau simple, d’eau de son, d’eau d’amidon ; — les bains gélatineux; — les bains de sublimé et les bains sulfureux.

Dans Veczéma dartreux (V. Dartres), il faut prescrire la même médication , plus les préparations arsenicales; — l’arséniate de soude, l’acide arsénieux, etc.

Dans Veczéma syphilitique (V. Syphilis), il faut mettre les malades à l’usage des remèdes antisyphilitiques.

Dans Veczéma arthritique, c’est à-dire développé, chez des sujets rhumatisants, il faut donner les bains alcalins, avec le bicarbonate de soude, 150 à 250 grammes par jour et les bains sulfureux, en même temps qu’on donne le bicarbonate de soude à l’intérieur à la dose de 6 à 8 grammes dans de l’eau. — C’est dans cette forme et dans l’eczéma scrofuleux que conviennent les eaux de Baréges, d’Enghien, de Cauterets, de Bagnères de Luchon, d’üriage, d’Aix, et toutes les eaux sulfureuses, calciques ou potassiques.

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