II. Mode d’application de l’électricité
— Pour appliquer l’électricité à l’homme sain ou malade, il est nécessaire d’avoir recours à des intermédiaires qui sont situ& à l’extrémité des fils conducteurs -des courants et qui sont destinés à être mis en rapport avec la peau, les tissus ou les organes. Ces intermédiaires sont les rhéophores et les excitateurs
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Rhéophûres et excitateurs. — Quelle que soit la source électrique employée, des rhéophires ou cordons conducteurs sont destinés à communiquer au corps à électriser la charge développée dans les machines à frottement, ou à faire entrer ce corps dans le circuit d’une pile ou d une bobine d’induction.
Les excitateurs sont les organes immédiats de cette application ; leur forme varie avec celle des parties ou suivant les indications à remplir; ils sont humides ou secs. Les éponges mouillées, exclusivement employées autrefois comme excitateurs humides, sont abandonnées aujourd’hui pour les boutons ou olives de métal recouverts de peau mouillée, ou pour les excitateurs de charbon de cOrnue, également recouverts de peau mouillée (Tripier). Un des excitateurs secs les plus employés est le balai métallique destiné à agir vivement sur la sensibilité de la peau (fig. 178).
Quand on veut électriser un malade ou une partie paralysée, on emploie les conducteurs à éponges humides (fig. 178), qu’on promène à
Fig. 178. — Rliêopbores et excitateurs pour appliquer l’électricité.
la surface de la peau, sur les muscles et sur les uerfe qu’on veut exciter, ou bien les conducteurs métalliques en brosse ou en boule dont l’action est plus douloureuse. — L’électricité passe d’un conducteur à l’autre par l’intermédiaire de la peau et des organes, et en se recomposant elle active la circulation et la nutrition locales.
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Procédés divers pour rapplieation de rtlectrîcité. En outre des appareils volta-fojradiqmtt et magnéto-électriques dont il vient d’être qoestia. l’électricité s’emploie avec des appareils plus simpleî avec des intermédiaires dififérents ou par des procéda variables.
i° Appareils appliqués directement sur la peau.— On applique directement l’appareil électrique sur k peau de la partie sur laquelle on veut faire agir le courant. Les chaînes électriques de diverses espèces, la ceinture électrique de Breton, leur miitm électrique, sont dans ce cas ; mais leur utilité est fort contestable (Becquerel).
2° Conducteurs métalliques. — Les courants sont introduits dans l’organisme à travers la peau préalablement humectée d’un liquide conducteur (eau salée, eau acidulée), ou simplement humidifiée par la transpiration insensible, à l’aide d’un métal qui sert d’agent conducteur, et qui en général est de cuivre.
On a donné des formes bien diverses au cuivre, ainsi placé à l’extrémité des fils conducteurs des courants ; ce sont tantôt des cylindres plus ou moins volumineux, destinés surtout à être serrés dans les mains ; tantôt des plaques métalliques plus ou moins larges et destinées à être appliquées sur une surface d’une certaine étendue; quelquefois, des boutons, ou des- boules recouverts de peau mouillée, des cônes métalliques d’un volume et d’une forme que l’on dispose à volonté pour l’usage qu’on en veut faire et pour la partie sur laquelle on désire agir.
On a quelquefois recours à des tiges métalliques droites ou recourbées, et destinées à être introduites à une certaine profondeur dans les cavités, pour y diriger les courants. Pour faire pénétrer ces courants dans la bouche, l’œsophage, les fosses nasales, le rectum, le vagin, l’urèthre, on fait usage de sondes métalliques entourées de caoutchouc, et qui ne sont libres et dépourvues de cette substance qu’à leur extrémité, là où l’on veut poider l’action de l’électricité. Ces sondes, d’un volume, d’une longueur et de courbures variables, ne peuvent être confectionnées que pour le but spécial à remplir par l’expérimentateur et d’après son indication.
3“ Électro-puncture. — Il y a quelques années, rélectro-puncture était le moyen le plus employé. Elle consistait à introduire des aiguilles à acupuncture d’acier et mieux encore de platine dans l’épaisseur des muscles que l’on voulait faire contracter, et à diriger les courants à travers deux aiguilles placées à une certaine distance l’une de l’autre, soit dans le même muscle, soit dans le même système musculaire, soit dans le même membre, soit enfin entre deux points au milieu desquels on voulait faire circuler le courant électrique.
Ce procédé a quelques inconvénients, mais il a aussi des avantages; l’introduction des aiguilles, quelque peu douloureuse qu’elle soit véritablement, effraye toujours les malades. La blessure de petites veinules qu’il est impossible d’éviter, produit assez souvent un écoulement de sang qui , toutefois, n’est Jamais considérable, mais qui contribue à augmenter la frayeur des malades. La contraction musculaire produite au moyen de l’acupuncture est généralement un peu douloureuse, et l’on n’est pas toujours maître, même avec de faibles instruments, de la modérer à volonté (Becquerel). V. Emciso-ri^c-
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i’ Epo»g€? mibih>ki d un liquide conducteur. —
L d éponges est très-préciettr.
Les denx éponges imbibées d'un liquide qui est, en général, de l’eau salée, sont placées chacune dans HB godet métallique fixé à Textrémité des fils conducteurs et en commnnication avec eux.
Ces deux godets métalliques sont supportés par deux tiges isolantes destinées à être tenues entre les mains de rexpérimentatem-. Pour en faire usage, on établit la communication et l’on place les deux éponges mouillées, soit aux deux extrémités du même muscle, soit aux extrémités d’un même système musculaire, soit enfin entre les deux parties au milieu desquelles on veut faire circuler le courant. Rhumkorff, dans son nouvel appareil, a remplacé heureusement les éponges par des rondelles de peau avides d humidité, et qui sont appliquées sur une rondelle de cuivre qu’on place à l’extrémité du rhéopbore.
5® Pinceaux ou brosses métalliques. — Les pinceaux ou les brosses métalliques sont placés sur un manche isolant et en communication axec l’un des fils conducteurs, tandis que l’autre fil communique axec un conducteur métallique placé sur un point (juelconquc de la surface du corps.
Ces pinceaux ou ces brosses sont destinés à agir énergiquement sur la peau et à produire l’électrisation cutanée (Becquerel).
6® Emploi de l’électricité au moyen des bains. — Il ne s’agit pas ici des bains exploités par le charlatanisme et qui consistent dans l’emploi de baignoires composées de plusieurs métaux différents. Il est trop évident que ces bains ne sauraient exercer aucune action sur l’organisme. On peut faire usage du bain de pieds ou du bain entier (Becquerel).
Emploi de l’électricité au moyen des bains de pieds. — Le bain de pieds est composé de deux cuves indépendantes l’une de l’autre et dans chacune destjuelles on place de l’eau salée ou de l’eau acidulée tiède.
Le malade pose chacun de ses pieds dans une cuve différente. Une d’elles est en communication avec le pôle positif, l’autre avec le pôle négatif, à l’aide des conducteurs métalliques qui y sont plongés. Une fois la communication établie, on agit par intermittences en enlevant et plongeant alternativement un des deux pôles dans le liquide avec lequel il est en rappoi-t, et l’on voit les extrémités inférieures devenir le siège d'une contraction fibrillaire musculaire continue, dont l’intensité est en rapport avec celle de l’appareil, et qui peut rendre de grands services dans un certain nombre de paralysies.
Ces cuves peuvent être métalliqnes ; mais les effets sont beaucoup plus nets et plus accentués, et on les gradue beaucoup plus facilement si on les construit de bois, ou mieux encore de porcelaine ou de verre.
Si l’on faisait construire spécialement pour cet usage une cuve de porcelaine ou de verre, on pourriit adapter à une des parois latérales un bouton uiéullique saillant à l’extérieur et communiquant ivec le liquide placé à l’intérieur; on se servirait liors de ces boutons métalliques pour les faire communiquer avec les rhéophores et pour établir et inter- .''Æpce les communications.
Oa pem emplover des cuves analogues pour plonpiedet une main du même côté, et même iei deax soains.
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B. Bains entiers. — Les bains entiers, tels que Becquerel les a décrits dans ses leçons à l'hôpital de la Pitié, au mois de janvier 1856, sont fondés sur le même principe que les bains de pieds électriques.
L’individu sur lequel on vent agir est plongé dans une grande baignoire pleine d’eau salée tiède, à une température convenable. Une baignoire métallique peut servir, mais on aurait des effets beaucoup plus nets si cette baignoire était de bois ou d’une substance non conductrice; un des bras du patient sort de l’eau et va plonger dans une petite cuve de porcelaine ou de verre placée à une certaine distance et pleine d’eau salée.
Les choses étant ainsi disposées, on plongé le rhéophore positif, par exemple, dans la grande baignoire, et l’on fait agir avec des intermittences le rhéopbore négatif dans la petite cuve où est plongé le bras. Dès que ce courant intermittent est en action, le corps entier du sujet entre dans une véritable agitation due à la contraction fibrillaire de tous les muscles. De tels bains ne doivent jamais être prolongés au delà de sept à huit minutes ; ils ont encore été trèspeu employés, et cependant étant bien étudiés, ils pourront rendre des services en agissant comme de puissants stimulants dans des cas de débilité profonde, d’anémie portée à un haut degré, etc.
Moretin a préconisé un bain qui n’est pas fondé tout à fait sur la même idée. Dans son procédé, le malade est placé dans une baignoire remplie d’eau. Les deux rhéophores de l’appareil de Rhumkorff sont plongés tous deux dans cette baignoire. Dès que cette immersion a lieu, le corps presque entier entre en contraction. On explique cet effet du courant produit au moyen des deux rhéophores plongés dans la même masse liquide, par des courants dérivés qui se produisent alors. Cette manière d’administrer les bains électriques n’a pas moins besoin d’être étudiée que celle qui a été décrite plus haut.
G. Burée des applications de l’électricité. Quand on applique l’électricité au moyen des rhéophores et des excitateurs, on fait une séance tous les jours ou tous les deux jours pendant quinze à vingt minutes, avec un courant très-faible, dont on augmente peu à peu l’intensité pour ne pas fatiguer ni faire souffrir les malades. Il en résulte de la rougeur tégumentaire, de la chaleur et un accroissement de nutrition qui favorise la guérison. Ces séances doivent être répétées pendant plusieurs mois si l’on veut obtenir un résultat satisfaisant.
Il est quelquefois bon de recourir à l’action constante de l’électricité obtenue au moyen de chaînes électriques appliquées pendant la nuit, ou eu laissant sur la partie paralysée l’extrémité des conducteurs de la pile de Morin, n’ayant qu’un com'ant de faible intensité.
Paix'ciPEs RELATIFS A l’électrisatiox. — Deux règles générales doivent fixer l’attention des praticiens dans l’emploi médical de l’électricité. EUes sont relatives à la manoeuvre des rhéophores et au choix à faire des parties sur lesqueUes il convient de les placer.
Sous le premier rapport, dans l’électricité localisée des muscles, les riiéophores doivent être le plus rapprochés possible, n sera bon que le médecin s’exerce à les tenir tous deux de la même main, en les inclinant alternativement l’un sur l’antre et les