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C. Fracture du cubitus

I. Fracture de Volécrâne. — Une chute .sur le coude, une contraction musculaire éner- ! gique (Bottentuit), déterminent la fracture de l’olécrâne : 1“ à son sommet, ce qui est une fracture par arrachement à l’insertion du tendon du triceps ; 2° à la partie moyenne (Boyer) ou à la base (Desault), et c’est la fracture la plus fréquente; 3° à la base, c’est-à-dire en empiétant sur l’extrémité supérieure du cubitus.

La fracture de l’olécrâne est quelquefois comminutive et accompagnée de plaie extérieure, le périoste peut être conservé ou être détruit.

Il y a des fractures verticales de l’olécrâne, mais elles sont extrêmement rares, et l’on peut douter de leur existence ; il n’y a en général que des fractures transversales plus ou moins obliques.

*** Une contusion avec ecchy’mose, le gonflement du coude, quelquefois un épanchement sanguin étendu, doivent faire soupçonner une fracture de la partie moyenne de l’olécrâne. La saillie de cette éminence au-dessus de la ligne

La fracture de l’olécrâne se réunit le plus souvent par un cal fibreux et celte réunion ne gêne pas les mouvements d’extension de l’avant-bras (Camper) au point de constituer une infirmité.

Thérapeutique. — On placera le membre dans la demi-flexion (Hippocrate) et le bras sera enveloppé d’un bandage roulé, serré. On pourra, dans le cas de déplacement étendu de l’olécrâne, placer une compresse graduée au-dessus de cette tubérosité, la fixer par une bande dont les deux chefs sont attachés au poignet ; l’avant-bras étant demi-fléchi elle tendra à presser sur l’olécrâne pendant les mouvements d’extension involontaire (Devilliers) . .

On pratique encore l’extension complète (Haighton), méthode anglaise, ou l’extension incomplète (Duveriiey), méthode française.

Par la méthode française on place un bandage roulé sur l’avant-bras ; on fait une coaptation aussi régulière que possible ; on maintient les fragments supérieurs par ime compresse graduée et un bandage en 8 de chiffre, et l’on continue le bandage roulé jusqu’à la partie moyenne dubras (Boyer). Une bande dextrinée soutenue par des attelles de carton mouillé (Velpeau), un brassard bouclé (Wardenburg, Bottcher) donnent le même résultat. Une attelle antérieure soutenue par des compresses graduées, et le bandage unissant des plaies en travers (Dupuytren), ne sont pas un moyen plus certain que les précédents.

Par la méthode anglaise ou place le membre dans une gouttière. Pour fixer l’olécrâne, un bandî^e roulé sur l’avant-bras et un bandage roulé sur lebras maintiennent de chaque côté deux lacs que l’on serre et qui servent ainsi à rapprocher l’olécrâne du cubitus en resserrant l’intervalle des deux bandages roulés (A. Cooper). De longues bandelettes de diachylon, dont le plein repose au-dessus de l’ olécrane et dont les chefs viennent se croiser sur la face palmaire de l’avant-bras (Alcook), ramènent l’olécrane à sa position normale.

Pour les fractures sans déplacement, un bandage roulé et la position demi-flécbie (Desault) ou une

smpk echarpe (Celse) soat cc qu'il y a de mieux à Eiire.

Lorsqu’il y a un grand écartement^ l’extension incomplète est suffisante. On ne doit se servir de la ïouttière et de l’attelle de bois antérieure, que pendant dix à quinze jours, le temps nécessaire à la disparition de la contracture musculaire et à l’exsudation des éléments du cal.

Pour transformer le cal fibreux en cal osseux, tenter quelque chose serait imprudent et il n’y a qu’à temporiser.

n. Fractu7'e du corps du cubitus. — Le tiers moyen et le tiers inférieur du cubitus se fracturent ordinairement par cause directe et trèsrarement par une chute sur le poignet (Voisin).

Un déplacement peu étendu , une crépitation appréciable dans les mouvements comninniqués de pronation et de supination, ou pendant les pressions exercées sur le trajet du cubitus, et les tractions latérales sur les deux fragments en sens opposé, une ecchymose, enfin de la douleur à la pression au point fracturé, sont les signes de la fracture du cubitus.

Thérapeutique. — Il n’est pas nécessaire de réduire j les fractures du cubitus, la contention bien faite supplée à cette première manœuvre. En l’absence de tout déplacement et en cas de fracture simple, un bandage roulé inamovible suffit. Deux petites attelles dorsales et palmaires sur le tiers inférieur de l’avant-bras ont suffisamment maintenu une fracture de la partie moyenne du cubitus (Fleury).

Si la fracture est comminutive, et s’il y a plusieurs fragments on applique l’appareil à fracture de l’avantbras (V. ce mot) . En règle générale, le membre doit toujours être tenu dans la demi-supination.

Fracture du bassin. Des pressions énormes, des chutes sur les pieds , ou une chute d’un lieu élevé sur un corps anguleux, déterminent les fractures du bassin.

Les fractures du bassin sont souvent multiples, et occupent l’os des iles ou le sacrum, ou ces deux os à la fois. Elles sont ordinairement très-difficiles 'a reconnaître, à moins de grands délabrements, et à moins qu’il n’y ait une plaie extérieure ou un fragment bien détaché.

I. Fracture du sacrum. — Lorsqu’une chute a eu lieu sur le sacrum, lorsqu’un choc latéral a été reçu, toute la portion de l’os cjui ne s’articule pas avec l’os iliaque peut se détacher et se placer 'a angle plus ou moins aigu, avec la liase du sacrum (Paul d’Égine, J. Cloquet, Sandifort, Fleury (de Clermont), Bremond.)

** Une douleur à la pression ; la saillie du coccyx en avant perçue par le toucher rectal, une crépitation que l’on sent parfois en pressant sur cette saillie, font soupçonner la fracture du sacrum.

y La fracture du sacrum n’entraîne pas de paralysie; elle est assez souvent l’occpsion du développement d’abcès du bassin d’un pron<»tic toujours grave.

Quand la fracture du sacrum coïncide avec d’autres fractures du bassin, elle est multiple (Lacaze-Peroui), en croix (Guéretin), transversale et verticale (Richeraud) .

Thérapeutique. — Réduire la fracture avec le doigt introduit dans l’anus, placer un cylindre de bois dans le rectum (Judes), et mieux une canule de 15 centimètres de long etd’mr diamètre de 15 millimètres, entourée de tampons de linge (Bremond).

— Les malades seront couchés sur le ventre et lorsqu’ils reposeront sur le dos, un coussin percé sera placé sous le siège de façon que . celui-ci ne porte qu’au niveau des symphyses sacro-iliaques et des articulations coxo-fémorales. Lorsqu’on introduit des appareils dè contention dans le rectum les tamponnements par la canule sont les meilleurs, car ils laissent échapper les gaz.

II. Fracture du coccyx. — Il est possible que le coccyx se fracture chez les vieillards, alors que les articulations du coccyx sont ossifiées, mais jusqu’ici il n’y a pas de preuves certaines de la réalité de ces fractures.

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