‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 297 sur 731 · V. Fracture de l’épitrochlée (Oranger · texte numérisé non relu

V. Fracture de l’épitrochlée (Oranger

Les jeunes sujets, après une chute sur le coude écarté du tronc (Pezerat, Malgaigne), sont quelquefois atteints d’une fracture qui sépare l’épitrochlée de l’extrémité inférieure de l’humérus et alors il n’est pas rare qu’il y ait en même temps une fracture sus-condylienne.

Dans la fracture de l’épitrochlée, la mobilité et la crépitation sont toujours douteuses.

[ Le gonflement, l’abaissement de la saillie de l’épitrochlée existent quelquefois à un degré assez prononcé, la douleur pendant la supination est un signe d’une assez grande valeur. C’est dans ce mouvement que la main, appliquée sur la partie externe de l’articulation, perçoit le mieux la crépitation.

L’arthrite et l’ankylose sont les complications à craindre après une fracture de l’épitrochlée.

La paralysie des doigts annulaire et auriculaire est quelquefois la conséquence de la fracture de l’épitrochlée (Oranger), quand le nerf cubital a été blessé.

Les signes négatifs de fracture sus-condylieune, les mouvements conservés dans l’articulation du coude font reconnaître la fracture de l’épitrochlée de la fracture sus-condylienue et de la luxation du coude.

Thérapeutique. — Tenir l’avant-bras dans la demiflexion (Granger), puis un bandage roulé et dextriné (Malgaigne) sera appliqué pendant dix jours. Apartit de ce moment, on devra faire exécuter de légers mouvements à l’articulation.

Traiter l’arthrite par les moyens appropriés (V..\ethrite), le membre étant placé dans une gouttière.

VI. Fracture des deux condyles de l’humérus. — Des violences extérieures considérables, la compression dans les rouages d'une mécanique, déterminent la fracture des deux condyles avec ou sans plaie extérieure ; dans ces cas, les deux condyles séparés l’im de l’autre par une fracture verticale, puis séparés du corps de l’os par une fracture transversale, s’écartent et le bras se trouve raccourci.

L’apparence d’une luxation, l’élarçissement de l’extrémité inférieure de l’humérus, une crépitation franche, la saillie en avant du fragment supérieur avec les signes des fracture en général révèlent la fracture des condyles.

*,./• Dans la fracture des deux condyles de l’humérus, les arlhriles et l’ankylose sont tout

lossi à craindre que dans les fractures de l’épitrochlée.

On ne confondra pas une fracture des deux condyles de l’humérus avec une simple lüiation, à cause de la crépitation et de la mobilité très-grande, quoique douloureuse de l’articulation.

Thérapeutique. — Employer les mêmes appareils que pour la fracture de l’extrémité inférieure de rhumérus, sauf peut-être que. les attelles latérales de Henkel peuvent être plus utiles. Pour pouvoir faire exécuter des mouvements au coude, on fixera le bras et l’avant-bras chacun sur une attelle allant jusqu’au pli du coude et réunies ensemble par une tige d’acier flexible (Mayo), on arrivera au même résultat avec les cuirasses articulées (Morel-Lavallée).

S’il y a une plaie, il vaut mieux placer le membre recouvert de cataplasmes dans une gouttière que de se servir de tout autre appareil.

VIL Fracture du condyle externe. — Chez les jeunes sujets, une chute sur le coude rapproché du tronc peut déterminer une fracture du condyle externe dans un point plus ou moins rapproché du centre de la poulie, mais toujours dans l’articulation (Malgaigne), et avec ou sans distraction du périoste.

Une luxation incomplète existe quelquefois avec la fracture du condyle externe de l’humérus, et il n’est pas rare que cette fracture soit méconnue.

A la suite des fractures du condyle de l’humérus, une hypertrophie de l’os est assez fréquente.

L’arthrite sèche se montre parfois longtemps après la guérison de la fracture des condyles de l’humérus.

II est rare que l’on diagnostique une fracture des condyles de l’humérus sans déplacement, car la crépitation est toujours difficile à sentir. Le changement dans les rapports de la saillie de l’épicondyle est le signe le plus marqué de cette fracture, la persistance du phénomène douleur et l’hypertrophie de l’os sont ensuite les signes les plus capables de faire reconnaître la lésion, mais on les observe seulement plusieurs jours après l’accident.

Thérapeutique. — Appliquer des cataplasmes sur le coude pendant vingt-quatre heures, tenir le coude immobile et demi-fléchi dans une gouttière, et lui imprimer des mouvements au vingtième jour, tel est le meilleur traitement des fractures du condyle externe de l’humérus.

On placera au début une gouttière de carton maintenue par une bande (A. Cooper), ou mieux une gouttière de gutta-percha, s’il n’y a pas de gonflement; — au contraire, on placera un bandage amidonné, dextriné ou plâtré, par-dessus une compresse graduée, dextrinée, pour maintenir en avant les fragments en rapport lorsqu’il y a du déplacement (Malgaigne).

VIII. Fracture de la trocklée ou du condyle îflfèrîie (Desault, Ch. Bell, Cooper}. — De même

que la fracture de l’épitrochlée, la fracture de la trochlée se produit dans les chutes lorsque le coude est écarté du tronc ; alors, le déplacement est tel, dans l’extension, que l’on croit avoir affaire a une luxation du coude, mais il suffit de fléchir le bras pour reconnaître la lésion de l’os, et c’est en pressant à pleine main le coude pendant ce mouvement que la crépitation est le mieux perçue. La mobilité du condyle interne de l’humérus est avec la crépitation le meilleur signe diagnostic.

Thérapeutique. — Appliquer le même traitement que pour les fractures du condyle externe, — prévenir l’arthrite par l’immobilité dans une gouttière, et l’application de cataplasmes (V. Fkactüee de l’épitrochlée).

IX. Fracture comminutive de l’extrémité inférieure de l’humérus. — Toutes les variétés de fracture de l’extrémité inférieure de l’humérus peuvent exister à la fois, avec ou sans fracture de l’olécrâne et avec ou sans fracture des os de l’avant-bras. Une plaie extérieure est généralement produite en même temps que là fracture.

La compression du coude dans un engrenage, une morsure de cheval, la compression sous une roue de voiture, sont la cause habituelle des fractures comminutives de l’extrémité inférieure de l’humérus.

Lorsqu’il n’y a pas de plaie le diagnostic est toujours difficile, quelquefois les signes d’une fracture des condyles prédominent et l’on ne reconnaît qü’une seule fracture, quoiqu’il y en ait plusieurs.

Thérapeutique. — Lorsque l’artère humérale est ouverte dans une plaie avec fracture comminutive de l’extrémité inférieure de l’humérus, l’amputation immédiate doit être faite.

Lorsque l’artère est intacte, lorsque les fragments tiennent encore, on placera le membre dans une gouttière coudée, à angle droit, on fera l’irrigation continue et l’on pansera ensuite avec des cataplasmes; — on évitera la stagnation du pus par la position du membre et par des lavages à l’eau tiède ; — les esquilles mobilisées seront extraites, — l’articulation suppurant on n’hésitera pas à faire des contre-ouvertures et à passer des tubes à drainage. V, Arthrite,

Si une portion de l’humérus fracturé est dénudéq ou l’extraira, et au besoin on réséquera l’extrémité inférieure du fragment de l’os. Y. Résectiox.

Fracture de l’os hyoïde, Ull COUp, une chute sur le cou, l’action musculaire (Olivier d’Angers) et la suspension par le cou dans la pendaison, peuvent produire cette fracture.

Elle est difficile à reconnaître et caractérisée par la gêne de la respiration, la douleur et un léger gonflement du cou ; les mouvements pour parler et avaler sont difficiles; quelquefois on sent de la crépitation, et les malades disent avoir entendu un craquement au moment de la fracture.

La suffocation qui a été quelquefois observée après une fracture de l’os hyoïde est produite par le gonflement de la glotte au voisinage de la lésion.

L’inflammation et la nécrose de l’os hyoïde fracturé ne sont pas rares.

Thérapeutique. — Prévenir l’inflammation par le silence et par le repos^ éviter les mouvements de déglutition.

La réduction de la fracture a été proposée au moyen de l’extension du cou, conservée pendant longtemps. — Ou place une sonde œsophagienne pour nourrir le malade, sans l’obliger à des mouvements de déglutition. Ce traitement est pénible, mais il a réussi une fois.

Malgaigne propose, pour maintenir la réduction, de relâcher les muscles et de faire fléchir la tête en avant au lieu de l’étendre.

S’il y a complication d’asphyxie, il faudra faire la trachéotomie.

Fraetare de la jambe.

I. Fracture de la partie moyenne de' la jambe. — La fracture de la jambe est due à un choc direct, à une chute d’un lieu élevé sur le sol, à un faux pas, ou enfin à une pression violente, la jambe étant dans une fausse position.

*,i,* Le péroné et le tibia peuvent être fracturés à la même hauteur ou à des hauteurs inégales. Il y a peu de déplacement dans ce dernier cas, quand le ligament interosseux est intact.

Les fractures de jambe sont dentelées, obliques, comminutives, multiples et s’ajîcompagnent souvent de plaies produites par un fragment du tibia en pointe, quelquefois d’un emphysème traumatique (V. Emphysème traüma- ÏIQÜE DES MEMBRES).

La fracture simple se reconnaît à une déformation variable, à la mobilité, à la crépitation et à l’ecchymose ou au gonflement; la fracture multiple se reconnaît à mobilité des esquilles et à leur saillie sous la peau. La fracture comminutive k la crépitation, au raccourcissement et à la contusion des parties molles. Quelle que soit la fracture, le fragment supérieur tend toujours à faire saillie en avant et le pied tourne dans le sens de l’obliquité de la fracture.

*** Il n’est pas rare de voir la consolidation des fractures de jambe suivie d’un raccourcissement étendu et d’une disparition de l’espace interosseux comblé par des jetées osseuses. Ni l’une ni l’autre de ces éventualités n’entraînent une véritable difformité.

Thérapeutique. — La réduction de la fraetare àe la jambe se fait en tirant avec les mains sur le dos du pied et le talon, pendant qu’un aide fixe le genou sur le lit ou que le malade est retenu par une alèze passée comme sous- cuisse. — 11 est imprudent de tirer avec une alèze passée en 8 de chiffre autour du pied.

Une fracture simple sera traitée par l’appareil de Scultet. L’appareil inamovible, au début, est applicable seulement quand il n’y a pas de gonflement.

Un appareil moulé, et mieux une bande trempée dans le mélange plâtré, passant sous le pied et formant deux attelles latérales (Maisonneuve), ou plutôt deux demi-gouttières et serrées par des bandes de diachylon, sont de bons moyens, après qu’on aura diminué la tension des parties par des cataplasmes, le membre étant placé dans une gouttière. '

Lorsqu’il y a un déplacement marqué en avant, ou une plaie, un coussin sous le talon, dans le cas où l’on se sert de la gouttière , ou une attelle immédiate, si l’on se sert de, l’appareil de Scultet, sont de bons moyens ; — on peut encore, dans le cas de déplacement très-étendu, mettre le membre sur un plan incliné où le genou est demi-fléchi, puis une pointe (Malgaigne) presse sur le fragment déplacé. — L’extension permanente, à l’aide d’un bourrelet placé audessus des malléoles, et d’un bourelet placé au-dessous

du genou écarté par deux liges flexibles (Hippocrate), doit être rejetée à cause de la compression exercée par les bourrelets. Il vaudrait mieux, dans le cas où l’on voudrait recourir à l’extension continue, se servir de l’appareil suivant :

Deux attelles, munies de trous à leims extrémités et susceptibles d’être allongées au moyen de deux vis, sont fixées en haut à deuxlacs unis à une genomllère de coutil lacée, en bas à une guêtre de coutil lacée ; le membre, entouré préalablement de compresses résolutives et garni de coussins, est étendu à l’aide de l’élongation des attelles (de Saint-Martin;.

On peut encore se servir de la boîte de Baudens.

A défaut de gouttières, qui sont toujours préférables, on peut se servir pour les fractures de jambe

de l'appareil de Gaillard (de Poitiers) ; il se compose d une plaque de bois percée de trous sur les côtés, de quatre chevilles et de deux planchettes en place, un coussin peu épais est placé sous la jambe îor le milieu de la plaque, puis de chaque côté du membre un coussin est placé, les deux planchettes sont mises comme des attelles, et les quatre chevilles, passées dans les trous, serrent les planchettes sur les coussins et ceux-ci sur le membre. Une corde maintient les chevilles; un piton à vis vissé sur le bas de I l'appareil sert de point d’appui à une compresse pliée en cravate, qui maintient le pied (fig. 222).

L’appareil polydactyle de Jules Roux (fig. 223), où l’on voit la pointe de Malgaigne appliquée agit d’après le même principe que la boîte de Gaillard.

Une gouttière rembourrée, munies de tiges, où glissent à frottement des tiges terminées par un compresseur et qu’on peut arrêter par une vis (Anger) forment un appareil qui maintient la fracture comme avec les doigts.

Si le fragment du tibia sort par une plaie, on le réduira, si cette tentative est impossible on réséquera.

S’il y a des esquilles dénudées ou les extraira. — Une plaie petite au niveau de la fracture sera pansée avec une plaque de diachylon, une plaie étendue sera pansée avec un cataplasme, ou l’on placera le membre dans une gouttière, où il sera serré par des lacs élastiques.

II. Fracture ms-malléolaire. — Les chutes d’un lieu élevé, la pression sous un éboulement de terre et les mêmes causes d’ailleurs qui déterminent les fractures de la jambe produisent les fractures sus-malléolaires. — Des solutions de continuité transversale, oblique, comminutive en V, ont été observées et s’annoncent par un faible déplacement ou par un déplacement angulaire en avant. — Lorsque les malléoles sont séparées totalement ou en partie, le pied se dirige en divers sens.

La déformation, l’ecchymose, la crépitation, sont les signes principaux de la fracture sus-malléolaire. Le diagnostic n’est difficile que quand il y a un gonflement énorme, ou quand i le périoste est conservé ; mais comme on peut toujours sentir la malléole interne, on mesurera le tibia comparé avec le tibia sain, et un raccourcissement de cet os indiquera la fracture.

V II est une variété de fracture sus-malléolaire que l’on méconnaît souvent, parce qu’il y a conservation du périoste et une sorte de tassement de l’os. Cet état se reconnaît à une augmentation de volume de l’extrémité inférieure du tibia.

Chez les sujets encore jeunes, on rencontre des fractures mixtes qui sont des décollement épiphysakes et des fractures (fig. 224).

V L’arthrite, les suppurations dans les gaînes des tendons, compliquent les fractures sus-malléolaires, surtout celles qui sont en V (Béran- ^r-Feraud).

Thérapeutique. — En cas de tension inflammatoire, appliquer des sangsues, puis des cataplasmes arrosés ti eau blanche ; — réduire la fracture en employant

au besoin le chloroforme; placer le membre dans une gouttière ou sur un double plan incliné, avec la pointe à pression (Malgaigne), pour maintenir le fragment supérieur.

Fig. 224, — Fracture de l’e-xtrémité intérieure dit tibia. — D.

Fracture E. Décollement épiphysaire. — A. Ligne d’union

de la diaphyse et de l’épiphyse. — GG’. Décollement épiphysaire du péroné. (Anger.)

S’il y a plaie extérieure panser comme les fractures de jambe compliquées. Les fractures sus-malléollaires comminutives, par écrasement, par coup de feu, exigent l’amputation lorsque l’articulation est ouverte. *-

III. Fracture de V extrémité inférieure de la jambe, — fracture des malléoles. — Après une chute d’un lieu élevé, on observe quelquefois une fracture du péroné au-dessus de l’ar- ' ticulation et un écrasement du tibia.

Quand une fracture du péroné a lieu par divulsion, la malléole interne peut être arrachée.

Après une fracture du péroné par arrachement, on observe parfois un écrasement du tibia.

La fracture de l’extrémité inférieure du tibia se complique quelquefois de plaie extérieure et de luxation de l’astragale. V. Luxation du

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