‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 307 sur 731 · V. Emboue · texte numérisé non relu

V. Emboue

Il y a toujours deux périodes dans la ^ngrène extérieure qui parcourt toutes scs phases: ta cessation de la circulation ou période mortification, et V élimination dea parties gangrenées, ou eschares, suivie de la cicatrisation de la plaie.

Les gangrènes caractérisées par une diminution de la chaleur et de la sensibilité des parties se montrent tantôt sous forme de plaques noires ou d’eschares humides, exhalant une odeur caractéristique de macération de matières organiques en putréfaction, tantôt sous forme d’eschares sèches et ne donnant aucune odeur.

V Suivant que les artères ou les veines sont oblitérées, la gangrène qui en résulte est sèclïe ou humide (François). ■

Dans la gangrène les eschares s’éliminent lentement du douzième au dix-huitième jour, après le début des accidents. Lorsque la mort des parties suit une marche progressive, c’est par période de douze à quinze jours que l’éliminatioii a lieu, de sorte que, par exemple, un membre atteint de gangrène peut être très-long à se détacher.

La gangrène se complique d’infection putride aiguë au moment de la formation des esdiares, d’infection purulente pendant leur période d’élimination et d’infection putride chronique pendant- la période de suppuration de la plaie laissée par. la gangrène.

Les gangrènes consécutives à une inflammation ont leurs deux caractères principaux, le refroidissement et la cessation de la circulation, masqués par les phénomènes inflammatoires, et l’on ne reconnaît la gangrène que quand il y a des eschares formées.

Toutes les gangrènes exposent à des cicatrices vicieuses. '

Les gangrènes viscérales ont presque toutes pour origine une inflammation ou l’oblitération des vaisseaux par une embolie capillaire.

Thérapeutique. — Quelle que soit l’espèce de gaiiïrène, le traitement local doit consister à réchauffer là parties, à rétablir s’il se peut la circulation par «les frictions sèches, à désinfecter pendant la période ii rélimination des eschares, soit avec la poudre de quinquina, soit avec la poudre de charbon, soit avec li poudre de plâtre et de coaltar, soit avec la solution coaltar au 30“% soit avec la solution d’acide phénique au 1000”% de permanganate de potasse »al00“% soit avec l’eau chlorurée sur de la charpie, il enfin à favoriser la chute des eschares par des apptkaiions de cataplasmes (V. Désinfectants). On

GA.XG 639

traite ensuite les plaies suppurantes par les moyens appropriés. V. Plaies.

Pour les gangrènes viscérales, V. Gangrène du POUMON, DU Cerveau, de la Bouche, de la Vulve.

Gangrène par arrêt de la circulation veineuse. — Les ligatures des veines principales d’un membre (Dupuytren) ; très-rarement les phlébites et les oblitérations veineuses (Lower); (juclquefois la compression absolue de la veine d’un membre (François), entraînent un œdème violacé, et consécutivement de la gangrène, caractérisée par un refroidissement des parties et la formation d’eschares molles.

Les gangrènes des extrémités dans l’anasarque sont des gangrènes par arrêt de la circulation veineuse.

% * Presque toutes les gangrènes par obstacle à 'la circulation veineuse sont superficielles ou peu profondes, sauf aux extrémités des memlâres.

Thérapeutique. — Lorsque l’on n’a pu desserrer à temps un bandage trop serré ou une ligature imprudemment faite sur une veine, lorsqu’une phlébite n’a pas été suivie du rétablissement d’une circulation collatérale, la gangrène confirmée exige des mouchetures multiples sur l’œdème gangréneux, et la position élevée des parties mortifiées. On favorisera la chute des eschares et l’on désinfectera par les moyens habituels. V. Désinfectants.

Gangrène par artérite (V. Artérite). — Les gangrènes par artérite et par oblitération de petites artères sont généralement des gangrènes sèches. Elles sont semblables à la gangrène par embolie et par dégénérescence artérielle, (Roux, Boyer.)

Gangrène par brûlure. — Les corps en; ignition, les caustiques, produisent une gangrène sèche par destruction des tissus, dont ils absorbent l’eau. Une eschare noire, excepté lorsqu’il s’agit de caustiques tels que la pâte au chlorure de zinc et l’acide nitrique, par exemple, se produit, ne se détache qu’après une inflammation circonscrite et tombe du douzième au quinzième jour. Les gangrènes des muqueuses par une brûlure ou un caustique sont blanches, s’accompagnent d’une inflammation assez intense, et les eschares tombent très-vite.

Thérapeutique. — On pansera à l’eau froide ou avec des cataplasmes froids. L’ablation des parties mortifiées n’est nécessaire que s’il y a des désordres étendus et si l’on craint qu’il ne s’établisse des suppm'ations interminables.

Gangrène par coagulation du sang dans les capillaires (Martino). — Gangrène des extrémités (Pott). — Asphyxie locale (M. Raynaud). — C’est aux extrémités, aux orteils et au nez, aux oreilles, que la gangrène par asphyxie locale se montre; elle est toujours limitée. Les pauvres (1% Pott), les riches (Janroy), sont également affectés de ce mal. La gan-

GiO . GANG

grène se moutre sous forme de plaques noirâtres, brunes, violacées. Une. démangeaison, rarement des douleurs vives, au moins dans la première période de la maladie, quelquefois chez les gens qui sentent une surexcitation nerveuse, caractérisent la gangrène par asphyxie locale : il n’est pas rare de trouver dans les antécédents du malade un traumatisme qui a été la cause occasionnelle de la gangrène.

Ces gangrènes appelées autrefois gangrènes séniles peuvent s’arrêter subitement, puis récidiver (Hebreard).

Thérapeutique. — Appliquer des compresses d’eau blanche et d’eau-de-vie camphrée; — garnir d’ouate les parties atteintes de gangrène, — S’il s’agit du pied, placer le membre dans un ballon de caoutchouc, communiquant avec un flacon producteur d’oxygène, laisser les parties pendant une heure dans le bain de gaz et renouveler tous les jours cette médication (M. Raynaud, Laugier).

Si la gangrène a une marche rapide et s’il y a des signes d’artérite, on aura recours aux antiphlogistiques tels que les sangsues et les mouchetures de la peau (Dupuytren). V. Artères (Oblitération des).

Un régime végétal (Broussais, Bouillaud, Delpech et SvTne), le repos absolu, sont d’un hçn usage.

L’amputation des membres ne doit être faite que quand la gangrène est limitée (A. Bérard). En attendant la chute des eschares, on pourra continuer le bain d’oxygène et les membres seront tenus enveloppés avec de l’ouate dans l’intervalle du bain d’oxygène. Plus tard, si les parties sont gangrenées, on les environnera de compresses trempées dans l’eau chlorurée et l’on pansera comme pour les autres gangrènes, avec des cataplasmes, pour favoriser la chute des eschares.

Gangrène par contusion. — La gangrène par contusion est le résultat de la destruction d’un réseau capillaire, ou de la rupture des vaisseaux artériels ou veineux qui se distribuent à un organe.

La coloration violacée, l’odeur de putréfaction d’une plaque de peau froide, dans certains cas, et une tuméfaction éliminatrice caractérisent la gangrène par contusion qui a plus d’un point d’analogie avec la gangrène par inflammation, car elle se propage par poussées.

Thérapeutique. — Au début, pansements à l’eau froide et par l’irrigation continue, favoriser la chute des eschares avec les cataplasmes, laver les parties avec une décoction de quinquina, appliquer de la charpie imbibée d’eau chlorurée ou d’ime solution de permanganate de potasse au dixième ; enfin, enlever les parties mortifiées à mesure qu’elles se détacheront.

— L’amputation ne devient nécessaire que dans les cas où les os sont dénudés et les articulations ouvertes.

Gangrène par dégénérescence des artères.

— La gangrène par athérome artériel ou dégénérescence calcaire se produit souvent chez les vieillards, ou bien parce qu’un caillot accidentellement formé oblitère une artériole, ou bien parce que les capillaires sont atteints d’une dégénérescence athéromateuse et s’oblitèrent (Del- |

GANG

pech, Cruveilhier), ou bien parce rpieles capàlaires renferment du sang coagulé (Martino . V, Gangrène par coagulation du sang et PAR ASPHYXIE LOCALE. La dégénérescence calcaire des artères à elle seule n’est pas suffisante pour expliquer la gangrène (Laennec).

Il est rare que cette espèce de gangrène soit très-étendue, et elle peut exister sur plusieurs points à la fois.

Les lésions cardiaques qui existent dans la gangrène après la dégénérescence des artères ne sont pas, comme dans la gangrène par embolie, la cause de l’arrêt de la circulation, ce sont des lésions concomitantes.

Les symptômes et le traitement de la gangrène coïncidant avec des dégénérescences athéromateuses des artères, sont les mêmes que ceux de la gangrène par embolie et la gangrène par asphyxie locale. V. pour le traitement Artères (Ossifications des).

Gangrène diabétique. — La gangrène diabétique est un phlegmon gangréneux, une gangrène par inflammation. V. Diabète.

Gangrène par embolies artérielles. (Van Swieten, Virchow.) Un caillot détaché d’un des orifices du cœur ou d’une ulcération de la paroi interne d’une artère , entraîné par le courant sanguin, vient cjuelquefois oblitérer un vaisseau d’un petit calibre, produit une coagulation du sang au-dessus et au-dessous du point oblitéré, et l’on se trouve dans les conditions d’une ligature ou plutôt d’une oblitération d’artère.

Une embolie artérielle peut être devinée lorsqu’il y a eu des troubles antérieurs de la circulation cardiaque ou de la circulation des vaisseaux, mais le plus souvent la lésion primitive du cœur est méconnue.

L’oblitération d’une artère affectée d’embolie est annoncée par des fourmillements, des engourdissements pénibles et une vive douleur subite ; puis le membre devient livide, pâle, se refroidit, et les battements des artères cessent au point où l’on doit les percevoir normalement.

Dans les gangrènes des membres par embolie, on trouve souvent un cordon dur au niveau de l’artère oblitérée, et en ce point ou distingue quelquefois les signes d’une artérite. V, pour les embolies veineuses ou pulmonaires. Embolie.

La gangrène par embolie dans les capillaires n’est qu’une inflammation gangréneuse ou suppurative.

Thérapeutique. — La multiplicité des embolies, U difficulté de préciser la hauteur à laquelle une artère est oblitérée, gênent singuUèrement pour le traitement. On traitera les troubles cardiaques qui (»t causé la formation de l’embohe [V. CkffiUR (Ixm*ïïATioN DU, Rétrécissements valvulaires du) et En-

GANG

xcABcnï]. — Le membre sera tenu chauilemont. L amputation ne doit être faite que quand la gaiisrène s’est manifestée et quand elle est bien limitée ; oa tiendra en tous cas les membres chauds.

Gongrcne par le froid. — La gangrène par le froid se produit comme la gangrène par asphyxie locale et la gangrène par inflammation.

Thérapeutique. — Toutes les fois qu’un membre i été refroidi jusqu’à congélation, ou qu’il a été exposé pendant longtemps à une température \oisine de ô, quand la chaleur et les battements artériels ont disparu, aucune précaution ne peut rendre sûrement auî parties leur vitalité. On tâchera cependant de réchauffer les parties, d’abord avec de l’eau à 8, puis à 15 ou à 18°, et ensuite avec de l’eau tiède.

Si la gangrène est confirmée on aura recours au traitement de l’asphyxie locale; — dans les cas où il y a une inflammation franche on traitera comme la gangrène par inflammation. V. Froid (Effets du).

Gangrène par inflammation aiguë. — Les gangrènes par inflammation aiguë sont des phlegmons extérieurs ou des phlegmasies internes dans lesquels les phénomènes inflammatoires étant portés de bonne heure à leur summum d’intensité, les vaisseaux capillaires sont entièrement détruits. V. Gangrène du poumon.

Quand des phlyctènes existent sur un phlegmon elles recouvrent ordinairement une eschare, mais c’est du sixième au huitième jour que l’on reconnaît la gangrène, parce qu’une amélioration semble se manifester dans la phlegmasie et que l’inflammation étant éteinte, les plaques gangréneuses apparaissent.

La gangrène par inflammation est toujours humide, et ses eschares se détachent généralement assez vite.

V La chaleur diminue toujours au niveau des parties mortifiées qui tendent à se mettre eu équilibre avec la température ambiante.

V Des symptômes généraux graves existent souvent dans la gangrène par inflammation, tantôt parce que la gangrène existe chez un individu dont la santé générale est profondément àérée, comme il arrive chez les diabétiques ; tantôt parce qu’une infection purulente tend à s’établir.

Dans la profondeur d’un membre ou d’une partie, la gangrène peut être produite par l’étranglement des tissus, par leurs aponévroses, comme dans les panaris tardivement ouverts et dans les phlegmons profonds.

Thérapeutique. — Appliquer dès le début le traiteaient antiphlogistique du phlegmon, — débrider larîement, s’il s’agit de phlegmons profonds avec me- Bjcffi de gangrène au-dessous. — On débridera les aponévroses largement au niveau du phlegmon.

Gangrène par ligature d'artères. — Les ganses par ligature d’artères sont plus fréquentes à la suite de ligatures faites sur des artères Saines qu’à la suite de ligatures d’artères affectées d’anévrv'srae, parce que la circulation col-

GANG 641

latérale n’a pas pu se rétablir assez promptement.

Après une ligature d’artère, toutes les fois que la chaleur d’un membre succède à l’opération et que le membre se refroidit ensuite, la gangrène est imminente.

Si la circulation collatérale d’un membre où a eu lieu une ligature de grosse artère ne se rétablit pas, le membre se gangrène dans une grande étendue.

Il y a quelcjuefois , après les ligatures d’artères près d’une branche collatérale une gangrène locale due à un embolus, ou à un caillot migrateur parti du point où a été faite la ligature, et qui vient oblitérer une petite artère.

Thérapeutique. — Réchauffer le membre avec des linges bien chauds est le seul traitement rationnel à employer; quand la gangrène s’est bien limitée et quand les eschares commenceront à se détacher on pansera simplement.

On n’amputera que si des articulations ont été mises à nu par la gangrène.

Gangrène par pression. — Il arrive souvent que les malades, dont une partie repose sans cesse par un même point sur le lit, sont atteints en ce même point d’utie gangrène ressemblant à la gangrène par contusion (Velpeau). Ainsi le talon, chez les individus qui sont placés dans un appareil à fracture, se gangrène au point où il repose sur le lit.

La pression trop forte d’un appareil, sur la peau qui recouvre des os saillants, détermine souvent aussi de la gangrène.

Thérapeutique. — Pour éviter la gangrène par pression il faut surveiller l’emploi des bandages, et ils seront défaits toutes les fois que les malades souffriront un peu trop vivement.

On placera de l’ouate sur toutes les parties où une compression sera exercée.

Gangrène sénile (Dupuytren, Bouilland, A. Bérard). — La gangrène sénile est une gangrène par artérite oa nne gangrène par coagulation du sang dans les vaisseaux capillaires. Cette gangrène est souvent observée aux jambes. V. Gangrène par artérite.

Gangrène par troubles de l’innervation. — La section^des nerfs, et surtout leur altération, favorise quelquefois la production de gangrènes (Longet) sous la moindre compression ou après le moindre traumatisme, mais elles ne l’engendrent pas seules. Souvent un état général fébrile est nécessaire à leur production (Malgaigne). V. Eschares de la région sacrée.

Thérapeutique. — Favoriser la chute des eschares par les cataplasmes, appliquer un pansement avec des bandelettes de diachylon aux membres, amputer les parties seulement après la délimitation de la gangrène, et quand il paraît impossible ((ue la cicatrisa-

GANG

6'i2 GANG

tion puisse se faire, c’est-à-dire quand des os nécrosés sont à nu ou quand des articulations sont ouvertes.

FORMtXAIBE DE LA GASGRÈSE.

HypocMorite de chaux liquide.

(CMorure de chaux liquide.)

chlorure de chaux see . iOO grammes.

Eau commune . 4500 id.

Triturez le chlorure de chaux dans un mortier de porcelaine avec l’eau, jusqu’à ce que vous ayez parfaitement divisé le chlorure. Filtrez.

Employé pur ou étendu d’eau pour désinfecter r?1.

Bypochloriie de soude liquide.

(Chlorure de soude, chlorite de soude, liqueur de Laharraque.)

chlorure de chaux sec. . , . . . 100 grammes.

Carbonate de soude cristallisé. . 200 id.

Eau commune . . 4500 id.

Délayez le chlorure de chaux dans les deux tiers de la quantité d’eau. D’autre part, faites dissoudre le carbonate de soude dans le tiers d’eau restant ; mélangez les deux dissolutions et filtrez.

Utile, pur ou étendu d’eau, pour désinfecter [+1.

Poudre désinfectante. ■

Plâtre. . . . 1 kilogramme.

Coaltar . . . 100 à 500 grammes.

Mêlez et appliquez sur les plaies gangréneuses.

(Corne et Demeaux.)

Coaltar saponiné.

Solution saturée de coaltar dans la teinture de Quillaya saponaria . . . 20 grammes. .

Eau distillée . 200 grammes.

Pour une émulsion mère au cinquième, avec laquelle, en ajoutant de l’eau, on fait des émulsions au trentième, au quarantième et au cinquantième (Lebeuf), etc., atténuations nécessaires selon les cas pour obtenir plus rapidement la guérison.

Cette émulsion s’emploie en lotions, en injections et sur des compresses, pour enlever l’odeur et hâter la cicatrisation des plaies gangréneuses l-t- -î-I.

Solution d'acide phénique.

Eau distillée . 1 kilogramme.

Acide phénique . 1 gramme.

Faire dissoudre. En lotions et en injections l-i- -h1.

Cataplasme antiseptique.

Extrait alcoolique de quinquina. . 5 gijammes.

Poudre de quinquina. ...... 40 id.

Camphre pulvérisé . 5 id.

Rue . . 40 id.

Mêlez (±i. (Reuss.)

Cérat antiseptique.

Extrait alcoolique de quinquina . 5 grammes,

Cérat . 40 id.

Pour panser les plaies gangréneuses UH.

Poudre de charbon et de quinquina.

Quinquina gris . .

Chai&n pulvérisé;

I ââ 100 grammes.

Mêlez. Pour saupoudrer et panser les plies * gréneuses Q- '

Lavement antiseptique.

Quinquina jaune royal . 20 grammes.

Faites bouillir dans :

Eau, q. s. pour obtenir colature. 300 grammes. Passez et ajoutez :

Camphre . 4 grammes.

Délayez dans un jaune d’œuf (Récamier.) Eau antiputride.

Acide sulfurique à 66“ . 30 grammes.

Eau. . . . 500 id.

Mêlez. (Beaufort.)

Pour lotions |3'

Solution de nitrate d’argent.

Nitrate d’argent 25 centigrammes.

Eau distillée . 30 gi-ammes.

Employée dans le pansement des plaies et des ulcères indolents, qu’on touche avec la charpie imbibée de cette solution. (Sanson.)

Solution de permanganate de potasse.

Permanganate de potasse, ... 1 gramme.

Eau distillée 100 id.

Eu lotions ES-

Eau ammoniacée, en frictions sur les parties menacées de gangrène I I.

Fumigation d’oxygène (Demarquay) sur les parties atteintes de sphaçèle I I,

On donne à l’intérieur :

Eau éthérée camphrée.

Camphre purifié 8 grammes.

Éther sulfurique. . 24 id..

Eau distillée, . . , 470 id.

Dose, 10 à 20 grammes dans une potion appropriée □-

Poudre antiseptique.

Poudre de quinquina rouge ... 2 grammes.

Poudre de camphre. ....... 25 centigrammes.

Mêlez. Une prise tous les quarts d’heure Q.

(Hartmann.)

Trichlorure de carbone, une à trois gouttes trois fois par jour; pour 30 grammes d^eau (Tolu). Dans les gangrènes séniles et autres | I.

Baume de serpentaire de Virginie, 7 grammes en décoction à l’intérieur.

Camphre à l’intérieur, jusqu'à 60 et 120 grammes par jour. (Barbette, Cullen.)

Poudre de quinquina à l’intérieur, 4 à 8 grammes par jour. C’est le quinquina jaune royal qu’il fam prescrire. Ou l’administre dans du vin vieux [3-

Gangrène de la bonchc. La gangrèQe df la bouche, maladie exclusive de l’enfance, est toujours la conséquence d’une prédispositioa acquise par la misère, par les maladies antérieures, telles que la rougeole, la scarlatine, b fièvre typhoïde, et comme cause déterminante

GANG

eflerésulted’an aplitlic ou d’une ulcéralion de la muqueuse buccale.

La stomatite ulcéro-membraneuse et les aphthes de la joue sont souvent le point de départ de la gangrène de la bouche chez des ea&nts cacochymes et cachectiques.

%* Une tuméfaction douloureuse et rëluisante an niveau de la joue ou de la mâchoire inférieure, chez un enfant qui a une ulcération de la muqueuse buccale, doit faire craindre le développement d’un sphacèle de la joue.

Vba tuméfaction douloureuse de lajoue, avec ptyalisme extrêmement fétide et gonflement des glandes sous-maxillaires, annonce un commencement de gangrène de la bouche.

Quand le sphacèle de la bouche s’étend et envahit la joue, une petite phlyctène apparaît sur la peau, qui devient noirâtre, puis noire dans une plus ou moins grande étendue, et l’on a une eschare qui détruit toute l’épaisseur de la joue jusqu’aux gencives et l’os maxillaire.

Dans la gangrène de la bouche, les dents, privées de leurs gencives mortifiées, s’ébranlent, tombent, et l’os maxillaire reste à nu.

La gangrène de la bouche s’étend quelquefois à tout le côtécorrespondanl du visage et mortifie tous les téguments,, jusqu’aux paupières.

VLes enfaiits'atteints de gangrène du visage souffrent peu, ils ont peu de soif, conservent de l’appétit et n’ont en général que très-peu de lièvre.

A une période avancée de la gangrène de la bouche, les enfants offrent de la stupeur avec grande prostration, pâleur excessive, notable affaiblissement du pouls, refroidissement des extrémités, et ils succombent empoisonnés.

Dans la gangrène de la bouche, la mort a lieu par pneumonie lobulaire ou par résorption purulente.

La gangrène de la bouche est souvent accompagnée de gangrène de la vulve et de l’anus.

%* On guérit quelquefois de la gangrène de la bouche si l’eschare est peu étendue, mais il reste toujours une cicatrice tpii altère profondément la régularité du visage.

Thérapeutique. — Le chlorate de potasse à l’intérieur, 4 grammes par jour en potion l-t- -hI: le vin de quinquina, 60 grammes par jour [3; l’arséniate de soude, 5 à 15 milligrammes O, l’alimentation et, ïa début du mal, la cautérisation despartiessphacéiées avec les acides ou le fer rouge, sont les moyens à tæiiie en usage pour arrêter, limiter et guérir la ?îiigrène de la bouche.

Le charbon pulvérisé à la dose de 2 grammes par ]oar en plusieurs fois dans du pain azyme ou dans dé l’eau sacrée Eli le permanganate de potasse en îsnarisme (2 grammes pour 250 grammes) l-t- -e|.

GANG 6A3

Les inhalations de coaltar donnent cgalemeutde trèsbons résultats quand il s’agit d’affaiblir l’odeur gangréneuse des gaz exhalés de la poitrine.

Gangrène du cervean. Eli dehors deS blessures du crâne avec plaie du cerveau ou des maladies du rocher qui s’accompagnent d’une gangrène fétide de l’encéphale, la gangrène du cerveau peut avoir lieu spontanément chez les vieillards, sous l’influence de l’ossification des artères cérébrales, et il en résulte l’altération généralement connue sous le nom de ramollissement cérébral sénile. V. Cerveau (Ramollissement du).

Lorsque les artères du cerveau s’incrustent de matières cartilagineuses calcaires, de façon que leur diamètre soit considérablement rétréci ou même oblitéré, le cerveau souffre dans sa nutrition et dans ses fonctions, il se ramollit et se gangrène partiellement, sans odeur, dans le point où existe la lésion des artères, et il en résulte des paralysies incomplètes de la face ou des membres.

*,5.* La gangrène sénile du cerveau ou ramollissement cérébral sénile n’a jamais d’odeur, parce que le cerveau est l’abri du contact de l’air sous la voûte du crâne, mais, lorsque, par plaie ou carie des os et du rocher, l’influence de l’air peut s’exercer, alors il y a comme partout une odeur gangréneuse caractéristique.

Thérapeutique. — Contre la gangrène du cerveau, il n’y a rien à faire.

Gangrène du poumon. Certaines phlegmasies du poumon entraînent la gangrène de cet organe révélée par l’odeur fétide toute particulière d’une expectoration muco-purulente, grisâtre, ensanglantée ou garnie de détritus gangréneux pulmonaires.

Si la gangrène pulmonaire peut se ter miner par l’élimination de la portion mortifiée, le plus habituellement l’héiiioptysie, le pneumothorax et l’adynamie emportent les malades.

Toute expectoration fétide n’est pas nécessairement le produit d’une gangrène pulmonaire, et de même qu’il y a une puiiaisie des narines, il existe temporairement une punaisie des bronches chez quelques personnes atteintes de bronchite chronique.

Thérapeutique. — La gangrène du poumon, dont l’odeur de l’haleine et de l’expectoration révèle l’existence aux plus inexpérimentés des médecins, ne peut pas être combattue par les saignées, ainsi qu’il en avait été question autrefois. L’état général des malades, leur affaiblissement et la pi-ésence de symptômes adynamiques empêchent de recourir à cette médication.

C’est seulement dans le cas où une douleur pleurétique vive vient compliquer la gangrène pulmonaire, que les émissions sanguines locales sont indiquées, et alors il faut ordonner de préférence

GANG

l'application de yentouses scarifiées sur le côté douloureux.

Dans la gangrène du poumon il faut s’occuper d’abord du traitement général^ et il convient de lutter contre l’adynamie qui emporte la plupart des malades. — La décoction de quinquina, d’aunée, de gentiane, l’eau rougie, les teintures aromatiopies de menthe, de mélisse, la teinture de musc, le camphre, etc., sont les moyens qui peuvent concourir à ce résultat.

Les désinfectants sont indispensables à employer contre la gangrène du poumon. Ainsi on a proposé de placer les malades dans ime atmosphère où un petit appareil dégage continuellement un peu de chlore Q- H peut suffire de répandre autour de ces malades des eaux chlorurées dont l’odeur produit la désinfection. Ces mêmes chlorures peuvent être donnés à l’intérieur en pilules ou en potion :

chlorure de soude . 60 centigrammes.

Opium . . 30 id.

Pour six pilules, trois ou quatre par jour [3-

Ou bien encore, à l’exemple du docteur Graves :

Chlorure de chaux . 3 grammes.

Opium . 1 id.

Pour vingt pilules, deux à quatre par jour [+|*

Gangrènes profondes. V. NÉCROSES. ■ — Toutes les fois qu’un corps étranger, enfermé clans un conduit, se fraye un passage dans un organe voisin, il y a des tissus traversés de part en part et dans ces points il y a gangrène par compression. V. Perforation.

Gangrène de la région sacrée. Y. ËS-

Page 1