FORMULAIRE DES GOURMES
Cataplasmes de fécule (F. H. P.).
Fécule de pommes de terre. . . 60 grammes.
Eau commune . 500 id.
]\Iettez l’eau sur le feu et, quand elle entrera en ébullition, versez-y brusquement la fécule que vous aurez délayée dans 60 à 100 grammes d’eau froide ; faites jeter un ou deux bouillons et retirez du feu.
Ce cataplasme est préférable à celui de farine de lin, qui offre Piocouvénient de déterminer des éruptions pustuleuses, lorsqu’elle n’est pas extrêmement fi-aîche [+]•
Lotion ou fomentation narcotique opiacée (F. H. P.).
Opium brut . 8 grammes.
£&u boaill&ute . 1000 îd.
Réduisez l’opium en poudre grossière, versez dessus l’eau bouillante, et laissez infuser pendant deux heures, en ayant le soin d’agiter de temps en temps ; passez, laissez déposer et décantez.
Pour lotions f^.
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Jjjtion calmante.
Estrait de jusquiame . 32 sranunes.
Eau pure . 750 grammes.
Dans les gourmes accompagnées de démangeaisons r+1.
Mélange pour lotions (Biett).
Déeoetion déraciné de gnimaure 500 grammes.
Sous-acétate de plomb liquide. . 4 id.
Fomentations alcalines.
Sous-carbonate de soude. ... 2 grammes.
Eau distillée . 350 id.
Pour lotions et fomentations □.
Pommade de Henke.
Beurre frais . 30 grammes.
Oxyde de zinc . . . 2 id.
Opium en poudre . 5 centigrammes.
Solution de nitrate d’argent (Biett).
Nitrate d’argent . 2 grammes.
Eau distillée . . . '25 id.
Daits l’impétigo. On promène sur la surface malade la barbe d’une plume trempée dans la dissolution, et aussitôt après on asperge d’eau simple cette même surface
GOUTTE. Il y a une diathèse voisine du rhumatisme qu’on appelle la goutte, et qui est 1 caractérisée par de la dyspepsie et des douleurs dans les petites jointures, où il y a du gonflement, de la déformation et plus tard des dépôts calcaires à base d’acide urique.
Dans la goutte, ce sont les petites articulations qui sont d’abord occupées par la fluxion sanguine ou la douleur, et ce n’est que plus tard que se prennent les grandes articulations. — La fluxion s’accompagne de gonflement, de chaleur et de douleurs indescriptibles. Elle est suivie d’induration et de gonflement péri-articulaires, de luxation incomplète, de fausses ankylosés, et les ligaments ainsi que les surfaces articulaires se couvrent de plaques calcaires blanches formées d’urate de soude et de chaux à l’état amorphe, — Des concrétions calcaires de même nature se forment aussi très-souvent dans les orifices du cœur, dans les grosses artères, dans les artères cérébrales et dans l’épaisseur de la substance des reins, ce qui produit la gravelle rénale et vésicale.
Ce qui caractérise la goutte, à en juger par les produits, c’est la disposition aux concrétions calcaires multiples dans l’organisme, et simultanément la présence d’une grande quantité d’acide urique et d’urate de soude dans le sang, d’où la démonstration péremptoire d’un vice humoral préexistant et tenant sous sa dépendance les adtérations articulaires spéciales.
La diathèse goutteuse peut être considérée comme une diathèse urique produite par l’accumulation de l’acide urique et de Tu rate
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de soude dans le sang et dans les humeurs émanées du sang.
La diathèse goutteuse est héréditaire ou acquise. Dans ce cas, elle se développe chez les gens qui prennent peu d’exercice, qui mangent ou boivent copieusement , qui font excès d’aliments azotés, de façon à remplir le sang d’acide urique et d’urates peu solubles qui engendrent de la gravelle et des concrétions calcaires, ou tophus, autour des articulations, sur les ligaments et dans les principales artères.
Le type de la diathèse goutteuse, c’est la goutte aiguë régulière. Elle s’annonce par des prodromes de dyspepsie, ou d’inquiétude nerveuse générale, et elle débute violemment le soir par de terribles douleurs dans le gros orteil, dans le talon ou une articulation du pied, puis, au bout de deux ou trois jours, dans les articulations de l’autre pied. — - Cette douleur s’accompagne de gonflement des veines du pied, puis de tuméfaction et de rougeur des articulations affectées et de fièvre; elle dure jusqu’au matija, s’affaiblit un peu, laisse dormir le malade, qui se réveille un peu satisfait, sans penser que le soir de nouvelles et terribles douleurs viendront lui donner une nuit pareille à la première, et ainsi de suite pendant les jours suivants, de sorte qu’une attaque de goutte est composée d’une série d’accès de douleur diminuant un peu chaque jour, du premier au der' nier, pendant deux ou quelques semaines.
A la seconde attaque de goutte, la douleur des pieds occupe aussi les genoux, la hanche, quelquefois les mains et les grandes articulations du membre supérieur.
La douleur d’un accès aigu de goutte a une intensité particulière si exceptionnelle, qu’on l’a comparée, tantôt à une dilacération ou à un fort écrasement des parties, tantôt à la pénétration d’un instrument tranchant retourné dans la plaie, tantôt enfin à la brûlure prolongée de gouttes d’eau bouillante, et il n’est pas de comparaison extraordinaire qui n’ait été employée pour dépeindre ce qu’elle a d’excessif.
La goutte aiguë dure plusieurs semaines, et souvent plusieurs mois ; elle disparaît quelquefois pour ne jamais revenir ou, au contraire, revient au bout d’une ou de plusieurs années, et elle se termine toujours ainsi, par résolution ou par la goutte chronique.
Dans la goutte chronique, la fièvre est moindre, les attaques sont moins douloureuses, mais, en revanche, elles sont infiniment plus prolongées et, commençant avec l’hiver,, elles ne cessent qu’avec l’été. — Elles sont composées d’une foule de petits accès, et la douleur qui siège aux articulations des pieds, des genoux, des doigts, etc. , s’accompagne de gonflement auquel succède plus tard la déformation
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des articulations affectées, leur infiltration par des tophm plus ou moins volumineux, leur luxation incomplète, leur fausse aukylose, et, avec ces troubles locaux, de la gravelle, de la dyspepsie et des douleurs névralgiques sur différents points du corps.
Quand la goutte chronique dure depuis longtemps et que la dyspepsie augmente notablement, il en résulte une cachexie goutteuse caractérisée par le gonflement douloureux et la déformation des jointures, l’inappétence et la difliculté de digérer, la pâleur anémique du Visage, l’asthme et le catarrhe pulmonaire chroniques, l’œdème des membres inférieurs, des collections séreuses multiples et la mort.
Sans changer de nature, la goutte peut se porter de l’extérieur à l’intérieur, remonter ou rétrocéder, comme on disait jadis, et donner lieu à des névralgies multiples, des viscéralgies intolérables, telles que l’angine de poitrine, la gastralgie, etc. ; des phénomènes de gastrite aiguë, de bronchite et d’asthme, de pneumonie, de gravelle et de maladies du rein, d’apoplexie, etc.
S’il est difficile de méconnaître la goutte | à l’élat aigu, on se trompe souvent quand il s’agit de la goutte chronique, que l’absence de réaction a fait appeler goutte froide, œdémateuse, et qui ressemble beaucoup au rhumatisme chronique. — La gravelle urique , les concrétions tophacées, les déformations des petites articulations et la diathèse urique de la goutte chronique séparent complètement cette maladie du rhumatisme.
C’est dans la goutte chronique que s’observent , à titre de métastase , les maladies graves de l’estomac, du cœur, des poumons et du cerveau qui se succèdent à la disparition de la fluxion goutteuse articulaire, et qui causent la mort de tant de malades.
Thérapeutique. — 11 n’y a pas de i-emède efficace contre l’attaque aiguë de goutte qui cesse naturellement au bout de quelques semaines, et le médecin ne peut qu’affaiblir la douleur par les applications sédatives calmantes et par les narcotiques extérieurs.
Quoi qu’on en ait dit, la goutte peut se guérir par l’exercice à pied ou à cbeval, l’alimentation maigre, peu azotée, les boissons aqueuses abondantes (Galtier) et quelques remèdes, tels que la teinture de colchique, tous les deux jours, ou l’usage quotidien du bicarbonate sodique, dont l’action est incontestable.
C’est dans l’intervaUe des attaques de goutte aiguë et à la fin des attaques de goutte chronique, qu’il tant attaquer la diathèse urique des goutteux, par la colchique qui double la quantité d’acide urique éliminé par les urines, par le bicarbonate sodique, par le régime végétal, l’exercice forcé et par les boissons aqueuses abondantes. — Au milieu des attaques, ce traitement est inutile, et il n’y a que foloentaiioas calmantes et narcotiques à mettre en usage.