‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 345 sur 731 · HE.MO · texte numérisé non relu

HE.MO

le caustique de Vienne sur la partie prise (Jobert).

Il est moins commode de saisir le pédicule de Thémorrhoïde dans la pince porte-caustique (pince à mors cannelé, contenant du caustique de Vienne, de Barthélemy, de Saumur et Amussat).

On liera les hémorrhoïdes (Cclsc) avec un fil simple, s’il y a un pédicule, ou en traversant la tumeur avec une aiguille enfilée d’un fil double et en serrant chacune des moitiés de la base de la tumem-.

L’écrasement linéaire (Chassaiguac) est infiniment plus avantageux, il est bon toutefois de ne pas enlever d’une seule fois tout un bourrelet hémorrhoïdal, parce qu’il en résulterait une cicatrice tout autour de Tanus et rm rétrécissement consécutif inévitable.

On enlèvera les tumeurs séparément en attirant fortement la muqueuse avec une pince à griffes, afin d’enlever la tumeur avec la muqueuse et non avec la peau (Nélaton).

L’incision simple d’une hémorrhoïde ne la guérit que quand la tumeur a suppurée.

L’excision (Hippocrate, Celse) expose aux hémorrhagies et aux récidives. Elle est meilleure si, après T excision à l’aide d’une érigne et d’un coup de ciseaux courbes, on cautérise la plaie au fer rouge (Dupuytren).

Traitement palliatif.

Contre les leucorrhées anales, on emploiera les lavements aluminés, les lavements émollients, les douches froides, les cautérisations des ulcérations avec le nitrate d’argent et le lavement suivant :

Baume de copaliu. ....... 15 grammes.

Jaune d’œuf . n’ 1

Eau de gomme . 125 grammes.

(Ricord.)

On fera prendre ce remède après deux autres lavements simples préalablement donnés et rendus.

Si une hémorrhagie abondante a lieu à la suite d’hémorrhoïdes internes, on explorera avec le sqseculum ani et Ton cautérisera avec le nitrate d’argent ou avec un pinceau imbibé légèrement de perchlorure de fer. Contre les ulcérations, on prescrira des douches astringentes avecTalun, 4 grammes pour 150 gr. d’eau.

On introduira pendant trois jours des mèches enduites de la pommade suivante :

Axonge . 30 grammes.

Calomel . 1 id.

Contre l’anémie et la phthisie hémorrhoïdaire, on prescrira les ferrugineux et un bon régime. Dans les cas où il y a des ulcérations multiples, on cautérisera ces ulcérations avec le nitrate d’argent. V. Axémie.

Si l’hémorrhagie est due à une tumeur accessible aux instruments, on enlèvera la tumeur sans recourir aux moyens hémostatiques.

On soulagera les malades atteints de tumeurs hémorrhoïdales en réduisant la tumeur dans le rectum à l’aide d’une pelote d’ivoire et d’ime tige à ressort fixée à une ceinture rigide, ou en faisant sur la tumeur des ponctions lorsqu’elle est tendue et douloureuse.

FOBMrTVTRF. DES HÉMOREHOÏDES.

Uniment anodin.

Ongneat j^pnlêaai . V

Huile d’olires . VSâ 16 gramme?.

Baume tranquille . )

Ajoutez laudanum de Rousseau, 1 gramme, — A mettre sur les hémorrhoïdes douloureuses.

liEMO

IIEMO

Onguent de Monipellier.

Ongueut d’althæa . '\

— popuiéum .... I Miel . ;

Q. s. pour oiudrc légèrement, trois ou quatre fois par jour, les parties malades, dans les hémorrhoïdes.

Pommade ou onguent popuiéum.

Uüui'geous secs de peuplier. . .

Feuilles récentes de pavot. . i

— de belladone. . . . f

— de jusquiame ... ?

— récentes de morelle. i

Graisse de porc. . . .

. 375 grauiiiies.

âà 250 id.

2000 id.

Fréquemment employée comme sédative dans les liémorrhoïdes douloureuses.

Suppositoire aloétique.

Beurre de cacao . 8 grammes.

Aloès . 1 id.

Pour un suppositoire employé pour rappeler la liuxion hémorrhoïdale.

F. s. a. des pilules de 30 centigr., deux à six comme purgatif.

Pilules de Bontius.

Aloès socotrin . \

Gomme-gutte . . ââ 32 grammes.

Gomme ammoniaque. . . . )

Vinaigre de vin blanc . 192 id.

F. S. S. des pilules de 30 centigr., deux à six par jour. Contre la constipation qui produit les liémorrlioïdes.

Fomentation astringente.

Bacille de bistorte . 1 .a „

Écorce de grenadier. . . . J grammes.

Faites digérer pendant une heure dans :

Vin rouge chaud . . 500 grammes.

Passez et ajoutez :

Ilydroclilorate d’ammoniaque. . . 10 grammes.

Po ur lotions dans les hémorrhoïdes enflaniinées [+].

Pommade astringente du docteur Smith.

Axonge . . . 30 grammes.

Noix de galle en pondre line. 1 .. . • ,

Opium en poudre!. ..... 1 ““

Onguent mercuriel . 8 id.

Frictions sur les hémorrhoïdes enflammées fl.

(Vallcix.)

Suppositoire contre les liémorrhoïdes.

Beurre frais . 8 grammes.

Liège brûlé . l . . . ; r

Cire. . } ^

F. S. a. trois suppositoires. Un tous les soirs

Èlectuaire au soufre.

Soufre sublimé et lavé . 32 grammes.

Bitartrale de potasse . 64 id.

Essence de citron . 3 décigrammos.

Sirop de sucre, q. s. pour faire un èlectuaire solide.

Employé comme relâchant, à la dose de 8 à 16 gr., dans les hémorrhoïdes □. (H. de Paris.)

Pommade astringente.

Pâte de Ward.

Poivre noir .

Racine d’année. . .

Semence de fenouil.

Miel blanc .

Sucre blanc. ....

ââ 500 grammes.

. . 1500 id.

àâ 1000 id.

(Valleix.)

Gros comme une noisette de cette pâte, quatre fois par jour contre la douleur vive des hémorrhoïdes

Pommade an Hhémorrhoïdale .

Extrait de sureau . 1 gramme.

Alun calciné . 50 centigrammes.

Onguent popuiéum . 16 grammes.

Mêlez. On doit en oindre l’anus quatre fois par jour, à trois heures d’intervalle, avec gros comme une noisette chaque fois. S’il y a de la constipation, il est prudent d’ordonner un léger purgatif préalablement. Par ce moyen, la spongiosité du tissu mu* queux, le grand nombre de vaisseaux sanguins qui sillonnent en tous seus la face interne du rectum, se densifient, se resserrent, et les ouvertures qui livraient passage à la perte de sang se cicatrisent.

(Valleix.)

Pommade de Boyer.

Huile d’amandes.

Cire blanche. . .

Suc de joubarbe.

srammes.

“ id.

id.

Employée comme adoucissant contre les hémorrhoïdes douloureuses.

Poudre de noix de galle . 3 grammes.

.Vxonge . 30 id.

Mêlez.

Suppositoire cabno/nt.

- cire blanche . 15 grammes.

Onguent popuiéum . 40 id.

Extrait de fruit de belladone. . 5 id.

F. s. a. dix suppositoires. Utiles dans les hémorrhoïdes douloureuses.

Copahu, 5 â 10 grammes par jour. — Térébenthine cuite, 2 à â grammes. -— Ratanhia, h grammes en potion. — Contre un flux trop abondant.

(Valleix.)

Appilications de suc cuit de sorbier des oiseaux sur les tumeurs.

Lotions ou cataplasmes de Polggonum antihémorrhoïdale sur les tumeurs

Applications a'oxycrat froid (une partie de vinaigre et quinze d’eau) sur les hémorrhoïdes f+l.

Essence de térébenthine, 10 â 20 grammes â l'intérieur. (Moreau.)

Décoction de cerfeuil pour frictions sur les tumem-s □.

Extrait de jusquiame, depuis 10 grammes par litre d’eau, en lotions sur les parties malades □.

Pessaire rectal. — Quanti les hémorrhoïdes sont trop volumineuses et gênent la marche, on peut les maintenir réduites avec un pessaire rectal de caoutchoiic et eu forme de sablier, qu’on insuffle après l’avoir introduit sans air (Fremineau.)

Les héniorrhoïde» internes peuvent être délruitcs

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par la cautérisatiou au moyen de 1‘ acide uilritiuc monohydraté.

Injections de teinture de benjoin, 15 grammes. Ck)ntre les hémorrboïdes fluentes

DÉlîOSPASBE. Méthode thérapeutique inventée par Junod, dans laquelle, au moyen du vide exercé par des ventouses énormes, on attire à la peau le sang d’une partie du corps. Dans ce but on a fait préparer des bottes de métal assez grandes pour contenir tout un membre inférieur, des cylindres destinés au bras, et de grandes cloches pouvant être mises sur le thorax. En appliquant ces appareils et en y faisant le vide jusqu’à production d’ecchymose, on exerce une révulsion très-puissante, et l’on attire, dans un point du corps éloigné de celui qui est malade, une quantité considérable de sang. Ce déplacement du fluide sanguin est quelquefois très-utile pour arrêter le développement d’une congestion on d’une phlegmasie viscérale grave et pour guérir une métastase goutteuse et rhumatismale.

L’hémospasie rend de très-grands services dans les pblegmasies aiguës, dans les congestions viscérales, dans les hémorrhagies et dans les métastases goutteuses et rhumatismales, pour déplacer le sang qui tend à se fixer sur un organe important.

OÉMOSTASE. Arrêt du sang dans les vaisseaux sous l’influence de la congestion, de l’inllanimatio:i et de l’embolie. V. ce mot.

lîÉviosTATiQEES. Les substances médicamenteuses employées pour arrêter l’écoulement du sang portent le nom à' hémostatiques (V . Hémorrhagie, au Formula.ire).ÇA sont :

La colophane, h grammes, mêlée à du charbon, 1 gramme, et de la gomme, 2 grammes.

\jeau de Brocchieri appliquée h l’extérieur, au moyen de compresses, et administrée à l’intérieur, 100 grammes par jour. C’est de l’eau distillée de bois de pin ou de sapin.

Veau de Pagliari, mélange de térébenthine et de sang-dragon.

Lq perchlorure de fer est le meilleur des hémostatiques. On le donne à l’intérieur, deux à dix gouttes dans de l’eau sucrée et sur le lieu de l’hémorrhagie, on l’emploie en imbibant une petite boulette de charpie qu’on maintient appliquée sur le vaisseau béant au moyen d’un petit morceau de bois. — L’écoulement des piqûres de sangsues s’arrête eu quelques minutes, si l’on procède comme nous venons de le dire.

iiÉnoTHORAs:. V. Plaies de poitrine.

HEAXÉ. Le henné {Lawsonia alba). Al Htnne ou Al Henna des Arabes, Cypros des Romains, Kûrrpo; des Grecs, Kopher des Hébreux, Kofreh eu Nubie, est un arbuste de la famille des lythrariées, employé dans toute l’antiquité comme parfum et comme substance thicioriale. On s’en servait dans l’embaumement

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des momies. C’était la hase du Cyprinum, onguent très-estimé et très-compliqué. Sa racine contient, comme toute la plante, un principe astringent. Les Orientaux s’en servent pour se teindre les ongles.

HÉPATALGIE. Douleur du foie causée par la gravelle des canaux biliaires, névralgie du plexus nerveux hépatique. (Beau. ) .

Thérapeutique. ~ Il faut donner l’infusion de saponaire avec 3 à 6 grammes de bicarbonate de soude, — l’eau de Aücby, d’Ems ou de Garlsbad , — le borate de soude, 5 grammes daus un litre de chiendent sucré, — des bains de A’ichy, ou des bains d’eau additionnée de 250 grammes de soude ou des pilules de savon médicinal de 20 centigr., six par jour, et des pilules d’opium à 5 centigi'ammes. — En outre, on prescrira, sur la région dn foie, un emphàtre de ciguë ou de jusquiame et des vésicatoires volants saupoudrés de 1 à 2 centigrammes de sulfate de morphine.

HÉFATIQEES. Médicaments auxquels on attribuait la propriété de guérir les maladies du foie comprenant V hépatique des fontaines , {'hépatique des jardins, etc. H.

Hépatique OU Eolîque hépatique. \. BI¬ LIAIRES (Calculs).

HÉPATîTE, V. Foie (Inflammation du).

HÉPATRBROÉE. Flux de bile presque pure qui a lieu chez quekjues malades atteints de dyspepsie.

Thérapeutique. — Il faut donner de l’infusion de saponaire, de la décoction de riz ou de gruau avec du sirop de gomme, — * du sous-azotate de bismuth, 50 centigrammes par jour, — du sirop de quinquina, du sirop d’écorce d’oranges amères, de l’eau de Bussang, de Saint-Galmier, de Gondillac, de Vais, et parfois des quarts de lavement avec dix gouttes de laudanum.

HERSiAPSiiiOBlSME. L’hermaplirodisiiie est un arrêt de développement des organes génitaux, QU un vice de développement de ces mômes organes, en vertu duquel une de leurs parties augmente de volume, tandis que les autres s’atrophient.

Les hermaphrodites sont de deux classes, les hermaphrodites mâles et les hermaphrodites femelles. Entre ces deux types extrêmes il y a une foule de degrés ; la nature ne fait pas de saut, et l’on connaît des types intermédiaires qui n’ont aucun sexe et qui présentent des oi'gaues génitaux internes tellement rudimentaires, qu’on ne peut dire s’il y a des organes mâles ou femelles. Ce sont ces cas qui ont permis à certains observateurs de multiplier à rinfini les variétés d’hermaphrodisme.

Lu thérapeutique n’a rien à faire à ces vices de développement; elle traite les atrésies, les hypospadias, la cryptorchidie, les fistules congénitales, mais aucun hermaphrodite, avec des organes rudimentaires, ne peut retrouver son sexe par une opération chirurgicale.

HEBNiiES. On donne le nom de hernies au

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déplacement d’un organe et à ra sortie en totalité ou eu partie hors de la caTité ou de l’enveloppe où il est contenu.

Ainsi on connaît les hernies abdominales, les hernies de l’iris, les hernies de la synoviale des articulations, les hernies du testicule à travers une plaie du scrotum. V. Hernie des muscles, SCROTUM(Pj.AIESDU)et HERNIES ABDOMINALES.

Hernies abdominales spontanées. La sortie des viscères du ventre à travers la paroi abdominale, sans plaie extérieure, est une hernie dite spontanée.

Les hernies se font à travers les orifices naturels qui donnent passage à un conduit ou un organe, ou à travers un canal de communication entre le péritoine et une cavité séreuse voisine, ou à travers une éraillure des aponévroses abdominales.

Les hernies abdominales ont lieu au niveau de l’anneau crural ou inguinal, par le trou obturateur, par l’échancrure ischiatique et par l’ombilic ou par un écartement de la ligne blanche; delà, des hernies cmrales, inguinedes, oblurcdrices, rsekiafiques , ombilicales, etc.

=^,5,* Tous les organes contenus dans l’abdomen peuvent s’engager dans une hernie ; le foie, la rate, le gros et le petit intestin, l’estomac, l’épiploon, la vessie, l’utérus et les ovaires.

Les hernies se produisent en vertu d’un effort ; par suite d’un affaiblissement de la paroi abdominale après une extension exagérée des parois ; par l’embonpoint ou la présence de tissu adipeux infiltré entre les aponévroses; ou en vertu delà persistance de canaux séreux qui doivent disparaître peu de temps après la naissance.

Les hernies sont constituées par un sac contenant un viscère, ou par un viscère seul, et dans ce cas la portion herniée -est le cæcum ou la vessie.

Dans une hernie, le sac subit h la longue des modifications qui portent sur son collet, lequel s’épaissit sur ses parois, qui peuvent présenter des diverticules ; et les intestins restent longtemps sains ou finissent à la longue par adhérer au sac.

Une hernie qui contient un intestin ou entéroc'ele, est molle, un peu pâteuse, sonore h la percussion, faussement fluctuante, réductible, brusquement, en faisant entendre un gargouillement caractéristique, et se repi’oduisant pendant la toux et les efforts.

Qu’il y ait une anse intestinale entière dans la hernie, ou qu’une portion seulement soit pincée, les symptômes sont presque exactement les mêmes.

Une hernie qui contient de l’épiploon, ou épiplocèle, est molle, pâteuse, un peu dure par places, réductible ; elle rentre très-lentement et sans bruit, n’est point sonore à la percussion.

Une hernie qui contient de l’épiploon et

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un intestin, ou entéro-épiplocèle, présente les caractères d’une entérocèle, puis, lorsqu’on la réduit, il reste les caractères de l’épiplocèle;

— les hernies environnées de toutes parts par de l’épiploon restent volumineuses après la réduction de l’intestin qui ne se fait qu’en produisant un gargouillement assez fort.

Après la réduction de toute hernie on sent au pédicule de la tumeur un orifice béant qui en indique l’espèce.

Dans les hernies, les malades digèrent mal, ont des tiraillements dans le ventre, des coliques sourdes, surtout par les aliments qui donnent naissance à de grandes quantités de gaz, des nausées et des tiraillements d’estomac qui simulent les gastralgies.

Les gens affectés de liernies vieillissent bien plus vite que les gens sains. (Malgaigne.)

Une hernie bien contenue n’a jamais rien de grave et n’est pas suivie d’accidents.

Les hernies sont susceptibles d’être le siège d’une inflammalion, adhésive et d’une péritonite glutineuse (Cruveilhier), qui occasionnent des adhérences entre les viscères herniés et le sac, et entre les diverses portions de viscères herniés ; les adhérences se traduisent par V irréductibilité partielle ou totale de la hernie.

Les corps durs, les fèces endurcies, peuvent être arrêtés dans un intestin hernié et produire dans quelques cas un obstacle au cours des matières fécales. Le gros intestin est celui qui s’obstrue le plus souvent : les grosses hernies s’obstruent plus que les petites; c’est ce que l’on appelle dans les hernies. L’en¬

gouement gazeux d’une hernie (O. Beirne) peut, dans quelques cas, être une cause d’étranglement. Les gaz arrêtés dans une hernie apportent un obstacle au cours des matières, et il y a des signes d’étranglement interne (Goyrand d’Aix).

De même que les hernies peuvent être le siège de péritonite glutineuse qui provoque des adhérences, de même elles peuvent être compliquées d’une péritonite vraie, qui donne lieu à la formation de pus ou de fausses membranes et à la gangrène des viscères herniés (Malgaigne).

Une masse de viscères brusquement sortie par le collet du sac ou l’orifice de sortie d’une hernie, augmentant de volume, sans que l’orifice soit élargi et ne pouvant l’entrer, on dit qu’il y a étranglement.

L’étranglement herniaire est la conséquence ordinaire de l’inflammation, et il est probable que les viscères brusquement sortis ne s’étranglent que parce cjue les parties herniées sont déjà atteintes ou sont brusquement atteintes de la péritonite herniaire (Malgaigne). Les agents de l’étranglement sont le collet du sac (Armand), les anneaux et les aponévroses (Franco, Garengeot, J. L, Petit), les brides épiploïques, les

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brides fibreuses adveulives eu dehors du sac, renroulement d’inteslin.

Les hernies intestinales seules sont étranglées véritablement, les épiplocèles dites étranglées ne sont souvent que des inflammations (Malgaigne).

Dans une hernie, la gangi'hie, un abcès stercoral et un anus contre nature sont la terminaison des étranglements et de l’inflammation. V. ANUS CONTRE NATURE,

Les manifestations de la hernie intestinale, engouée ou étranglée, sont de la constipation absolue et des vomissements incoercibles, jaunâtres, ayant une odeur stercorale, si tout l’intestin est oblitéré ; une constipation et des vomissements intermittents si une portion de l’intestin est pincée. Le ventre se ballonne, la respiration est gênée et le ventre est douloureux. Cet état persistant, les malades meurent par rupture de l’intestin et péritonite consécutive, ou par épuisement, après avoir présenté un état fébrile variable.

Les manifestations des hernies épiploïques enflammées ou des hernies de la vessie et des ovaires, sont caractérisées par des symptômes de péritonite locale avec une persistance des selles. Les signes de la hernie intestinale étranglée existent quand il y a un peu d’intestin pincé avec les autres viscères herniés.

Les hernies étranglées ne peuvent être confondues qu’avec un étranglement externe, qui présentelesmêmes symptômes que la hernie, moins la tumeur extérieure. C’est par une exploration attentive au niveau des points où se font habituellement les hernies que l’on peut éviter l’erreur. S’il existait une hernie réductible non douloureuse, l’erreur ne serait pas davantage impossible à éviter.

*,j.* Dans les temps où le choléra règne épidémiquement, on a pu prendre une hernie étranglée pour un cas de choléra. Mais l’absence des selles est uii des signes caractéristiques de la hernie étranglée, et ce iie peut être que par un examen superficiel qu’une erreur a été commise.

Bien que cela soit rare, il arrive que les hernies récidivent après l’étranglement etqu’elles s’étranglent une seconde fois. V. Hernies secondaires.

Thérapeutique. — Un Lemieux doit éviter les efforts et la constipation, il doit pi’endre de grands bains, quelques légers purgatifs, et éviter de se nourrir de mets échauffants.

Les hernies se réduisent seules par le repos et le décubitus dorsal. Même lorsque les hernies sont peu volumineuses, on doit toujours les contenu* avec un bandage, pour les maintenii* réduites ou pour empêcher ies accidents d'étranglement. V. Heemes ex

fARTICLTIER.

Une hernie irréductible non enflammée, et qui ne peut rentrer dans le ventre depuis longtemps.

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sera traitée par la contention, avec un bandage creux approprié à la forme de la hernie.

Excepté les hernies ombilicales des enfants, ce n'est que par hasard que la compression peut guérh* radicalement les hernies. Cette proposition est justifiéc'par toutes les expériences qui ont été faites jusquïci.

Une hernie habituellement réductible, qui ne peut être réduite, réclame immédiatement ce traitement : i'^ un bain; 2® le repos au lit; 3® des cataplasmes en pei-manence sur la région.

Une hernie qui est sortie depuis plusieui*s heures, qui est douloureuse, mais sans tension, et s'accompagne de coliques, réclame un grand bain, le repos et les cataplasmes, puis on tentera avec douceur la réduction de la hernie par le taxis.

Sur une entérocèle petite, enflammée depuis quatre heures, on appliquera quelques sangsues, on placera des cataplasmes sur la tumeur; la glace est moins bonne. On administrera un purgatif, ITiuile de ricin, 40 grammes. Ce remède, qui est le purgatif de l’intestin comme le sulfate de soude est le purgatif de l’estomac, est celui qui est le plus capable de provoquer les contractions intestinales fav orables à la réduction spontanée de la hernie.

Le lavement de tabac est bon pour provoquer les coût ractions intestinales .

Feuille sèche (le tabac . 1 scamme.

Eau. . . . . . 250 id.

(Abercombie.)

On peut mettre dans le lavement jusqu’à 5 grain, de feuilles sèches de tabac.

Lorsque cinq heures se sont écoulées, ce qui fait dix heures depuis le début des accidents, si le ballonnement augmente, on tentera de nouveau la réduction en plaçant le malade dans un bain, si après avoir chloroformé le malade pour faciliter le taxis, la hernie ne se réduit point, on opérera. Pour les grosses hernies, l’indication opératoire n’est pas impérieuse, on peut attendre deux et trois jours si les accidents se calment (V. Herxie ombilicale). Ou insistera alors sur les purgatifs, à moins que le ventre ne soit trèsballonné ; aux premières menaces de péritonite généralisée, on appliquera un vésicatoire sur le ventre.

S’il s’agit d’une épiplocèle, on ne doit pas se presser d’opérer, on n’opérei’a du reste que s’il y avait pincement probable de l’intestin et absence de selles.

Dans les cas d’eutéro-épiplocèle, on doit se comporter comme pour les entérocèles.

Une hernie étranglée par brusque sortie des viscères ou par inflammation doit être traitée au début par le taxis, un bain et les cataplasmes. Loi*squ’ou surveille le malade, l’opération doit être faite de la huitième à la vingtième heure au plus tard après le début des accidents.

Taxis.

Le taxis mesuré et progressif (Franco, Garengeot, Sharp, A. Cooper, Dupuytren), le taxis forcé (Lisfranc, Amussat), le taxis prolongé (Gosselin), le taxis par compression, à l'aide d’une bande (Baudens) ou d’ime bande de caoutchouc (Maisonneuve), sont des variétés de taxis exprimées par le sens de Tépitliète qui leur est donnée.

Pour faire le taxis simple, on saisit la hernie à pleins doigts en évitant de la repousser tout entière dans l'anneau, et de façon à faire rentrer les pre- 4fj

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mières les pai’ties qui sont sorties les dei’uières (école française) ; en pressant avec deux doigts sur le pédicule de la hernie comme pour la. passer à la filière^ au moins pour la hernie inguinale (D . Després), on arrive plus facilement. — On endormira les malades avec le chloroforme jusqu’à résolution complète (Guy ton, Gosselin). — Le massage du ventre (Sédillot) favorise quelquefois les efforts de taxis.

Les accidents du taxis sont : une recrudescence de l’inflammation de la hernie, la rupture de l’intestin, la réduction de la hernie avec le sac (Ledran, Arnaud, Dupuytren) .

De ces trois accidents, les deux premiers exigent l’ouverture du sac, et si l’intestin est déchiré, l’établissement d’un anus contre nature; le troisième peut être traité de deux manières, ou bien on fera lever le malade, en lui faisant faire des efforts afin que la hernie ressorte {Académie de chirurgie), ou bien on fera la gastrotomie , alors on in cisera la paroi abdominale au niveau de l’anneau, on cherchera le sac, on l’attirera au dehors, on débridera sur le collet etl’on réduira l’intestin sans faire la suture de la paroi abdominale (Dupuytren, école française).

On est exposé à des erreurs nombreuses, on peut prendre une péritonite commençante pour des symptômes delà persistance de l’étranglement, mais dans la péritonite, la douleur excessive du ventre et l’altération des traits sont des signes caractéristiques qui manquent d’ordinaire lorsqu’il y a seulement persistance de l’étranglement, puis, dans le dernier cas, on sent une tumeur en arrière de la paroi abdominale au niveau du point où il y avait hernie.

Il est impossible de distinguer exactement un accolement des anses intestinales, ou rétrécissement de l’intestin, d’une persistance de l’étranglement, autrement que par l’existence ou l’absence de tumeur en arrière de la paroi abdominale au niveau de l’an- i neau. On voit donc que les indications de la gastrotomie ne sont pas toujours absolument nettes. On se rappellera seulement que les très-petites hernies et celles qui ne datent pas depuis longtemps ne se réduisent pas avec le sac, et que les hernies inguinales congénitales sont dans le même cas.

KÉr.OTOMIE, ou OPÉRATION DE LA HERXIE ÉTRA^"GLÉE.

L’opération de la hernie étranglée se pratique d’après deux méthodes.

11 y a la méthode de la réduction de la heimie après des déhridements extérieurs au sac et sans ouverture du sac péritonéal (J. L. Petit). Pour faire cette opération, on incise la peau et, sans ouvrir le sac, on en recherche le pédicule, puis on coupe les tissus en dédolant, ou on les déchire avec une soude cannelée ou une spatule (Malgaigne). Ce procédé a l’inconvénient de ne pas permettre au chirurgien de s’assurer de l’état de l’intestin, et de l’obliger à réduire dans le ventre des liquides inflammatoires contenus dans la hernie. Le procédé qui consiste à débrider sous la peau, à l’aide d'un ténotome (J. Gay) est une mauvaise application de la méthode de J. L. Petit.

La méthode par ouverture du sac consiste à mettre à nu l’intestin et à lever l’étranglement de dedans en dehors, soit en dilatant l’anneau avec un gorgeret-érigne (Arnaud), soit en employant une sonde ailée (Méry), le bistouri à la lime (J. L. Petit). Mais aujou^’hui, on se sert avec avantage d’un simple bisiouii boutonné. On n’emploie même plus le bis-

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touri courbe à tranchant limité de Pott et A. Gooper.

Pour opérer une hernie par la méthode ordinaire, c’est -à-dire la méthode par ouverture du sac, on fait un pli parallèle au plus grand axe de la tumeur, on dissèque avec précaution, couche par couche, en dédolant. Le sac se reconnaît difficilement, mais, en prineipe, l’intestin a un caractère à lui que rien ne simule : les vaisseaux qui rampent sur l’intestin. Il n'y a que les hernies étranglées depuis longtemps qui présentent des incertitudes ; on se rappellera cependant que l’intestin a toujours une coloration plus ou moins violacée. Pour les petites hernies, et dans les cas où il y a du liquide dans le sac, la tumeur est fluctuante et cela indique que l’on n’est pas sur l’intestin, car celui-ci n’est point fluctuant. Lorsque le sac est ouvert, voici ce que l’on voit dans les cas de hernies petites et réeentes (fig. 267).

L’intestin mis à nu sera examiné avec soin, on l’attirera un peu au dehors pour voir dans quel état il est au niveau de l’étranglement.

On introduit le doigt dans, le sac, on cherche le point où l’on sent une bride, on introduit le bistoui'i boutonné entre le doigt et la bride, et l’on sectionne en pressant sur les tissus fibreux Lorsque le collet du sac est la cause de l’étranglement, on débride plus aisément en faisant attirer les parois du sac avec des pinces. Si l’on craint de blesser un vaisseau, on débridera sur plusieurs points (Vidal de Cassis). (V. les Herxies en particulier, pour le lieu

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