‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 351 sur 731 · H LU N · texte numérisé non relu

H LU N

l’homme, le loucher vaginal chez la femme et la présence de douleurs à la région crurale peuvent éclairer le diagnostic, mais lorsque la hernie est sortie et très-apparente sous les muscles profonds de la racine de la cuisse, le doute n’est plus possible.

Dans la hernie sous-pubienne, les adhérences -ne paraissent pas aussi fréquentes que dans les autres.

Thérapeutique. — Pour réduire la hernie souspuhienne, le malade étant couché sur le dos et ayant les cuisses fléchies et le hassin élevé (Sanson), on pressera la tumeur par une -sorte de massage; mais il faut procéder doucement et avec patience. Pour maintenir la hernie, placer dans le creux qui existe entre les muscles une pelote saillante attachée à un bandage herniaire crui*al à collet, un peu oblique vers la cuisse.

La hernie obturatrice étranglée sera opérée. On incisera couche par couche et lentement, en tâchant de bien reconnaître tous les muscles que l’on met à découvert. Une fois arrivé sur le sac, on l’ouvrira avec précaution, on débridera en dedans et en bas (Obré), on incisera sur la sonde cannelée d’abord le muscle obturateur externe, on s’assurera ensuite de l’état du collet de la hernie, enfin on débridera sur la membrane obturatrice. On pourra essayer de dilater le collet du sac par la méthode d’Arnaud (Richter, Sabatier, A. Bérard). On pansera comme les autres hernies.

Hernies des synoviales. Lorsque les ligaments articulaires ont été rompus et éraillés, la synoviale distendue par la synovie vient former une petite tumeur fluctuante, immobile sur les parties dures, réductible, quelquefois transparente, lorsque la tumeur n’est pas séparée de la peau par des muscles.

A la suite des hydarthroses, les hernies de la synoviale ne sont pas très-rares. On les rencontre quelquefois aussi après des entorses.

Une hernie de la synoviale peut se transformer en un kyste synovial.

Thérapeutique. — Il n’y a rien à faire contre les hernies d’une synoviale, on se bornera à comprimer; — s’il se forme un kyste synovial, on le traitera par 'les moyens appropriés. V. Kystes synoviaux.

Hernie du testîcnlc. V. SCROTUM (Lɬ SIONS du).

Hernies traumatiques. V. ABDOMEN

(Plaie de l’). *

Hernie de l’utérus. L’utérus Suit quelquefois les viscères herniés, mais il peut se trouver seul dans une hernie.

Le toucher vaginal peut faire soupçonner la hernie de l’utérus à cause du déplacement de l’organe; mais la réduction de la hernie sans gargouillement et le redressement consécutif de l’utérus eu confirment l’existence.

G’est dans le canal inguinal que s’observe le moins rarement la hernie de l’utérus.

Thérapeutique. — Réduire la hernie et la maintenir: en cas de grossesse dans Tutériis hernie, les

HERN

mêmes indications existent. V. Dystocie par hernie

DE LTTÉRCS.

nernie vaginale. L’intestin et l’épiplooil (Garengeot, Hoin) s’engagent quelcpiefois à travers l’aponévrose périnéale supérieure, dans le vagin, soit en avant, soit en arrière, soit, ce qui est de beaucoup plus fréquent, sur les parties latérales (Richter). L’intestin grêle, l’S iliaque (Levretj, la vessie, se montrent dans la hernie vaginale.

Une tumeur lisse, arrondie, à base large, disparaissant par la compression en faisant entendre un gargouillement, augmentant par la toux et la position verticale, descendant quelquefois jusqu’à la vulve, accompagnée de vomissements et de tiraillements d’estomac, est une hernie vaginale. — La hernie vaginale située en avant, outre qu’elle a ces caractères, s’accompagne d’envies très-fréquentes d’uriner.

Pendant l’accouchement, les hernies vaginales peuvent être une cause passagère de dystocie (G. Stubbs). V. Dystocie.

L’étranglement se produit quelquefois dans les hernies vaginales (Petroniti).

On ne confondra pas les hernies vaginales, chez les femmes grosses, avec un prolapsus du vagin, parce que, dans ce dernier, il n’y a pas de réduction possible. — Les tumeurs dures sont peu réductibles et n’ont rien de commun avec la mollesse d’une hernie; le toucher vaginal et rectal permet au reste d’apprécier exactement toutes ces tumeurs, et leur point d’implantation est le meilleur moyen de diagnostic différentiel.

Dans une hernie vaginale étranglée au moment de l’accouchement, il peut se produire une gangrène plus ou moins étendue de l’intestin. V. Â.NUS CONTRE NATURE.

Thérapeutique. — Dans la hernie vaginale, il faut réduire l’intestin à l’aide de deux doigts placés dans le vagin. Si la hernie est située en arrière, on est plus à son aise pour refouler la hernie lorsqu’on place le malade sur le ventre (Richter).

Pour maintenir la hernie, ou appliquei*a un pessairc élytroïde (J. Cloquet), et mieux un pessaire de caoutchouc à air en bondon.

S’il y avait étranglement, on inciserait le sac ; eu cas de hernie épiploïque, on laisserait l’épiploon dans la plaie ; en cas de hernie intestinale, on débriderait sur plusieurs pomts, et, au besoin, on dilaterait avec ungorgeret (Leblanc).

Si la hernie existe au moment de l’aocouchement, on la t efoulera dans l’abdomen et on la maintiendra avec les doigts pendant l’engagement de la tète, mais si l’accouchement est long à se faire, on appliquera le forceps pendant qu’un aide maintiendra la hernie réduite. V. Dystocie.

Hernie vagino -labiale (pudendal herm'a) (A. Cooper, Holtz). La hernie vagino-labiale est une variété de hernie périnéale qui a lieu dans

HERP 737

l’épaisseur de la grande lèvre lorsque les viscères se sont engagés eu avant du ligament large, entre l’aileron antérieur et la vessie. Contrairement aux hernies périnéales, où l’intestin passe en arrière du ligament large (Stoltz, A. Bérard), le sac se fait jour â travers le releveur de l’anus et l’aponévrose périnéale moyenne.

Une tumeur présentant les caractères d’une hernie située dans la partie postérieure de la grande lèvre, et un peu saillante du côté du vagin, est une hernie vagino-labiale. L’absence de tout rapport avec l’anneau inguinal empêchera de la confondre avec la hernie inguinale ; le toucher vaginal permettra de sentir la hernie.

La hernie vagino-labiale peut s’étrangler, mais cet accident n’a pas encore, jusqu’ici, nécessité d’opération.

Thérapeutique. — Pour réduire la hernie vaginolabiale, on placera les malades dans le décubitus dorsal, les cuisses étant demi-fléchies sur le bassin, et l’on agira par pression combinée sur le périnée et dans le vagin.

Pour contenir la hernie, ceinture élastique avec sous-cuisse portant une pelote de linge aplatie pressant sur la tumeur.

Si la hernie s’étrangle, taxis api’ès avoir vidé la vessie. — Si le taxis ne réussit pas, inciser la grande lèvre dans le sens de sa longueur, ouvrir le sac, y introduire le doigt; se guider dans la recherche de l’anneau par le toucher vaginal; et l’on débridera en -portant le bistouri du côté du vagin. (A. Cooper.)

Hernies vrentrales, OU Hernies de l’abdomen. Une hernie peut exister à la région lombaire (J. L. Petit), c’est-à-dire à travers les fibres de l’aponévrose du transverse, en dehors du carré lombaire et du bord du grand dorsal. Il y a des hernies à travers les muscles obliques et en dehors l’anneau inguinal interne, et enfin, dans la gaine d’un muscle droit antérieur (Ledran), elles ne diffèrent des hernies inguinales, crurales, etc., que par leur situation ; elles sont sujettes aux mêmes accidents et réclament le même traitement.

Thérapeutique. — Bandages appropriés, ceinturer élastiques, bandages à pelotes larges.

S’il y a étranglement, débridement sur les points où l’on est sûr qu’il n’y a pas de vaisseaux.

Hernie de la irésîeale du fiel. V. HERNIE OMBILICALE et HERNIE CRURALE.

Hernie de la vessie. V. GYSTOCÈLE.

UERXIOK.E, OU HEHBE TURQUE. Plante de la famille des paronychiées, dont la décoction astringente était employée comme topique pour la guérison des hernies Q.

HERPÈS. L’éruption de petites vésicules, d’abord transparentes, puis opalines et se couvrant de croûtes noirâtres, caractérise l’herpès.

Il y a de très-nombreuses variétés d’herpès :

738 UERP

1° Yherpes phlyctenoides sur le corps ; 2° Vhei'pes labialis, sur les lèvres ; S® Vherpes prœpufialis, sur le prépuce; 4“ Vherpes zoster, ou zona, sur la moitié du tronc. Mais la plupart de ces éruptions sont la conséquence d’une fièvre éphémère ou d’une névralgie antérieure.

On considère aussi comme appartenant à la classe des herpès, Vherpes circiné et Vherpes iris, qui sont la conséquence du développement d’un parasite végétal sous la peau, le tricophyton (V. ce mot), lequel produit un anneau rougeâtre vésiculeux s’agrandissant chaque jour. (Bazin, )

Vherpes labialis, qui se développe dans le cours de la pneumonie annonce la guérison de la phlegmasie pulmonaire.

Thérapeutique. — Sur le corps^ les applications de collodion élastique arrêtent le développement des différents herpès.

Les herpès guérissent également bien sous l’influence des applications émollientes, astringentes ou narcotiques et des poudres absorbantes d’amidon ou de vieux bois. — Parmi les solutions astringentes à employer contre l’herpès, il faut surtout mentionner les lotions avec l’eau blanche ou avec la liqueur de de van Swieten.

L’herpès circiné guérit très-rapidement par les applications de goudron pur, — d’acétate de plomb dissous dans l’eau, — de sublimé, 20 centigrammes avec un peu d’alcool pour 300 grammes d’eau, — de Rottlera tinctoria ou Kamelea , sur du linge mouillé. — Ce moyen produit la guérison en quelques jours (Moore), V. Dartres, Parasitisme.

Herpes præputialis. Des vésicules COIlfluentes du volume d’une grosse tête d’épingle, existant à l’état de vésicule pendant quinze à vingt-quatre heures, se développant successivement autour du gland et sur le prépuce, accompagnées de prurit, et plus tard, après leur rupture, d’une sécrétion plastique, constituent un herpes præputialis.

Le contact avec une femme malsaine, l’irritation du gland et du prépuce après une blennorrhagie, sont des conditions favorables au développement de Vherpes præputialis.

V herpes præputialis est quelquefois une série de chancres mous, avortés (Diday). Il est parfois lié à la constitution dartreuse.

On ne confondra pas les ulcérations qui succèdent à la rupture de vésicules d’herpès avec des chancres mous. L’ulcération de ces derniers est toujours plus étendue, n’est pas entourée d’une auréole inflammatoire, comme la vésicule d’herpès, elle s’accompagne en outre d’engoi^ements ganglionnaires.

Thérapeutique. — Cautériser avec le crayon de nitrate d’argent Fulcération qui succède à la rupture de la vésicule d’herpès; panser avec de la charpie imbibée d’eau blanche ou de vin aromatique. Administrer un purgatif salin.

llüMüE

Pour les herpes prceputialis qui semblent liés à ime constitution dartreuse, les eaux d’Driage et de Louesche sont d’un bon usage.

Herpès zona. V. ZONA.

HERPÉTIQCE. Qui est de nature dartreuse- ■ — Ainsi on dit qu’un individu affecté de dartres est atteint de la diathèse herpétique,

HERPÉTisviE. La constitution de certains sujets, favorable au développement des dartres ou des maladies internes dues au principe dartreux, est ce qu’on appelle herpétisme. C’est une diathèse qui produit à l’extérieur des vésicules, des pustules, des squames, des bulles, et à l’intérieur des catarrhes muqueux chroniques d’où résultent un grand nombre de maladies viscérales graves. V. Dartres,

Tant que l’herpétisme ne se manifeste que ^sur la peau, il n’est pas dangereux, mais dès qu’il se porte sur le pharynx, sur les bronches, sur le poumon, sur les intestins, il devient l’origine de phlegmasies chroniques trèsredoutables.

Thérapeutique. — Les tisanes amères, — Te soufre à l’intérieur et les bains sulfureux, — les eaux minérales sulfureuses, — les sels de fer ou le fer métallique, — un bon régime, — les purgations répétées tous les mois et les préparations arsenicales sont les moyens propres à guérir l’herpétisme.

HERSE (La) (Orne). Eau ferrugineuse et gazeuse froide, employée contre la chlorose.

HIÈBEE. Arbrisseau de la famille des caprifoliacées, dont la racine et l’écorce intérieures des tiges, en décoction, est émétique, purgative et diurétique. — C’est une plante peu employée en thérapeutique.

HIERA-PICRA. Électuaire purgatif à l’aloès.

— Il se compose d’aloès, 125 grammes, — de cannelle, 8 grammes, — de macis, 8 grammes,

— de racine de cabaret, 8 grammes, ■ — de safran, 8 grammes, — de mastic, 8 grammes, — de miel, 500 grammes. — On le donne à la dose de 2 grammes par jour Q.

HIPPOCR4S. Infusion de cannelle dans du vin, avec un peu d’eau-de-vie et du sucre, et un peu d’ambre.

HOHBOERG (duché de Hesse). Eaux minérales chlorurées sodiques, ferrugineuses et gazeuses froides. — Elles sont employées dans la chlorose, dans l’aménorrhée E, dans l’hypochondrie, dans la dyspepsie et dans la constipation.

HOHCEOPATHIE. Contrairement au dogme antique qui voulait qu’on traitât les maladies par leurs contraires : Cemtraria, contrariis curantur, rhomœopathie est une doctrine par laquelle, au contraire, Hahneman, son inventeur, a prétendu traiter les maladies par leurs semblables, c’est-à-dire par des médicaments dont l’action physiologique ressemble au phé-

HOMOE

nomène morbide, à détruire : Similia, similibus curantur.

Le quinquina produisant la fièvre périodiqne chez l’homme sain, Hahnemann a prétendu qu’il fallait l’administrer pour guérir les fièvres intermittentes.

Pour Hahnemann il n’y a pas de maladies et l’on n’en connaît pas l’essence ; il n’y a que des symptômes que l’on doit détruire par des remèdes appropriés.

Toutes les maladies chroniques résultent de trois vices constitutionnels, la syphilis, la sycose et la psore, dont les métamorphoses sont la cause des différentes formes que présentent ces maladies.

Dans les remèdes il y a toujours deux actions, l’une ptnmitive et l’autre secondaire, celle-ci opposée à la première, de façon à amener la guérison ; c’est pour cela qu’on donne à un fébricitant la quinine qui produit la fièvre, action primitive dont le contraire est la guérison du malade.

Si l’on en croyait Hahnemann, V action des substances employées à titre de remède serait en raison inverse de leur quantité et en divisant ces remèdes, en les triturant ou en les secouant d’une certaine manière, il avait la folie de croire qu’il augmentait leur énergie, ce qu’il appelait leur dynamisation.

Hahnemann prenant un atome de substance, et \ atténuant avec du sucre de lait, le divisait en cent parties, dont l’une d’elles, atténuée et divisée en cent autres parties, formait de l’une d’elles un dix- millième de substance, lequel, a une troisième atténuation et division en cent autres parties, devenait un millionième, et ainsi de suite par trente-deux atténuations, ce qui arrivait à la fraction d’un novemdécillionième de substance, ayant une énergie en proportion inverse de sa quantité.

La préparation homœopathique des médicaments n’est pas autre chose qu’une magnétisation de la matière développant en elle des propriétés occultes, où la quantité de la substance n’est rien, et où le charme de l’opération est tout.

Les remèdes homœopathiques s’administrent sous forme de globules composés de substances atténuées avec du sucre de lait dans une proportion centésimale ou de gouttes faites avec une alcoolature diluée, avec cent parties d’eau distillée et formant des dilutions succfôsives.

La première atténuation et dilution homosopathique est formée d’une partie de substance combinée d’une certaine façon à cent parties de sucre de lait ou d’eau distillée, c’est la moins active, tandis que la seconde, formée d’une partie de la première, combinée avec cent parties de véhicule œt bien plus énergique.

ilOM31 73y

La troisième dilution est faite d’une partie de la seconde pour cent de véhicule, et elle est encore plus active. On fait de même pour la quatrième, pour la cinquième, qui deviennent de plus en plus énergiques, et ainsi de suite Jusqu’à la trente-deuxième, d’après Hahnemann, et pour la cent cinquantième d’après le docteur K. . . , de Saint-Pétersbourg.

Le traitement homœopathique par les doses infinitésimales mises en globules ou sous forme de gouttes liquides, ne doit pas être contrarié par le régime, et il faut bannir sévèrement de l’alimentation, le vin, le sel, le poivre et toutes les épices qui pourraient neutraliser l’effet des médicaments.

Il n’y a pas de milieu entre ces deux opinions : la posologie homœopathique est l’œuvre d’un effronté charlatan, ou c’est la conception d’un fou.

HOMiME. L’homme est un être qui se rapproche des animaux par la structure, et qui s’en distingue par ses facultés intellectuelles et morales. On le regarde comme le premierdes mammifères, mais la conformation de sa main et de ses pieds en font un personnage à part au milieu des animaux. C’est une intelligence servie par des organes et par l’ensemble de son être autant que par son intelligence et sa religiosité; il forme dans la création un règne particulier qui est le règne hominal.

L’homme est le composé d’une âme immatérielle, source première de la vie, de la conscience et de la raison, d’un ferment vital qui est l’agent physique de la vie pour créer l’organisation et en maintenir la forme à travers la rénovation continuelle de sa substance, et d’un corps rempli d’organes doués de propriétés particulières, dont l’influence réagit sans cesse sur l’ensemble.

L’homme physique est perfectible au moins autant que l’homme moral, mais par des procédés différents, car si l’on moralise et si l’on élève la pensée par l’exemple du beau, du vrai et du bien , on ne régénère les races et les individus que par l’action combinée de l’air, des eaux, des lieux, du régime et de la génération qui mêle à un ferment vital altéré, le ferment d’uu être plus robuste et plus sain.

C’est par l’hygiène plutôt que par la pharmacie qu’on améliore la constitution des individus, qu’on prévient leurs maladies ou qu’on en abrège le cours, et enfin qu’on prolonge la durée de la vie moyenne. Aussi doiton étudier avec le plus grand soin l’action des influences physiques et morales sur la santé, si l’on veut faire une tbérapeuiique rationnelle et vraiment utile.

En dehors des maladies commune à tous les hommes, chaque âge a les siennes, et elles exigent une thérapeutique spéciale, différente

7i0 HOPl

non-seulement par la posologie, mais encore par l’appréciation qu’il faut faire de la résistance vitale qui varie aux différentes époques de l’existence.

HOPITAUX. Partout la sollicitude des hommes veille à ce que les malades pauvres, sans asile et sans famille, trouvent un refuge et des soins. L’ouvrier et le soldat blessés ou malades, les filles, les enfants et les vieillards abandonnés et malades ont droit à un abri. Autrefois ou leur ouvrait les temples et les couvents, aujourd’hui c’est dans les hôpitaux f[u’ils trouvent secours et protection.

Dans ces lieux les administrateurs et les médecins donnent l’exemple de la bienfaisance la plus noble, et payent le juste tribut que la société doit à ceux de ses membres qui ne peuvent plus travailler, mais par une réciprocité naturelle, la science trouve dans la réunion des malades un élément d’étude de plus pour faire progresser l’art de guérir.

Les hôpitaux sont fixes ou temporaires ; les premiers comprenant les hôpitaux civils, militaires, communaux et les hôpitaux spéciaux, maisons de convalescence, asiles d’aliénés. Les hôpitaux temporaires sont ce que l’on appelle des ambulances.

Les hôpitaux fixes administrés militairement, les maisons de convalescence et les maisons d’aliénés, diffèrent des hôpitaux ordinaires qui ne sont destinés qu’à des blessés ou des malades, mais ils sont soumis aux règles générales de l’hygiène hospitalière dont les plus importantes sont utiles à indiquer ici.

Hôpitaux. Voici quelle est la meilleure organisation d’un hôpital fixe, civil ou militaire, et, sauf quelques points, c’est celle des hôpitaux français.

Le bâtiment plus ou moins vaste entouré de jardins ou de places et de rues, dont le sol doit être macadamisé ou bitumé, afin d’éteindre le bruit des voitures, et sera disposé de telle sorte que le soleil puisse éclairer et échauffer toutes les salles (U. Trélat). Sous ce rapport, un long bâtiment dirigé de l’est à l’ouest i est ce qu’il y a de mieux.

Un endroit sec est le lieu qui convient le mieux pour un bâtiment d’hôpital (Société de chirurgie).

On a beaucoup discuté pom- savoir s’il valait mieux faire beaucoup de petits hôpitaux plutôt que quelques grands, mais cela ne signifie rien, si les grands hôpitaux occupent un grand emplacement, et si l’hôpital est divisé en pavillons séparés. (Trélat, Giraldès et Société de chirurgie.)

Dans les hôpitaux, les salles doivent avoir un plafond très-élevé, contenir vingt lits ^acés de 3 mètres et doivent avoir SO à 40 mètres de long sur 8 à 12 mètres de large.

Mon

Les salles doivent être séparées par des vestibules à deux fenêtres, qui, par intervalles, resteront ouvertes moitié du jour.

Les salles doivent être aérées et ventilées par des ouvertures pratiquées dans la muraille à la partie supérieure de la salle et par des ouvertures à la partie inférieure (ancien modede ventilation), ou bien elles seront pourvues d’appareils de ventilation modernes destinés à renouveler l’atmosphère intérieure en y introduisant une grande quantité d’air à la température convenable.

La salle doit être chauffée en hiver, et maintenue à la température moyenne de 16 à 18°. Le chauffage au moyeu de cheminée (système des hôpitaux anglais) est très-bon. En été, la porte de la salle doit être toujours ouverte, les fenêtres seront ouvertes (Gosselin) au moment le plus chaud de la journée et du côté où le soleil donne. Il faut, toutefois, éviter d’ouvrir les fenêtres près du lit des grands malades, de peur de leur laisser prendre froid.

Les rideaux du lit sont utiles pour certaines occasions comme les examens, les opérations au lit des malades; ils sont bons pour protéger les malades pendant que l’on nettoie les salles ; mais les rideaux doivent être toujours ouverts hors ces conditions.

Toutes les fois qu’il y a de grands malades exhalant une mauvaise odeur dans une salle, on doit placer un liquide désinfectant, par exemple, le chlorure de chaux (Nonat). Deux vases pleins de ce sel et d’eau suffisent pour une seule salle. Ces vases doivent être changés tous les trois jours.

Un hôpital bien organisé doit avoir trois salles toujours vides, prêtes à recevoir les malades d’une salle que l’on nettoie (salle de rechanges, hôpitaux allemands).

Il n’est pas bon de placer des lits surnuméraires dans une salle, à moins que ce ne soit pour vingt-quatre heures seulement.

Les salles doivent être nettoyées tous les deux mois au moins, et purifiées par des fumigations de gaz acide sulfureux, qui ont la propriété de détruire tous les germes contagieux.

Les latrines des hôpitaux doivent être à proximité de la salle, mais dans un cabinet à plusieurs portes, de façon que l’odeur n’entre pas dans les salles. Les cuvettes de propreté (Jennings) sont bonnes à mettre en usage pour les latrines des hôpitaux.

Pour une salle de vingt lits il faut une surv^eillante, deux infirmiers et un veilleur.

Les lits doivent être faits tous les jours à moins de contre-indications de la part du chef de service.

Les vases des malades doivent être nettoyés dès qu’ils sont sales.

HOPI

üii infirmier au moins cloil être toujours à la disposition des malades.

La surveillante doit passer dans la salle à tous les instants de la journée.

Un chef de service ne doit pas avoir plus de trois salles, c’est-à-dire plus de soixante malades, quarante hommes et vingt femmes. Une des premières conditions pour faire de bonne médecine ou de bonne chirurgie est de pouvoir examiner tous ses malades. Dans les hôpitaux spéciaux de scrofuleux, de dartreux et de vénériens, par exemple, un plus grand nombre de lits peut être confié aux médecins. Ce n’est pas de trop d’un premier élève interne pour un service de médecine, et dans les services de chirurgie, il faut au moins deux internes.

Chaque salle de médecine doit, en outre, être desservie par denx élèves externes ou bénévoles chargés des pansements.

Une visite du soir doit être faite régulièrement par un interne de service.

Dans chaque service il y a un élève pharmacien qui doit assister à toutes les visites et préparer les médicaments, La surveillante, l’élève externe, chargée d’inscrire les médicaments sur un cahier destiné à cet usage, et le pharmacien, doivent suivre ensemble le chef de service et se renseigner mutuellement sur les prescriptions et sur l’hygiène imposées par le médecin à ses malades.

Dans un service bien organisé, les élèves doivent prendre des notes sur l’état des malades, cela est dans leur propre intérêt, et ils recueillent ainsi des détails statistiques ou autres qui ont une utilité réelle pour la science.

L’alimentation des malades est variable pour chaque maladie, et il n’y a de règles générales que pour les convalescents. On donne à ceux-ci dans les hôpitaux un régime qui peut être représenté par 1 kilogramme de pain, 250 grammes de viande, 250 à 300 grammes de légumes et 25 centilitres de vin.

Les malades atteints de délire et c|ui troublent le repos de leurs voisins doivent être placés dans des salles à part. Pour cela, dans les hôpitaux bien organisés, comme les hôpitaux Beaujon et Lariboisière de Paris, il y a une salle de deux lits à côté de chaque grande salle.

Les malades atteints de maladies contagieuses, telles que la variole, peuvent être placés dans des salles spéciales. Mais cette pratique a un double inconvénient, celui de réunir dans un même foyer un nombre assez considérable de malades exhalant des miasmes, ce qui peut être une cause d’aggravation iie lenr mal ; et celui de créer dans le voisinage de la salle un foyer de contagion plus énergique à cause de la concentration des miasme.

Les malades convalescents doivent sortir

HOQU 741

de la salle, prendre l’air en été dans les jardins, en hiver dans les préaux ou dans des salles disposées à cet effet.

Différentes règles doivent encore être observées dans le service des hôpitaux. Les malades doivent jouir du repos le plus complet possible, le service de la propreté de la salle sera fait avec précaution autour des grands malades. Les services religieux ne prendront point le caractère d’obsession ni ne prosélytisme; les hôpitaux ne sont ni des prisons, ni des couvents. Au moins le zèle devra-t-il être tempéré par les nécessités du repos des malades. Les visites bihebdomadaires que font les parents aux malades sont souvent une cause de bruit et d’excitation qu’il faut savoir ménager. Tous les malades qui se lèvent, recevront leurs parents hors delà salle, dans les jardins ou les parloirs. On ne laissera pas les visiteurs séjourner longtemps autour des grands malades. Cette mesure, qui n’a rien de vexatoire, sera comprise suffisamment par ceux qu’elle frappe.

Comme il y a partout des mauvais sujets et des malades indociles, les chefs de service et leurs élèves ont toujours en leur pouvoir divers moyens de répression, mais leur ascendant moral est presque toujours suffisant.

Ambulance. — Les ambulances établies en temps d’épidémie ou dans les villes voisines d’un champ de bataille doivent être installées dans des endroits aérés et secs ; les granges, les magasins, les hangars, munis de larges portes ou fenêtres, sont les meilleurs locaux que l’on puisse mettre à profit.

Lorsque l’on construit des ambulances il ne faut pas négliger de sabler le sol et d’y placer des planches pour éviter l’humidité.

On doit installer les lits, le service des salles, d’après les mêmes données qne pour les hôpitaux fixes. Mais il faut surtout se rappeler qu’un personnel suffisant est une des premières conditions de la bonne installation d’une ambulance,

HOQL^ET. Un mouvement convulsif et bruyant d’inspiration constitue le hoquet.

Le hoquet n’est qu’une convulsion du diaphragme (F, Hoffmann).

Il y a un hoquet idiopathique qui se produit dans l’état de santé, sans qu’on en connaisse la cause chez les personnes nerveuses, et un hoquet symptomatique qui accompagne les maladies aiguës et chroniques.

Chez les nouveau-nés le hoquet est une chose très-ordinaire, presque normale, et il est toujours en rapport avec une trop grande réplétion de l’estomac par le lait.

Le hoquet idiopathique est mie maladie souvent très-gênante, qui dore quelques minutes, quelques heures, quelques jours, plu-

742 noor HOUX

sieurs années, et constitue une névrose semblable à la chorée.

Le hoquet chronique peut être envisagé comme une chorée diaphragmatique,

- Le hoquet idiopathique s’observe souvent chez les hystériques, et il est transmissible par imitation.

Dans le hoquet symptomatique existe soit une maladie du cerveau ou des méninges, soit une lésion organique de l’estomac, de l’intestin, du péritoine ou de l’utérus, soit enfin une maladie aiguë grave.

%* A la fin des maladies aiguës inflammatoires, le hoquet est un indice presque certain de la mort.

Thérapeutique. — Dans le hoquet idiopathique, une surprise faite au malade guérit souvent le spasme diaphragmatique, il en est de même de la violente compression du poignet ou de l’ingurgitation rapide d’un verre d’eau froide ou glacée, d’un verre d’eau de Seltz ou de morceaux de glace.

Dans le hoquet symptomatique, on a employé l’application du calorique rayonnant à l’épigastre (Dupuytren), en approchant un fer rouge qui produisît une vive rougeur puis une vraie cautérisation. — U acupuncture de l’épigastre (Haime). — V extrait de valériane, à 3 ou 4 gramn.es par jour. — Le sousnitrate de bismuth à l’intérieur, 1 à 2 grammes, ■ — les frictions de pommade stibiée au creux de l’estomac. — Les plaques an/.antées, une à l’estomac, l’autre dans le dos (Laen?iec), C’était un hoquet datant de trois ans. — Un vésicatoire volant sur le hasventre. — Il osa fœtida uni à un vésicatoire épigastrique. — Le vésicatoire au cou sur le trajet du nerf phrénique (Short). — On peut aussi employer V éther, 45 grammes et V essence de térébenthine, 4 grammes, mélangés pour donner trente gouttes toutes les demiheures (Most). — Ldi compression du bas-ventre chez les femmes qui, accouchant pour la première fois, ont une trop rapide déplétion de l’abdomen (Ipttofen), — enfin le quinquina, qui a très-bien réussi dans un cas de hoquet périodique survenu après la suppression des menstrues et persistant après le retour des règles (Jaurion).

Quelle que soit la cause du hoquet, quand il dure depuis longtemps èt qu’il gêne beaucoup les malades, il faut le traiter par les injections hypodermiques de sulfate de morphine faites sur les côtés du cou au niveau du nerf phrénique, et, si cela est nécessaire, on réitérera plusieurs jours de suite.

Potion.

Huile d’amandes douces . 60 grammes.

Chloroforme . 20 gouttes.

Sirop diacode . 30 grammes.

Sirop de menthe . 12 id.

Mêlez. — Par cuillerées à café toutes les trois heures [3 (Marage.)

Autre.

Chloroforme . 10 à 40 gouttes.

Jaune d’euf . nol.

Sirop de sucre . 30 grammes.

Mêlez et passez à travers un linge fln. Par cuillerée à bouche toutes les deux heures Pël-

Pilules,

Extrait de belladone . 1 grammes.

Camphre . 10 id.

Mêlez pour soixante pilules.

Une matin et soir, — puis trois par jour, puis quatre, jusqu’à huit pilules. — Laisser reposer le malade puis reprendre les pilules 1+].

Sirop d’éther ou de chloroforme, à prendre 30 grammes par jour.

Extrait de belladone ou de datura, 2 à 5 centigr. par jour.

Valérianate d’ammoniaque, en potion ou en granules, 1 à 5 grammes.

Asa fœtida, 5 à 10 grammes en émulsion avec uii jaune d’œuf pour un lavement.

Musc, 2 à 6 grammes par jour dans une potion O.

Bains prolongés pendant deux heures, à prendre tous les jours.

Vésicatoire ammoniacal instantané et saupoudré de morphine, 2 centigrammes O. (Raciborski),

Pilules antispasmodiques.

Valérianate de zinc . . 5 centigrammes.

Extrait de quinquina . q. s.

pour une pilule.

Trois pilules par jour. (Danet.)

Sulfate de quinine, à prendre l gramme par jour □. (Widal.)

Toucher le fond du pharynx avec de l’ammoniaque, très-légèrement r~l.

Poudre de gui de chêne, 2 à 15 grammes par jour dans le hoquet rebelle □.

Poudre de valériane, 5 à 60 grammes par jour dans le hoquet rebelle.

Tisane avec la limonade sulfurique.

Acide sulfurique . 4 grammes.

Eau . 1 litre.

Par cuillerée toutes les trois heures □.

(Duncars, Gola.)

Poudre d’oxyde de zinc, de 1 à 5 grammes par jour □.

Ambre gris a l’intérieur, 10 centigrammes à 1 gramme, ou en vapeurs, (Pringle.)

eORSE-POX {variole du cheval, d’après Depaul). Maladie pustuleuse du cheval qui, transmise à la vache, produit le cow-pox, et qui peut servir pour la vaccine. V. ce mot.

HOiiiEiiE. V. Charbon de terre.

HOEBLOX. Plante indigène de la famille des urticées, dont les fleurs infusées, 5 grammes par litre d’eau, s’emploient dans la scrofule [±I+1, dans les maladies de peau 1+ -n et dans le raebilisme B- Les bractées de la plante sont couvertes d’une poussière jaune-résine, appelée lupulin, qu’on donne en pilules, 10 à 30 centigrammes contre les érections nocturnes et les pertes séminales B. C’est avec le houblon et l’orge germée qu’on prépare la bière.

HOEX- Arbrisseau de la famille des rhamnées, dont les feuilles amères, remplies à'üicine, se donnent en infusion, 50 grammes par litre

IIUIL

d’eau, contre le rhumatisme □ et contre les fièvres intermittentes □.

Fig. 278. — Houx.

HUILES. Corps gras liquides à la température ordinaire et presque entièrement formés A’oléine et de margarine. On les donne à l’intérieur comme purgatifs, ou comme toniques, et à l’extérieur elles servent pour adoucir la peau ou faire des liniments.

Huile d'amandes douces. Cette huile, très-adoucissante, est employée à Tintérieur à la dose de 15 à 30 grammes, chez les enfants nouveau-nés, comme laxatif f+l.

Huile d'arachide, extraite des semences de la pistache de terre, s’emploie comme succédanée de l’huile d’olive.

Huile de haleine ou huile de poisson, s’emploie à la dose de 15 à 50 grammes, contre le rachitisme Ih- 4-1 et contre la phthisie 13-

Huile de belladone, extraite des semences à.’ Atrapa belladona, s’emploie pour frictions dans les névralgies [+].

Huile blanche ou huile d'œillette, extraite des semences de pavot, sert dans l’alimentation et pour la préparation des liniments.

Huile de cade. V. Goudron.

Huile de cajeput.

Huile de camomille. V. Huile médicinale.

Huile de charbon de terre ou coaltar. V. Goudron.

Huile de coco, employée pour la préparation des ahmeuts, sert aussi à la composition du baume nerval.

Huile de Croton tiglium, extraite par expression des graines de Tilly. On l’emploie en pilules, une à trois gonttes dans la mie ^de pain comme purgatiftrès-énergique [±IT]- ^ l’extérieur, elle sert de révulsif par frictions biquotidiennes sur la peau, où elle produit des vésicules très-nombreuses à la quatrième friction R- -h|.

Huile empyreumatique, produit volatil obtenu par la distillation des matières animales ou végétales; parmi elles se trouvent l’huile de cade, l'huile de succin, l’huile de Dippel, etc.

Hui/e (Tépurge, extraite d’une variété d’euphorbe ;

HÜIL 7Ù3

elle est douée de propriétés purgatives à la dose de vingt à trente gouttes, et, comme l’huile de croton, elle fait venir des boutons à la peau [3-

Huile de foie de morue. Cette huile, extraite par pression des foies retirés de l’animal, est blanche, incolore et peu désagréable; tandis que si elle est extraite des foies qui ont fermenté et qui ont subi un commencement de putréfaction, elle est brune, sent mauvais et a une saveur repoussante. Au reste, l’huile blanche peut être entièrement désinfectée sans perdre sa vertu au moyen d’essence d’amandes amères. — L’huile de foie de morue se donne en nature, à la dose de 15 à 50 grammes par jour, ou mélangée avec du sirop en parties égales, ou en capsules, ou, selon ma formule, solidifiée avec du blanc de baleine et de la cire jaune, 10 grammes de chaque pour quatre-vingts parties d’huile; on l’emploie contre le rachitisme, 15 à 30 grammes i-h -n. dans la scrofule, 15 à 30 grammes [3? dans le lupus, 60 à 200 grammes l-i- -i-l. dans la bronchite chronique f+l. dans la phthisie pulmonaire FFI.

L’huile de foie de morue n’agit qu’à titre de corps gras, comme aliment respiratoire, et nullement, comme ou l’a cru, par la quantité infiniment petite et presque inappréciable d’iode qu’elle renferme, 25 à 30 milligrammes par litre d’huile. V. Grasses (Matières) .

Huile de foie de raie. Elle présente à peu près les mêmes qualités que l’huile de morue, mais elle lui est inférieure.

Huile de jaune d'œuf. Elle s’emploie comme adoucissant contre les gerçures du sein .

Huile de laurier. Elle est extraite des baies des fruits de cet arbre et sert pour pratiquer des frictions irritantes.

Huile de lin. Extraite des semences du liii et s’emploie à la dose de 10 grammes pour lavement émollient.

Huile de lis. Elle est extraite des oignons de lis et s’emploie comme adoucissant dans les ophthalmies chroniques et dans les inflammations du conduit auditif externe qui occasionnent la surdité.

Huile médicinale. Ges huiles sont formées d’huile d’olive associée à une huile volatile ou à une substance médicamenteuse à l’aide de la macération, de l’infusion, de la décoction ou de la trituration. Parmi elles se trouvent : h' huile camphrée (60 grammes de camphre trituré avec quelques gouttes d’alcool pour 150 grammes d’huile, qu’on filtre après dissolution).— L’ÙMi7e de camomille, 60 grammes de flem's sèches macérées pendant quarante-huit heures dans 500 gr. d’huile qu’on filtre. — Les huiles de ciguë, — A& jusquiame, — de belladone, — de morelle, — de mandragore, — Ae stramonium, qu’on prépai-e avec 500 grammes de feuilles et 1 kilogramme d’huile chauffées ensemble pour arriver à la filtration. — \2 huile cantharidée (120 gr. de poudre de cantharides macérée dans 1 kilogramme d’huile, au bain-marie pendant douze heures.

Huile de pétrole. V. Pétrole.

'Huile de noix d’acajou. Elle est employée comme topique contre le lupus érythémateux RH. contre les psoriasis RH. contre les ulcères rebelles El-

Huile phosphorée, faite par dissolution du phosphore dans l’huile. — Elle s'emploie, dans la paralysie ancienne, à la dose de deux à six gouttes, dans les chloro-anémies et dans l’impuissance I I.

liUMO

Huile d’olive. Elle s’emploie comme émollient,

, comme léger purgatif dans la constipation, 30 à 50 grammes [3, et contre l’irritation produite par les poisons.

Huile de ricin, ou huile de palma-cliristi, on huile de castor. Pour être bonne, cette huile doit être faite par simple expression à froid, et elle se donne comme purgatif dans un bouillon gras avec une cnillerée d’oseille, dans du café noir ou dans du thé, à la dose de 15 à 30 grammes 1+ +1. On la donne aussi en lavement.

Huile de seigle ergoté. Cette huile , obtenue au moyen de l’éther, se donne à la dose de vingt à trente gouttes dans du thé, comme hémostatique et pour faciliter les accouchements.

HUITRE. Mollusque acéphale hermaphrodite, enferme dans une double coquille de carbonate de chaux. Nourri d’une façon spéciale : dans des parcs flottants au bord de la mer, sa chair sert d’aliment et il n’y a que ses écailles qui soient employées en thérapeutique.

Les écailles d’huîtres pulvérisées, formées de carbonate de chaux et d’une petite quantité d’iode, servent contre le goitre [3 et s’administrent comme absorbant ou comme lithontriptique dans la gravelle. Elles font la base du remède jadis si célèbre de mademoiselle Stephens. — M. Braux les a employées avec succès contre la fièvre intermittente, sous forme de poudre à la dose de 2 à 10 grammes par -jour.

HUHORISHE. L’influence exercée dans la production des maladies par les quatre humeurs : le sang, \di pituite, la bile eiYatmhile admises par Hippocrate et par Galien, constitue l’humorisme antique.

*,5,* Le mélange régulier des humeurs constitue la crase normale ou idiosyncrasie, et c’est de leur disproportion que résulte la dys~ crasie.

%* Dans toute maladie, les humeurs en mouvement passent par les différentes périodes de crudité, de coction et d’évacuation par les sécrétions ou par métastase. Y. ce mot.

Le travail régulier d’élaboration des humeurs dans une maladie, se terminait par des anses bonnes ou mauvaises, ayant lieu à des jours réputés critiques. Y. Crise.

Au moyen âge l’humorisme changea de caractère, et abandonnant les traditions d’Hippocrate et de Galien, il obéit aux lois de la chimiatrie, en ne reconnaissant plus comme base de la pathogénie et de la thérapeutique, que l’acidité et l’alcalinité des humeurs.

L’humorisme moderne est tout différent de l’humorisme hippocratique et de l’humorisme chimique; il n’a aucune prétention à être le système dominant de la pathogénie et s’est fait éclectique. Tenant compte des solides, des liquides et des forces, il n’accorde aux humeurs que le rôle l^itime qui leur appartient et selon

IIYDR

la nature de leur altération il ajoute aux tempéraments connus ce qu’on appelle les nosohémies (V. ce mot), \qs diathèses, c’est-à-dire des manières d’être où prédominent les qualités du sang, de la lymphe et de la bile, ou bien les vices constitutionnels, que la scrofule, la dartre, l’arthritis et la goutte, la syphilis, l’hémophilie, le cancer, etc.

S’il n’est pas possible de faire de l’humorisme la base exclusive de la pathogénie et de la thérapeutique ; il est incontestable que les humeurs, c’est-à-dire le sang et les liquides émanés du sang, jouent d’une façon primitive ou secondaire un rôle si considérable dans le développement des maladies, qu’il faut de toute nécessité tenir compte de leurs altérations.

L’humorisme est la source d’un grand nombre d’indications thérapeutiques, et c’est à son instigation qu’on veut appauvrir, épurer ou fortifier le sang (V. Nosohémies), qu’on veut évacuer la bile, qu’on cherche à neutraliser les effets de la lymphe, enfin que l’on s’applique à combattre l’action des principes dartreux, syphilitique scrofuleux, arthritique, qu’on pousse à la sueur ou aux urines, etc. — Sous ce rapport les médications antiphlogistique, stimulante et tonique vomitive et purgative, dépurative, altérante, diurétique, sudorifique, etc., sont les conséquences de l’humorisme, et rien ne saurait en détruire l’importance.

HTD ARTHROSE. V. ARTHRITES.

HTRATIDES. V. ACÉPHALOCYSTES, ÉCHI- NOCOQUES et KYSTES HYDATIQUES.

HTDRAROGUE. Médicament purgatif drastique employé contre les hydropisies. V. Purgatifs.

HYDRARGTRE. Ancien nom par lequel on désigne encore le mercure. V. ce mot.

HTDRARGTRIE. Altération du sang et des humeurs par le mercure. C’est un demi-empoisonnement.

L’hydrargyrie est le résultat de l’emploi du mercure à l’extérieur, en frictions mercurielles et en vapeurs de cinnabre, ou du mercure et de son usage interne dans un but thérapeutique.

Il y a une hydrargyrie aiguë et une hydrargvTie chronique.

L’hydrargyrie aiguë est caractérisée :

1° par une éruption exanthématique ou vésiculeuse, fébrile ou non fébrile, suivie de desquamation, qui fonneici un érythème et là un eczéma mercuriel ; 2“ par le gonflement des gencives, la salivation, la fétidité de l’baleine et quelquefois, si le mal est très-intense, par le déchaussement et la chute des dents. V. Stomatite MERCURIELLE.

A l’état chronique, l’hydrargyrie produit

Il Y DR

le trerablement des mains et la paralysie des membres.

Thérapeutique. — En cessant de travailler le mercure ou de faire usage de ce métal, on se guérit assez vite de l’hydrargyrie aiguë, mais dans l’hydrargyrie chronique la guérison est bien plus difficile à obtenir. — Quelques personnes même pensent qu’on ne guérit jamais des accidents occasionnés par le mercure, mais c’est une erreur.

Dans l’hydrargyrie, il faut prescrire des lotions d’eau fraîche, d’eau de son et des applications de poudre d’amidon, — de l’eau d’Enghien, une bouteille par jour ; — des purgatifs salins tous les quatre jours, et, en cas de stomatite mercurielle, la potion suivante :

chlorate de potasse, ..... 3 à 5 grammes.

Eau sucrée . . 120 id.

A prendre par cuillerées dans les vingt-quatre heures (Herpin) i-i- -n. et continuer pendant huit jours.

Dans l’hydrargyrie chronique, il faut employer les bains sulfureux et les préparations sulfureuses et toniquiis à l’intérieur. V. Tremblement.

HlDRÉiïiiE. Altération du sang par une surabondante quantité d’eau. V. Akémie.

HYDROCÈLi;. L’épanchement de sérosité dans la tunique vaginale, dans le cordon testiculaire et dans le tissu cellulaire des bourses constitue l’hydrocèle. — On désigne aussi, sous le nom d’hydrocèle, une tumeur kystique du cou et un épanchement de sérosité sous-cutané à la suite d’un traumatisme.

Hydrocèle des bourses par infiltration, œdème des bourses. Il est rare que l’œdème du scrotum soit dû à une rupture sous-cutanée d’une hydrocèle du cordon ou de la tunique vaginale. Le plus souvent il coïncide avec l’anasarque, ou bien il est le résultat d’une inflammation comme une épididymite. Le scrotum alors forme une tumeur globuleuse, molle, pâteuse, recouverte par une peau luisante, conservant l’empreinte du doigt; les testicules ne peuvent être trouvés, la verge participe souvent à l’œdème.

Les vieillards, les individus atteints d’anasarque, de fractures du bassin, d’inflammation du testicule ou de la prostate, les enfants qui urinent au lit, sont quelquefois atteints d’œdème des bourses.

Comme l’œdème n’est jamais borné à un seul côté des bourses, et que les hydrocèles doubles sont inégales, il n’est pas possible de confondre l’œdème des bourses avec l’hydrocèle de la tunique vaginale; l’œdème, au reste, est à peine transparent, et il conserve l’impression du doigt. L’infiltration urineuse est toujours développée en peu de temps et la peau oSre des traces d’une inflammation évidente. Lfâ antécédents du côté des voies urinaires sont un élément de diagnostic infaillible.

Thérapeutique. — Traiter les maladies générales

HYDR 7ô5

ou locales qui causent l’œdème, soit les inflammations du testicule, soit les fractures du bassin. — Contre l’œdème de Tanasarque très-développé, gênant l’exercice de la fonction urinaire, ponctions avec ime aiguille à cataracte ou une aiguille tà acupuncture ; éviter que les veines ne soient piquées ; pression sur l’œdème pour faciliter l’évacuation du liquide ; suspensoir serré sur les bourses.

Hydrocèle congénitale de la tnnictne vaginale. L’bvdrocèle congénitale est le fait de la persistance du canal de communication entre le péritoine et la tunique vaginale produisant l’accumulation de la sérosité péritonéale dans la tunique vaginale.

L’hydrocèle congénitale se révèle par les signes de l’hydrocèle simple, et de plus par la réductibilité spontanée du liquide pendant le décubitus dorsal et pendant les explorations. V. Hydrocèle de la tunique vaginale.

On ne confondra pas la hernie congénitale avec l’hydrocèle, parce que la hernie n’existe jamais au moment de la naissance, et parce que l’hydrocèle seule est transparente. 11 n’y a pas de diagnostic à faire avec le varicocèle qui n’existe pas chez les jeunes enfants nouveau-nés.

Thérapeutique. — La ponction suivie de l’injection iodée, en ayant soin de presser sur le pédicule de la tumeur, afin d’oblitérer la communication entre la tumeur et le péritoine, est un traitement qui n’est pas innocent. 11 est préférable de placer un bandage qui presse sur le canal inguinal pour tâcher de transformer l’hydrocèle congénitale en une hydrocèle simple que l’on traite ensuite par les moyens appropriés. V. Hydrocèle de la tunique vaginale.

Plus tard les fomentations résolùtives sont bonnes à employer, et l’on comprime en même temps les bourses avec un suspensoir.

Fomentation résolutive.

Chlorhydrate d’ammoniaque. . . 10 grammes.

Teinture d’arnica . 10 id.

Eau distillée de rue . 300 id.

Vinaigre de rue . 150 id.

Appliquer des linges imbibés de ce liquide sur l’hydrocèle (Garus).

Hydrocèle du cordon spermatique.

I. Hydrocèle diffuse du cordon. — Une infiltration de sérosité dans le cordon, avec formation de kystes plus ou moins volumineux, constitue l’hydrocèle difluse du cordon (Garengeot, Monro, Scarpa).

L’hydrocèle diffuse du cordon coïncide quelquefois avec des tumeurs de cette partie.

Le cordon atteint d’hydrocèle diffuse, et engoi^é dans une partie de son étendue ou dans toute sa longueur, prend une forme cylindrique, formant une tumeur réductible en apparence, au-dessous de laquelle le testicule est libre.

L’hydrocèle diffuse du cordon, qui existe habituellement chez les adultes, r^te ordinairement stationnaire.

lli& H Y DR

On ne coDfondra pas l’infiltration du cordon avec une épiplocèle (Scarpa); car celle-ci est dure et présente de petits lobules.

Thérapeutique. — Le séton (Bertrand!) détermine une inflammation et des abcès, mais il peut aussi être sui\d de guérison. — Inciser la tumeur et la faire suppurer est une opération qui u’offre pas de dangers.

II. Hydrocèle enkystée du cordon. — Les hydrocèles enkystées du cordon sont l’apanage de l’enfance.

Trois cas se présentent : ou bien un kyste existe dans le cordon et communique avec le péritoine par un petit canal (Nannoni), ou bien un kyste communique avec la tunique vaginale, ou bien un kyste s’est formé dans le canal de Nuck et ne communique ni avec la tunique vaginale, ni avec la cavité abdominale. La première variété estune hydrocèle congénitale, moinsla distension de la tunique vaginale (V. Hydrocèle congénitale) ; la seconde est un mode d’hydrocèle en bissac ; elle est constituée quelquefois par un kyste qui se vide lentement dans la tunique vaginale. La troisième est la vraie hydrocèle enkystée du cordon, un degré plus avancé des deux premières hydrocèles.

L’hydrocèle enkystée du cordon siège sur un point variable du cordon,, soit au niveau de l’anneau inguinal externe, soit dans le scrotum, soit dans le canal inguinal. La tumeur a une ou plusieurs loges ; dans ce cas elle semble être un kyste développé au dehors du prolongement du péritoine.

L’hydrocèle enkystée forme une tumeur dure, mobile avec le cordon. La tension de la poche empêche de distinguer la fluctuation; on y constate de la transparence à moins que la tumeur ne soit très-ancienne. Cette tumeur s’est développée en général peu de temps après la naissance et après une hydrocèle congénitale.

On ne peut confondre l’hydrocèle enkystée avec un testicule, lorsqu’on retrouve le testicule dans le scrotum ; si le testicule n’est point descendu, en pressant sur l’hydrocèle enkystée on ne fait point naître la sensation caractéristique due à la pression sur le testicule. On peut confondre l’hydrocèle enkystée du cordon avec des tumeurs du cordon (V. Cordon). L’absence de transparence de la tumeur indique qu’il y a des parois épaisses ou qu’il s’est fait un épanchement de sang dans le kyste.

Thérapeutique. — On appliquera des compresses imbibées de solution de décoction de roses de Provins, 250 grammes ; solution d’alun, 4 grammes ou de chlorhydrate d’ammoniaque, 4 à 45 grammes.

On emploie aussi la fomentation de Carus.V. Ht-

DKOCÈUE COSGÉXTTAtE DE LA TÜ>nQrE VAGISALE.

Quand le traitement résolutif a échoué, on fera une ponction suivie d’injection iodée; elle a les mêmes effets que l’incision ou l’excision, sans provoquer aussi souvent des abcès. — La ponction simple est im moyen palliatif. Le séton ou des épingles pla-

IIYDR

cées à demeure et maintenues par une suture (Malgaigne, Ricord), produisent une inflammation violente, et l’on doit leur préférer la ponction et l’injection iodée, ou le drainage avec un tube perforé et les injections iodées (Ghassaignac).

L’hydrocèle du cordon communiquant avec le péritoine sera traitée comme l’hydrocèle congénitale.

Page 1