‹ Dictionnaire de thérapeutique médicale et chirurgicaleChapitre 407 sur 731 · LU\A · texte numérisé non relu

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résection, et alors on réséquerait une portion de l’os éloignée de l’articulation sans toucher à celle-ci, ' ou bien on réséquerait l’extrémité articulaire. Cette opération n’est pas admise en application.

Les luxations consécutives avec rétractions musculaires seront traitées par la ténotomie. Les luxations consécutives avec paralysies musculaires réclament le traitement par l’électricité ou l’application d’un appareil avec ressorts pour suppléer à l’action des muscles paralysés.

Luxations tranmatiqncs.

I. Lnxalions traumatiques simples. — Après ! un coup ou une chute , la rupture d’un ou plusieurs ligaments d’une articulation, avec déplacement tel des surfaces articulaires que les fonctions de l’articulation sont perdues, est une luxation traumatique.

L’arrachement des ligaments avec ou sans portion d’os, la rupture d’un ou plusieurs ligaments, l’ouverture de la synoviale, l’épanchement de sang autour de l’articulation et dans sa cavité même, enfin des désordres variables des portions molles voisines, constituent les lésions des luxations simples. L’os luxé prend une position variable, déterminée par la prolongation de l’action de la violence qui a occasionné la rupture des ligaments.

Les luxations sont complètes lorsque les surfaces articulaires se sont complètement abandonnées; elles son tin complètes lorsque les ligaments distendus et éraillés ont permis aux surfaces articulaires de se déplacer l’une sur l’autre sans se quitter tout à fait, la luxation existe alors parce qu’une énergique contracture musculaire maintient les surfaces osseuses dans leurs nouveaux rapports (Malgaigne). Telles sont par exemple les subluxations de la mâchoire (A. Cooper), les luxations incomplètes des articulations orbiculaires.

Les luxations ont lieu, soit par suite d’un choc ou d’une pression directe qui chasse un os hors de la surface articulaire avec laquelle il est uni, soit par une chute sur une extrémité osseuse, le poids du corps entraînant d’une autre part l’os qui s’articule avec l’extrémité opposée d’un premier os.

On reconnaît une luxation à la déformation des parties ; — à une disposition anormale des saillies articulaires ; — ou à un changement réel de leurs rapports, et par la comparaison de l’articulation saine avec celle du côté malade;

■ — à une variation de longueur du membre, appréciée avec la précaution de placer les deux membres dans la même position, et d’appliquer les liens destinés à mesurer sur des points identiques, et en suivant la même direction ; — aux attitudes du membre ; — à l’abolition des mouvements normaux, et à l’existence de mouvements anormaux; — à une douleur vive, mais qui se calme pr le repos; — à une ecchymose qui

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existe quelquefois au niveau des articulations superficielles, £t qui est due le plus souvent à une contusion, a moins que l’ecchymose n’apparaisse tardivement; — enfin quelquefois à une crépitation particulière, ou plutôt à un bruit de craquement (A. Cooper) et qui est sensible, surtout pendant les mouvements imprimés au membre.

On ne confondra pas la luxation avec une contusion et avec une entorse, parce que, dans celles-ci , la douleur à la pression est extrêmement vive, et les mouvements normaux, si douloureux qu’ils soient, sont conservés.

On ne confondra pas une luxation avec une fracture, parce que, même au voisinage de l’articulation, la fracture est au-dessous de l’articulation, elle permet une mobilité anormale dans le sens des mouvements normaux de l’articulation ; lorsqu’il y a un gonflement énorme des tissus, ce sont les mouvements seuls qui peuvent permettre le diagnostic.

Les luxations dans lesquelles des tissus déchirés et contus sont interposés entre les surfaces articulaires sont les luxations les plus difficile à réduire.

Une luxation non réduite peut être le point de départ d’une arthrite sèche.

Les luxations présentent des difficultés de réduction d’autant plus grandes qu’elles sont plus anciennes.

Thérapeutique. — Pour réduire une luxation, on emploie : '

1“ Des procédés de douceur en pressant en divers sens les paidies déplacées, lentement et par pression soutenue, ou par des mouvements d’oscillation.

2® Par des procédés 'de force.

Pour les grandes articulations, la réduction des luxations se fait, soit au moyen de la force d’un homme instantanément développée par un brusque effort; soit au moyen de la traction de plusieurs hommes réirnis, et mieux avec les moufles (Vitruve, A. Paré, Fabrice de Hilden), c’est-à-dire avec un appareil multiplicateur de la force de l’homme. On attache le segment supérieur du membre luxé ou le tronc à un anneau scellé dans une muraille; un bracelet est passé autour du segment du membre luxé, et l’on attache au bracelet un système de moufles et de cordes munies d’un dynamomètre placé entre la' moufle et le membre luxé; Deux aides tirent la corde delà moufle, la contre-extension prenant point d’appui sur une muraille, ün aide surveille le dynamomètre pour s’assurer que la force ne dépasse pas une limite de traction de 250 kilogrammes pour le bras et 300 kilogrammes pour la cuisse. Le chirurgien fait diriger les tractions en divers sens, presse sur les surfaces déplacées et fait lâcher la corde de traction près du membre au moyen de la pince à échappement de Nélaton, lorsqu’il croit que la tête de l’os luxé est venue se placer dans le rapport normal.

On peut aussi exercer des tractions faibles mais prolongées sur un membre, sans se préoccuper de la force et de la résistance du malade, les muscles ne peuvent rester contractés indéfiniment (Pouteaii), et il y a toujours un moment où le muscle épuisé, cesse 5G

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de se contracter, et alors on se trouve dans le cas 1 ment, ou arrive quelquefois par des procédés de du sommeil anesthésique. Ce procédé exige un quart douceur.

dïeure à vingt minutes. | Les luxations anciennes, qu’on a tenté de réduire

Fig. 337. r- Réduction d’une luxation de l’épaule avec des moufles, d’après A. Paré (Malgaigne, Anger).

Il y a pour les petites articulations des appareils plusieurs fois avec le procédé de' force ne doivent de traction spéciaux. V. Luxation du pouce. plus être touchées, les os mobilisés ont acquis une

Voici des règles qu’il est bon d’avoir présentes à certaine étendue de mouvements quelquefois utiles, l’esprit : mais aller plus loin serait une faute (A. Gooper). On

Avant de riduire une luxation complète, il est n’iiicisera pas les ligaments des articulations qui forbon de chercher à mobiliser les os pour faciliter les ment bride par des procédés sous-cutanésj à moins tentatives de réduction (Desault). * qu’il ne s’agisse de luxation de très-petites articula-

L’ extension doit être faitë dans une position où tions et qu’il ne soit impossible de réduire sans cela l’on place le plus de muscles dans le relâchement , la luxation.

et mieux daus une position telle que les tractions Lorsqu’une luxation est réduite, on la maintient disséminentleuractionsur tous les muscles (J. L.Petit, immobile au moins pendant huit jours. On la re- Pott); car dire qu’il faut mettre les muscles dans le couvre de compresses résolutives (V. Contusion). Si relâchement, c’est recommander une précaution illu- une arthrite menace, on aura recours au traitement soire. approprié. V. Arthrites.

On peut tirer suivant la nouvelle 'direction du Sur les grandes articulations, quelques ventouses membre ou du segment de membre luxé, et on les scarifiées sont un excellent moyen préventif de l’inramènera pendant les tractions â leur position nor- flammation.

male (Desault); pour les articulations orbiculaires, on On fera exécuter des mouvements aux articulations tirera suivant une ligne fictive passant par la tête de vers le huitième jour, et l’on permettra d’abord les l’os luxé et le centre de la cavité ,de l’os qui reçoit mouvements dans lesquels l’extrémité de l’os luxé cette dernière (Gerdy). se meut seulement du côté où il est démontré que les

Aujourd’hui que f on possède le moyen de para- capsules et les ligaments sont sains (Malgaigne). Pour lyser les muscles par les inhalations de chloroforme, favoriser le retour des mouvements, on massera Parles précautions précédentes ont moins d’importance, ticulation, on donera des douches tièdes, alcalines ou Mais le chloroforme n’est pas toujours applicable : ainsi sulfureuses.

chez les individus ayant de la congestion pulmonaire Pour masser les articulations, on fera des frictions ou des plaies de tête, ou une maladie des voies res- et des pressions avec la main et avec le rouleau et piratoires, par exemple, il vaut mieux s’abstenir; l’on malaxera les muscles. Contre la paresse des dans ces cas on pourra, à l’exemple des chirurgiens muscles, on aura recours à l’électricité; le vésicatoire anglais du siècle dernier, administrer un vomitif et sera placé sur les parties atteintes de douleurs rhutenter de réduire pendant les efforts de vomissements, matismales. Y. Arthrites.

Lorsqu’on applique le chloroforme, ü faut en II ne faut pas tenir au lit les malades atteints de administrer, jusqu’à résolution complète; les demi- luxation des extrémités supérieures ; — on fera asseoir mesures ne valent rien. hors du lit les malades atteints de luxations des mem-

Quand un malade a été blessé pendant l’ivresse, bres inférieurs dès le neuvième ou le dixième jour, si l’on peut arriver au moment où la luxation a été On nourrira les blessés, produite, on peut réduire facilement, par des procédés de douceur. L’ivresse tient lieu du chloroforme. II. Luxations compliquées. — Â. Au mo- Âprès avoir employé les procédés de force inutile- ment OÙ elle est produite, une luxation peut être

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compliquée d epanchement sanguin abondant (V. Contusion); — de rupture complète de tous les Ugaments, et cette complication est importante, surtout au point de vue de la contention ; quelquefois cependant elle constitue un obstacle complet à la réduction (V. Luxation de LA cuisse); — de fractures, et alors, ou bien la fracture porte sur un point éloigné de l’articulation (V. Fractures), ou bien elle porte sur la partie intra-articulaire de l’os ou sur la surface articulaire, sur lesquelles l’os est luxé, c’està-dire que dans le premier cas la luxation est compliquée, que dans le second cas la luxation est complexe (Malgaigue).

Les désordres des parties molles dans les luxations peuvent être considérables, les vaisseaux artériels et veineux peuvent être rompus et donner lieu à des anévrysmes diffus ou à de vastes épanchements sanguins, les nerfe peuvent être déchirés et arrachés.

L’articulation peut être ouverte et l’os peut sortir à l’extérieur, entier ou fracturé, et il y a souvent ouverture de vaisseaux importants produisant l’hémorrhagie.

B. Après la production d’une luxation une arthrite peut survenir, des abcès profonds se forment et peuvent fuser dans le voisinage.

La gangrène est due ou bien à une rupture de vaisseaux importants, ou bien à la violence de la contusion, ou bien à la compression exercée sur la peau de dedans en dehors par l’extrémité osseuse luxée. Quand il y a gangrène après la chute des eschares l’articulation est ouverte et baigne dans le pus.

Le tétanos arrive d’autant plus aisément que la luxation est compliquée de plaie et de déchirure de' nerf ; il peut sè présenter aussi, quoique la luxation soit simple.

Après une luxation suivie d’inflammation ou dans les luxations complexes et compliquées, il n’est pas rare de voir une ankylosé s’établir ; l’interposition de tissus entre les surfaces articulaires occasionne souvent une fausse ankylosé.

Les luxations sont accompagnées enfin de diverses complications locales, comme la réten tion d’urine dans les luxations de la cuisse, la paralysie dans les luxations des vertèbres, la paralysie des muscles due à une contusion, telle que la paralysie du deltoïde après la luxa tion de l’épaule.

Thérapeutique. — Les épanchemeats sanguins simples réclament le même traitement que les contusions. On appliquera, après la réduction de la luxation, des compresses résolutives et im bandage compressif.

Si une grosse veine a été rompue, le même traitement est applicable. L'épancbement n’est pas une contre-indication aux tentatives de réduction ; seulement les procédés de force doivent être employés avec plus de mesure.

S’il y a un anévi'vsme faux, primitif ou tramnatique primitif, on aura à se décider entre l’amputation

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du membre et la ligature du vaisseau divisé par la méthode d’Anel. C’est pour les anévrysmes avec les luxations que la méthode ancienne par l’ouverture du sac est principalement contre-indiquée, parce que l’on ouvrirait nécessairement l’articulation. La ligature par la méthode d’Anel a des dangers, lorsque les membres sont contusionnés. L’amputation serait préférable dans les cas où la peau, considérablement amincie et distendue, ferait craindre une inflammation du foyer de l’anévrysme et de l’articulation.

Lorsque la capsule ou les ligaments sont entièrement rompus, la réduction de la luxation est trèsdifficile ; elle exige des tentatives répétées qui ont généralement pour but de replacer peu h peu les parties molles dans un état voisin de l’état normal. Après la réducticm, l’articulation doit être maintenue dans un appareil inamovible pendant au moins vingt jours.

Une fracture siégeant en dehors de l’articulation sur l’os luxé est une complication tellement fâcheuse que la luxation est déclarée ordinairement incurable. Quoique l’on ait proposé de placer un bandage sur la fracture et d’exercer des tractions sur la partie luxée (A. Cooper), cette manœuvre doit être abandonnée. Il est plus sage de soumettre les malades aux inhalations de chloroforme et de chercher à réduire par des procédés de douceur. •

Une fracture siégeant sur la portion intra-articulaire d’un os luxé ne contre-indique pas les tentatives de réduction ; mais ici les procédés de douceur et la réduction maintenue par l’appareil contentif sont indiqués. ,

Une fracture qui occupe l’os sur lequel un autre os est luxé, constitue une complication qui h’apportè aucune modification dans la réduction de la luxation, mais elle exige un appareil contentif approprié, parce que la luxation tend sans cesse à se reproduire.

Les déchirures de nerf ne prêtent à aucune considération thérapeutique impérieuse, et les paralysies qui en résultent ne doivent pas être traitées; oh attend, et il arrive quelquefois que les nerfs séparés se réunissent.

Lorsqu’une luxation est compliquée de plaie étendue et lorsque l’articulation n’est pas largement ouverte, on réduit la luxation et l’on ferme la plaie avec des bandes de diachylon, et, à titre de moyen préventif, on peut appliquer, au moins, sur les grandes articulations, douze à vingt sangsues, et l’on se tient prêt à conjurer l’arthrite traumatique dès qu’elle menacera.

Quand l’articulation est plus largement ouverte, et, en général, dans toutes les luxations compliquées de plaie et d’ouverture de l’articulation, on place, après la réduction de la luxation, le membre sous un appareil à irrigation continue. Si l’os luxé fait saillie à trav ers la plaie, on le réduira dans la plaie, puis dans l’articulation; on débridera au besoin pour faciliter cette réduction. La résection de la portion d’os sortie est indiquée si tous les ligaments sont détruits, si l’os est dénudé. Quand l’os sorti à travers la plaie fait partie d’un fragment détaché de l’os, ce que l’on reconnaît à la mobilité de l’os, on extrait le fragment et l’on panse comme pour la résection. V. Résectiox.

L’issue d’un os luxé à travers une plaie est un cas d’amputation dans les cas suivants : lorsque les os

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présentent plusieurs fractures; — lorsque l’artère principale de la région est ouverte ; — lorsqu’il y a gangrène ou menace de gangrène. On doit se souvenir que les amputations dans ces cas sont d’autant plus dangereuses qu’elles sont retardées.

Si le chirurgien est appelé aflprès d’un individu atteint de luxation compliquée, d’arthrite, il réduira d’abord la luxation par les procédés de douceur et les applications de chloroforme (Desault, Dupuytren), à moins que la luxation ne date de plus de deux mois, car, dans ce cas, il vaudrait mieux traiter l’arthrite traumatique (V. Arthrite). Lorsqu’il y a des fusées purulentes, on les ouvrira et l’on placera dans les foyers des tubes perforés pour empêcher la stagnation du pus. Lorsque l’état général du malade u’est pas très-mauvais, et lorsque l’infection n’est pas franchement établie, on amputera le membre. La gangrène consécutive cà la contusion ou à une arthrite exige l’amputation ; elle sera faite de préférence dans la continuité des membres.

Le tétanos réclame les traitements appropriés (V. Tétanos). Si l’amputation (Larrey) peut guérir le tétanos, ce n’est que pour les petites articulations, et elle est surtout indiquée s’il y a plaie communiquant avec l’articulation et gangrène des parties molles.

L’ankylose consécutive qui est la conséquence d’une fracture intra-articulaire est incurable. Les ankylosés dues à une arthrite seront traitées comme les fausses ankylosés. V. ce mot.

Les paralysies musculaires qui ne sont pas liées à une déchirui-e des, nerfs seront traitées par l’électri- ] cité localisée.

L>nxation de l’astragale. L’astragale peut se luxer à la fois sur le pied et sur la jambe ; il y a alors luxation double de V astragale, il peut se luxer sur le calcanéum, le scaphoïde n’ayant pas quitté la mortaise péronéo-tibiale, il y a alors luxation sous-astragalienne. V. ce mot.

Après un choc ou une chute qui détermine une pression violente des os de la jambe sur l’astragale, cet os est chassé de l’articulation et les ligaments astragalo-scaphoïdiens et le ligament eu Y sont rompus ; au moment de l’accident, la flexion forcée du pied favorise les déplacements en arrière, l’extension forcée les déplacements en avant.

%’*‘Dans la luxation doubleen avant, lecou-depied est déformé ; indépendamment des signes d’une fracture de la partie inférieure de la jambe et principalement des malléoles, on trouve sous la peau une tumeur qui est portée en dehors ou en dedans (Judey, Shaw, Despaulx).

Dans la Inxation double en dedans, dont il y a seize observations , on sent encore l’astragale sons la peau, et il est déplacé par rotation, en même temps que le pied est ijorté en dehors; six fois seulement il n’y avait pas de plaie extérieure. Des fractures de la partie inférieure de la jambe coexistent presque toujours avec la luxation de l’astragale (fig. 238).

La luxation double en dehors est trèsrare , on n’en connaît que cinq observations.

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On sent l’astragale en avant et au-dessous de la malléole externe.

\* Dans la luxation double en arrière observée quelquefois (B. Philipps, Liston, Nélatou, Turner), l’astragale se loge entre la partie inférieure de la jambe, en arrière directement, ou un peu en dedans ou en dehors. Un vide existe en avant sur le cou de-pied. Il y avait plaie des téguments dans deux observations (Turner, Nélaton).

Il y a souvent dans les luxations doubles de l’astragale un certain degré de rotation du pied qui peut aller jusqu’au renversement complet (Dupuytren, Smilh, Leeds, Liston, Malgaigne) ; dans ces cas, l’os senti sous la peau est très-mobile.

La luxation est complète lorsque tous les ligaments sont déchirés. La mobilité de l’os sous la peau permet de reconnaître cette disposition. La luxation incomplète ne présente pas de mobilité aussi évidente.

Fig. 338. — Luxation de l’astragale Svec plaie.

Une plaie des téguments, une fracture des malléoles, Ta rupture de l’artère tibiale pos-

Fig. 339. — Luxation de l’astragale en dedans.

lérieure, compliquent souvent les luxations doubles de l’astragale ; dans les luxations sans plaie il arrive assez souvent qu’une inflammation gangréneuse de la peau mette consécutivement à nu l’articulation.

Thérapeutique. — Si la luxation est incomplète, sans plaie, et avec ou sans fracture, on tentera de réduire. Un aide vigoureux tirera sur le pied pendant qu’un autre fera la contre-extension sur la partie inférieure de la jambe, et le chirurgien, par des pressions en divers sens, cherchera à réduire l’os luxé. Pour faciliter la réduction, l’aide qui tire sur le pied le portera, par des mouvements peu étendus, dans l’abduction et l’adduction, et si l’on ne peut léduire, soit parce que le ligament astragalo-scaphoïdien étrangle le col de l’astragale (Desault), soit parce que le bec de l’astragale arc-boute entre les deux facettes articulaires du calcanéum (Dupuj tren), on ne débridera pas, on attendra et l’on placera uu cataplasme ou des compresses résolutives sur l’articulation (Dupuytreii). Le membre sera placé dans une gouttière.

Si la luxation est incomplète avec plaie, on tentera encore la réduction, comme s’il ii’y avait pas de plaie ; en cas de résistance, on débriderait à petits coups. Si après avoir débridé sur plusieurs points l’astragale est devenu mobile et ne peut se réduire, on l’extraira.

Dans les luxations complètes sans plaie, et les luxations complètes avec plaie, lorsque l’astragale est très-mobile, comme il y a lieu de supposer qu’il se nécrosera, on l’enlèvei’a.

On fera une incision sur la partie saillante de l’os parallèlement à la direction des tendons ; s’il y a une plaie, on débridera dans ce sens ; l’os saisi avec un davier sera détaché de ses adhérences par une section des brides, le bistouri coupant toujours les tissus à leurs attaches sur l’astragale.

Lorsque l’astragale est extrait, le membre est placé dans une gouttière de gutta-percha ou de fîl de fer rembourrée et garnie d’une toile cirée, et l’on fait l’irrigation coTitinue.

Lorsqu’il y a fracturé de la partie inférieure de la jambe, déchirures des artères, des tendons et des nerfs, ou amputera la jambe au tiers inférieur.

liuxatîon atloïdo-occipitale. La luxation de l’allas sur l’occipital (Lassus, Paletta) est trèsrare, — elle est due à des violences portées sur la tête; la mort en a toujours été la conséquence.

Luxation axoïdo-atloïdienne. Les COupS, les .secousses, la pendaison, la suspension par la tête pendant que le corps tourne, causent la luxation de l’axis. Dans cette luxation, la tête est vacillante, toujours un peu en rotation à droite ou à gauche, la face est vullueuse, l’asphyxie est imminente.

Dans la majorité des cas de luxation axoïdoatloïdienne, la mort est subite.

Thérapeutique. Si la mort n’est pas subite et si l’asphyxie commence à s’établir, on tentera de réduire en plaçant la tête dans la flexion et dans son attitude normale, et l’on maintiendra la position avec des attelles de gutta-percha ou de carton sec, placées sur la nuque et le côté du cou.

Luxation du bassin. Le relâchement des symphyses est un accident de la grossesse fV. Accidents de la grossesse), mais il y. a des luxations traumatiques ou des relâchements, des symphyses sacro -iliaque et pubienne, causés

par un traumatisme (Bassins); le plus ordinairement ces luxations existent avec des fractures (A. Cooper) (V. Fractüres). La marche est impossible, le membre correspondant à la luxation est raccourci, les régions pubiennes iléo-sacrées ioguinalas sont le siège de douleurs vives, les pubis ne sont plus au même niveau, il y a quelquefois rétention d’urine (Richerand), des inflammations phlegmoneuses, des péritonites, compliquent ces luxations du bassin.

Les mouvements libres dans l’articulation coxo -fémorale, l’attitude normale du membre, empêcheront de confondre une luxation des os du bassin avec une luxation de la cuisse.

Thérapeutique. — Une bonne position suffit à la réduction des luxations du bassin. Les tractions et les pressions sont peut-être inutiles (Enaux).

Coucher le malade sur un matelas soutenu par une planche, placer les deux cuisses dans une demiflexion, à l’aide de coussins. Faire asseoir le malade, le faire marcher avec des béquilles dès lé dixième jour. Appliquer un bandage en ceinture. V. Grossesse (Accidents de la). Relâchement des symphyses.

Luxation du calcanéum (un seul fait authentique, Hancock). On a trouvé le calcanéum luxé eu dehors sous l’influence d’une chute et d’une pression sur la face interne de la jambe ; le calcanéum était porté eu dehors et était mobile. V. Luxation sous-astragalienne.

Thérapeutique. — Pour réduire cette luxation, il faut presser en divers sens par une série de tâtonnements. — Placer le talon et le cou-de-pied dans un moule de gutta-percha, ou simplement appliquer le bandage du talon, — faire reposer le pied sur les coussins où il appuie par son côté exteime.

Luxation de la clavicule.

I. Luxation de l'extrémité interne de la clavicule. La clavicule se luxe en dedans sur le sternum et se place soit en avant, soit en arrière, soit au-dessus de la partie supérieure du sternum.

1° Luxation en avant. — La lu.xation en ‘ avant est produite par une chute sur le moignon de l’épaule ou sur le coude écarté du tronc (S. Cooper) ou par toute cause qui reporte l’épaule en arrière (Boyer), par pression directe sur l’épaule (Sanson), par traction brusque sur le bras.

Une douleur vive, le raccourcissement transvei*sal de l’épaule (A. Cooper), la direction de la clavicule en bas et en avant (Morel-Lavallée), une tumeur au devant du sternum, la faculté de faire mouvoir la clavicule saisie entre les doigts; l’impossibilité de l’élévation et de l’adduction du bras, caractérisent la luxation de l’extrémité externe de la clavicule en avant.

Thérapeutique. — Pour i-éduii-e la luxation, porter les deux épaules en ai-rière, en tiraut sur le moiguon des épaules et en appuyant ou non le genou entre les deux omoplates; ou bien presser simplement sur l'extrémité interne de la clavicule. La réduction est en général facile, même sans employer une graude

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force. Pour maintenir la luxation réduite, compresse graduée sur l’articulation et bandage roulé ; ou le huit de chiffre postérieur des deux épaules : passer trois fois la bande autour du thorax, entourer l’épaule gauche de bas en haut, passer sur le dos, entourer répaule droite de bas en haut, revenir sur le dos, faire trois tours semblables.

- Serrer un peu le bandage et le renouveler tous les jours pendant quinze jours, à moins de se servir de la bande dextrinée.

On peut avec avantage se servir du bandage herniaire anglais, à ressort ; la pelote repose sur l’articulation luxée, le ressort porte sur l’aisselle du côté sain (Nélaton) . Le dernier appareil est le meilleur ; le premier sera employé à défaut du second. Une simple écharpe qui soutient le bras suffît si le déplacement n’est pas énorme.

2”- Luxation en arrière (J. L. Petit, Duverney, Desault, A. Cooper, Macfarlane, Baraduc, Morel-Lavallée). Des pressions directes sur la clavicule, et le plus souvent une impulsion forcée de l’épaule en avant causent la luxation de la clavicule en arrière. Douleur extrêmement vive à la base du cou, quelquefois suffocation, gêne de la déglutition, parfois extrême (Davie), due à la compression des organes contenus dans le cou, et qui est d’autant plus grande que le faisceau claviculaire du sterno-mastoïdien est plus déchiré ; transport de la main à la tête possible : tels sont les signes rationnels d’une luxation en arrière. La région de l’épaule est d’ailleurs raccourcie transversalement et l’attitude du malade est à peu près la même que dans la fracture de la clavicule.

Dans la luxation en arrière et en bas, la clavicule est immobile dans sa nouvelle position, il y a une dépression au bord supérieur et externe du sternum ; l’extrémité scapulaire de la clavicule fait une forte saillie (Morel-Lavallée).

Il y a une luxation graduelle de la clavicule sur le sternum par suite de déviation du rachis : c’est une luxation en arrière (A. Cooper).

Thérapeutique. — Pour réduire : porter le bras en avant en pressant sur le sternum, — ou porter les 1 épaules en arrière et en dehors. Le huit croisé des épaules, comme pour la luxation en avant, permet de maintenir la réduction (Lenoir); on a soin de placer un coussin entre les deux épaules, au point où les toirns de bande se croisent.

■ Pour la luxation spontanée, suite de déviation du rachis, on se servira de corsets mécaniques. V. Rachis (Détiatiox nr).

3° Luxation en haut (Baraduc, SédiUot).

La luxation de l’extrémité interne de la clavicule en haut est rare; elle a été produite par une chute sur le moignon de l’épaule.

L’épaule est un peu abaissée; on sent, eu suivant le bord supérieur de la fourchette sternale, une tumeur dure, osseuse, qui se continue avec la clavicule et siège entre les deux portions du stemo-mastoldieDu

Thérapeutique. — Si le déplacement n’est pas

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énorme, placer le bras eu écharpe, la main du côté malade reposant sur l’épaule saine.

Si le déplacement est plus étendu, extension eu tirant le bras, contre-extension dans l’aisselle, réduction par pression, puis appliquer le bandage spiroïde, comme pour une fracture de la clavicule ; un compresseur de J. L. Petit, passant aussi près que possible de l’extrémité interne de la clavicule a servi à la contention (Baraduc). V. Luxation de l’extrémité

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