EXTERNE DE LA CLAVICULE
IL Luxation de l'extrémité externe de la clavicule. — Il y a trois sortes de luxations de l’extrémité externe de la clavicule.
1° Luxation sus-acromiale. Une chute sur le moignon de l’épaule, une impulsion du tronc en avant (Morel-Lavallée), une pression surl’acromion, causent cette luxation. Elle peut être constituée par la seule rupture des ligaments acromio-claviculaires, et alors il y a une simple saillie de l’extrémité externe de la clavicule ou luxation imparfaite (Bouisson), ou bien les ligaments coraco-claviculaire sont divisés et le déplacement est beaucoup plus considérable, parce que le trapèze tire la clavicule fortement en haut (SédiUot, Deville). La douleur, la saillie de l’extrémité externe de la clavicule, des mouvements pénibles, l’impossibilité ou la difficulté de porter la main à la tête, en l’absence de déformation de la clavicule et de la crépitalioiL font reconnaître la luxation sus-acromiale. Une fracture de l’acromion peut en imposer, mais il y a dans ce cas un ecchymose du gonflement et dé la douleur vive.
La luxation sus-acromiale peut être compliquée de fracture de l’acromion.
Thérapeutique. — Le bandage des fractures de la clavicule peut être appliqué (Boyer) ; mais si le déplacement est plus étendu, une simple écharpe est suffisante. Quand la luxation n’est pas réduite, il n’en résulte jamais de difformité sérieuse et même gênante (Hippocrate, Velpeau). Quoi qu’en ait dit A. Paré, le malade, après huit jours de repos, peut se servir de son bras (Velpeau).
Lorsque la luxation est accompagnée de ruptures des ligaments coraco-claviculaires, ce qu’on reconnaît au déplacement étendu et à la mobilité de la clavicule, on emploiera le tourniquet de J. L. Petit. La pelote pressera sur l’extrémité externe de la clavicule ; la courroie passera sous le coude -et un bandage de corps maintiendra le bras rapproché du tronc (Malgaigne, Laugier).
En cas de fracture de l’acromion, traiter d’abord la fracture. V. Fracture de la clavicule.
2° Luxation sous-acromiale (Mell, Tournel, Baraduc, Morel-Lavallée). Des pressions, des chocs et des coups portés sur l’épaule causent la luxation sous-acrorniale, cette lésion est très-rare et peut être accompagnée de fractures dans certains cas (Morel-Lavallée). L’aplatissement de la partie supérieure de l’épaule, la saillie defacromion, la mobilité de la clavicule accompagnées de peu de gêne des mouvements
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d’élévation du bras et des mouvements de l’articulation scapulo-huraérale, révèlent la luxation sous-acromiale.
Thérapeutique. — Pour réduire, tirer l’épaule en arrière et en dehors, lorsque la clavicule est remontée, appliquer une compresse graduée en avant de la clavicule; placer un spica destriné de l’épaule un peu serré ; fixer le bras au tronc avec quelques circulaires. On peut aussi appliquer le bandage spiroïde.
Fig. 340. — Bandage spiroïde de Velpeau. (Anger.)
3° Luxation sous-coracoïdienne (Godemer, Pinjoü, Morel-Lavallée). Cette luxation est rare et semble être due à un choc direct trèsviolent sur le moignon de l’épaule.
Les signes fonctionnels de toutes les luxations de l’extrémité externe de la clavicule existent, mais on suit le trajet de la clavicule jusque dans Taisselle où l’on sent la saillie de l’extrémité de l’os.
Thérapeutique. — Les moyens rationnels pour réduire la luxation sous-coracoïdienne sont une traction sur l’extrémité supérieure de l’humérus, le coude étant rapproché du tronc; le chirurgien relève la clavicule par des pressions de bas en haut.
Pour contenir la luxation réduite, appliquer le bandage spiroïde. V. Fractüms de la clavicule.
III. Luxation des deux extrémités de la clavicide (Richerand et Gerdy, Morel-Lavallée). Lorsque toutes les attaches de la clavicule sont rompues, une tumeur oblongue, dure, mobile sous la peau et dont les deux extrémités
sont saillantes, une difficulté d’exécution des mouvements de l’épaule existent, et font reconnaître cette luxation exceptionnelle.
Thérapeutique. — Pour réduire : tractions sur l’extrémité supérieure du bras rapproché du tronc et agissant comme un levier du troisième genre; repousser la clavicule à sa place par des pressions directes.
Pour contenir, appareil de Desault; pour les fractures de clavicule, avec coussin axillaire ou haudage spiroïde. Des compresses graduées seront appliquées par-dessous le bandage, sur la clavicule remise en place.
Luxation du eoccyx. Les pièces du coccyx peuvent être luxées par une violence directe et peut-être pendant l’accouchement (J. L. Petit). Des douleurs vives pendant la toux, les efforts et la défécation, la difficulté pour s’asseoir, un vide à la place du coccyx révélé par le toucher rectal, sont les signes de la luxation du coccyx, et ils diffèrent peu de ceux de la fracture.
Thérapeutique. ■ — La luxation du coccyx se réduit d’elle-même (Boyer); contre les douleurs, ôn emploiera les onctions sur la peau avec l’extrait de belladone ; puis les demi-lavements additionnés de huit gouttes de laudanum, et les malades s’asseyeront sur un coussin de laine, pour éviter les douleurs causées par la compression.
Luxation des côtes. La Séparation des côtes d’avec leur cartilage sternal prête aux mêmes considérations que les fractures. — Les luxations de la tête des côtes sont problématiques, à moins de fracture des apophyses transverses. A la suite d’un traumatisme local on peut en concevoir la possibilité. Dans le seul fait qui existe, le malade présentait pour tout symptôme un épanchement sanguin où l’on sentait une crépitation et une tumeur de consistance osseuse. [Gaz. méd., 183fi.)
Thérapeutique. — Des compresses résolutives et un bandage de corps serré seraient le seul traitement proposable.
Luxation du coude ou luxation de l’avant-bras.
I. Luxation des deux os de V avant-bras en arriére. — G"est dans l’extension forcée que la luxation en arrière, sans fracture, se produit le plus souvent (Bichat); — un mouvement de torsion favorise le déplacement des surfaces articulaire (Malgaigne), — la luxation est complète quand l’apophyse coronoïde est dans la cavité olécrânienne de l’humérus; elle est incomplète quand l’apophyse coronoïde est serrée contre la partie inférieure de la trochlée.
La luxation complète permet un certain degré de flexion et des mouvements de latéralité tout k fait anormaux dans l’articulation du coude, ce qui est un caractère distinctif de la plus grande valeur. — Pour produire ce mouvement de latéralité on embrasse à pleines mains l’extrémité inférieurederhumérus et l’on porte l’avant-
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bras, tenu au niveau du poignet, dans l’adduction et l’abduction; — pour plus de sûreté, on comparera les mouvements anormaux du bras malade avec les mouvements normaux du bras sain. — Lorsqu’il n’y a pas un gonflement énorme, on sent la saillie de l’oiécrâne au-dessus de la ligne cpii réunit la saillie de l’épitrochlée et de l’épicondyle, l’avant-bras est raccourci par sa face antérieure.
La luxation incomplète permet des mouvements de latéralité moins étendus cjue la luxation complète, l’olécràne plus saillant est plus bas par rapport aux tubérosité de l'humérus que dans la luxation complète et le tendon du triceps contracturé forme une corde sous la peau.
L’absence de crépitation et de mouvements de flexion, et la présence de mouvements de latéralité feront juger qu’il y a une luxation plutôt qu’une fracture.
La luxation du coude en arrière est rarement compliquée de fracture ; mais il peut se produire une rupture de l’artère humérale et des nerfs, puis des paralysies consécutives.
Thérapeutique. — Pour réduire par un procédé de douceur, le bras étant dans la flexion, autant qu’il sera possible, le chirurgien pressera sur l’oiécrâne avec les pouces pendant qu’il pi’endra point d’appui avec ses doigts sur la partie inférieure de la face antérieure du bras (Nélaton).
Pour réduire par le procédé de force :
et maintenu dans une écharpe ou dans une gouttière pendant quinze jours.
On appliquera le traitement des anévrysmes traumatiques primitifs, si l’artère est blessée, et l’on électrisera s’il y a des paralysies consecutives.
Les luxations anciennes exigent l’emploi des moufles et une force de 150 kilogrammes; au delà de quatre mois, il serait imprudent de tenter la réduction.
On a employé pour réduire les luxations du coude, même anciennes, des machines (fig. 341).
IL Luxation des deux os de l' avant -brm en avant (Golson, Leva). C’est seulement à la suite d’une chute sur le coude fortement fléchi (Malgaigne) que la luxation peut se produire; dans l’extension exagérée, la luxation peut encore avoir lieu, mais alors il y a presque toujours fracture de l’olécrâne. Dans la luxation sans fracture, l’olécrâne arc-boute contre la trochléepar son sommet. En général,, dans la luxation en avant, le bras est allongé, on sent en avant la petite tête du radius et l’apophyse coronoïde ; les battements de l’artère humérale sont superficiels.
La luxation avec fracture de l’olécrâne est accompagnée d’un gonflement énorme, de mouvements de latéralité très-étendus et d’un raccourcissement de l’avant-bras; on sent l’olécrâne à sa place et les battements de l’artère humérale sont superficiels (Richet).
Thérapeutique, — Pour réduire par les procédés de douceur, chloroformiser le malade et fléchir le bras
Lorsque la luxation est incomplète, on peut réussir en plaçant le genou dans le pli du coude et en fléchissant forcément ravant-bi*as (A. Gooper).
En cas de résistance, on applique les moufles, ou l’on met deux aides pom- faire la contre-extension sur le bras et deux pour faire l’extension en tirant sur l’avant-bras; le clûrurgicn coapte en fléchissant le coude. En général, il est bon de tirer sur le bras placé dans la demi-flexion.
Il arrive parfois que le ligament annulaire du radius est rompu et que le radius reste déplacé après la réduction de la luxation, on réduira infailliblement le radius en faisant exécuter à l’avant-bras des mouvements de pronation et de supination.
Le membre est placé dans la flexion, entouré de compresses d’eau blanche et d’eau-de-vie emnphrée.
simplement en pressant avec la main dans le pli du coude. En cas de difficultés, recourir au procédé de foi-ce avec les aides ou les moufles, comme pour la luxation en arrière; pansement avec les compresses d’eau blanche; tenir le bras en écharpe pendant quinze jours.
Lorsqu’il y a luxation avec fracture, contre-extension par un aide sur le bras, extension sur l’avantbras ; fléchir fortement l’avant-bras. La luxation ayant de la tendance à se reproduire, on fera un bandage en huit de chiffre placé par-dessus un coussin embrassant le pli du coude ou par-dessus un moule de gutta-percha. On fera exécuter des mouvements du quinzième au vingtième jour.
On a employé pom- les luxations anciennes et. récentes du coude la machine de Jarwis (fig. 341).
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III. Luxation laléro.le des deux os de Vavant-bras (J. L. Petit, Boyer, Malgaigne, Denucé). Un choc sur le côté du coude, l’avantbras étant dans la demi-flexion (Malgaigne), cause la luxation latérale; la luxation dans quelques cas a pu être d’abord une luxation eu arrière (A. Cooper). La luxation est incomplète ou complète ; le déplacement a lieu en dedans et en dehors. Les luxations incomplètes se distinguent par une saillie de l’olécrâne qui n’est plus au milieu des saillies de l épitrochlée et des épicondyles. Les mouvements de latéralité sont peu prononcés, mais l’axe de l’avant-bras paraît être en rotation par rapport à l’axe du bras.
La luxation complète en dehors, la seule bien
Brun, Sédillot). Une chute sur la paume de la main, l’avant-bras étant dans l’extension, une violence directe, causent la luxation du cubitus.
La luxation du cubitus en arrière est un déplacement par rotation.
Le diamètre antéro-postérieur de l’articution du coude est augmenté, l’olécrâne est remonté, on sent un peu la petite tête du radius en arrière, et le membre étendu ne forme plus, comme dans l’état normal, une ligne brisée en dehors; la pronation et la supination sont gênées, les mouvements de latéralité sont peu prononcés. On pourrait croire à une /ractnre de l’olécrâne, mais dans la luxation on sent la continuité de l’olécrâne avec le bord postérieur du cubitus.
Fig. 342. — Luxation du coude en dehors, (Nélaton.)
connue aujourd’hui (Nélaton)^ c’est-à-dire celle dans laquelle le cubitus n’est plus en rapport avec l’humérus que par une de ses faces latérales, est caractérisée par une saillie volumineuse de l’extrémité inférieure de l’humérus ; à la place de l’olécrâne, on sent une saillie considérable de la partie supérieure du bord radial de l’avant-bras ; on sent l’épitrochlée sous la peau. Des mouvements de latéralité peu prononcés, mais évidents ; la pronation et la supination de l’avant-bras conservés ; l’aspect tordu en avant et en dedans de l’avant-bras complètent les signes diagnostics. Le diamètre transversal du coude est augmenté (Malgaigne). |
A priori, beaucoup de symptômes ont été donnés des autres luxations latérales du coude ; on doit admettre que les saillies et la déformation des luxations latérales complètes en dedans seront disposées à l’inversede la luxation eu dehors.
Thérapeutique. — Pour réduire, un aide embrasse avec les mains croisées l’extrémité inférieure de l’humérus, des tractions sont faites sur l’avant-bras, le chirurgien repousse les os déplacés en dehors ou en dedans suivant la luxation.
Placer après la réduction l’avant-bras en flexion sur le bras, avec im bandage en huit de chifli*e recouvert de compresses d’eau blanche et d’eau-de-vie camphrée. On commencera à faire exécuter des mouvements seulement vers le quinzième joiu-.