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IV. Luxation du cubitus en arrière (Diday

Thérapeutique. — On place le blessé sur une chaise ; un aide fait l’extension sur le bras tenu rapproché du tronc ; un aide tire suivant l’axe du bras dans la demi-flexion, et avec les pouces le chirurgien, embrassant à pleines mains le coude, poussera l’olécrâne en bas et en avant ; puis on place le mem^ bre dans la flexion (Sédillot), on le maintient avec un bandage en huit de chiffre.

Au bout de dix jours, on commencera à faire exécuter des mouvements.

V. Luxation du radius. Le radius peut être luxé en arrière, en avant et en dehors, c’est surtout chez les enfants que s’observe cette luxation.

1“ Le radias est luxé eu arrière par une pronation forcée ou par une pression directe sur la partie supérieure de l’os. Alors, le coude est déformé, on sent en arrière une saillie formée par la petite tête du radius ; l’avant-bras est demi-fléchi, la main est en pronation, la flexion et l’extension de l’avant-bras sont bornées.

Thérapeutique. — Pour réduire : contre-extensiou sur le bras, extension siu l’avant-bras tourné forcément en supination ; pression sur la tète du radius ; pour contenir : compresse graduée sur la tête du i*a-. dius, bandage en huit de chiffre, bras en écharpe ; — permettre des mouvements au dixième joui*.

2“ Le radius se luxe en avant ( Delpech, Gerdy). après une chute sur l’avant-bras étendu et en supination, ou après un coup porté en arrière. U y a peu de déformation, le bras est demi-fléchi.

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la flexion est pénible, la tête du radius fait saillie en avant au pii du coude et se meut pendant les mouvements de pronatiou, l’olécrâne est d’ailleurs à sa place normale.

Fig. 343. — Luxation du radius en dehors (Nélaton).

Thérapeutique. — Pour réduire, l’extension et la contre-extension seront faites comme pour la luxation du radius, en arrière, le chirurgien poussera sur la tête de l’os en arrière et un peu en dehors. On pansera comme pour les autres luxations du coude.

3° Le radius se luxe en dehors., mais il y a toujours à un certain degré de luxation en arrière, avec cette différence que le radius est senti au niveau de l’épicondyle (fig. 343). On a vu le radius luxé en dehors avec diverses fractures du cubitus, et c’est dans ce cas seulement que le déplacement est étendu.

thérapeutique. — On réduira comme pour la luxation du radius, eu arrière. L’avant-bras sera tiré dans l’axe du bras ou fléchi sur celui-ci à angle droit ; mais le chu-urgien pressera sur la tête du radius pour la repousser en avant et en dedans.

YI. Luxation du cubitus en arrière et du radius en avant (Vidal de Cassis, Dubruvn). Les mêmes causes qui produisent la luxation du coude en arrière causent la luxation simultanée du radius en avant et du cubitus en arrière. Mais une cbute sur la paume de la main en supination forcée Xélaton) en est la cause rationnelle. JDans cette luxation, on retrouve les signes de la luxation du coude incomplète en arrière, et en avant on sent la saillie de la tête

du radius, c’est-à-dire le signe d’une luxation du radius en avant ; — le diamètre antéro-postérieur du coude est, très-augmenté.

Thérapeutique. — On réduira d’abord la luxation en arrière par les procédés habituels (V. Luxatios DU COUDE EN ARRIÈRE), ct l’oii réduit éusuitc la luxation du radius. Le malade étant chloroformisé, le chirurgien peut, tout en pressant avec les pouces sûr l’olécrâne en arrière, presser avec les doigts sur la radius en avant.

VIL Subluxation du radius (Goyrand, d’Aix), pincement de la synoviale (Bourgeois, d’Élampes), ou décollement incomplet des épiphyses.

Chez les enfants que l’on suspend par un bras ou qui ont fait une chute sur le coude, souvent le bras reste dans la pronàtion et ne peut être porté en supination, le coude est douloureux, aux moindres mouvements; il est rare qu’il y ait une ecchymose. C’est cet état qui aélé désigné sous le nom de subluxation du radius.

Thérapeutique. — Les surfaces articulaires peuvent reprendre leurs rapports sans qu’il y ait eu des tentatives de réduction, si l’on applique un bandage roulé, arrosé d’eau blanche. Une extension et une flexion du bras peuvent favoriser la réduction.

En cas de douleurs vives, un cataplasme sera appliqué pendant les quarante-huit premières heures et l’on réduira ensuite.

liuxatîon de la cuisse. LcS luxations de la cuisse se produisent chez les jeunes gens et les adultes, très-rarement chez les vieillards, et elles sont le résultat d’une violence considérable, portée directement sur l’articulation, ou sur le, bassin, les individus étant debout; elles sont causées indirectement par des mouvements forcés de l’articulation dans une chute ou sous une pression énergique ; — la capsule articulaire se rompt, la tête du fémur sort et va au milieu des parties molles conluses se placer dans le voisinage de la cavité cotyloïde, en haut, en arrière, en bas ou en avant. Quelquefois elle reste sur le bord de cette cavité; c’est la luxation incomplète. La tête du fémur ne sort pas nécessairement par une des échancrures normales du bord de la cavité cotyloïde.

Il y a quatre espèces de luxation du fémur, classées d’après les rapports de la tête fémorale avec les saillies osseuses voisines. Ce sont les luxations : 1° ilio-ischiatique ; 2° ischiatique; 3° ovalaire ou ischio-pubienne; 4° ilio-pubienne.

La luxation ilio-ischiatique est la plus fréquente de toutes, elle est reconnue à une saillie de la fesse, le grand trochanter est situé en arrière d’une ligne fictive, étendue de l’épine iliaque antérieure et supérieure, à l’ischion ; il remonte plus ou moins haut, suivant l’étendue de la déchu-ure de la capsule, suivant que l’actipn vulnérante s’est prolongée ou non, et suivant les manœuvres exercées sur le membre à la

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suite de la production de la luxation. On sent la ont été confondues, l’une avec la luxation rétête du fémur dans la fosse iliaque externe. , Le cente, l’autre avec une luxation ancienne, membre est dans la flexiou, l’adduction, la rota- %* Il n’y a que les luxations ilio -pubienne tion en dedans, et raccourci ; les mouvements et ilio-ischiatique qui puissent être confondues communiqués sont possibles, sauf l’abduction avec la fracture du col du fémur, mais dans la et la rotation en dehors (fig. 344). première on sent la tête du fémur dans l’aine.

dans l’autre le pied est dans la rotation en dedans, tandis que, dans la fracture du col, le pied est dans la rotation en dehors.

%* La coxalgie ancienne et là luxation ancienne se reconnaissent aux antécédents. Dans le cas où les malades tromperaient par une narration qui laisserait des doutes, on se rappellera que dans les coxalgies anciennes il y a ensellure et que les os sont hypertrophiés.

Thérapeutique. — Lorsque la luxation fémorale est réceute, il faut d’abord s’enquérir, autant que cela est possible, de la manière dont la luxation s’est produite, afin de voir s’il y a un déplacement consécutif de la tête fémorale. Cette recherche établit la possibilité de l’existeuce d’une luxation

Fig. 344. — A B. Ligne fictive étenilue de 1 epme iliaque antéi'ieure et supérieure complète OU incomplète du femur à l’ischion. Les lignes ponctuées C D indiquent les positions de la tête du fémiu'. (Malgaigne) ; elle enseigne quel a été (Nélaton.) jg chemin parcouru par la tête et peut

Dans la luxation ischiatique les mêmes signes s’observent, à part que le grand trochanter est plus rapproché de l’ischion et moins en arrière de la ligne fictive étendue de l’épine iliaque antéro-supérieure à l’ischion ; le membre est allongé dans l’extension et raccourci dans la flexion, et la saillie de la fesse est plus prononcée eu bas. Cette luxation est très-rare. Elle paraît être une transformation de la luxation ilio-ischiatique.

La luxation ischio-puhienne est rare, la tête du fémur reposant dans la fosse ovale ; la saillie du grand trochanter est peu prononcée, la fesse est aplatie, on sent La tête du fémur à la partie interne de la cuisse sous les muscles adducteurs ; le membre est fléchi et dans l’abduction ; l’adduction et la rotation en dedans par les mouvements communiqués sont imi)ossibles.

*** Dans la luxation ilio-pubienne la tête du fémur est sentie dans Vaine, où elle forme une tumeur, l’artère crurale est plus en dedans que du côté opposé, le membre est dans Textension, l’abduction et la rotation en dehors, il est un peu raccourci; dans cette luxation on a vu de la rétention d’urine.

Une fracture du rebord de la cavité cotyloïde complique quelquefois la luxation ilioischiatique, quelquefois il y a fracture du bassin en même temps que luxation.

' La fracture du col du fémur et la coxalgie

diriger le sens des tractions ou le choix du procédé de réduction.

Deux ordres de procédés conviennent pour réduire ces luxations : des procédés de douceur et un procédé de force.

a. Lorsqu’un malade est bien endormi à l’aide du chloroforme, on réduit facilement les luxations récentes. Deux aides fixent le bassin au moyen d’une alèze passée dans le pli génito-crural et sur l’ischion. Un ou deux aides tirent sur le pied, le chirurgien passe son bras autour de la cuisse et tire en dehors dans une direction perpendiculaire à l’axe de la cuisse. Quelle que soit la luxation, ce procédé de réduction est suffisant si le malade est bien endormi.

Les procédés de douceur sont : une association de mouvements en vertu desquels la tête fémorale est déplacée et amenée dans tous les sens, jusqu’à ce qu’elle ait rencontré l’ouverture de la capsule (procédés de Pouteau et Després). Ils peuvent réussir, avec l’aide du chloroforme, dans plusieurs cas simples ; dans les cas plus compliqués, les mouvements exécutés peuvent avoir pour résultat de faciliter les efforts de traction par les procédés de force.

Mais réciproquement les procédés de force ont pour effet, soit de mobiliser la tête du fémur, soit d’agrandir l’ouverture de la capsule et faciliter la réduction par le procédé de douceur, le malade étant complètement endormi.

b. Si l’on a recours au procédé de force, on doit fixer le bassin à un anneau scellé dans le mur, au moyen d’uue alèze pliée en quatre, passant dans le pli génito-cruraL Une autre alèze est appliquée autour du genou et fixée par une bande mouillée (A. Cooper). La cuisse est placée de façon à faire un angle droit

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avec l’axe du corps. Après avoir endormi le malade jüsqü’à résolution complète, les tractions sont opérées à l’aide de moufles tirant sur l’alèzc qui embrasse le genou ; la force employée doit être graduée avec un dynanomètre et ne pas dépasser 300 kilogr.

La force de 2fl0 kilogr. est souvent suffisante.

Pendant que la traction se fait, soit par des mouvements de rotation suivant l’axe du membre, soit par un changement de l’angle de flexion de la cuisse sur le tronc, le chirurgien peut, dans certains cas, favoriser la réduction de la luxation, et il reconnaît à la facilité de ces mouvements que la luxation est ] réduite quand le choc de la réduction ne s’est point fait entendre. Il peut passer sous la cuisse une alèze pliée en anneau, puis soulever la cuisse en tirant en haut ou plutôt en dehors par rapport à l’axe du corps : la tête cesse de reposer sur le rebord de la cavité cotyloïde qu’elle franchit. Aussi, on entend quelquefois le choc lorsqu’on se sert de ce procédé.

La rentrée de la tête du fémur dans la cavité cotyloïde s’opère généralement sans bruit, lorsque l’on emploie la force.

Pour les luxations ilio-ischiatiques, ischiatiques et ovalaires, ces procédés peuvent être employés. Dans la luxation ilio-puhienne, les tractions sur le membre étendu paraissent très-rationnelles,, pourtant les moyens précédents ont réussi.

S’il y a fracture de la cavité cotyloïde, il faut après la réduction placer le membre dans l’extension et appliquer un appareil à extension continue pour maintenir la luxation réduite.

S’il y a fracture de cuisse eu même temps que luxation, ce qui est rare, on peut placer un appareil de Scultet sur la fracture et faire quelques tentatives de réduction, quelques jours après l’accident, alors que la fracture est moins douloureuse. Les procédés de force ici doivent être proscrits. L’emploi du chloroforme jusqu’à résolution complète pourra faire réussir un procédé de douceur.

En général, il faut tenter la réduction de la luxation le plus vite possible. Après la réduction, il faut appliquer des résolutifs sur la hanche, attacher les deux membres inférieurs ensemble et laisser le ma- j làde au repos une semaine.

On fera exécuter des mouvements au membre après ce temps ; mais le malade ne. doit pas essayer de marcher avant quinze à vingt jours.

Quoique Pfaff ait vu réduire une luxation du fémur datant de deux ans, quand après une luxation non réduite il s’est passé quatre mois, il faut renoncer à l’espoir de réduire ; néanmoins, on peut encore tenter la réduction, en prenant les précautions sui vantes :

1“ ^ilodérer le nombre des premières tentatives. Il ne faut pas les renouveler outre mesure dans une première séance, bien qu’elles ne soient pas périlleuses absolument.

2“ Les mouvements gagnés, le changement des rapports de la tête avec l’os sont un indice favorable et peuvent engager à continuer.

Quoi qu’il en soit, si l’on ne réduit pas la luxation dans ces cas, un résultat néanmoins est obtenu, rétendue des mouvements de l’articulation nouvelle sera augmentée, et le malade en aura un bénéfice.

i.ii3ratîoxi des eonéiformes. Les truis Cunéiformes peuvent se luxer à la fois ; le grand cunéiforme a été vu luxé seuL

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1. La luxation des trois cunéiformes (Moateggia, A. Key) est incomplète ou complète,

La saillie anormale des os permet d’établir un diagnostic précis.

La luxation des cunéiformes est compliquée le plus souvent de plaies des téguments.

Thérapeutique. — Si la luxation est incomplète, si les cunéiformes tiennent bien aux métatarsiens, on réduira, qu’il y ait plaie ou non. Pour cela on pressera sur les os déplacés en repoussant en sens inverse les métatarsiens.

Pour maintenir la réduction, on placera des compresses graduées sur le dos du pied, une attelle sous la plante, et l’on placera le bandage de l’étrier ou huit de chiffre du cou-de-pied,

II. Le passage d’une roue de voiture sur le dos du pied a produit une lv.vation dugrand cunéiforme, avec plaie des téguments, l’os était sorti par la plaie et était venu se placer sur le petit cunéiforme (Nélaton). On a vu le premier cunéiforme luxé sur le scaphoïde et le premier métatarsien (A. Gooper).

Thérapeutique. — La réduction étant impossible, comme dans les cas cités, on enlèvera l’os et l’on pansera à l’eau froide ou par l’irrigation continue.

Luxation de l’extrémité inférieure du cubitus. La luxation de l’extrémité inférieure du cubitus se produit tous l’influence de pressions directes sur l’extrémité inférieure de l’avant-bras, par des mouvements de pronation ou de supina tion forcés. Elle a lieu en avant ou en arrière : et on la reconnaît par la saillie de l’extrémité inférieure du cubitus, par une douleur vive, par un déplacement de l’axe de la main en dedans, et par la possibilité de la mobilisation du cubitus et du radius l’un sur l’autre, ce qui donne lieu à un frottement.

Les luxations de l’extrémité inférieure du cubitus sont quelquefois compliquées de plaie.

Thérapeutique. — Pour réduire : le malade étant assis, extension sur la main portée dans l’abduction, contre-extension sur la partie inférieure du bras, forcer la supination si la luxation est en arrière, la pronation si la luxation est en avant. Pendant ce temps, le chirurgien presse entre les deux os pour écarter le radius du cubitus.

Comme cette luxation se i*eproduit facilement, on la maintient réduite avec l’appareil à fracture de l’extrémité inférieure du radius.

En cas de plaie du tégument, et conséquemment d’ouverture de l’articulation, il faut réduire et panser avec l’eau glacée. — En cas d’irréductibilité, faites la résection (Breschet). — L’amputation (A.' Gooper) est inutile.

Luxation du genou. La rotule se luxe quelquefois sur les deux os de l’articulation tibiofémorale. Le tibia se luxe sur le fémur, enfin le tibia se luxe par rotation, par suite du déplacement des übro-cartilages.

1. Luxations de la rotule. — k. Luxation en dehors. — La luxation en dehors est corn-

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plète ou incomplète; elle se produit par une violence, un choc ou une chute, portant sur la rotule en dedans et par contraction musculaire pendant que le genou est dans la demi-flexion.

%* Dans la luxation complète de la rotule en dehors, le genou déformé est aplati, on sent la gouttière intercondylienne ; en dehors la rotule est sentie et son bord externe fait saillie sous la peau ; on sent au-dessus du genou une corde oblique en dehors, correspondant au tendon du triceps, la jambe est en demi-flexion (Malgaigne'y; les mouvements actifs sont nuis et les mouvements communiqués douloureux.

Dans la luxation de la rotule en dehors, incomplète, on sent le condyle interne du fémur sous la peau, le bord externe delà rotule déborde le condyle externe, la cuisse est dans l’extension. Cette luxation n’est pas, à proprement parler, une luxation, c’est un diastasis par rupture du ligament latéral interne de la rotule et des expansions aponévrotiqucs du vaste interne ; seulement il ari'ive à la longue que dans les mouvements de flexion le bord interne de la rotule se creuse un sillon dans la gouttière intercondylienne et s’y fixe (Sabatier, H. Mayo), et alors on a vraiment une luxation.

Thérapeutique. — Pour réduire la luxation complète de la rotule, il faut étendre la jambe sur la cuisse, fléchir la cuisse sur le bassin et ramener par pression la rotule dans la gouttière intercondylienne, lorsque, par la position précédente, les muscles auront été mis dans le relâchement (Valentin). — Le malade restera couché pendant quarante jours, on appliquera un bandage avec les bandelettes de diacbylon, de préférence aux autres bandages roulés et inamovibles. Pendant longtemps après, les malades porteront une genouillère élastique ou lacée.

Pour réduire les luxations incomplètes, on fera fléchir brusquement le genou, on ramènera la rotule dans sa position et l’on placera un appareil inamovible avec les bandelettes de diaebylon. 11 n’y a de difficultés que pour les luxations anciennes. En effet, les flexions répétées et exagérées pourront bien permettre la réduction, mais la contention est au moins inutile, les ligaments latéraux de la rotule ne se reformeront pas, ils sont cicatrisés isolément depuis longtemps.

B. Luxation en dedans. — La luxation de la rotule en dedans est admise sur la foi de A. Paré, et sur une observation contestable de'NValtber. Si cette luxation existe, elle ne peut être qu’incomplète (Xélaton), et alors c’est un diastasis qui tend à devenir permanent.

Thérapeutique. — On fera le même traitement que pour la luxation incomplète en dehors.

G. Luxations verticales. Les luxations verticales de la rotule, très-rares, sont causées probablement par une violence extérieure combinée avec l’action musculaire, et sont caractérisées par un déplacement tel que la face interne et externe de la rotule regardent tantôt

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en dehors, tantôt en dedans, suivant que la luxation est verticale interne ou verticale externe.

Les symptômes essentiels des luxations verticales de la rotule sont la saillie du genou, la facilité de sentir sur la ligne médiane le bord de la rotule, entre deux dépressions profondes et la difficulté de fléchir le membre. Il importe peu d’ailleurs de préciser si la luxation est verticale interne ou verticale externe.

Thét'apeutique. — Les luxations verticales de larotule se réduisent spontanément par la flexion, par les contractions du triceps, mais il y a des exceptions. Dans ces cas, on relâchera les muscles qui s’insèrent à la rotule par le procédé de Valentin (V. Luxation m: la rotule EN dehors) et l’on déplacera la rotule par des pressions du côté où la rotule semble s’incliner, ou bien l’on tentera la flexion forcée et l’on fera contracter les muscles, cette précaution a été un moyen adjuvant (Payen). Elever l’os avec l’appareil élévatoire du trépan (Guynat), débrider les tendons (Wolf), même par la méthode sous-cutanée, sont de mauvais moyens.

IL Luxations du tibia. — Les luxations du tibia peuvent être complètes ou incomplètes, et se faire en avant ou en arrière (Velpeau, Alalgaigne, Nélaton).

A. Les luxations incomplètes en arrière sont constituées par un déplacement du tibia en arrière, tel que les condyles reposent sur le tibia, en avant des cartilages interarticulaires (Velpeau). Une chute sur le genou, une pression et un choc sur le tibia ou une projection du corps en avant, le tibia étant arrêté, causent ces luxations. Dans cette luxation il y a un raccourcissement apparent de la jambe, la rotule est abaissée et inclinée en bas et en avant, une forte saillie existe à la région du creux poplité, les battements de l’artère poplitée sont superficiels, des mouvements de latéralité peuvent être communiqués à l’articulation.

B. La luxation complète du tibia en arrière est produite par les mêmes causes que la luxation incomplète. Alors, la face antérieure de la rotule est horizontale, il y a un raccourcissement réel de la jambe, le diamètre antéro-postérieur du genou est augmenté; il y a une dépression du genou en avant, et le creux poplité est rempli par une tumeur dure; — on ne conçoit pas cette luxation complète sans déchirure étendue des parties voisines, et en effet la rupture de l’artère poplitée a presque toujours lieu.

G. La luxation incomplète en avoM est produite par les mêmes causes que les luxations en arrière, mais en agissant eu sens inverse et pendant que la jambe est légèrement fléchie. On reconnaît cette luxation à la flexion de la jambe, à la saillie dn tibia etàrefTacement de la rotule. Lorsqu’il n’y a pas beaucoup de gonflement on peut sentir les cupules articulaires du tibia et des ménisques interarticulaires. Les condyles du fémur font saillie dons le creux poplité, les

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muscles fléchisseurs de la jambe sont tendus et

la cuisse paraît allongée.

D. Dans la luxation complète en avant qui reconnaît les mêmes causes que l’incomplète, la jambe est étendue, raccourcie, il y a des mouvements de latéralité, le tibia est senti en avant, et entre lui etle fémur il y a une dépression en croissant. Le creux poplité est empli par les condyles du fémur, les muscles extenseurs de la cuisse sont très-tendus, on sent l’extrémité supérieure du fémur sous la peau dans le creux poplité.

E. La luxation du tibia en dedans ou en dehors est une luxation incomplète, due aux mêmes causes que les autres luxations, et à un mouvement de torsion combiné à une pression latérale. — Le genou offre l’aspect d’une ligne brisée, et l’^n sent une tumeur au-dessous delà ligne articulaire en dedans ou en dehors, qui correspond au tibia. La rotule est à sa place, entre les condyles, inclinée seulement du côté de la luxation ; la jambe offre toujours un certain degré de rotation.

Les luxations du tibia sont extrêmement rares, et toute leur symptomatologie repose sur dés expériences cadavériques.

La luxation incomplète du tibia en arrière est la moins rare, et est souvent accompagnée de plaies.

Les luxations complètes sont suivies de désordres immédiats, tels que la rupture des ligaments, des muscles, des artères et des nerfs, et decomplica tionsinflammatoires graves, tellesque la gangrène, l’arthrite traumatique et l’ankylose.

Thérapeutique. — Lorsque, dans les luxations complètes, il y a plaie et ouverture de l’articulation, rupture des artères et même des yeines et menaces de gangrène, on amputera la cuisse au tiers inférieur (Heister, Percy, Velpeau, Malgaigne).

Pour réduire les luxations sans plaie, complètes ou incomplètes, le malade étant chloroformisé, on fera la contre-extension au pli génito-crural à la racine de la cuisse, avec une alèze fixée à un point solide ou tenue par deux aides, le membre reposant sur un lit dur; l’extension sera faite sur le pied, deux aides tireront et le chirurgien, par des pressions sur le fémur ou le tibia, replacera les surfaces articulaires en rapport, en suivant une direction opposée au déplacemenL — Après la réduction, le membre sera tenu immobile, recouvert de compresses d’eau blanche, dans une gouttière métallique ou dans un bandage roulé, pendant dix ou quinze jom^; puis on fera exécuter ensuite des mouvements au genou.

HT. Luxation par rotation du genou. — Luxation dn fibro-carlilage (Velpeau), dérangement intérieur de l’articulation du genou (Hey), luxation partielle du fémur sur les cartilages semi-lunaires (A. Cooper).

Admise par induction et attribuée à un mouvement de rotation forcée de la jambe sur son axe, cette luxation serait caractérisée par une demi-flexion de la jambe, portée dans l’ab-

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ductioii. Les mouvements douloureux et limités, sans déformation du genou, pourront faire supposer la luxation, surtout si, après un mouvement d’extension brusque, il y a un rétablissement des fonctions.

Thérapeutique. — La flexion et l’extension brusque sont les moyens de réduction indiqués.

Luxation de l’humérus , luxation de l’épaule. La tête de l’humérus se luxe complètement ou incomplètement, sous l’influence d’un choc direct sur l’épaule, d’une traction exercée 'sur le bras avec exagération des mouvements d’abduction et d’élévation. Elle se luxe par un effort inusculairc sur certains individus qui ont un relâchement du ligament capsulaire de l’articulation,

La luxation se produit en haut, en arrière, en bas et en dedans, et mieux en haut et en avant d’une part, et en bas et en arrière 'dé l’autre (INélaton) avec des degrés variables.

Les caractères communs des luxations de l’épaule sont un gonflement plus ou moins marqué, de la douleur, l’mî possibilité de mouvoir l’épaule, le peu d’étendae des mouvements communiqués, sauf un certain degré de rotation, la saillie de l’acromibn et une saillie anormale dans le voisinage de la cavité glénoïde. L’absence de crépitation fine et la limitation des mouvements excluent l’idée d’une fracture.

Dans la luxation de l’humérus, l’ecchymose est rare, à moins que la luxation n’ait été le résultat d’une contusion de l’épaule.

Les luxations de l’épaule peuvent être compliquées de fractures, de déchirures de nerf et de paralysies, de ruptures d’artères et de veines et d’anévrysmes consécutifs. V. LuxATtONS.

fie. 343. — Lusatica sous-i:üraco;dieuue on eu avuut ; la lisiu

ponctuée indique la déformation (Anger).

La luxation sous-coracoïdienne (Rial-

gaigne) sous-scapulaire (Velpeau), en bas (A. Cooper), en dedans (J. L. Petit, Boyer) est complète on incomplète. La tête, recouverte par le muscle sous-scapulaire, est située au-dessous de l’apophyse coracoïde, on sent la tête en haut, dans la paroi antérieure de l’aisselle, mais beaucoup plus élevée que dans la luxation sousglénoïdienne, l’étendue du déplacement distingue la luxation complète de la luxation incomplète. En général le bras conserve sa longueur, il y a bruit de craquement pendant les mouvements de rotation imprimés à rhmnérus.

Fig. 3-4G. — Luxation sous-cora'olùieDne rue par le côté (.iiigcr).

La luxation intra-coracoïdienne (Malgaigne), sous- claviculaire (Velpeau), en avant (A. Cooper), en devant (J. L. Petit), est caractérisée par une saillie de la tête humérale sous la clavicule, en dedans de l’apophyse coracoïde. La tête n’est point sentie dans l’aisselle, le bras est raccourci le plus souvent. On sent quelquefois en remuant le bras une grosse crépitation ou plutôt un craquement. La luxation intracoracoïdienne exagérée est dite luxation costoclaviculaire et intercostale ; la luxation appelée sus-claviculaire est une transformation de cette luxation. C’est la position de la tke de l’humérus qui distingue ces variétés de luxation.

La luxation sous-glénoïdienne (Malgaigue), sous-pectorale axillaire (Velpeau), en bas (J. L. Petit, A. Cooper), est surtout reconnue à une saillie de la tête humérale sous la peau, dans l’aisselle, et à un allongement du membre; l’adduction communiquée est trèsdouloureuse, le coude est écarté du tronc.

Dans la luxation sous-acromiale et sousépineuse (Malgaigne, Velpeau), en arrière et en dehors (Sédillot, Nélaton), en dehors (J. L. Petit, E^ault), le bras est allongé, la tête de

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l’humérus forme une tumeur au-dessous et un peu en arrière de l’acromion, l’épaule est aplatie en avant où l’on sent l’apophyse coracoïde et le bord de l’acromion, le coude est rapproché du tronc et porté un peu en avant, et dans la rotation en dedans ; les mouvements, en arrière et en dehors sont les plus difficiles.

%* On ne peut sérieusement confondre les luxations de l’épaule qu’avec les fractures du col chirurgical, mais dans celles-ci, en chloroformisant le malade pour lui éviter la douleur, on fait exécuter au bras des mouvements, tandis qu’ils sont beaucoup plus gênés dans la luxation. La crépitation fine, l’ecchymose, appartiennent aux fractures, ainsi que le gonflement du bras qui est toujours très-prononcé. Lorsqu’on sent une tumeur osseuse, on y place la main et l’on mobilise le coude : s’il y a luxation, les mouvèmeots sont communiqués à la tumeur, et ce signe manque dans les fractures. Les fractures du col anatomique s’accompagnent toujours d’une crépitation franche.

Thérapeittiqüe. — Pour réduire toutes les luxations de l’épaule, les mêmes procédés seront employés, avec une seule différence portant sur le sens de la traction.

On réduit la luxation par les procédés de douceur ou de force.

Les procédés de douceur seront appliqués lorsque la luxation est récente, chez les individus en état d’ivresse et chez lesquels la résistance musculaire est émoussée.

Pour cela, le chirurgien élèvera le membre thoracique en haut, pendant qu’un aide, à genoux près du malade assis, embrassera l’épaule avec les deux mains croisées, puis le chirurgien, après avoir fait exécuter à la tête de l’humérus des mouvements.de rotation, presse dans l’aisselle sur la tète humérale, qui se remet en place (White, Mothe, Lacour). Il.peut confier l’extension -à un aide.

Si la luxation résiste, on chloroformisera le malade.

Ou bien : le chirurgien, après avoir endormi le malade et établi une contre-extension, fera tirer sur le bras, en même temps qu’avec les doigts des deux mains ayant embrassé la racine du bras, il attire la tête en dehors, d’où elle sera brusquement rapprochée de la cavité glénoïde par les plus faibles contractions musculaires du malade.

Ou bien le chirurgien fera exécuter des mouvements de circumduction étendus, pendant lesquels la tête, se rapprochant de la déchirure de la capsule, viendra, après une série de tâtonnements, rentrer dans l’articulation. On aide à la réduction par des pressions sur la tête de l’os dans l’aisselle.

C’est surtout pour les luxations sous-coracoïdienne et sous-glénoïdienne que ces procédés sont bons, principalement quand la luxation est récente.

Les procédés de force sont exécutés avec des aides ou avec des moufles et des aides.

Pour réduire avec les aides, on fait faire la contreextension avec une alèze sous l’aisselle, l’extension prendra point d’appui sur la partie inférieure du bras. Un aide vigoureux pressera sur l’épaule pour immobiliser l’omoplate (Malgaigne). Les tractions se feront horizontalement, directement en dehors pour les luxa-

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tiens supérieures et antérieures ou les luxations souscoracoïdienne et intra-coracoïdieune, horizontalement et un peu en avant pour les luxations postérieures et

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.éfévable à cause de la régularité des tractions, on les règles générales indiquées pour les luxation, ..indcs articulations. V. Luxatioss.

— Appareil à traction simple sur ITiuméras. — A, C. BrancLcs et erecheU po^ appliquer les lacs. — B- Branche perforée pour le passage de la courroie. — n. Artienlatiou des deux branches. — E. Partie üottante de la confie. — F. \îs destinée à la serrer. — &. Partie embrassante de la courroie - Membre sur lequel on pratique rextension. -(Anger.)

Fig. 349. — M. CüUiToic OH rémora de Scultet pour exercer des tractions sur le bras ou la cuisse.

pour tirer le bras. L'instrument (fig* 348) dissémine sur une grande étendue la traction exercée sur 1 hnméms.

Pour réduire avec les moufles^ ce qui est toujours

de Platner (fig. 350). En principe, ces dernières machines ne valent pas l’extension simple et la contreextension ordinaire. La pression avec le talon du chirurgien appuyant sur la tête humérale dans l’ais-*

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selle, pendant que l’opérateur tire sur le bras Après dix joui-s, on fera exécuter au bras quelques (A. Cooper) (fig. 352), sont des procédés de réduction mouvements d’élévation en avant, pour les luxations infidèles qui ont quelquefois réussi, mais seulement sous-coracoïdienne, intra-coracoïdienne et sous-glérlans les luxatious récentes où le procédé de Mothe noïdienne ; des mouvements d’abduction pour la luxaréussit. tion sous-épineuse : et en général des mouvements

Fig. 350. — Appareil à traction à treuil. Machine de Plati 'variables, ont été iinat

On peut, quand on se sert du chloroforme, substituer le procédé de la réduction du talon aux procédés de traction ordinaires (Ghassaignac).

Après la réduction d’une luxation, l’articulation

Fig. 351. — Procédé de réduction avec.l’ajnW d’Hippocrate; figure extraite du livre de A. Paré (Anger).

sera recouverte de compresses d’eau blanche et d’eau-de-vie camphrée, contenues par un bandage roulé, et le bras sera maintenu dans une écharpe.

ler CAnger). Des appareils modernes, munis de mécani(pues ;inés pour le même but.

qui éloignent la tête de la déchirure de la capsule (Malgaigne). Au quinzième jour, l’articulation sera mise en liberté; s’il y a paralysie du deltoïde, on appliquera un vésicatoire volant et l’on électrisera plus tard.

Toute luxation qui date de plus de trois mois ne peut être réduite à moins d’exception.

Les tentatives de réduction de luxation avant ce temps sont autorisées ; les accidents de déchirures de nerf (Flaubert), d’arrachement du bras (A. Guérin) sont très -rares, mais on les a observés. On ne peut soupçonner les circonstances exceptionnelles qui favorisent les déchirures qu’en considérant l’inaction complète des membres depuis longtemps et l’état nerveux des malades.

C’est toujours par des procédés de force que l’on tentera de réduire les luxations anciennes.

En général, il ne faut pas dépasser, dans les tractions, la force de 250 kilogrammes.

11 est indiqué de ne pas prolonger les efforts de traction; la mobilisation de la tête de l’humérus, obtenue dans une première sénnce, est un résultat suffisant.

On réitère la traction de six jom*s en six jours, à moins qu’il n’y ait des lésions superficielles de la peau, qu’il faut toujours guérir avant de recommencer.

Lorsque, dans une luxation ancienne, le déplacement de la tête de l’humérus est considérable, les mouvements sont très-gênés. On doit dans ces cas, par des efforts de réduction et des tractions, mobiliser I le plus que Ton peut la tète humérale dans sa nouvelle

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position. On a proposé de réséquer la tête de l’humé-

rus (H. Paris).

Fig. 352. — Réduction des luxations de l’épaule à l’aide du talon, d’après Oribase (A. Paré, Malgaigne, Anger).

Luxation de la mâchoire (Hippocrate), j Un effort de bâillement, un coup ou une ! chute, une violence pendant l’avulsion d’une dent (Duval, Fox), déterminent la luxation de la mâchoire. Quelquefois il y a simplement subluxation sans rupture des ligaments. Cette luxation est passagère (A. Cooper).

Ordinairement la luxation de la mâchoire est double. Alors la bouche ouverte ne peut se refermer, la salive s’écoule involontairement, la prononciation des consonnes est impossible. Une dépression existe en avant des oreilles, à la place des condyles ; les apophyses coronoïdes font saillie dans la bouche, entre l’arcade dentaire supérieure et la joue. Les masséters sont tendus et contractés.

Quand un seul condyle de la mâchoire est luxé, on observe la déformation d’un seul côté, la mâchoire inférieure a subi un mouvement de latéralité, qui la maintient dirigée à droite ou à gauche, la commissure correspondante à la luxation est déviée, ce qui, au premier aspect, pourrait en imposer pour une paralysie faciale.

C’est seulement lorsqu’il y a fracture du maxillaire qu’il peut exister une luxation dans la fosse temporale (Robert). Alors, outre la déviation des dents, on trouve l’apophyse coronoïde dans la fosse temporale et le condyle sous’ la peau en dehors de l’apophyse zygomatique.

Les luxations de la mâchoire sont maintenues permanentes à la fois par la contraction musculaire (J. L. Petit), l’accrochement de l’apophyse coronoïde contre le tubercule malaire (Nélalon), et la résistance passive des ligaments sphéno-maxillaire et stylo-maxillaire distendus (^laisonneave).

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Thérapeutique. — Pour réduire la luxation simple ou double de la mâchoire, les émotions, les xiolences extérieures, autrefois vantées, sont des moyens sans valeur.

Voici le meilleur moyeu de réduction : le malade étant assis sur une chaise et ay^t la tête maintenue par un aide, le chirurgien, après avoir garni ses pouces avec du linge, presse sur les dents de la mâchoire inférieure et l’apophyse coronoïde, d’avant en arrière et de haut en bas ; ou bien il introduit une petite planche de bois de chêne entre les dents, et prenant point d’appui sur les molaires de la mâchoire inférieure, écarte les arcades dentaires.

(A. Paré, A. Cooper).

Après la réduction de la luxation, la mâchoire sera tenue immobile avec la mentonnière ou le bandage de la tête (V. ce mot). Le premier jour, le malade s’abstiendra d’aliments solides.

Luxation médlotarsienne. L’astragale et le calcanéum d’une part, et le scaphoïde et le cuboïde de l’autre, se séparent sous l’influence de pression sur le pied et à la suite de chute d’un lieu élevé ou d’un mouvement de torsion et de flexion exagérée du pied (J. L. Petit).

Dans la luxation médiotarsienne, la voûte du pied est écrasée, l’astragale est saillant au coude-pied et le calcanéum est à sa place.

Cette luxation est rare.

Thérapeutique. — Pour réduire, il faut faire l’extension sur le pied et la contre-extension sur la che- , ville. Pour maintenir la réduction, on appliquera une attelle sous le pied et un étrier simple. V. Bandage.

Luxations du métacarpien du ponce.

I. Le métacarpien du pouce se luxe en arriéré., sous l’influence de causes directes et de pressions violentes. Dans ce cas, le pouce est fléchi; on voit et l’on sent, en faisant opposer le pouce et le petit doigt, ou en faisant fléchir fortement le pouce dans la main, une saillie en dehors et au-dessous du trapèze. Le gonflement de la région n’est jamais assez marqué pour masquer ce signe.

*** La luxation du métacarpien du pouce en arrière complique quelquefois la luxation métacarpo-phalangienne du pouce.

Thérapeutique. — On réduit par le procédé de douceur. Après avoir tiré sur le pouce pendant quelques instants, le chirurgien, placé à côté du malade et tenant l’avant-bras de ce dernier sous son propre bras, presse sur l’os déplacé en glissant sur le carpe de façon à repousser eu avant la tête de l’os déplacé. Arrivé au niveau de la surface articulaire du trapèze, le métacarpien se replace brusquement.

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On applique des compresses résolutives et une bande roulée, puis de la ouate et une bande dextrinée. L’appareil est laissé un mois en place.

Lorsque la réduction est impossible par les procédés de douceur, on fera tirer avec la pince à extension du pouce. V. Lüxatios des phalanges du

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