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Toutes ces opérations sont attaquables, eu égard à la possibilité d’une récidive après une ablation incomplète et à l’impossibilité de surveiller la plaie. L’ablation de la mâchoire, l’ouverture palatine, nécessitent un obturateur, cela est vrai; mais les fonctions sont bien rétablies, grâce à la prothèse, et cela vaut mieux que la conservation d’une partie qui ne peut plus servir.
En résumé, pour les petits polypes ou les polypes bien pédiculés, on fera l’arrachement ou la ligature; pour les polypes gros et sessiles sans prolongements, 1 on fera la boutonnière palatine ; pour les polypes
Fig. 383. — B. À, B', Appareil d’or et dents minérales pour oblitérer le voile du palais, la votUe palatine, et remplacer tout un maxillaire supérieur enlevé. (Preterre.)
cavité des fosses nasales et guidant la rugine. Ce procédé n’a encore été appliqué qu’une fois, et le résul-
Fig. 386. — Appareil d’or pour une fenêtre palatine, feitê par Nélaton. (Préterre.)
tat n’est pas certain. La rugination serait acceptable après les opérations préliminaires.
gros et avec prolongements , on fera l’ablation pure et simple du maxillaire supérieur. On extraira le polype et Ton appliquera ensuite une voûte palatine artificielle du voile du palais, appropriée à la perte de substance (fig. 385 et 386).
Il n’y a pas de traitement palliatif des polypes sans opération, et la plus avantageuse est la boutonnière palatine.
On appliquera le traitement de l’anémie dans tous les cas où les malades auront été affaiblis par les hémorrhagies.
MATURE. La nature est l’ensemble des lois voulues par le Créateur pour l’existence des choses et pour la succession des êtres (Buffon).
Mature médieatrice. Le principe conservateur de la forme et des fonctions normales de l’homme aux prises avec ses maladies, favorisant l’élimination d’un poison, d’un venin ou d’un corps étranger, l’isolement d’un produit morbide autour de parties saines, la réunion des os fracturés, l’absorption des matériaux d’une inflammation et la cicatrisation des plaies ou la régénération de parties coupées, a reçu le nom de nature médicatrice.
%* La nature suffit seule aux animaux pour toutes les choses, elle sait elle-même ce qui leur est nécessaire, sans avoir besoin qu’on le loi emeigne et sans l’avoir appris de personne. Elle est le premier médecin des maladies, et ce n’est qu’en favorisant s^ efforts que l’on obtient quelques succès (Hippocrate.)
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Je le pansai, Dieu le guarit (Ambroise
Paré).
** C’est en obéissant aux indications de la nature pour ôter le sang lorsque les vaisseaux sont trop pleins, pour évacuer les matières étrangères qui se trouvent dans l’intestin, pour remettre en place ce qui est dérangé, pour neutraliser les vices des humeurs et pour attendre l’opportunité des remèdes que la médecine est vraiment digne de la considération qu’on lui accorde comme art et comme science.
En dehors des indications que la nature fournit au médecin dans la guérison des maladies, soit qu’elle lui conseille l’usage des moyens hygiéniques ou de l’expectation, soit qu’elle l’oblige à recourir aux remèdes et à la chirurgie, ! il n’y a que superstition et empirisme.
Connaître la marche naturelle des maladies et la puissance de la nature dans leur guérison pour n’intervenir qu’à propos par une médication vraiment utile, voilà ce que doit être la science médicale.
iKATVRiisnE. Doctrine médicale ancienne dans laquelle la nature, considérée comme une force intelligente et prévoyante, est le principe de tous les actes organiques qui assurent la conservation de l’être et la perpétuité des espèces. C’est la doctrine d’Hippocrate et de Galien, d’abord modifiée par Athénée, un peu plus tard par Paracelse et van Helmont, puis enfin par Stahl, par Bordeu et par Barthez,
Pour ees médecins, en effet, la maladie était le résultat de la lutte engagée entre le principe conservateur de l’individu, et un élément étranger à l’organisme ; la fièvre n’était qu’un effort de la nature destiné à l’expulsion de matières nuisibles, et le médecin ne doit être que le ministre de la nature. A cette doctrine se rattachent d’une façon directe le pneurnatisme, Yarchéisme, Vanirnisme et le vitalisme qui n’en sont que ses transformations nécessaires, et c’est sur elle que s’appuie le dogme, de la nature médicatrice généralement considérée comme étant la base de toute thérapeutique pratique et rationnelle.
IXATUBISTE. Nom donné aux médecins qui apprécient comme il le mérite le rôle de la nature, du pneuma, de l’archée, de l’ànie ou du ! principe vital dans la marche naturelle des maladies et dans leur guérison.
iVAEflEm (duché de Hesse). Eau minérale chlorurée sodique et gazeuse , employée en boisson, eu bains, eu douches, et l’acide carbonique qu’elle renferme s’emploie pour donuer des douches et des bains. On l’emploie aussi en bains préparés avec les eaux mères des salines du pays. Les eaux de Nauheim s’emploient dans la scrofule S; dans la chlorose, la ^tralgie et la dyspe^^ie, dans la cachexie syphiüticpie
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et dans les rhumatismes chroniques S, dans les engorgements articulaires et dans la plithisieO, la constipation H, les engorgements du foie, de la rate et de l’utérus □.
KAESÉE. Sensation épigastrique et pharyngée pénible qui fait craindre ou qui précède' le vomissement.
La nausée est le symptôme du vertige nautique ou mal de mer, de l’embarras gastrique, fébrile, de l’invasion des fièvres éruptives et des maladies aiguës, de la grossesse et des maladies utérines, mais elle n’indique rien de spécial. Toutefois, dans l’embarras gastrique, quand la nausée existe avec de la fièvre et de l’inappétence, sans autre maladie, elle indique l’emploi d’un vomitif avec le tartre stibié, 1 gramme à jeun dans un verre d’eau sucrée.
KAAET. Racine alimentaire qu’on emploie souvent comme adoucissante dans les constipations et dans les irritations pulmonaires ou intestinales S. Alors elle doit être assaisonnée et faire partie du régime des malades.
NÉCROSE. La nécrose est la gangrène des os. C’est la cessation de la circulation dans le tissu osseux; elle est à la carie ce que la gan- , grène de la peau est à l’ulcération.
La destruction du périoste et de la moelle, l’oblitération de l’artère nourricière des os ou des vaisseaux capillaires d’une portion d’os, causent la nécrose; l’inflammation violente de l’os , de la moelle et du périoste, c’est-à-dire l’ostéite, l’ostéomyélite et la périostite causent encore la nécrose.
Dans les parties atteintes de carie, on trouve des fragments osseux qui constituent de véritables nécroses.
L’infiltration tuberculeuse des os et les gommes scrofuleuses ou syphilitiques engendrent souvent la nécrose.
La nécrose partielle est constituée par un os mort ou séquestré, et une sécrétion osseuse de nouvelle formation tendant à réparer la perte de substance des os. La nécrose totale d’un os est constituée par un séquestre représentant la totalité de l’os au milieu de surfaces recouvertes de bourgeons charnus.
Toutes les nécroses partielles sont suivies de réparation.
Les nécroses totales ne se réparent pas ; mais lorsque le périoste est conservé, lorsqu’il est assez intact, un cylindre osseux environne l’os mort, et peut produire une sorte de réparation.
Les séquestres se réparent par bourgeonnement des surfaces osseuses restées saines comme les eschares de la peau. Deux modes de formation de séquestre existent, ou bien une lamelle d’os se détache, ou bien un fragment
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dos irrégulier se détache sous les couches | membrane granuleuse, c’esl-à-dire d’une couche superficielles ou profondes de l’os. 1 de bourgeons charnus, par la membrane mé¬
dullaire, ou plutôt les couches osseuses les plus profondes.
Les os plats se réparent par l’intermédiaire du périoste de l’une ou des deux tables, ou par l’une des deux tables conservées.
Les os du crâne dénudés présentent une exfoliation insensible, des bourgeons charnus se forment audessous de la lamelle nécrosée. Un os et le périoste se reproduisent quelquefois à la suite de l’opération du trépan, mais cela est trèslong.
*** Dans les os courts la né-
Fig. 387. — Nécrose de toute l’épaisseur de la diapLyse d’ua os long ; a, séquestre h, fistules ; e , couches osseuses sécrétées par le périoste. (Figure schématique Billroth).
Lorsque le périoste est détruit ou a été enflammé, la nécrose est superficielle, mais lorsque la moelle ou quelques-uns des canaux
5. — Nécrose partielle d’un os long ; a, séquestre ; d, fistule. (BiUroth.)
osseux ont été détruits, la nécrose est centrale ou profonde, ce qui revient à dire qu’il y a des séquestres libres et des séquestres invaginés ; les
crose est presque toujours centrale, la périphérie de l’os se perfore, le séquestre est éliminé, la cavité osseusè revient pour ainsi dire sur elle-même, ou bien la membrane granuleuse sécrétée par les portions d’os restées saines se transforme en os et remplit nonseulement la cavité de l’os, mais encore le tissu spongieux et donne lieu à cette lésion désignée par Gerdy sous le nom d’ostéite condensante.
Tous les séquestres et les ojs entièrement mortifiés tendent à être éliminés, du pus s’amasse autour de l’os mort, il y a un abcès sous-périostique, ou un abcès de l’os (Ravaton, David) existe. S’il s’agit d’une nécrose centrale, l’os se perfore et un abcès apparaît sous le périoste et sous la peau
comme dans la nécrose superficielle. Le pus s’élimine, une fistule se forme, et à travers elle les portions d’os mort s’éliminent peu à peu.
Lorsqu’un os est dénudé et se nécrose on voit les chairs se recouvrir de bourgeons charnus tout autour de l’os qui prend une coloration terreuse, les parties molles adhèrent aux parties saines de l’os et envoient des bourgeons charnus. Lorsque la nécrose est sur le point de se limiter, l’os devient mobile et apparaît avec une forme irrégulière ou sous forme de lamelle, suivant qu’il y a une nécrose un peu étendue ou une simple exfoliation.
Lorsque la nécrose se produit après une périostite suppurée, après avoir ouvert
9. — La même lésion qoe représente la figure 388 ei i avancé ; le périoste a sécrète des couches osseuses uouvelles.
(Billroth.)
premiers sont facilement sentis, les seconds ne peuvent être reconnus qu’à travers une perforation d’un os nouveau sécrété parle périoste.
Les os longs se réparent par le périoste (Troja, Duhamel), par les portions d’os restée saines (Haller, Callisen, Tenon, Bordenave, Bichît, Lambron) qui se recouvrent d’une
, l’abcès on trouve tous les caractères qui reües" viennent d’être éoumérés; il n’est pas rare.
toutefois, de voir des bourgeons charnus sortir pour ainsi dire de l’os et diviser l’os mort en plusieurs séquestres.
Lorsque la nécrose a lieu à la suite d’une contusion, d’une ostéite, d’une affection tuberculeuse des os, on observe d’abord les signes d’une ostéite, l’os augmente de volume, les malade éprouvent des douleurs qui augmentent
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d’intensité pendant la nuit ; durant deux où trois mois, le gonflement persiste, puis s’augmente subitement^ la peau devient rouge, il se forme on abcès ou plusieurs abcès donnant issue à du pus par une ou plusieurs ouvertures qui restent fistuîeuses et fournissent d’abord du pus crémeux, puis bientôt du pus séreux. Lorsque la nécrose est centrale elle se révèle par les mêmes symptômes, sauf que les douleurs sont plus vives et le gonflement de l’os plus considérable, puis le pus fuse dans des directions variables, il peut pénétrer dans les articulations , fuser entre les muscles à des distances éloignées. Le pus de ces abcès contient plus de matières terreuses que le pus des autres abcès, ce qui serait un caractère diagnostique à défaut du gonflement de l’os. Il n’est pas rare de voir un seul abcès intra-osseux autour d’une nécrose centrale. '
*,(,* Lorsque la nécrose des os des membres est la suite d’une ostéomyélite, état qui a été désigné sous le nom de nécrose aiguë, le membre est atteint d’œdème, il y a une fièvre intense, des frissons, la peau ne tarde pas à rougir et il y a un phlegmon diffus profond, et dans ces cas les malades meurent avec des symptômes typhoïdes, ou bien les abcès étant ouverts on trouve le périoste décollé dans toute son étendue et l’os entier se nécrose, mais avant qu’il puisse être éliminé les malades meurent d’infection purulente ou d’infection putride. Ces phénomènes s’observent surtout lorsqu’il y a ostéomyélite totale.
Dans l’ostéomyélite partielle, les phénomènes de la nécrose centrale sont seuls observés, et l’on diagnostique souvent une ostéite.
La nécrose, en général, passe par trois périodes, l’une inflammatoire, pendant laquelle l’os mort est circonscrit et devient un séquestre, l’autre suppurative, pendant laquelle il se forme des abcès et des fistules et durant laquelle il y a quelquefois fracture spontanée; l’autre enfin, pendant laquelle les séquestres étant éliminés peu à peu, l’os se répare. Cette période manque dans les nécroses totales.
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vives la nuit que le jour, par la tuméfaction de l’os.
Fig. 391. — Séquestre retiré de la cuisse figurée (Cg. 390). (Billroth.)
A la seconde période par une tendance à la formation d’abcès et de fistule, par la dénudation de l’os constatée par l’exploration avec un stylet, par la mobilité consécutive de l’os sur lequel 011 a senti un choc sec avec le stylet ; dans quelques cas par les qualités du pus qui contient plus de substance terreuse que le pus phleginoneux.
A la troisième période par l’expulsion de portions d’os par les fistules, par le contact du stylet avec des esquilles, par les signes des précédentes périodes et surtout par la permanence des fistules.
L’ostéite suppurante, l’ostéomyélite, peuvent être confondues avec la nécrose au début, parce que la lésion initiale est la même, et la suite seule pourra apprendre si la nécrose est l’effet ou non de ces maladies; — les périostites, au début, peuvent être prises pour une nécrose, même après l’ouverture d’un abcès péri-osseux, car l’os dénudé en un point sous le périoste peut n’être pas nécrosé.
La carie donne lieu au gonflement des os, à des abcès, mais le pus est presque toujours du pus tuberculeux, et les os cariés existent surtout chez les sujets scrofuleux. Un stylet introduit dans les fistules brise des lamelles osseuses et ne rencontre pas de résistance sur un corps dur qui donne un choc sec ; les caries existent surtout dans le tissu spongieux des os. C’est seulement quand il y a des abcès et des fistules que le diagnostic de la carie et de la nécrose peut être fait ; et l’on saura que les abcès se forment en général plus vite dans la carie que dans la nécrose.
Dans les tubercules des os sans carie, on trouve une cavité à parois dures, mais il n’y a pas de gonflement de l’os dans les nécroses.
Il y a des nécroses à marche chronique qui se révèlent seulement par des douleurs nocturnes et qui peuvent donner lieu à penser qu’il s’agit de douleurs sv^philitiques.
On a vu des récidives de nécrose après dix, quinze et vingt ans, à la suite de marches forcées, d’efforts ou de chutes; il y a une
Fig. 390. — Xéerose de l’extrémité inférienre de la diaphyse da fémur. Il y a des fistules, et par une ouverture fistuleuse agrandie le séquestre sort. (BUlrotli.)
%* On soupçonne la nécrose :
A sa première période, par les douleurs plus
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ostéite et une nécrose autour des points autrefois malades.
Thérapeutique. — La nécrose qui suit l’ostéite, l’ostéomyélite, sefra traitée par les moyens appropriés (V. Os), les antiphlogistiques, les sangsues, les vésicatoires, et lorsque ces maladies passent à l’état chronique, par la cautérisation au fer rouge, soit la cautérisation ponctuée, soit la cautérisation transcurrente, qui est moins puissante, toutefois.
Lorsque l’inflammation, au contraire, fait des progrès rapides, au lieu où l’on suppose une ostéite ou une ostéomyélite suppurée, on incisera jusqu’à l’os, on appliquera une ou plusieurs couronnes de trépan (Ravaton, Brodie, Morveu-Smith). Lorsque l’os entier est malade et que l’on ne juge pas possible d’arrêter le mal par la trépanation de l’os, on amputera le membre dans la contiguïté (Roux et Verneuil). V. Ostéomyélite.
Lorsqu’un os est dénudé dans une petite étendue et privé de son périoste dans une plaie récente, on recouvrira l’os de cataplasmes (Tenon) ; pour les os du crâne, il n’y a pas d’autre traitement rationnel capable de prévenir la nécrose. Si, dans une plaie ! consécutive à une contusion et accompagnée de fracture, un os dénudé fait saillie, on le réséquera.
L’os qui se nécrose lentement après une ostéite ou une périostite sera traité par les moyens indiqués contre l’ostéite et la périostite (V. Périostite et Ostéite). Lorsqu’on a ouvert un abcès sous-périostique bien limité , on réappliquera le périoste sur l’os autant que l’on pourra par une compression méthodique ; quoi qu’il y ait peu de chance d’éviter une nécrose, comme le contraire a été observé, il n’y a aucun inconvénient à tenter cette manœuvre. Au reste, la nécrose à ce moment n’exigerait pas de traitement immédiat. S’il est démontré qu’un os est dénudé, si les parties saines se tuméfient, il n’y a qu’à attendre, toutes les opérations que l’on pourrait tenter seraient inutiles. On ouvrira les abcès formés, on évitera la stagnation du pus par des contre-ouvertures, par des sétons perforés.
On a eu quelquefois recours aux injections acidulées (Delpech, Ghassaignac) pour hâter la chute des séquestres; on peut se servir d’acide chlorhydrique,
1 gramme pour 200 grammes d’eau. En attendant la séparation des parties mortes, on soutiendra les forces dès malades par une alimentation tonique, par le vin de quinquina, des tisanes amères. On prescrira les bains sulfureux, les bains des sources sulfureuses de Bourbonne, de Dax, les bains de mer.
Les séquestres une fois mobilisés, ce que l’on constate à l’aide de stylets introduits dans une ou deux 1 fistules, seront extraits; mais on doit bien se rappeler que, sous peine d’avoir à faire plus tard une nouvelle opération ; on ne doit pas enlever un séquestre trop tôt. ' '
Pour extraire un séquestre, on choisit le lieu où les parties molles sont les moins épaisses, où il n’y a ni vaisseau, ni nerf important à léser ; ordinairement on réunit deux trajets fistuleux situés sur une ligne qui permette d’éviter de couper des tendons. Si le voisinage des tendons, nerfs et artères le permettent, on fera une incision cruciale en T ou de forme variable, suivant l’étendue et le siège de la partie nécrosée.
On agrandit le cloaque, c’est-à-dire la perforation osseuse, si le séquestre se trouve enfermé par un os
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sain ou un ostéophyte sécrété par le périoste ; pour cela, on détruit Tos avec une gouge acérée par pression, ou bien on se sert de la gouge et du maillet, ou bien encore on applique plusieurs couronnes de trépan, ou bien on coupe l’os avec la scie à crête de coq. Dans ce temps de l’opération, on ne doit pas employer une grande force," de peur de briser ou de courber le nouvel os. Si le séquestre est bien mobile, on le sectionnera en deux avec une pince coupante, et l’on extraira les deux morceaux séparément (Blan • din, Maisonneuve). V. Résectios de la mâchoire.
Quand une des extrémités du séquestre est mise à nu, on la saisit avec une pince à pansement, et l’on procède à l’extraction.
La plaie sera lavée à grande eau; on ne réunira pas par première intention ; la plaie sera bourrée de charpie et l’on pansera avec un cataplasme ou des compresses d’eau froide, si l’opération a porté au voisinage d’une articulation.
Les parties seront tenues dans l’immobilité absolue dans des appareils appropriés.
S’il s’agit d’une nécrose des os des membres, les malades ne se serviront de leurs membres que quand Tos nouveau se sera bien réparé.
Lorsque la nécrose entoure une extrémité articulaire, la question de la résection et de l’amputation doit être posée.
Mais, dans ces cas, comme il y a presque toujours carie consécutive ou une lésion chronique de l’os ; l’amputation est la meilleure opération, excepté pour le genou et le coude, où la résection donne une proportion de guérisons à peu près égale à celles des amputations de bras ou de cuisse.
Les nécroses centrales, les nécroses périarticulaires et les nécroses étendues, par la lenteur de leur marche, peuvent être des cas d’amputation; mais tant que la santé générale des malades ne s’altère pas, on peut attendre. Si l’os nécrosé est très-volumineux, s’il suppure avec abondance depuis plus de quinze mois, l'amputation est proposable (Gosselin).
Kéerose par le pliosphore (Lorioser, O. Heyfelder). La nécrose par le phosphore, ou mal chimique des ouvriers en allumettes chi-
Imiques, est la suite d’une ostéo-périostite commençant par une périostite due à l’action des vapeurs phosphorées sur les gencives (Strohl, Trélat) déjà altérées par des caries dentaires (Th. Roussel) et par des gingivites. Il n’y a pas nécrose par intoxication; en effet, les vapeurs phosphorées produisent d’autres lésions, telles que la bronchite, les tuberculisations, comme les autres vapeurs irritantes ; elles ne causent d’ailleurs de nécrose que sur les maxillaires et principalement au maxillaire inférieur.
Les nécroses par le phosphore peuvent se propager aux os voisins des maxillaires, le frontal (Heyfelder, Maisonneuve) le sphénoïde (Bigelow), le temporal (Hervieux).
Les ostéophytes, sécrétés par le périoste, sont semblables aux ostéophytes observées dans
Iles autres nécroses, il n’y a pas de phosphore fixé, seulement ces ostéophytes sont mal organisées, les canaux deHavers sontagrandis, irréguliers, et les corpuscules osseux sont rares
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(Trélat), ce qui indique que les ostéopliytes sont caduques. Après les nécroses même totales du maxillaire inférieur, l’os peut se régénérer (Virchow, Leudet), sans les alvéoles et sans les dents, toutefois ; la réparation du maxillaire supérieur est plus difficile.
Peu avant ou en même temps que la nécrose par le phosphore existent des malaises représentant quelquefois l’état général dû à l’intoxication par le phosphore: peau jaune sale, regard terne, inappétence, faim immodérée, gastralgie, irrégularité des selles, ou plus tard catarrhe nasal et bronchique, et tuberculisation pulmonaire et abdominale chez les individus déjà prédisposés. V. Empoisonnement par le phosphore.
La nécrose par le phosphore est annoncée par une ou plusieurs douleurs de dents, bientôt suivies de fluxion et d’abcès, qui s’ouvrent dans la bouche, ou bien par une gingivite et une périostite alvéolaire , avec abcès dentaire ; les gencives suppurent, des séquestres sont à nu et se mobilisent , ou bien l’os gonflé reste longtemps dur avant que des abcès et des fistules cutanées ne se soient formés, dans quelques cas les gencives deviennent fongueuses, saignent abondamment et les hémorrhagies peuvent faire périr les malades.
La nécrose par le phosphore est toujours lente à se limiter, et tant que le séquestre n’est pas mobile il est certain que la nécrose fait encore des progrès (Trélat). La fièvre hectique entraîne parfois la mort avant que le séquestre ne puisse être enlevé. Il arrive que les malades présentent une intoxication putride, due à ce qu’ils avalent involontairement le pus de leur bouche.
Les signes d’une nécrose centrale, le gonflement rapide et énorme de l’os, la suppuration des gencives, des abcès et des fistules autour des mâchoires chez un ouvrier travaillant aux allumettes chimiques, et surtout chez les trempeurs ou les metteurs en paquets, ne permettent aucune incertitude dans le diagnostic.
Thérapeutique. — Dans un but préventif, on a modifié le phosphore pour son emploi dans ta fabrication des allumettes. L’usage du phosphore colorié n’a pas réussi ; les allumettes de Goignet au phosphore amorphe (de Schrœtter, de Vienne) sont plus capables de prévenir les accidents, le phosphore rouge se préparant à froid et dégageant moins de vapeurs que le phosphore blanc. Lorsqu’il aura été possible de perfectionner les allumettes au phosphore amorphe et de les rendre d’un usage réellement commode, les allumettes au phosphore blanc disparaîtront, les ouvriers en allumettes chimiques seront alors à l’abri des accidents, tels que la nécrose par le phosphore.
Pour éviter la formation de la nécrose, on n’admettra pas dans les ateliers les indi\idus qui ont de mauvaises dents ou une gingivite (T. Rousselet Geist.)
NEFL
On fera cesser la profession des malades, on leur donnera un régime tonique, des viandes rôties et du vin; ils boiront des tisanes de houblon, de gentiane, de douce-amère ou de chicorée sauvage. C’est en vain que l'on administre les préparations iodées, comme dans les scrofulides et la syphilide osseuse.
Il est préférable d’employer les injections d’eau chlorurée, d’eau blanche dans les fistules ou les in jections avec :
Créosote . 40 gouttes.
Alcool . 30 grammes.
(Hôpitaux allemands.)
Au début, lorsque l’os gonfle, lorsqu’il se forme des abcès, on prescrira dix sangsues sur les points enflammés, dès cataplasmes recouvriront la mâchoire, on fera des onctions avec la pommade :
Axonge. . 30 grammes.